‹ Optique physiologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 118 sur 124 · Z|- DU CONTRASTE SUCCESSIF · texte numérisé non relu

Z|- DU CONTRASTE SUCCESSIF

naturel de l'œil ; dans les cas où les résultats des deux contrastes sont similaires, les modifications des couleurs deviennent toujours bien plus sensibles quand on laisse errer le regard qu'en le maintenant en repos.

En général, il est avantageux, pour les effets de contraste, que la couleur inductrice soit plus intense que la couleur réagissante, pour qu'alors les images accidentelles de la première soient plus vives et plus durables. C'est ainsi que si l'on place, sur un papier coloré, un petit disque de papier blanc, celui-ci présente la couleur complémentaire • mais la coloration est plus frappante si l'on remplace le blanc parlclu' gris ou même du noir ; car, dans ces expériences subjectives, le noir doit toujours être considéré comme un gris foncé. Cependant un gris moyen est, en général, préférable au noir. Dans les cas de ce genre l'effet du contraste peut être assez fort pour transformer en couleur complémentaire une couleur assez vive. Qu'on applique, par exemple un petit morceau de papier orangé (coloré par le minium) sur une lame de verre rouge, et qu'on tienne le verre entre les yeux et le ciel le papier rougeâtre paraît d'un bleu-vert vif, complémentaire de la couleur du verre, bien que cette teinte soit presque complémentaire de celle du papier.

Il est avantageux que la couleur, inductrice recouvre une grande partie du champ visuel, parce qu'alors les différentes parties de la rétine sont frappées fréquemment et d'une manière durable, et sont fatiguées par cette couleur. Aussi les couleurs par contraste sont-elles particulièrement vives lorsque la couleur réagissante occupe un petit champ entouré complètement par un fond étendu, recouvert de la couleur inductrice. Dans ce cas, c'est presque exclusivement la couleur du petit champ qui subit la modification. Mais lors même que les deux champs sont également étendus, les effets de contraste ne font pas défaut : il y a alors influence mutuelle, et la couleur de chaque champ est modifiée par celle de l'autre.

Enfin, l'effet de contraste est d'autant plus prononcé, que la couleur inductrice est située plus près de la couleur réagissante ; car lorsque le regard passe de l'un des champs à l'autre, l'image accidentelle est d'autant plus intense, que le passage se fait plus rapidement. Cet effet se montre très-nettement dans la disposition que Chevreul a adoptée pour ses expériences. Il découpe deux bandes de chacune des deux couleurs, jaune et rouge, par exemple, et place une bande jaune en contact avec une bande rouge. Nous désignerons ces bandes par / et Rt. Puis, à une petite distance de la bande jaune /,, il place une seconde bande jaune /2, et de même, près de la bande rouge, une

seconde bande rouge fl*. L'effet de contraste ne se présente alors que pour les deux bandes moyennes J { et Br Le jftuûâ de «/, d(;vient verdâtre en se rapprochant du vert-bleu complémentaire de R0 et i?, parait pourpre en se mélangeant d'un peu d'indigo, couleur complémentaire de /r Les deux bandes extrêmes Ja et Rs présentent, au contraire, leur coloration naturelle, ce qui fournit un bon moyen de reconnaître l'effet du contraste. C'est ce qui explique aussi pourquoi, lorsqu'on voit des champs contigus un peu larges, l'effet du contraste se manifeste principalement sur les bords. Toutes les fois que le regard passe d'un champ A à un autre B, les parties de la rétine qui viennent d'abandonner le champ A, sont les plus fatiguées relativement à la couleur A, et ce sont elles qui reçoivent limage des parties marginales de B. La fatigue est moindre dans les parties de la rétine qui ont abandonné A un peu plus tôt et ont déjà plus avancé sur B; aussi la couleur induite leur paraît-elle plus faible. On comprend donc que, toutes les fois que le regard se porte sur le champ B, les parties marginales de B sont le plus modifiées par contraste, et les parties plus éloignées le sont de moins en moins. Ainsi, au contact de deux champs, vert et bleu, les bords du vert et du bleu paraissent respectivement un peu plus jaunâtre et un peu plus violet que les milieux, par mélange de jaune et de pourpre complémentaires du bleu et du vert. On peut trèsbien observer le jeu des images accidentelles sur le bord des surfaces de ce genre, si l'on s'assigne une série de points de fixation et qu'on ne déplace le regard que par sauts, en le maintenant un peu de temps sur chacun de ces points. On voit alors distinctement les images accidentelles bien limitées s'avancer dans le champ voisin. Les premières d'entre elles, qui sont déjà plus en avant, sont pâles, tandis que les plus récentes sont plus intenses.

S'il ne s'agit pas de différences de couleur, mais de différences d'intensité, on trouve que l'intensité du champ réagissant paraît diminuée par le voisinage d'un champ inducteur plus éclairé, et augmentée par celui d' un champ plus foncé.

D'ailleurs, d'autres circonstances rendent l'apparition des couleurs complémentaires plus facile ici que dans les méthodes qui ont été décrites dans le paragraphe précédent, pour Voir les images accidentelles négatives. En effet, tandis qu'en général il est nécessaire de fixer intentionnellement, pendant plusieurs secondes, un objet coloré, pour obtenir ensuite une image accidentelle nette, de quelque durée, sur un fond uniformément coloré, on voit, dans les expériences sur le eontraste, qu'il suffit de regarder une couleur d'une manière assez rapide pour en induire la couleur complémentaire sur le second < li;imp. Bt que cette

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