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DEUXIÈME PARTIE

§ lî. De l'excitation de l'appareil nerveux visuel.

Les appareils nerveux des hommes et des animaux peuvent subir , dans leur état, de la part de divers agents extérieurs, des modifications reconnaissables, soit par des moyens physiques, tels que l'examen de l'action électromotrice de ces appareils, soit par des effets que les nerfs produisent sur d'autres parties du corps qui leur sont rattachées organiquement. C'est ainsi que cet état modifié se trahit, pour certains nerfs, par la contraction des muscles auxquels ils se rendent : ce sont des nerfs moteurs. D'autres, dans les mêmes circonstances, provoquent des sensations dans le cerveau, organe matériel de la conscience : ce sont les nerfs sensitifs. Chez les nerfs moteurs, l'effet le plus sensible des actions extérieures les plus diverses : tiraillement, écrasement, coupure, brûlure, cautérisation, électrisation, c'est toujours la contraction du muscle correspondant, contraction qui ne manifeste que des différences quantitatives d'intensité. Aussi comprend-on sous la dénomination commune excitants, les actions des différentes causes excitatrices sur les nerfs moteurs : on fait abstraction de leurs différences qualitatives, et l'on ne les distingue que quantitativement, et cela suivant l'intensité plus ou moins grande des contractions qu'elles produisent. L'état modifié du nerf lui-même, qui survient comme conséquence d'un excitant, s'appelle excitation, et la propriété du nerf de provoquer des contractions musculaires par l'effet de l'excitation, se nomme excitabilité. Cette propriété se perd par la mort; elle peut aussi être diminuée par différentes actions extérieures.

Pour les nerfs sensitifs, ces mêmes notions trouvent encore leur application en ce sens que, tant que ces nerfs sont vivants et reliés au cerveau, les actions extérieures qui, appliquées aux nerfs moteurs, peuvent produire la contraction, provoquent sur les nerfs sensitifs une action d'une espèce particulière, qu'on nomme sensation,

Ici paraît se présenter, au premier abord, cette différence essentielle que la sensation reconnaît des différences qualitatives correspondantes

262 {195) DEUXIÈME PARTIE. - DES SENSATIONS VISUELLES. § 17? aux différences qualitatives de l'action. Néanmoins, quoique les différents excitants produisent des sensations différentes, les'effets des excitants n'en sont pas moins toujours des sensations : ce sont là des effets sut greneris, particuliers aux corps vivants : aussi a-t-on étendu aux nerfs sensibles les expressions d'excitants et d'excitation, qu'on avait d'abord introduites pour les nerfs moteurs; on donne donc encore le nom d'excitants aux actions extérieures qui, appliquées aux nerfs sensibles, produisent les sensations, et celui d'excitation à la modification que subit le nerf lui-même.

Nous verrons plus loin la théorie de Th. Young, d'après laquelle les différents nerfs sensibles à la lumière, qui sont contenus dans l'œil, ne procureraient, en réalité, que des différences quantitatives dans la i'iisation, des fibres nerveuses différentes étant destinées aux sensations différentes qualitativement. Ainsi que je me suis efforcé de le faire voir dans mon Etude des sensations acoustiques, il paraît probable que les choses se passent de même pour le sens de l'ouïe.

L'état d'excitation qui peut être produit, sur chaque partie d'une libre nerveuse, par l'action des excitants, se transmet aussitôt à toutes les autres parties de cette fibre, et s'y fait reconnaître , soit par les changements des actions électromotrices, soit par son influence sur les autres parties de l'organisme, muscles, cerveau, glandes, etc., avec lesquels le nerf est en communication, et cela par une contraction du muscle, par une sensation, ou, enfin, par une hypersécrétion de la glande. La propagation de l'excitation n'est empêchée que dans les cas où la structure du nerf a été modifiée profondément, soit par des actions mécaniques ou chimiques, soit par la coagulation du contenu des fibres nerveuses, qui accompagne la mort. Chaque portion d'une fibre nerveuse intacte possède donc non-seulement Y excitabilité, c'est-à-dire la propriété de pouvoir être excitée, mais encore la propriété conductrice de | l'excitation. De plus, on ne connaît point, dans la structure et la fonction des fibres sensitives et des fibres motrices, de différence qui ne puisse se déduire de la différence de leurs rapports avec les autres systèmes de l'organisme. Les fibres elles-mêmes semblent ne jouer que le rôle de fils conducteurs indifférents, et qui constituent, soit des nerfs moteurs, soit des nerfs sensitifs, suivant qu'ils sont en rapport organique avec un muscle ou avec une partie sensitive du cerveau.

Les sensations de l'homme se partagent, d'après leur qualité, en cinq groupes qui correspondent à ce qu'on appelle les cinq sens, et cette division est telle qu'on ne peut comparer entre elles que les qualités dQS sensations relatives à un seul et même sens. C'est ainsi, par exemple, que nous pouvons comparer, relativement à leur intensité et à

g l7. |)E LA 1.1 A1IKRK COMME EXCITANT DU NERF OPTIQUE. 263 çpuleur, deux sensations visuelles différentes, mais que nous ne pouvous, en aucune façon, les comparer à aucune sensation acoustique ou olfactive.

Nous nommerons différences de modalité les différences que présentent les sensations relatives à des sens différents ; quant aux sensations qui appartiennent à un seul et même sens, nous emploierons l'expression de différence de qualité pour les distinguer entre elles.

L'expérience physiologique a trouvé, autant qu'on a pu le vérifier, que par l'excitation d'une fibre nerveuse sensitive quelconque, on ne peut produire que des sensations qui possèdent la modalité d'un seul et même sens déterminé, et qxiun excitant quelconque, pour peu quil agisse sur cette fibre, ne peut jamais provoquer que des sensations qui possèdent la modalité particulière à ce sens. Cette proposition ne peut se démontrer d'une manière absolument expérimentale que pour des fibres nerveuses qui, réunies dans des troncs particuliers, sont séparées de toutes les Fibres appartenant à d'autres sens : telles sont celles de la vue^dans le nerf optique, celles de l'ouïe clans le nerf acoustique, celles de l'odorat clans le nerf olfactif, celles du toucher dans les racines postérieures de la moelle épinière. Si l'on fait agir différents excitants sur les troncs nerveux, on peut produire, il est vrai, des sensations différentes, mais elles possèdent toutes la modalité du sens considéré. Quant aux fibres sensitives, au contraire, qui sont réunies dans le même tronc avec des fibres sensitives d'une autre nature — les nerfs de sensibilité gustative, par exemple, qui sont réunis aux nerfs de sensibilité tactile clans le glosso-pharyngien et le lingual — il paraît an moins probable que les choses se passent de même, si l'on se souvient que, dans certains états morbides, on rencontre parfois isolément la paralysie du goût ou celle du toucher, et si l'on remarque aussi que tons les autres nerfs tactiles sont dépourvus de la propriété de provoquer des sensations gustatives.

La modalité du sens visuel est celle des sensations lumineuses, qui sont toutes comparables entre elles sous le rapport de l'intensité lumineuse et de la couleur. — Nous nommerons, avec J. Millier, substance du sens de la vue ou bien encore appareil nerveux visuel, la partie de substance nerveuse dont l'excitation peut produire des sensations de ce genre. Ce système comprend la rétine, le nerf optique et la partie du cerveau, qu'on ne peut pas encore exactement circonscrire, dans laquelle pénètrent les racines du nerf optique. Aucun autre appareil Rerveux du corps ne peut nous faire éprouver une sensation lumineuse, c'est-à-dire une sensation de même nature que celles de l'ap-

2GZi (i94) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § 17. pareil nerveux visuel. Il est vrai que les ondulations lumineuses de î'éther peuvent également être senties par les nerfs tactiles, mais c'est sous une toute autre modalité : c'est comme sensation de chaleur rayonnante. Il se produit ici la même chose que pour les vibrations de l'air, que le nerf auditif perçoit sous forme de son, tandis qu'elles provoquent en même temps dans la peau la sensation tactile d'un frôlement. De même, le vinaigre fait éprouver à la langue une sensation acide, tandis que sur une partie dénudée de la peau ou sur une muqueuse délicate, telle que la conjonctive oculaire, il produit une sensation tactile : celle d'une brûlure douloureuse.

Inversement, les vibrations lumineuses de I'éther ne sont pas le seul moyen d'excitation de l'appareil nerveux visuel ; il en existe encore bien d'autres, tels que les actions mécaniques et les courants électriques qui peuvent, on le sait, exciter également tous les autres appareils nerveux du corps. Mais lorsque ces excitants agissent sur le nerf optique ou sur la rétine, ils ne produisent que des sensations visuelles et jamais des sensations auditives ni olfactives, et si elles produisent en même temps des sensations tactiles, il est très-probable que cela tient à ce qu'il se répand dans l'œil et peut-être dans la masse même du nerff optique, comme dans toutes les parties internes du corps, des nerfs tactiles particuliers. Les sensations tactiles qui se produisent par l'action i de la pression ou de l'électricité sur l'œil, se distinguent d'ailleurs encore des sensations lumineuses produites en même temps, par ce fait que les sensations tactiles sont perçues à l'endroit où porte l'excitation, tandis que l'imagination localise les impressions optiques dans le champ visuel, sous forme d'objets lumineux. Nous reviendrons sur ce sujet i dans la description plus exacte de l'excitation mécanique de l'œil.

Comme les choses se passent de même pour les autres nerfs des sens, , il s'ensuit que la qualité de la sensation dépend principalement de l'action physiologique particulière à l'appareil nerveux dans lequel elle' se produit, et, en second lieu seulement, de la nature de l'objet perçu. La modalité de la sensation produite ne dépend même aucunement i de l'objet extérieur, mais exclusivement de l'espèce du nerf excité. Quelle est, dans la modalité du sens affecté, la qualité de la sensation) provoquée? C'est là seulement ce qui dépend de la nature du corpsn extérieur qui produit la sensation. Que les rayons solaires nous causent i une sensation de lumière ou de chaleur, cela dépend seulement de l'organe qui a été excité : nerf optique ou nerfs de la peau ; mais que-.j ces rayons se manifestent sous forme de lumière rouge ou bleue, faillie ou intense, de chaleur brûlante ou modérée, c'est ce qui dépend à la fois de la nature des rayons et de l'action physiologique de l'appareil

g 17. DE LA LUMIÈRE COMME EXCITANT DE NERF OPTIQUE. (i9S) 205 nerveux. La qualité des sensations n'est donc en aucune façon identique avec la qualité de l'objet qui les provoque; au point de vue physique, elle est simplement une action de la qualité extérieure sur un appareil nerveux spécial, et, pour notre imagination, la qualité de la sensation est seulement, pour ainsi dire, un symbole, un signe distinctif de la qualité objective.

La lumière objective constituée par les ondulations de l'éther, est le premier et principal excitant du nerf optique. — Je dis le premier et le principal, 'parce qu'elle agit d'une manière bien plus fréquente et plus continue sur le nerf optique que les autres excitants, et que par suite de cette circonstance, nous employons exclusivement, pour la perception d'objets extérieurs, celles des sensations de l'appareil nerveux visuel qui sont provoquées par la lumière objective. Nous n'avons pas besoin, pour cela, d'admettre un rapport particulier, spécifique, ou une homogénéité entre la lumière objective et l'agent nerveux du nerf optique, ainsi que l'ont fait la plupart des anciens philosophes et physiologistes. En effet, d'une part, le nerf optique n'est pas le seul qui puisse être excité par les ondulations de l'éther; les nerfs de la peau peuvent l'être aussi, et, d'autre part, ces ondulations ne sont pas le seul moyen d'excitation du nerf optique. La position protégée du nerf optique et de la rétine, qui sont accessibles très-facilement à la lumière et bien plus difficilement aux actions mécaniques et aux courants électriques, suffit pour nous expliquer pourquoi la lumière objective est l'excitant le plus ordinaire, partant le plus important de ces organes. C'est cette prédominance de l'excitation par la lumière objective qui a déterminé l'homme à donner à la partie des vibrations de l'éther, qui est capable d'éveiller la sensation lumineuse, le nom de lumière, nom qui ne devrait s'appliquer, en réalité, qu'à la sensation produite. On distingue, dans les rayons solaires, la lumière et la chaleur solaires, division basée sur les deux sortes de sensation que ces rayons sont capables de réveiller. Tant que les hommes n'avaient pas réfléchi sur la nature de leurs sensations, ils devaient être portés à rapporter immédiatement aux objets extérieurs les qualités des sensations, et à admettre, par exemple, dans les rayons solaires, deux agents correspondants aux deux sensations distinctes. En outre, on ne connaissait à priori, sur les rayons solaires, rien de plus que ce qu'apprenait la sensation, et l'on observait, à côté des rayons dans lesquels dominent les ondes à vibrations plus rapides, et qui affectent l'œil plus fortement que la peau , d'autres, dans lesquelles les oscillations les plus lentes l'emportent, qui affectent fortement la peau et n'impressionnent que

m (196) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § 17. peu ou point l'organe de la vue, de telle sorte qu'il paraissait exister aussi une distinction objective entre les deux agents. Ce n'est que dans ces derniers temps qu'une étude attenth e de celles des propriétés des rayons calorifiques éclairants et obscurs, qui sont indépendantes de nos appareils nerveux, a prouvé aux physiciens qu'il n'existe entre ces rayons aucune différence autre que celle de la durée d'oscillation : dûs lors la physique échappait à l'influence mal justifiée que les impressions sensorielles avaient si longtemps exercée. — Nous réservons au paragraphe suivant l'étude plus approfondie de la lumière objective considérée comme moyen d'excitation de la rétine.

Les phénomènes produits par Y excitation mécanique de l'appareil nerveux visuel diffèrent d'après l'étendue de l'excitation. — Un coup subit sur l'œil produit une lueur répandue dans tout le champ visuel, qui est souvent assez intense, et qui passe comme un éclair. Pour répondre à d'anciennes erreurs relatives à l'explication de ce phénomène, il suffit de remarquer que, lors môme que le coup est donné dans l'obscurité, on ne peut apercevoir, dans l'œil frappé, aucune trace de lumière objective, quelle que soit d'ailleurs la vivacité de l'éclair subjectif, et qu'il est tout aussi impossible de reconnaître, au moyen de cet éclairage subjectif du champ visuel, aucun objet réel du monde extérieur (1).

Il est plus facile d'étudier l'action d'une pression limitée. — Si l'on vient à presser le globe de l'œil en un point voisin de l'orbite, avec une pointe mousse, telle qu'un ongle, il se produit un phénomène lumineux, un phospliène, qu'on voit au point du champ visuel répondant à la partie de la rétine qui a été comprimée. C'est ainsi que lorsqu'on presse en haut, la tache éclairée apparaît à la limite inférieure du champ visuel ; que si l'on presse à l'angle externe de l'œil, elle apparaît vers le dos du nez ; que si la pression est exercée dans la région inférieure et interne, la tache apparaît en haut et en dehors. Si le corps comprimant n'est pas large, l'apparition possède ordinairement un centre lumineux entouré d'un cercle obscur et d'un cercle clair. Je trouve que le phénomène présente son plus grand éclat quand la pression agit vers l'équateur de l'œil, endroit où la sclérotique présente sa moindre épaisseur. Le phosphène apparaît alors à la limite du champ visuel obscur, sous forme d'un arc semi-circulaire-, il est, dans ce cas, assez éloigné du point visuel,, point le plus net du champ visuel et qui correspond à la

(1) Relativement à un cas judiciaire, où un individu qui avait reçu, dans l'obscurité, un coup sur l'œil et prétendait avoir reconnu son agresseur à l'aide de la lueur provoquée par ce coup, voy. J. MûUev's ArQhiv f&v Anal., 1 8 :ii , p. 140.

§ 17. DES IM'.OSIMIÈNES. (^7) 267

tache jaune; il coïncide, par conséquent, lorsqu'on ouvre les yeux, avec l'image d'objets extérieurs qu'on n'aperçoit qu'indistinctement. Toutefois, surtout lorsqu'il se trouve des objets très-lumineux à la place du phosphène, si l'observateur est un peu exercé à la vision indirecte, il reconnaît que les objets situés en cet endroit subissent des déformations, dues à la dépression de la sclérotique et de la rétine, et que lôwa images s'obscurcissent aussi fréquemment par places.

En tournant l'œil fortement en dedans, tandis (pi' on le presse du côté externe, ou en le dirigeant fortement en dehors, tandis qu'on presse vers l'angle interne, on peut obtenir des phosphènes plus voisins du point visuel, mais ils sont un peu moins intenses, parce que la partie postérieure de la sclérotique offre plus de résistance à la pression. Quelques personnes, Thomas Young était du nombre, réussissent même à faire apparaître sur le point visuel le phosphène obtenu par pression sur l'angle externe de l'œil. Pour ma part, j'amène le phosphène assez près du point visuel pour pouvoir constater qu'en son centre les images de? objets extérieurs s'effacent. La fig. 1, pl. V, représente le phosphène tel qu'il m'apparaît lorsque je mets entre l'œil et le nez une feuille de papier blanc, que je dirige l'œil vers cette feuille, le plus en dedans qu'il m'est possible, et que j'appuie, avec une pointe mousse, près du bord externe de l'orbite. Le côté nasal est désigné par N. Le phosphène consiste en une tache obscure, traversée par une bande lumineuse verticale. En pressant à la hauteur convenable, on voit un prolongement horizontal de la tache obscure, dont la pointe a atteint le point de fixation ; on aperçoit, de plus, dans la région où pénètre le nerf optique, une ombre b, mal délimitée. Nous expliquerons au § 18 comment on peut reconnaître, dans le champ visuel, la place où pénètre le nerf optique. Purkinje avait déjà remarqué et figuré un système de lignes fines parallèles, arquées, qui se trouvent entre le phosphène obscur et le point visuel. Je ne les vois pas aussi développées qu'il les représente; la. condition la plus favorable pour les apercevoir est un grand éclairement de la partie correspondante du champ visuel.

Dans le champ visuel obscur, on aperçoit, au contraire, une surface circulaire lumineuse et jaunâtre, à l'intérieur de laquelle se dessine parfois une tache ou un anneau obscur. On voit aussi une faible lumière apparaître vers l'endroit où pénètre le nerf optique, de sorte que le tout répond à peu près à ce que deviendrait la fig. 1 (pl. V) , en y remplaçant les parties claires par des parties sombres et inversement. H n'y a que le prolongement du phosphène vers la tache jaune qu'il m'ait été impossible d'apercevoir dans le champ obscur,

Une troisième forme de phosphènes se présente lorsqu'on fait agir pendant assez longtemps, sur le globe de l'œil, une pression modérée et uniforme, soit en y appliquant la partie la plus molle de la paume de la main, soit en employant les doigts. Bientôt apparaissent dans le champ visuel des images lumineuses très-brillantes et changeantes, qui exécutent des jeux merveilleux, fantastiques, et ressemblent souvent aux images caléidoscopiques les plus brillantes, telles qu'on les a obtenues, dans ces derniers temps, à l'aide de la lumière électrique. Purkinje a très-exactement étudié, décrit et représenté ces images : elles paraissent avoir possédé chez lui une grande régularité. Le plus souvent, il voyait, sur un fond régulièrement et finement quadrillé, des images étoilées à huit rayons ou des losanges à surface tantôt obscure, tantôt lumineuse, dont les diagonales étaient dirigées les unes verticalement, les autres horizontalement, et qui étaient entourés de bandes alternativement claires et obscures. Sur moi-même, je n'ai pas trouvé cette régularité dans les figures ; le fond du champ visuel présente ordinairement, dès l'abord, un dessin à petites dispositions et les colorations les plus variées ; souvent ce dessin semble formé de feuillages ou de brins de mousse finement découpés et innombrables ; parfois il paraît constitué par des carrés de toute sorte, d'un jaune brun clair, entremêlés de grecques obscures ; enfin il finit ordinairement par se développer, sur fond jaune brun, des systèmes de lignes obscures qui forment parfois des figures étoilées très-embrouillées, parfois seulement un peloton en forme de labyrinthe inextricable; ces lignes sont animées continuellement de mouvements d'oscillation, ou entraînées comme dans un torrent rapide. En outre, des étincelles bleues ou rouges très-lumineuses restent souvent fixes, pendant assez longtemps, en certains points du champ visuel. Si l'on cesse la pression au moment où le phénomène possède son plus grand éclat, et si l'on a soin de ne pas laisser la lumière pénétrer dans l'œil, le jeu de ces figures continue encore quelque temps et disparaît en s' obscurcissant peu à peu. Si l'on vient, au contraire, à ouvrir l'œil au moment où l'on supprime la pression, en regardant les objets lumineux extérieurs, on les trouve d'abord plongés dans l'obscurité, puis on voit quelques objets éclairés faire peu à peu leur apparition au milieu du champ visuel, en présentant un éclat intense. C'est ainsi que je vois, par exemple, des feuilles de papier blanc isolées, m' apparaître alors dans leur forme véritable avec une clarté éblouissante, tout en conservant à leur surface des vestiges du dessin vu précédemment, et dont les parties obscures paraissent maintenant lumineuses. L'éclat anormal des objets se perd peu à peu dans le même temps que les phosphènes mettent à disparaître quand l'œil

g l7 DKS PHOSPHÈtyES, (f,9S) 269

esi fermé; mais L'œil qui a été comprimé diffère encore longtemps de l'autre en ce <jue le champ visuel lui paraît violacé, tandis qu'il parait jaunâtre à L'autre œil. Vierordt et Laiblin disent qu'à la suite d'une pression sur l'œil, continuée pendant longtemps, ils ont vu se dessiner en rouge sur fond obscur les ramifications vasculaires de la rétine. Jusqu'ici, les tentatives que j'ai faites de répéter cette expérience sont demeurées infructueuses. En outre, Vierordt dit que, dans ces conditions, les vaisseaux de la rétine lui ont souvent offert une coloration bleuâtre et un aspect éclatant. De plus, ainsi que cela était arrivé à Steinbach et àPurkinje, Vierordt et Laiblin ont vu un réseau vasculaire dont le contenu était animé d'une circulation très-rapide. Purkinje attribuait le phénomène au réseau veineux de la rétine ; mais comme ce réseau lui apparaissait en même temps que le réseau rétinien déjà cité, Laiblin conclut de ses observations que la circulation observée devait appartenir « à une autre couche rétinienne plus riche en vaisseaux, et située plus en dehors » . Meissner et moi, nous n'avons jamais réussi à voir quelque chose d'analogue à un réseau vasculaire au milieu des images de pression de l'œil, si ce n'est, par éclairs, des fragments de la figure vasculaire bien connue de la rétine; lors même que je vois, comme période finale, ce labyrinthe de lignes entrelacées et qui figurent un mouvement circulatoire, leur disposition ne répond certainement pas à l'idée d'un réseau vasculaire.

Remarquons, pour la théorie de ces phénomènes, que, d'après les expériences de Donders, à l'aide de l'ophthalmoscope, une pression exercée sur l'œil amène incontestablement des modifications dans les vaisseaux rétiniens : les veines commencent d'abord à battre, et, plus tard, elles se vident complètement de sang. Il est bien possible que certains yeux ressentent ces états modifiés des vaisseaux. Pour ma part, je comparerais volontiers les images mobiles et changeantes qui résultent d'une pression continue sur l'œil, à la sensation de fourmillement qui se produit dans les membres engourdis, dont les nerfs ont été soumis à une pression un peu prolongée. Si, restant assis dans une fausse position, le corps s' appuyant sur le côté de la hanche, nous venons à comprimer le nerf sciatique, le pied et la jambe perdent bientôt la propriété de sentir le contact des objets extérieurs ; en revanche, un violent fourmillement s'empare des parties anesthésiées de la peau, et cette sensation décèle des excitations des fibres nerveuses sensibles qui se succèdent rapidement : phénomène analogue aux figures si fines et si variées qui apparaissent dans le champ visuel quand la rétine est soumise à une influence analogue. Lorsqu'ensuite la pression cesse et que la sensibilité pour les objets extérieurs se rétablit, les premiers objets

•270 (m) DEUXIÈME t'Ait l u:. - DES SENSATIONS VISUELLES. s 17. dont le pied reçoit le contact produisent souvent une sensation extrêmement douloureuse, de môme que l'œil voit les objets extérieurs avec un éclat éblouissant.

Un autre phénomène qu'on semble devoir rapporter à une excitation mécanique de la rétine, c'est l'apparition de certaines taches lumineuses que quelques yeux sensibles voient dans le champ visuel obscur, à la suite d'un déplacement rapide du regard. La fig. 2, pl. V, les représente telles qu'elles apparaissent dans le champ visuel commun à mes deux yeux, lorsque je viens de les mouvoir vers la gauche, suivant la direction indiquée par la flèche. L'image marquée L appartient à l'œil gauche ; l'autre, à l'œil droit. Le phénomène est moins marqué dans l'œil qui se tourne en dedans, l'œil droit, dans le cas actuel, que dans celui qui se tourne en dehors. Pour ma part, je ne les vois que le matin immédiatement après mon réveil, ou quand je suis indispose; d'autres observateurs, tels que Purkinje et Czermak (1), les voient à toute heure du jour, dans l'obscurité, sous forme d'anneaux eu de croissants de feu. La distance de ces images au point visuel est telle qu'un observateur connaissant bien les phénomènes du pwictwn cœcwn, que nous décrirons plus loin , peut conclure qu'elles appartiennent au point d'entrée du nerf optique. Elles proviennent donc probablement de ce que le nerf optique participe aux mouvements rapides de l'œil, et subit un tiraillement à l'endroit où il pénètre dans le globe. Lorsqu'il tient son œil fortement tourné en dedans, Purkinje (2) voit aussi constamment, au point d'entrée du nerf optique^ un anneau lumineux dont la partie dirigée vers le milieu du champ visuel est entourée de lignes brillantes concentriques : chez moi, ce phénomène n'est jamais que momentané. Si l'on fait l'expérience avec l'œil ouvert et dirigé vers une surface blanche, uniformément éclairée, les mouvements forcés de l'œil évoquent des taches obscures qui correspondent au point d'entrée du nerf optique et qui, comme le fait remarquer Czermak, se produisent plus facilement et prennent une forme plus régulièrement circulaire lors de la rotation l'œil en dedans que lorsqu'il se tourne en dehors. Dans le champ rougeâtre que donnent les paupières fermées en laissant tamiser la lumière, ces taches obscures apparaissent en bleu. Pour ma part, je reconnais, d'ailleurs, dans les taches sombres, des traces de cette môme forme d'épi que possède le phénomène lumineux sur le champ obscur, tandis que Czermak insiste sur ce fait que, pour lui, la seconde image

(1) Physiologische Studien, Abtheilung I, § 5, p. â2 ; Ablh. II, p. 32- — Wiener Sitzunysber., XII, 322 ; XV, tiroà.

(Ô) Beitrage zur Kennlniss dès Schûns, p. ?S.

| l7< m WiOâPHÊNË ACèOMMOBMIf. (W

ne parait pas être la reproduction négative de la première. Dans cette expérience encore, les fibres nerveuses excitées paraissent donc perdre, par le tiraillement, leur sensibilité par rapport aux excitants extérieurs. 11 faut sans doute, dans ce cas, regarder comme excitées les fibres qui se terminent tout près de l'entrée du nerf optique, puisque l'entrée ellemême du nerf optique est insensible à la lumière, et qu'on ne peut donc pas s'attendre à ce qu'il aboutisse à cet endroit des fibres sensibles à la lumière et dont l'irritation nous fasse attribuer une sensation lumineuse à cette partie du champ visuel.

Enfin, c'est sans doute ici le lieu de citer le phosphène d'accommodation observé par Purkinje (1) et par Czermak (2). — Si l'on accommode les yeux dans l'obscurité, pour la distance la plus rapprochée possible, puis, subitement, pour la distance la plus éloignée, on remarque, près de la périphérie du champ visuel, un bord de feu assez étroit, qui, revenant sur lui-môme en forme d'anneau, apparaît comme un éclair au moment où l'on cesse l'effort sensible qui accompagne l'accommodation rapprochée. Purkinje a observé le même phénomène en cessant brusquement une pression uniforme qu'il exerçait sur l'œil. Quant à moi, je n'ai pas encore pu le voir. Czermak explique le fait en disant qu'au moment où la traction du muscle ciliaire cesse, la zonule, relâchée, se tend de nouveau, tandis que le diamètre du cristallin est encore à son minimum, et qu'il en résulté un tiraillement brusque du bord extrême de la rétine, dont l'extrémité fait corps avec la zonule.

Lorsque j'accommode fortement pour de près, l'œil étant dirigé vers une surface blanche uniformément éclairée, il se produit au point visuel une tache sombre, dont les bords sont dégraciés en brun, et à partir de laquelle s'étendent, clans différentes directions, des lignes brunes ou d'un violet clair. Puis le champ visuel s'obscurcit rapidement et se remplit de dessins réticulés et de fragments de l'image vasculaire, qui paraissent sombres sur fond blanc. Si je cesse l'accommodation rapprochée, tout disparaît. Purkinje décrit la tache brune, mais le centre lui en paraissait blanc. — xMentionnons encore ici une lueur mouchetée et elliptique, que Purkinje (3) apercevait dans le champ visuel obscur, en cessant brusquement la pression des paupières. La production du phénomène exigeait que, peu de temps auparavant, l'œil eût été soumis à la lumière extérieure. Quant à moi, je ne puis rien voir de semblable.

(2) Zur Physiologie der Sinne, I, 12G ; II, 415,

(3) Wiener Sitzvmgsber.. XXVII, 78. — Arch. /'. Ophth., 18G0, VII, l,p. 147, (!) Zur Physiologie der Sinnc, H, 78.

On peut couper et tirailler le nerf optique, mis à nu chez des chiens, sans provoquer de douleur, tandis que les mêmes mutilations, appliquées à des troncs nerveux de la môme importance, mais se rendant à la peau, provoquent les douleurs les plus violentes. Il arrive que des altérations cancéreuses rendent l'ablation de l'œil nécessaire chez l'homme : dans les cas de ce genre, où le nerf optique n'a pas encore subi d'altération, de grandes masses lumineuses (1) apparaissent au moment de la section du nerf optique, et, à ce moment, la douleur est un peu plus vive que pendant le reste de l'opération. Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que la section du nerf optique ne soit accompagnée d'aucune douleur analogue à celle qu'éprouvent les nerfs tactiles ; on sait, en effet, que les autres grands troncs nerveux ont leurs nervi nervorum, fibres sensibles particulières, qui leur sont distribuées aussi bien qu'à toutes les autres parties internes du corps, et auxquels ils doivent leur sensibilité locale. C'est ainsi que dans les racines antérieures des nerfs rachidiens, à travers lesquelles la moelle n'émet que des fibres motrices, on peut démontrer la présence de semblables nervi nervorum qui leur arrivent des racines serisitives postérieures. Lorsqu'on heurte le nerf cubital en arrière de la tubérosité interne de l'humérus, l'excitation des fibres nerveuses qui passent en cet endroit se traduit par une douleur qui paraît résider dans la région où se répand le nerf, à savoir dans le cinquième et le quatrième doigt, tandis qu'il faut attribuer aux nerfs du nerf une autre douleur, qui se fait sentir dans la région même du choc, et qui est plus désagréable que celle qu'on ressentirait si la peau seule était intéressée. De même, lorsque nous pressons le globe oculaire à l'angle externe, nous sentons localement, par l'intermédiaire des nerfs sensibles de cette région, la douleur locale causée par la pression, et nous voyons un reflet lumineux que nous localisons dans la direction du dos du nez. Il se produit sans doute quelque chose d'analogue lors de l'irritation du tronc du nerf optique.

On regardait autrefois comme un étonnant paradoxe cette circonstance que le nerf optique et la rétine, qui ont la faculté de percevoir un agent aussi subtil que la lumière, restent relativement insensibles aux actions mécaniques les plus grossières, c'est-à-dire qu'ils n'éprouvent aucune douleur du ressort de la sensibilité tactile. L'explication de ce fait est simplement que les qualités de toutes les sensations du nerf optique possèdent la modalité des sensations lumineuses. Ce n'est donc pas la sensibilité qui lui manque, mais la forme de sa sensibilité est différente.

(1) ToUKTUAL, in J. Mùller's Handbuch der Physiologie. Coblentz, 1840, II, 259.

§ 17. EXCITATION PAR DES CAUSES INTERIE! JHES. (201) 273

Les sensations lumineuses dues aux causes intérieures nous offrent un domaine très-varié. — Il s'agit ici d'une foule de phénomènes lumineux qui accompagnent les divers états morbides de l'œil ou du corps entier. Tantôt ces apparitions sont répandues par tout le champ visuel, tantôt elles sont limitées dans l'espace, et elles prennent alors la forme, soit de taches «régulières, soit de fantômes qui imitent l'aspect ii'hommes, d'animaux, etc. Les causes mécaniques, telles que l'augmentation de la pression, soit du sang dans les vaisseaux, soit des humeurs de l'œil, peuvent jouer ici un rôle important : c'est ainsi qu'eu cessant une pression uniforme exercée sur le globe de l'œil, on voit fréquemment apparaître des fragments de la figure vasculaire ; lie même, après de violents efforts, on peut apercevoir soit quelques parties animées de pulsations, soit de grandes portions du réseau vasculaire (1). Dans d'autres cas, il peut y avoir une excitation chimique due a un changement de composition du sang, par exemple dans le cas d'empoisonnement par des narcotiques. Enfin, pour expliquer nombre de ces apparitions, on doit sans cloute admettre qu'il s'est effectué, jusqu'aux racines du nerf optique, une propagation d'une excitation produite dans les parties centrales d'autres parties du système nerveux. Nous appelons sympathie, la transmission de l'excitation d'un nerf sensible, primitivement excité, à un autre nerf sensible qui n'est soumis à aucune influence extérieure. C'est ainsi que l'aspect de grandes surfaces lumineuses, de champs de neige éclairés par le soleil, par exemple, provoque, chez beaucoup de personnes, une titillation dans le nez, et que l'audition de certains sons aigus et grinçants produit un sentiment de froid qui descend tout le long du dos. De semblables sensations sympathiques paraissent pouvoir aussi se produire dans l'appareil nerveux visuel par l'excitation d'autres nerfs sensitifs, tels que ceux de l'intestin par des vers intestinaux, chez les enfants, ou par des accumulations de matières fécales, des stagnations du sang et d'autres ano malies, chez les hypochondriaques. Il paraît que de véritables fantômes, c'est-à-dire des images lumineuses qui présentent l'aspect d'objets connus du monde extérieur, peuvent être produits par un transport analogue de l'état d'excitation des parties du cerveau qui agissent dans la formation des perceptions, lequel état se transmettrait à l'appareil nerveux visuel. Des images de ce genre ont été vues par nombre d'observateurs qui, en les voyant, avaient parfaitement conscience de la nature

(i) I'urkinje, zur Physiologie clcr Sinnc, I, 134 ; II, 115, 118. jectifs, consécutifs à l'action de la digitale, i/rid., II, 120.

Phénomènes sun-

*2lu ^02) DEUXIÈME PAKTIli. - DES SENSATIONS VISUELLES. S 17. subjective de ces fantômes (lj. Quelques-uns, comme Gœthe et J. Millier, pouvaient même évoquer à toute heure des apparitions de ce genre en regardant longtemps le champ visuel obscur, avec les yeux fermés.

Du reste, le champ visuel de l'homme sain lui-même n'est jamais complètement débarrassé de ces apparitions qu'on a nommées le chaos lumineux, la poussière lumineuse du champ visuel obscur; comme elles jouent un rôle important dans certains phénomènes, tels que les images accidentelles, nous les réunirons sous la désignation de lumière propre de la rétine.— Si l'on ferme les yeux et qu'on examine attentivement le champ visuel obscur, on commence fréquemment par apercevoir encore des images accidentelles des objets extérieurs qu'on vient de regarder (voy. à ce sujet les §§ 1k et 25) ; ensuite on voit un champ faiblement et irrégulièrement éclairé, avec des taches lumineuses dont l'aspect se modifie perpétuellement, qui ressemblent souvent à des ramifications vasculaires, à des amas de tiges de mousse et de feuilles, et qui, chez quelques observateurs, prennent la forme de fantômes. Les bandes nébuleuses mobiles de Gœthe (2) paraissent être une forme assez fréquente de ces apparitions lumineuses. Purkinje les décrit « comme des bandes larges plus ou moins courbées, séparées par des intervalles noirs, qui tantôt se propagent, sous forme de cercles concentriques, vers le centre du champ visuel, pour y disparaître, et tantôt se coupent en ce point, sous forme d'arcs mobiles, ou bien encore tournent en cercle autour de ce centre en formant des rayons curvilignes. Leur mouvement est lent, de sorte qu'une semblable bande met ordinairement huit secondes a parcourir tout son trajet et à disparaître entièrement. » Pour ma part, je les vois le plus souvent représenter deux systèmes d'ondes circulaires qui s'avancent lentement vers leurs centres, situés des deux côtés du point visuel. La position des centres m'a paru correspondre aux points cl entrée des deux nerfs optiques dans les yeux; le mouvement est synchrone à celui de la respiration. Purkinje avait l'œil gauche plus faib que le droit, et ce n'est qu'avec son œil droit qu'il voyait un semblable système de bandes nébuleuses. En outre, le fond du champ visuel, sur lequel se dessinent ces apparitions, ne devient jamais absolument noir ; on y voit, au contraire, des alternatives d'obscurcissement et d éversement qui suivent le même rhythme que la respiration (J. Mullei j moi-même). De plus, chaque mouvement des yeux ou des pau-

(1) Des cas de ce genre {sont énumérés, in J. Mite**, ^ phantastische Gesichtserscheinungcn. Coblenz, 1826, p. 20.

(2) Farbenlehre, Abth. I, § 96.

(3) Phantastische Gcsichtscrschcitiuiigcn, p- 16.

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