‹ Optique physiologique [electronic resource]Chapitre 59 sur 105 · INFLUENCE DES DIFFÉRENCES VERTICALES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES DIFFÉRENCES VERTICALES

256"'"' et que je regardais à Zi50""" de distance, je n'avais à le reculer que de 2""'" après l'addition des perles. Lorsque les fils extrêmes étaient distants de 12()"''", le fil moyen étant reculé de 2'"'", il suffisait, en présence des perles, de m' éloigner de 230""'" au lieu de 550.

Lorsqu'on approche des trois fils noirs un objet quelconque, qui présente un nombre suffisant de points remarquables, la courbure de la surface dans laquelle se trouvent les fils se manifeste aussitôt, alors même que f objet en question ne présente aucune ligne droite qui puisse faciliter la comparaison. A cet effet, j'ai pris, par exemple, le manche d'un coupe-papier sculpté en forme d'5, et lors même que j'en tournais vers les fils le bord le plus fortement recourbé, sa présence suffisait pour faire disparaître à peu près complètement l'illusion.

Gomme il est très-difficile, sans le secours d'appareils, d'amener une coïncidence suffisamment exacte entre les lignes verticales, dans les images stéréoscopiques, j'ai encore fait, de la manière suivante, des expériences sur l'influence de la convergence. Deux prismes rectangulaires sont fixés invariablement l'un à l'autre, de manière que leurs sections perpendiculaires aux arêtes présentent la disposition des triangles rectangles de la figure 193 : les arêtes étant parallèles entre

elles, deux de leurs surfaces comprennent un petit angle a. Le rayon af, qui tombe en b suivant une direction à peu près perpendiculaire à Tune des faces latérales de l'un de ces prismes, se réfléchit deux fois, en c et en G?, comme on le voit sur la figure, et il émerge finalement de la seconde surface suivant la direction eg, qui forme avec la direction primitive un angle double de a (j) . Si l'on regarde, de la manière indiquée,

(1) On n'a pas à craindre ici de déformation de l'image par suite de la réfraction, comme cela a lieu dans les prismes à angle aigu, ce qui pourrait induire en erreur dans les expériences stéréoscopiques ; en effet^ les modifications qui se produisent ici sont du même genre que celles qui se manifestent lorsqu'on regarde perpendiculairement à travers une lame de verre épaisse, à faces planes et parallèles ; elles sont infiniment petites au milieu de l'image et symétriques de part et d'autre, de sorte qu'elles ne peuvent pas gêner dans les expériences qui nous occupent.

FiG. 193.

83/1 (659) TROISIÈME PARTIE. - DES PERCEPTIONS VISUELLES. § 30. à travers un double prisme ainsi constitué, les arêtes étant verticales, on voit exactement la même image rétinienne qu'à l'œil nu, mais pour pouvoir l'apercevoir, il faut tourner l'œil un peu plus à droite ou à gauche qu'il ne le faudrait sans prisme.

Si l'on met un prisme de ce genre devant l'un des yeux pour regarder trois fils verticaux situés dans un même plan, et dont celui du milieu, vu binoculairement sans prisme, paraît, par conséquent, s'avancer un peu en avant des deux autres, il faut faire converger ou diverger davantage les yeux, suivant que c'est la face h ou la face e du prisme qui est tournée vers les fds ; mais on voit exactement les mêmes images rétiniennes. Dans le cas où l'on augmente ainsi la divergence, le fil moyen paraît s'avancer encore plus qu'auparavant ; si c'est la convergence qu'on augmente, ce fil paraît rentrer dans le plan des deux autres ou même passer en arrière de ce plan. Gomme la juxtaposition des prismes a une certaine action téléstéréoscopique, si l'on met devant l'œil droit la face e pour la convergence, il faut mettre devant le même œil la face b pour la divergence ; on peat encore amener successivement les deux surfaces devant l'œil gauche. En agissant ainsi, l'action téléstéréoscopique du petit appareil reste la même dans les deux premières expériences où la distance des points de vue est augmentée par les prismes ; de même, dans les deux dernières , où cette distance est diminuée.

Il résulte de cette expérience que les mêmes images rétiniennes peuvent donner la représentation d'un objet, soit concave, soit plan, soit convexe, suivant le degré de convergence des yeux ; on voit donc que la convergence exerce une influence incontestable dans l'observation d'objets de ce genre.

D'un autre côté, regardons, à travers le système de prismes, une surface plane recouverte de figures ou de caractères nettement visibles et dont, par suite, les images rétiniennes ne peuvent répondre à un objet véritable que pour un certain degré de convergence déterminé : cette surface ne cesse pas de paraître plane lorsque la convergence augmente ou diminue. Dans un pareil cas, les images rétiniennes ne peuvent appartenir qu'à un objet déterminé et la notion de cet objet se produit alors même que la convergence n'est pas convenable. Il en est de même pour les fils munis de perles : pour eux aussi, l'effet de l'augmentation de convergence ou de divergence est très-insignifiant et l'on ne remarque principalement que l'effet téléstéréoscopique dû à l'augmentation apparente de la distance des points de vue.

L'effet des prismes ordinaires à faible angle réfringent est tout autre. — Si l'on regarde, avec la déviation du minimum, à travers le milieu

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