‹ Optique physiologique [electronic resource]Chapitre 8 sur 105 · liV · texte numérisé non relu

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Ainsi, d'après la loi de Listing, pour les mouvements du regard qui partent de la position primaire pour passer à une autre position quelconque, l'axe de rotation est toujours situé dans un plan perpendiculaire à la ligne de regard.

Supposons que ce plan des axes de rotation passe par la ligne A A (fîg. 156, p. 608), perpendiculaire à la ligne de regard OB. Figuronsnous un second plan 31 coïncidant avec le plan A A dans la position

608 {468) TROISIÈME PARTIE. — DES PERCEPTIONS VISUELLES. § 27. primaire de l'œil, mais qui soit invariablement lié au globe oculaire. Lorsqu'on a amené la ligne de regard OB dans une position secondaire // OF, % prend une autre position CC,

différente de ^4^1. Pour passer de cette position secondaire à n'importe quelle autre position, on peut encore faire tourner l'œil autour d'un axe fixe, et tous les axes de ce genre se trouvent également compris dans un seul et même plan ; on verra plus loin que, par suite de la loi de Listing, ce plan est bissecteur de l'angle compris entre les

plans A A et CC : il est perpendiculaire au plan du dessin, qu'il coupe suivant la ligne H H, C'est là le plan des axes de rotation pour partir de la direction secondaire correspondant à la position OF de la ligne de regard.

Enfin, pour passer d'une position quelconque a du globe oculaire à une autre position construisant les plans des axes de rotation pour les positions a et b, leur intersection est l'axe autour duquel il suffît de faire tourner l'œil pour l'amener de a en b. Il est évident, en effet, que cet axe doit appartenir aux deux plans, puisqu'on peut aussi exécuter le même mouvement de b en a, et que l'axe de rotation doit remplir les conditions du mouvement aussi bien dans un sens que dans l'autre, c'est-à-dire qu'il doit se trouver dans les deux plans d'axes de rotation qui appartienent aux deux lignes de regard.

Pour les yeux normaux ou faiblement myopes qui ont été examinés jusqu'ici , la loi de Listing s'est trouvée satisfaite avec une grande exactitude pour toutes les directions parallèles des deux lignes de regard. Lorsque la méthode des images accidentelles est bien appliquée, elle permet de déterminer la position du globe oculaire sans erreur supérieure à un demi-degré environ. Une autre méthode, appliquée d'abord par Meissner, perfectionnée plus tard par Volkmann, et qui repose sur la comparaison des images des deux yeux, permet des déterminations encore plus exactes, — l'exactitude peut atteindre 1/10 de degré; — cette méthode, qui ne s'applique pas pour la position d'un seul œil, est utilisable pour l'étude des différences de position des deux yeux. J'ai fait, sur mes propres yeux, des expériences, d'après cette méthode, dont je décrirai les détails plus loin, et dans les positions périphériques extrêmes, en haut et en bas, j'ai trouvé que chaque œil s'écartait de la loi de Listing d'un angle de 9 minutes seulement ; Volkmann trouva, pour ses yeux un peu plus myopes que les miens, et

pour le regard dirigé obliquement en bas, à droite comme à gauche, un écart maximmn de b!i minutes pour les deux yeux, ce qui fait à peu près 27 minutes pour chacun. Mais les yeux fortement myopes, comme ceux du docteur Berthold, présentèrent des écarts plus considérables, notamment dans les directions périphériques en haut et en bas ; ces déviations sont probablement attribuables aux obstacles mécaniques que présente aux mouvements de l'œil myope son allongement postérieur.

Ce qui précède s'applique aux positions où les deux lignes de regard sont parallèles. — D'après une découverte de Volkmann, on trouve des résultats sensiblement différents , et l'écart varie d'une personne à l'autre, lorsque les lignes de regard convergent pour l'examen d'un objet rapproché. Pour les yeux de Volkmann, la convergence du regard sur les points d'un plan situé à 30 centimètres des yeux augmente uniformément de 2 degrés la divergence des méridiens verticaux apparents des deux yeux, par rapport à la convergence que ces méridiens devraient présenter d'après la loi de Listing, si la divergence et la position primaire étaient les mêmes que pour le parallélisme des lignes visuelles. Ainsi, en tant que l'influence de la convergence se manifeste sur l'altération de la différence de position des deux yeux, on pourrait admettre pour les yeux de Volkmann, soit une disposition d'après laquelle la position primaire serait située plus bas lors de la convergence, soit une modification de la rotation de l'œil dans la position primaire, que nous considérons comme point de nullité des mouvements de torsion. Cette modification augmente avec la convergence.

Pour mes yeux, cette rotation par convergence est bien plus faible dans les parties moyennes du champ visuel que pour ceux de Volkmann, elle en est seulement le J /9 ; de sorte qu'elle m'avait échappé dans les expériences avec les images accidentelles ; elle pré-

sente, d'ailleurs, le même sens.

Par contre, j'ai trouvé, dans les expériences avec les images accidentelles, que dans les directions

périphériques latérales du regard, la convergence amène des dévia- Fig 157

tiens de 2° à ^" 7-. l'image

accidentelle, dans le sens qu'elles oifriraient si la position primaire de

610 (â70) TROISIÈME PARTIE. — DES PERCEPTIONS VISUELLES. § 27. mon œil devait être un peu plus basse pour les directions convergentes que pour le parallélisme* Dans la figure 157, les traits épais et courts indiquent, en exagérant leurs déviations, les positions des images accidentelles pour les directions convergentes de l'œil. Les objets de ces images avaient été placés au centre, parallèlement aux rayons marqués danâ le champ visuel, de sorte que, pour des lignes visuelles parallèles, les images accidentelles seraient restées sur la direction de ces rayons. Les écarts sont le plus prononcés en^ ceten d ; ils sont faibles et douteux en / et en g.

MM. Dastich et Mandelstamm ^ qui réussissaient fort bien les autres expériences de ce genre, ne purent trouver, pour leurs yeux, aucune influence de la convergence. Il y a donc de nouvelles recherches à faire pour déterminer l'étendue de cette influence sur les différents individus.

Il nie paraît important de remarquer que mes yeux présentent une certaine variabilité de la torsion. La position primaire change un peu de hauteur d'un jour à l'autre, et elle varie même pendant le cours d'une série d'expériences. C'est surtout pour les directions périphériques du regard, qui demandent quelque effort, que je trouve parfois des positions sensiblement différentes dans des expériences consécutives, malgré le soin apporté à les exécuter dans des conditions aussi identiques que possible. Il ne faut donc pas s'attendre à trouver dans l'œil la même précision des mouvements que dans un appareil de physique, bien que, dans les conditions ordinaires, les yeux normaux suivent assez exactement les lois de Donders et de Listing.

Nous allons déterminer là part que prend chaque muscle de l'œil dans ses différents mouvements normaux. — Comme nous l'avons déjà vu plus haut (p. /iO), le droit interne et le droit externe, en agissant seuls, font tourner l'œil autour d'un axe vertical; d'après les déterminations de Ruete, l'axe des rotations produites par les muscles droits supérieur et inférieur est horizontal, son extrémité nasale est plus en avant que l'extrémité temporale; il fait un angle de 70° environ avec la ligne de regard; l'axe relatif aux muscles obliques supérieur et inférieur est également horizontal, et forme un angle de 35° environ avec la Hgne de regard, son extrémité temporale étant en avant. Les rotations que produisent, autour de l'axe vertical, les muscles droits interne et externe répondent à la loi de Listing; ces muscles peuvent donc agir isolément. Les rotations autour des autres axes ne répondraient pas, au contraire, à la loi de Listing. Si l'on veut obtenir, pour un mouvement de bas en haut, un axe de rotation horizontal dirigé de droite à gauche, il faut combiner l'action du droit supérieur avec celle de l'oblique inférieur;

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