IMAGES ACCIDRNTELLES POSITIVES. (VS9) /i
gaiement claires et obscures ; les images négatives sont celles où les arties claires de Tobjet se dessinent en sombre, et réciproquement.
I. — Je décrirai d*abord la marche des phénomènes en ne tenant ompte que de l'intensité lumineuse, et non de la permutation des coumrs, qui accompagne, dans la plupart des cas, la variation de l'intenité, et qu'on peut probablement expliquer par une durée différente des îverses périodes du phénomène pour les diverses couleurs. — Pour îen pouvoir observer la marche normale des images consécutives, il si nécessaire d'écarter d'abord de la rétine les images accidentelles es sensations lumineuses précédentes; à cet effet, il est ordinairement lécessaire et suffisant de maintenir pendant quelques minutes les yeux oigneusement couverts, jusqu'à ce qu'on ne voie plus, dans le champ îsuel obscur, que le chaos lumineux dont on apprend facilement à econnaltre les figures particulières (le plus souvent ce sont des sortes le flocons lumineux séparés par des lignes foncées arborescentes et réticulées). Lorsqu'on ne voit plus aucun fragment de dessins d'objets extérieurs, et qu'il n'en apparaît plus lorsqu'on laisse pénétrer de la lumière très-faible à travers les paupières fermées, l'œil est préparé pour recevoir l'impression.
Si l'on dirige les yeux pendant quelques instants vers un objet lumineux tel que la surface d'une fenêtre, ou si, mieux encore, on laisse les yeux immobiles, en se bornant à les découvrir pour un moment, on voit apparaître aussitôt l'image positive dont nous avons [Mtflé au paragraphe précédent. — Cette image est d'autant plus nette et plus distincte, qu'on a moins changé la direction de l'œil, et je trouve qu'elle offire sa plus grande intensité lorsque la lumière primaire n'a agi sur l'œil que pendant un tiers de seconde environ. Les phénomènes mentionnés dans le paragraphe précédent nous ont appris que pendant les premiers moments, l'intensité de l'excitation produite augmente ; msis elle atteint très-rapidement son maximum. Si l'éclairément dure plus d'un tiers de seconde, l'excitation persistante de la substance du nerf optique diminue rapidement d'intensité, ce dont nous donnerons plus loin la cause probable. Du reste, plus la lumière primaire est intense, plus l'image persistante est claire et plus elle dure longtemps. Il faut remarquer ici que, dans cette image, on peut sou- TOit dbtinguer des dégradations de l'intensité que la plus grande clarté empêchait de distinguer dans l'examen direcU Si l'on éteint, par exemple, brusquement une lampe à mèche cylindrique, en portant le regard sur la flamme au moment de tourner le bouton, on reconnaît daoa l'image persistante que les bords sont plus lumineux que le milieu
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de la flamme, diflFérence qu'on remarque difficilement à l'obsenratioD directe (voyez § 21). Aubert a fait une remarque analogue sur les Images persistantes de l'étincelle électrique : à la vision directe, l'étincelle présente l'aspect d'une bande lumineuse un peu vague, tandis que, dans l'image consécutive, elle offre celui d'une ligne nettement des* sinée. On peut obtenir, d'après la méthode décrite, des images consécutives d'objets modérément éclairés, par exemple, de papier blanc éclairé au degré suffisant pour lire, et qui restent perceptibles pendant environ deux secondes, tandis que la brillante image persistante da soleil se conserve souvent pendant plusieurs minutes.
Pour obtenir les images persistantes positives dans toute leur pureté, il faut se conformer aux indications suivantes. — Pendaint leur produc» tion et leur observation, il faut éviter avec soin tout mouvement de l'œil, tout mouvement violent du corps, car ces mouvements les font toujours disparaître pour un certain temps. Après être resté assis pendant un temps suffisant, avec les yeux fermés et soigneusement recouverts, on les dirige vers l'objet sans les découvrir, puis on s'efforce de les laisser absolument immobiles, tandis qu'on retire rapidement les mains pour les réappliquer aussitôt devant les yeux. Ce mouvement des mains doit être exécuté avec aisance, sans secousse et sans efiR)rt, de manière à ne produire aucun soubresaut du corps. Quand on s'est bien exercé à cette manœuvre, on réussit parfois à voir l'image persistante avec tant de netteté et d'éclat, qu'on croirait continuer à voir l'objet véritable, comme si les mains étaient devenues transparentes. On a assez de temps pour reconnaître, sur ces images persistantes, une quantité de détails qu'on n'avait pas eu le temps de remarquer pendant l'observation directe.
Les surfaces peu éclairées disparaissent les premières, sans que leur couleur se modifie notablement ; les parties claires persistent le plus longtemps, et leur couleur passe par des nuances bleuâtres pour aflfecter successivement un rose violacé et un rouge jaune. Pendant que les parties les plus claires passent du bleu au violet, le dessin de l'image accidentelle devient souvent assez confus ; cela me paraît tenir à ce que les parties claires ont alors perdu relativement plus de lumière que les parties sombres, que les deux ont atteint à peu près la même intensité; de plus, comme on le verra plus en détail dans le paragraphe suivant, nous ne pouvons, en général, bien distinguer que des états d'excita* tion variables de la rétine, tandis que nous perdons rapidement la faculté de distinction pour des états d'excitation constants. Plus tard, les objets peu éclairés deviennent tout à fait obscurs dans l'image accidentelle positive, tandis que les plus clairs restent seuls assez long-
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tempB visibles, mais colorés en rose. Ces circonstances m'ont frappé particulièrement en observant l'image accidentelle d'wi tapis clair sur une partie duquel tombait un faisceau de lumière solaire. Il y eut uu moment où je voyais complètement le dessin du tapis, mais partout f une clarté uniforme, la bande de lumière solaire cessant de trancher sorte reste. Puis le dessin du tapis s'effaça, la bande lumineuse apparut de nouveau avec une coloration rose, et persista pendant longtemps. On conçoit donc que, pour certains degrés déterminés de l'éclairage, le dessin de l'image puisse devenir très-confus, en tout ou en partie, pour redevenir plus net ensuite, c'est-&rdire que l'image peut sembler disparaître presque entièrement, pms s'éclaircir de nouveau. Mais en y portant plus d'attention, on remarque que le fond de l'image est sensi- Uement plus clair pendant que le dessin est confus que lorsque les parties les plus claires reparaissent sur un fond tout à fait noir. Aussi, dans ces cas, la sensation lumineuse n'a-t-elle pas disparu pour repanttre : c'est seulement la différence entre les parties plus ou moins diires qui s'est affaiblie pour un certain temps, et la faculté de la per- ; cevoir qui a cessé, jusqu'à ce que l'image accidentelle soit redevenue sMible, grâce à une nouvelle modification de couleur et d'intensité. J'ai tOQjoars observé, du reste, sur des images qui contensdent beaucoup d'objets d'intensité très-diverse, que plus un objet est lumineux, plus sa disparition totale de l'image positive est lente. Cependant Aubert a trouvé sur des Images accidentelles faibles, comme l'étaient probableiQent celles qu'il a obtenues en éclairant les objets par l'étincelle électrique, que les images accidentelles positives duraient plus longtemps ^près des étincelles faibles qu'après des étincelles fortes.
Si l'on a, au contrûre, déplacé violemment, pressé ou ébranlé l'œil en l'ouvrant et le fermant, on voit au premier instant un chaos lumiiteuz confus, où se développe ensuite peu à peu l'image persistante. I^ même, l'image accidentelle déjà développée disparaît momentané- Qient ou tout à fait, sous l'influence d'un mouvement, d'une secousse, d*ime pression ou de la lumière extérieure.
Lorsque la lumière extérieure n'a agi que très-peu de temps, qu'elle ^*apas été éblouissante et que le champ visuel est maintenu à l'abri de ^ute trace de lumière extérieure, l'image positive disparaît ordinaire- *ïient sans passer à l'état négatif. Mais si pendant que l'image positive ^ encore visible, ou même un peu plus tard, on dirige le regard vers ^ne surface uniformément éclairée, ou si on laisse pénétrer de la luïxiière à travers les paupières fermées, on voit apparaître une image Oégative. Plus l'image positive est prononcée, plus la lumière réagis-
/476 (36/) DEUXIÈME PARTIE. - DES SENSATIONS VISUELLES. §88. santé doit être intense pour la transfornier en image négative. H existe toujours une certaine intensité de la lumière réagissante pour laqadle l'image disparaît sans devenir négative. Si la lumière réagissante est plus forte, il se produit une image négative ; si elle est plus faibie, l'image reste positive et devient seulement plus confuse. Du reste, la netteté de l'image négative augmente avec l'intensité de la lumière réagissante, jusqu'à ce que cette intensité ait atteint le degré le plus favorable pour reconnaître de faibles différences de l'intensité lumineuse ; au delà, elle diminue de nouveau. On petit donc obtenir des images accidentelles même pour une lumière primitive faible, et de la lutnière réagissante forte, mais il faut beaucoup d'attention pour les voir, car elles s'évanouissent très-rapidement. Ainsi, quelque temps après la disparition de l'image positive, on peut voir l'image négative sur des surfaces éclairées, puis elle pâlit et disparait peu à p«i; on peut même l'apercevoir dans un champ visuel tout à fait obscur; elle y apparaît comme une diminution de la lumière propre de la rétine. Cette lumière propre parait, en général, un peu plus claire, par contraste, dans le voisinage de l'image accidentelle obscure.
Lorsque la lumière primaire est très-intense, l'image acddentelle négative gagne en netteté et en durée. On distingue aussi, dans l'image accidentelle négative, les parties d'un objet éblouissant, employé comme objet éclairant primaire, qui possèdent des intensités lumineuses objectivement différentes sans que ces différences soient perceptibles à l'examen direct de l'objet. C'est ainsi qu'après avoir regardé le soleil couchant, j'ai souvent remarqué que des objets qui recouvraient une partie du disque solaire, et qui, à cause de l'irradiation, restaient absolument inaperçus lorsque je regardais directement le soleil, apparaissaient nettement dans l'image accidentelle négative. On peut voir de cette manière jusqu'à de petits objets, comme des branches et des feuilles d'arbres. Ainsi l'excitabilité des parties de la rétine qui ont reçu l'image du disque solaire même subit une modification consécutive plus grande que celle des parties de la rétine qui ont reçu les cercles de diffusion et la lumière diffuse, bien qu'il n'ait pas été possible de discerner la sensation primitive de ces deux agents. C'est pour cette même raison que les images accidentelles du soleil sont d'abord plus grandes que le disque solaire lui-même, pour devenir ensuite plus petites ; au commencement, il vient s'associer sur le bord externe du soleil une image consécutive des cercles de diffusion qui devient plus rapidement négative et disparaît plus vite que celle du milieu du disque, où toute l'intensité du soleil a exercé son influence.
La durée de l'éclairement primaire exerce sur l'image accidentelle