‹ Optique physiologiqueChapitre 122 sur 228 · GONFOHMITK 1)K LA NOllOiN ET DK L'OBJET. {44â) 5H · texte numérisé non relu

GONFOHMITK 1)K LA NOllOiN ET DK L'OBJET. {44â) 5H

ea éd réfleiio» pour voir que toutes les propriétés que nous pouvons leur attriner désignent seulement les aciiom qu'ils exercent soit sur nos sens» suit sur 'aatrei objets de la nature. La couleur, le son, le goût, l'odeur, la température, ! pidi, Ift consistance appartiennent à la première classe : elles désignent dcsedets rodoils sur les organes de nos sens. Le poli et la consbtance désignent le- degré de fisîstance que les corps opposent au glissement ou à la pression de la niaiu. Mais 1 nuin peut être remplacée par d'autres corps ; il en est de même pour l'examen a- autres propriétés mécaniques, comme l'élasticité et le poid& Les propriétés lâmques se rapportent également à des réactions, c'est-à-dire à des actions que s corps examiné exerce sur d'autres corps. 11 ea est de mémo des autres proriétés physiques des corps : propriétés optiques, électriciues, magnétiques. 11 s'agit oujours de relations et d'actions réciproques qui dépendent des forces que les Hps manifestent les uns k l'endroit des autres. Car toutes les forces de la nature OQl des actions exercées par un corps sur un autre. Si nous nous figurons la mtière dépourvue de force, elle est aussi saus propriétés autres que la position fav l'espace et le mouvement. Aussi les propriétés des corps ne se mauifcstentdbs cpie lorsque nous les mettons en rapport avec d'autres corps ou avec les Ngiius de DOS sens. Mais conmie ce rapport |)eut se produire à tout instant et être occasionné à chaque instant par notre volonté, comme nous voyons toujours dors se produire des actions mutuelles, nous attribuons aux objets une faculté l'action continuelle, toujours préic à agir : c'est à cette iaculté continuelle que nos donnons le nom de propriété»

fl résulte de là qu'en i*éalité, malgré leur nom, les iiropriétés des cor|)s ne Wgncnt absolument rien de propre ù chaque corps eu lui-même, mais bien par (apport à un autre objet, y compris les organes de nos sens. Naturellement, le Bode d'action doit toujours dé|)endi*e des propriétés du cor|)s agissant aussi bicj) )iK de celles du coq» qui subit Inaction : c'est un point dont nous ne douions as BD instant lorsqu'il s'agit d«^s propriétés que prosentent les corps en agissant » uns sur les autres, dans les réactions cliimiques, par exemple. Mais loi-scfu'il i*9t des propriétés qui reposent sur les rapports de modification qui existent Btro les objets et nos organes des sous, on a toujours eu de la tendance à oublier la'ils'iBgit encore d*une réaction sur un réactif particulier à savoir notre apiiareil ervMix, et que la couleur, l'odeur et le goût, la sensation de chaud et de froi<l M'égalcment des actions qui dépendent tout à fait essentiellement de la nature efoi^ganequi les subiL Les réuaioiis des corps sur les sens sont assurément celles le ron perçoit le plus fréciuemment et le plus géuéraicment, elles ont la |)lus nMk importance pour notre bien-être et pour notre commodité; mais si le tectîf an moyen duquel nous les éprouvons a été mis en nous par la nature, la sbMioD v'en est pas moins la même.

Casi donc une question qui ne présente absolument aucun sens que de denian- » si le cinabre est réellement rouge, tel que nous le voyons, ou si c'est seulement I m» iHasion des sens : la sensation du rouge est la réaction normale des yeux mnaax, pour la lumière réfléchie par le cinabre. Un individu atteint d*anéry- Kopsie verra le cinabre noir ou d'un jaune-gris foncé; c'est également la réaction tacM pour son œii, mais il a besoin de savoir que son œil est autrement conformé

582 {446) TROISIÈME PARTIE. — DES PERCEPTIONS VISUELLES. § 26. que ceux des autres. En elle-même, l*uue de ces sensations n*est ni plus vraie ni plus busse que Tautre, bien que ceux qtn' déclarent le cinabre rouge aient |^K)ur eni une grande majorité ; la couleur rouge du cinabre n*existe qu'en tant qu'il existe des yeux conformés comme ceux de la majorité des hommes, et c*cst à tout aussi juste titre que le cinabre possède la propriété dVtrc noir, relaUvcment aux individos atteints d*anérythroj)sie. Lorsque nous parlons des propriétés que prêsedtc nn corps par rapport aux autres corps du inonde extérieur, nous n'oublions jamais de spécifier aussi relativement h quel corps cette propriété existe chez lui. C'est ainsi que nous disons : « Le plomb est soluble dans Tacide azotique et ne Test pis dans Tacide sulfurique ». Si l'on nous disait simplement : « le plomb est soluble », nous remarquerions aussitôt que c'est 12i une assertion incomplète, et nous demanderions dans quoi le plomb est soluble. Mais quaud on dit : a le cinabrrcst rouge », on comprend implicitement qu'il est rouge pour notre œil et |x>nr ceuv d'autres hommes que nous supposons conformés comme les nOtres ; nous pensom qu'il est inutile de faire cette mention, et cette omission constante du langage peut contribuer ù nous faire croire que le rouge soit une propriété qui appartienne au cinabre, ou h la lumière que réOécliil ce corps, et indépendante de nos organes sensuels. C'est tout autre chose quand nous discms que les ondes de la lumière refléchie par le cinabre ont une certaine longueur : c*est là une assertion qac nous {wuvons faire indé]>endamment de la nature particulière de notre œil, mais qui n'exprime que des relations entre la substance lumineuse et les différents systèmes d'ondulations de l'éther.

Le seul rapport sous lequel notre |)erception puisse être véritablement confonne à la réalité est la suite dos temps où so passent les faits avec leurs difR'Teules juirticularités. La siiTiultanéilé, la succession, !<» retour périodique de la simnltani'iU' ou de la succession peuvent se présenter aussi bien |K)ur nos sensations que pour les faits. Les faits extérieurs, comme les perceptions, se succèdent dans le temps; par œnséquonl les conditions de tcin|)s des dernières peuvent représenter fidi'loment celle des premières. La sensulion du lormerre dans l'oreille succède h celle de l'éclair dans l'œil, connue le mouvement sonore de l'air, produit par la décharge électrique, arrive à l'observateur plus tard que l'ébranlement de IV'lher lumineux. Cej)endanl il faut remarquer que la suite des sensations ne représi'nlc pas tout à fait fidèlement la suite des phénoniînos extérieurs, en ce sens que la transmission de la sensation au cerveau exijçe du temps et que ce temps est dilTi^rent pour les différents organes. Il faut encore ajouter, pour l'œil et pour Toreille, le temps que mettent la lumière vX le son i)our arriver à l'oi-gane : c'est ainsi que nous voyons actuc^llement les différentes étoiles fixes telles qu'elles étaient il y a nombre d'années, et h une époque différente |)our chacune.

En ce qui concerne la représentation des conditions d'espace, elle se fait, à un certain degré, dans les extrémités périphériques des nerfs, dans Tœil et dans la l)eau, mais ce n'est (pie d'une manière restreinte, puisfiue l'œil ne donne que des images perspectives des surfaces, et que la main nous représente la surface objective par la surface de notre corps qui peut le mieux s*y adapter. Mais ni l'œil ni la main ne domieni innuédialement une image étendue suivant les tnïis dimensions de l'esiKice. La représentation des corps ne se produit que par la comparaison

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