‹ Optique physiologiqueChapitre 123 sur 228 · CONFORMITÉ UK LA iNOTlON ET DK L'ODJËT · texte numérisé non relu

CONFORMITÉ UK LA iNOTlON ET DK L'ODJËT

» images reçues dans les deux yeux, ou par uu déplacement du corps ou de la lain de Tobsen'ateur. Comme notre cerveau a trois dimensions, rimagination a eau jeu pour se figurer le mécanisme à i*aidc duquel ce centre nerveux peut Nrevoir des images à trois dimensions des objets corporels extérieurs, mais je ne lis ni la nécessité ni la probabilité d'une semblable hypothèse. La représentation 'un corps à trois dimensions, comme une table, contient une foule d*observaons particulières ; elle comprend toute la série des images que me présenterait ?tte table, si je l'examinais à partir des points de vue les plus diiïérents ; elle )mprend, dé plus, toutes les impressions tactiles que j'éprouverais eu plaçant ms mains successivement sur toutes les parties de sa surface. Une semblable repréentation d'un corps est donc déjà une iWéfe, qui renferme un nombre indéfini de erceptions différentes qui se succèdent dans le temps et qui peuvent toutes en ire déduites, de même que l'idée générale de « table » contient en elle toutes les aUeset en exprime les propriétés communes. ïa représentation que j*ai d'une ceraiae taUe est juste et précise si je puis en déduire, avec exactitude et précision, les sensations que j'éprouverais en amenant mon œil ou ma main dans telle ou idle position déterminée par rapport à la table. Je ne puis concevoir aucun autre genre d'analogie entre une pareille idée et l'objet qu'elle représente. La première est le signe spirituel du second. Je n'ai pas choisi arbitrairement la nature de ce signe, c'est la nature de mi*s organes sensuels et de mon esprit qui me l'a imposée. ^ C'est par là que les signes qui expriment nos notions se distinguent do ceux que nous avons choisis arbitrairement pour la parole et pour l'écriture. Une écriture est exacte quand elle fournit de^ représentations exactes à celui qui sait la lire, et la représentation d'un objet est exacte quand elle nous permet de déterminer d'avance les impressions sensuelles que nous recevrons de cet objet en nous mettant en rapport avec lui sous des conditions déterminées. La nature de ces signes mentaux importe peu, d'ailleurs, pounu qu'ils forment un système qui présente uuc variété et un ordre suflisants; de même que les sous des mots d'une langue sont indifférents, pourvu qu'on en ait un nombre suffisant et qu'on possède assez de moyens de désigner leurs rapports grammaticaux.

Cette manière d'envisager la question ne doit pas nous faire supposer que toutes nos idées sur les objets soient fausses, parce qu'elles ne sont pas semblables à ces ibjets, et il faut se garder d'en conclure que nous ne pouvons rien savoir de la lalare véritable des choses. Il est dans la nature de la conscience que les idées le peuvent i>as être semblables aux objeU:. Les représentations ne doivent être que b images des choses, et une image ne représente un objet que pour celui qui ait b déchiffrer et qui, à l'aide de l'image^ peut se former une idée de la chose, foule image ressemble à son objet sous un rapport et en diffère sous tous les aUneSy que cette image soit un tableau, une statue, la représentation musicale ou Iramatiquc d'un sentiment, etc. C'est ainsi que nos représentations du monde xtérieur sont des images de la succession régulière des événements naturels, et i elles sont formées régulièrement suivant les lois de notre pensée, si, par nos ctioDS, nous pouvons les reporter exactement dans la réalité, ces représentations Mit ans» les seules vraies pour notre entendement ; toutes les autres seraient

bU {U7) THOISIÈMK PAIlTlb!. — DES PEUCEiaiOiNS VISUELLES. § S6. Je crois donc que c'est uu lualcutondu que de vouloir dierclier une lianuouie préexistante cuire les lois de la pensée et celles de la nature, eu admeUaal, sous un nom quelconque, une ideulilé entre )a nature et TespriL Uu système de tsigBcs peut être plus ou moins cuniplct et approprié è sou but : il en de^icnl plus ou moios iacile à appliquer, et les désignations qu'il fournit sont plus ou moins précises, — les diflérentes langues nous en fournissent uu exemple ; — ccpeiulaol chacun permet, dans une certaine mesure, d'atteindre le but proposé. S'il n'existait pas un grand nombre d'objets semblables, nuire faculté de fornier des notions d'espèce ne nous serait d'aucune utilité ; s'il n'y avait pas de corps solides, nos iaciihés géométriques resteraient sans développement et sans usage, de môme que l'cul iie nous servirait à rien dans un monde où il n'y aurait pas de lumière. Si c'est dans ce sens que l'on parle d'un accord entre les lois de notre pensée et celiesck; la nature, nous pouvons l'admettre; mais il est évident que cet accord n'a besma d'être ni complet, ni exact. L'ceil est un organe qui nous rend d'eicellenCs services dans l'obsenation du monde extérieur, bien qu'il no puisse ni voir nette* ment à tontes les distances, ni percevoir toutes les espèces de vibrations de l'étliGr, ni réunir exactement en un point les ra^'ons émis par un même point Nos acti* vités intellectuelles sont liées à celle d'un organe cor|)orel, le cerveau, comme la faculté visuelle est dépendante de l'œil. L'intelligence humaine se rond niaitresse de bien des choses, et renoue meneilleusement la chaîne des effets et des causes: est-elle nécessairement susceptible d'embrasser tout ce qui peut exister et survcair dans le monde? C'est là ce que rien ne me parait prouver.

Nous avons encore h parler de la manîtrc dont nos représentations et nos perceptions se fonneiu par dw ronrinsions inductives. — C'est dans la logiqot'do SHïart îMill que la nature de nos conclusions me |)araîl le niienx analyste. Iles que la majeure du syllogisme n'est |)as un principe imjwsi'* à notre foi parnuo autorité rtrangrre, drs rpie c'est une projxïsition qui se rapporte h la réalité, — et ne iwut être, par conséquent, que le résultat de l'expérience, — la concl«sk»n ne nous appn^nd rien de nouveau, rien (pie nous n'ayons pas su avant tic la faire. Prenons un exemple :

Majeure : Tous les liomuies sont mortels. Mineure : Caius e,st un houinie.

Conclusion : Caius est mortel.

Nous n'avons pas, à pnipremenl parler, le droit de poser la majeure que to» les hommes sont mortels, proposition fournie par rex()érience, tant que nons ne sommes pas certains de la justesse de la conclusion, tant que nous ne sommes p» sûrs que Caius, qui est un homme, est mort ou mourra. Nous avons donc bcwin d'être sûrs de la conclusion avant de pouvoir [xwer la majeure à l'aide de laqvdlf nous voulons la démontrer. 11 semble donc que nous tournions dans un rerrle vicieux. — Voici quel est évidemment le fond de noirc raisonnement : On a Icmijours observé jusqu'ici, sans excei)Uon, qu'aucun homme n'a vécu au delà d'uo certain âge. Par suite, on a réuni, dans cette proposition générale : que /owles Iwmmes sont mortels, l'expérience que Lucius, Flavius, et tous les autres dont<«

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