DES HAISONNEMEN'fô PAR INUIJCTION
xnniQ le sort, sont morls; comme cette terminaîsoQ s'est présentée dans tous les s qui ont été observés, on B*est cm en droit d'étendre la validité de cette prosilîon générale à tous les cas qui devraient Otro observés plus tard ; c'est ainsi e; sous la forme de la proposition générale qui sert de majeure au syllogisme ùt nous venons de parler, nous conservons dans notre mémoire l'ensemble des pértenccsqui ont été ac^fuises jusqu'ici, à ce sujet, par nous ou pard*aulres servBtcurs.
11 est évident que, sans passer sciemment par la proposition générale, nous rions également pu arriver immédiatement à la conviction cpie Caius mourra : nous aurait suffi, à cet effet, de compai^er ce cas à d'autres qui nous sont connus, c'est mémo le procédé que nous suivons le plus ordinairement et le plus uatu* llement dans nos inductions. Les raisonnements de ce genre se font sans réflexion nscicnle,'ct c'est s|X)ntanément que notre mémoire réunit k» points de ressemance des faits observés antérieurement; il est facile de. s'en assurer dans les cas ) condusions inductlves où nous ne pouvons point panenir ii formuler, avec les (périences acquises, une loi sans exception, dont la validité ait des limites bien ffinies : et c'est ce qui a lieu pour tous les pliéuomènes ou les actes un peu xnpiexcs. Ainsi, nons pouvons souvent prédire avec certitude^ i)ar analogie avec es cas antérieurs semblables, le parti que prendra, dans des circonstances douces, un individu que nous connaissons : ce qui nous guide, c'est la conuaisincedc son caractère : nous savons, par exemple, s'il est vaniteux ou làclie, sans irc en état de mesurer exactement à quel degré s'étend sa vanité ou sa lâcheté, l sans être capables de dire pourquoi la lâcheté et la vanité de cet homme devront e combiner précisément de façon à le faire agir dans le sens que nous présumons. Ainsi dans ceux des raisomicments proprement dits et conscients qui ne s'up- «ient pas sur des axiomes, mais sur des propositions établies par l'expérience, KNB ne laisous, en réalité, que ré()éter avec alteuLiou et avec discernement las tctes de généralisation inductive de nos expériences, qui ont déjà été faits pins apidement et sans réflexion consciente par nous-mêmes ou par d'autres ol)scna- COIS auxquels nous accordons notre confiance. Bien que l'expression de nos expéienccs antérieures sous fornu^ d<î projwsition générale n'ajoute rien d'cssenlielliincnt nouveau à nos connaissances, elle n'en est pas moins utile sous bien des apports. >ous gardons bien plus facilement dans la mémoire, et nous |X)iivons jicax communiquer aux autres, une proposition générale exprimée sous une forme éterminée que nous ne le ferions |K)ur chacun des faits particuliers qu'elle conmt, pris successivement. £n présence de cette proposition, nous sonunes amenés rérifier chaque fait nouveau au point de vue de l'exactitude de la généralisation, ks excitions s'imposent bien plus nécessairement à notre attention; lorsque «• nommes en présence de la proposition exprimée sous sa forme générale, les ocptious à la règle nous frappent bien plus que s'il nous fallait nous reporter ccoNveineot à tous les cas en particulier. Cette manière de donner une forme finie aux conclusions inductives ajoute donc beaucoup à la commodité et à la racé de notre mauière de procéder; mais, en réalité, nous n'apprenons par rieu qui ne soit déjà étabU dans les conclusions inductives que nous avons obletes miis réflexion, et au moyen desquelles nous jugeons, par exemple, le carac*
686 (440) TROISIÈME PARTIK. — DES PERCEPTIONS VISUELLES. § 26. tère d*un homme d'après les traits de son visage et la nature de ses mouvemeDls, ou qui nous permettent de prévoir, d'après son caractère, ce qu*ll fera dans une circonstance donnée.
Il en est exactement de même pour nos perceptions sensuelles. — Lorsque nous avons senti une excitation dans les appareils nerveux dont les extrémités |)ériphériques se trouvent du côté droit des deux rétines, nous avons appris, par une expérience répétée de tous les instants, qu'il y avait à notre gauche uu corps lumineux. Nous avons constaté qu'il nous a fallu porter la main à gauche pour cacher cette lumière ou pour saisir l'objet lumineux, que nous avons dû nous transporter vers notre gauche pour nous en rapprocher. Si donc, dans les cas de ce genre, nous ne faisons pas de raisonnements conscients, nous n*en avons pas moins exécuté le travail essentiel et primitif d'un raisonnement, et nous eu avons obtenu la conclusion, bien que ce travail n'ait été fait, sans doute, que paries procédés inconscients de l'association des idées, qui résident dans, les parties inexplorées de notre mémoire. Aussi ces résultats s'imposent-ils à notre conscience comme produits, pour ainsi dire, par une puissance extérieure qui uous domioe et sur laquelle notre volonté n'a aucune action.
A ces conclusions inductives, qui servent h la formation de nos perceptions visuelles, manque assurément le travail de vérification cl de rectification de la pensée consciente; cependant je crois (louvoir les considérer, dans leur essence, comme des cœiclusions, comme des résultats de raisonnements inducfif$ accomplis à notre insu.
Pour les admettre dans In pensée consciente et pour les fonnnlcr suivant les règles des conclusions logiques, nous sommes arrêtés par cette circonstance, qui leur est tout à fait particulière, (|ue nous ne j)OHV()ns pas indiquer nettement ce ([ni s'est ï>assé en nous l()rs([uc nous avons éprouvé une sensation dans une libre nerveuse, ni ce qui distingue celte seasalion déterminée d'avec les sen.sations analogues ressenties dans les autres fibres nerveuses. C'est ainsi que, lorsque nous avcms épromé une sensation lumineuse dans certain(;s fibres de l'appareil nerveux \isuel, nou!» savons seulement que nous venons d'éprouver une sensation particulière, qui ^e dislingue de toutes les autres sensations et niCMue des autres sensations visuelles, et en présence de laquelle nous avons toujours roneontré un objet lumineux à gaiick Dans notre état nalurel, et avant d'avoir étudié la physiologie, nous ne prierions pas autrement de nos sensations, et, dans notre esprit, nous ne [wuvons déterminer et définir autrement la sensation qu'eu désignant les conditions sous lescpielles elle s'est produite. 11 me faut dire : « Je vois quelque chose de cJair u't^ la gauche »; c'est la seule expression que je puisse donner de celte sensation. Cest seulement plus tard, par l'investigation scientifique, que nous apprenons que nous avons des nerfs, que ces nerfs ont été excités et que l'excitation a |)orté sur ceux (jui aboutissent au côté droit de la rétine : ce n'est qu'aloi-s que nous sommes en mesun» de di'îlinir l'espèce de la sensation indépendamment des circonstances qui lui donnent ordinairement naissance.
Il en est de même pour la plupart des sensations. Le plus souvent, sauf quelques désignations un peu vagues (doux, acide, amer, brAiant, etc.), nous ne savon> défmir les sensations de goût et d'odeur, même d'après leur qualité, qu*en nom-