‹ Optique physiologiqueChapitre 125 sur 228 · M. DES RAISONNEMENTS PAR 1NI)1!CTI0N · texte numérisé non relu

M. DES RAISONNEMENTS PAR 1NI)1!CTI0N

lant les corps qui présentent le goût on l'odeur que nous roulons désigner.

Ainsi, dans i*6tat ordinaire de notre conscience, nous ne pouvons ni6nic |)as )DQer la forme de jugements conscients à ces jugements par lesquels nous passons ! nos sensations à Tetistence d*one cause cxtéHeure. Une personhe qdi ne mnaît pas la structure interne de l*œil ne dira pas qu'elle reconnaît h sa gauche

présence d'un objet éclairé parce que les fibres nencuses qui se terminent à !t)ite dans la rétine se trouvent dans un état d'excitation, elle peut dire ^eulelent : « il existe h gauche quelque chose de clair, parce que je Ty vols. » De îème, au point de vue de l'expérience journalière, celte circonstance qu'une t!Sftîon sur la partie droite de l'œil exbitë les fibres nerveuses qtii s'y terminent, î peut pas s'exprimer autrement qu'en disant : « Lorsque je presse mon œil à t)ite. Je vois une lueur & gauche, n II n'existe aucun autre moyen de décrire la nsàtion et de l'identifier avec d'autres sensations antérieures que de désigner la ysition des objets extérieurs qui paraissent y répondre. Aussi ces faits d'expéénce ont-ils ceci de particulier que nous ne pouvons même pas exprimer le ipport de la sensation à un objet extérieur liaiis préjuger déjà ce rapport dans

désignation de la sensation, c'cst-h-dire sans admettre d'avance ce dont nous )uloDs parler.

Si, lorsque nous avons appris k conilâflre l'origine physiologique et la connexion [fs illusions des sens, nous ne pouvons cependant pas nous défaire de ces illusions, est que l'induction est produite par un acte inconscient et involontaire de la iémoirc, et qu'elle se présente par conséqueut à notre entendement coumie une ircc naturelle étrangère et irrésistible. Nous trouvons, dn reste, des actions anaigucs fort nombreuses à la base des afitres espèces iVnppnrencps, J'inclinerais h ire que toute apparence provient d'inductions précipitées et irréQéchies, qui nous >nt conclure des faits antérieurs aux faits actuels et où nous penchons vers les usscs conclusions, malgré la connaissance plus exacte que nous donne la i-éllexion insciente. Tous les soirs, le soleil paraît descendre derrière riiorizon immobile, ien que nous sachions fort bien que c'est le soleil qui reste in^mobile et l'horizon ai se déplace. Un acteur qui représente habilement un vieillanl est |>our mnis D vieillard sur la scène, tant que nous laissons libre cours à l'impression imméiate, sans faire un effort pour nous souvenir que nous savons, par rnflichc, avoir bire à un jeune acteur bien conim. Nous assistons 5 sa colère ou à sa souffrance, nrant l'expression qu'il donne à sa physionomie et à ses gestes ; il réveille en yva la terreur ou la pitié ; nous tremblons à l'approche du moment où il va )mmettre une action terrible, et la conviction motivée que tont cela n'est qu'npu%nce et comédie ne peut servir de frein k nos émotions, tant que l'acteur ne nt pas de son rôle. Bien plus, une pareille histoire mensongère, qui paraît se isser en notre présence, nous touche et nous agite beaucoup plus que ne ferait ne histoire anal(^ue, mais véritable, dont nous lirions un compte rendu sec t authentique.

Cependant, les expériences d'après lesquelles nous savons que certaines exprèsions dn geste, de la voix et de la physionomie, décèlent une colère violente, dies que nous avons, en général, sur les sign(*s extérieurs des sentiments et des anctères que l'auteur peut nous présenter, sont bien moins nombreuses et bien

588 (Âlil) THOISIÈME l»AllTIli. — DES PEHllEPTIONS VISUELLES. § 26. inoius réguiièrciucnt répétées que des expériences d'apii's le^uellcs nous avons appris que certaines sensalioDS répondent h certains objets extérieurs. Il nciaul donc lias nous étonner si la représentation de l'objet qui répond ordinairement i une sensation ne disparaît jamais, même dans les cas particuliers où nous savons (pie nous ne sommes i)as en présence de cet objet.

Enfin, les vérifications que nous obtenons à Taide de mouvements volontaires de notre corps, sont de la plus grande ini|>ortance pour la solidité de notre conviction sur Fexactitude de notre |>erceplion sensuelle. Comparée à celle que donnent lob observations purement j)assives, la conviction que nous obtenons aiiLsi gagne en solidité, de môme que, dans I<*s recherches scientifiques, la vérification cxpérinicntaie ajoute à la force do notre conviction. I^ base fondamentale qui nous donne uno conviction complète dans les résultats de toutes les inductions que nous faisons d'une manière consciente, c*est la relation de cause à effet, que nous nommerons loi causale. Lorscpie nous [avons vu très-souvent se présenter ensemble deui phénomènes de la iiîiture, comme le tonnerre qui suit 1 éclair, ils nous paraLssenl être liés nécessairement Tun à Tautre, et nous concluons qu'ils ont une can^* commune ; et si ce lien causal a toujours eu pour eiïet de faire apparaître simultanément le tomxTre et Téclair, nous admettons que les mêmes causes devant continuer à produire les mêmes effets, le résultat sera toujours le même dans h suite. Tant que notre observation porte sur des phénomènes c|ui se produisent sans notre |)articipalion, sans que nous puissions, |)ar des e\|)ériences, modîGcrla complexité des causes, nous arrivons diflicilement ch la conviction d'avoir déjà trouvé toutes les conditions (pii peuvent influer sur les résultats. 11 faut que la diversité dt's cas auxquels s\ip|)Ii(iu(! la loi soit immense et (pic; la loi pcrinfllt' dt' pré\oir les résultats avcr une exactitude extrême iMiiir que nous puissions nous déclarer satisfaits, dans un cas dr pure observation. (Vvsi le cas qui se pivî>iiîU' |)our les mou\ements <ln système planétaire. Sans doute, nous ne pomonspas expérimenter sur les planètes, mais la théorie de la p;ra\ilation universelle, élablii' par ^e^vl()^, donne une explication si complète et si exacte des monveinciiis apparents de ces corps sur la voûte céleste, inon\emeiils relativement coinpliquis «pie nous n'hésitons pas à considérer cette théorie comme suflisamment démontrée. Et cependant les expériences de Reich sur l'attraction des balles de plomb, celles de Eoucaull sur la déviation produite sur le pendule |)ar la rotation dr la terre, celle de Eizeau et Foucault sur la mensuration de In \itess(.' de la luiniùroi la surface de la terre, sont de la i)lus {grande valeur pour fortifier notre con\irlion par la voie expériiuentale.

Il n'existe i)eut-être aucun fait de simple observation dont Texaclilude soit démontrée d'une manière aussi absolue que la proposition générale, prise plus haut i«»r exemple, d'après laquelle tous les hommes meurent a\ant d'avoir déjwssé un ciM-tain à^e. Entre bien des millions d'hommes, il ne s'est pas présenté une seule exception. .Nous pouvons admettre que si cela avait eu liiMi nous en aurions c» connaissance. Parmi ceux qui H)nt morts il on est qui ont existé dans lescliinj^ les plus dillérenls, qui oiil vécu avec les régimes les plus divers. Cependant on H'' |)eul pas dire (pie cette i)roposition, que tous les hommes sont mortels, ait le niinn"

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