INFLUENCE DES MOUVEMENTS. {i
egrfi de ccrtitudcqu'unc proposition quelconque de physique dont les conséquences nt été comparées aux faits avec les modifications expérimentales les plus diverses, lelativcment à la mortalité des hommes, je ne connais pas le lien causal Je ne ' lurais mdiquer les causes qui amènent infailliblement la faiblesse sénile, toutes s fois que la vie n'a pas été terminée plus tôt par quelque influence extérieure lus saisissable. Je n*ai pas pu constater expérimentalement que la faiblesse sénile -rive nécessairement si je fais agir ces causes, et qu'elle ne se présente pas lorsuc j*élîmine les causes de sa production. A quelqu'un qui prétend que l'usage s certains moyens peut prolonger la vie d'une manière indéfinie, je puis bien ^|)Oser l'incrédulité la plus extrême, mais je ne puis pas le contredire al)solumcnt, je ne sais pas que des individus soient morts, bien qu'ils aient vécu dans les conitioQs qu'il indique. Mais si je prétends, au contraire, que tout mercure liquide ■ dilate sous l'action de la chaleur, lorsqu'il n'y a pas d'obstacle, je sais que lUtes les fois que j'ai observé la réunion d'une température élevée et de la lalatlon du mercure, ce fait ne provenait pas d'une troisième cause commune conmie, comme on pourrait le supposer dans un cas de simple obsenation ; ais je sais, par l'expérience, que la chaleur a suffi, à elle seule, pour prmhiire
dilatation. J'ai souvent cliaufle du mercure, et à des éi)oquos diiïércntes ; j'ai loisi, d'après ma propre volonté, les instants où je voulais commencer l'exilécnc4s. Si donc le mercure se dilatait, cette dilatation devait provenir dos conitions que j'avais établies par mon expérience; je sais donc que la chaleur est oc cause suffisante {)our produire la dilatation, qu'il n'a fallu aucune autre ifluonce cachée jyour l'obtenir. Ainsi un nombre, relativement restreint, d'exiriences bied faites, me donne plus de certitude pour établir les conditions caules d'un phénomène que ne feraient des observations innombrables dans les- Dclles je n'aurais pas pu modifier à volonté les conditions. C'est ainsi que si je 'avais vu la dilatation du mercure que dans un thermomètre inaccessible et situé ins un endroit où l'air restât saturé d'humidité à toutes les températures, j'aulis ou à me demander si c'est la température ou l'humidité qui fait dilater le lercure. I>a certitude n'a pu être acquise qu'en essayant si le volume du merire se modifie en faisant varier isolément la température ou l'humidité.
Celle grande iui|H)riance de rex[)ériencc pour la certitude de nos convictions ientifiques existe aussi pour les inductions incoiLscientes de nos perceptions insDclles. Ce n'est qu'en mettant volontairement nos organes sensuels dans diiïéfnis rapports avec les objets, que nous apprenons a apprécier avec certitude les luses de nos sensations; et depuis notre première enfance, nous ne cessons pas, ?ndant toute notre vie, d'expérimenter de cette nianière.
Si les objets ne faisaient que passer devant nos yeux, sous l'action d'une force i^ngèrc et sans que nous puissions rien y faire, nous n'aurions peut-être jamais 11 nous reconnaître dans une semblable phantasmagorie, de même qu'on ne poulit pas expliquer les mouvements apparents des planètes sur la voûte céleste, rant de savoir leur appliquer scientifiquement les lois de la perspective. 3Iais si ous remarquons que, [X)ur obtenir dilTérentes images d'une table, il nous sulTit e nous déplacer ; qu'eu choisissant convenablement notre position, nous pouvons n obteoir à volonté, et au moment que nous voulons, tantôt le premier, tantôt
590 (455) TROISIÈME PARTIE. - DES PERCEPTIONS VISUELLES. § 56. le second aspect ; que la table peut disparaître pour nos sens, mais qu'elle reparaît à tel instant que nous voulons, dès que nous y portons le regard* — ^ non 'acquérons la conviction, basée sur rcipérience, que nos mouvepoeots «ont h cause des diiïércnts aspects de la taUe, et, que nous la voyions ou qw VX>as ne U voyions |)as, que nous pouvons la voir dès que nous lo voulons. C'est ainii que nos mouvements nous apprennent à'coosidérer Timage immobile de la ta|iic daa& Tcspace comme la cause des images variables qui se présentent dans uos yeoi. Xous déclarons que la table est là, indépendamment de notre observation, parce que nous pouvons l'observer à tout instant de notre choix, dès que nous nous mettons dans une position convenable.
Le point essentiel de ce procédé est précisén^ent le principe de rexpérimentation. iNous changeons volontairement et à notre gré une partie des cooditions sous lesquelles Tobjet est perçu. Nous savons que les modifications que sul^il ^^^ la manière dont les objets se présentent à nous, n'ont pas d'autre cause que le» mouvements que nous avons exécutés. >ious obtenons ainsi une série de notioiK du môme objet pour lesquelles nous nous assurons, avec une certitude eipédmentale, qu'elles ne sont que des notions diiïérentcs d'un môme objet invariable, qui est leur cause commune. Par le fait, nous voyons les enfants eipérimeptier sur les objets de la manière indiquée. Ils les tournent et les retournent dans lousla sens, ils les talent avec les mains et avec la bouche ; ils répètent jouroellemcnl ce manège pour les mêmes objets, et se pénètrent ainsi de leur forme, c'est-idire des diiïérenles impressions visuelles et tactiles que donne le môme objet touché et considéré dans tous les sens.
Dans CCS expérimentations sur les objets, on voit qu'une partie des modiOcations (le nos seasaLioiis dépend de notre propre volonté, et qu'une autre partie, c'csl-à-clire tout ce qui dépend de la structure dv l'objet qne nous avons dcuni nous, s'impose ù nous a\ec une nécessité ({ue nous ne pouvons pas modifier à notre gré cl qui nous dcvienl le plus sensible lorsqu elle provoque des seusatiom d(ïsagrcal)les, comme la douleur. C'est ainsi que nous arrivons à reconnaître à nos sensations une cause iiKlc[XMidanle de notre volonté et de notre imagination, et. par nuiscqucnl, evtéricure. (îeito cause est continuelleuient indépendante do momcnl de la perception, puisque, par des manipulations et des ]nou\emcDl^ convenables, nous |)ou\ons reproduire à tout moment cliacune ihis sensations qu'elle ))cut nous dojiner. (Test ainsi que nous reconnaissons la cause extérieure ronun(' étant un objet indépendant de notre perception.
On voit qne Tidée de cause vient s'introduire ici, et l'on peut demander s'il c^ IX'rmis de la supposer dans la perception sensuelle primitive. Ici cucort* nous rencontrons celte difTicullé, que nous ne |)ou\ons décrire ce qui se passe que dai]S le langage de la science réfléchie, tandis que la forme primitive de la perception consciente ne comprend pas encore nettement la réflexion de la conscience sor elle-même.
La conscience naturelle, qui se dévelop))e uniquement dans le sens de l'obstirvation du monde extérieur, est |)eu di$iK)sée ù tourner sou attention sur le luoi, qui reste inaltéré en présence des incessantes variations des objets cxtéiieun»;