HISTORIQUE DE \Jl LOI DES ROTATIONS. (0SS
\ recherche» qu'on ait laites sur les mouvements des yeux étaient relatives à I position du centre de rotation. Job. MUller (1) croyait encore que le centre de rotation de cïil devait se trouver au centre de sa surface postérieure, opinion qui a été éf élément sou- WM par TouRTUAL (2) et par Szokalsu (3). Volkmann (à) chercha à déterminer^ à Taide • loa mesureur de l'angle visuel, le point de croisement des lignes de direction et le centre e rotation, de la manière expliquée p. 117 ; il croyait que ces deux points coïncidaient ; le oînt qu'il détermina était, en réalité, le centre de rotation qui^ d'après lui, se trouverait à "^,6 en arrière de la cornée. Il a déjà été lait mention plus haut die la polémique qui s'engagea cette occasion, et à laquelle prirent part Mile, Knoghenhauer, Stamm et Burow. Ce dermr détermina plus exactement le centre de rotation (5). Pour la distance de ce point à la Ntiée, il trouva» comme moyenne des àO observations, 5'",62 ; aucun des nombres qu'il litint ne s'écarta de celui-là de plus de 0"^8. VALENTiif (6) répéta ces observations, aussi ien pour les mouvements horisontaux que pour les mouvements verticaux ; il trouva, en loyenne, pour les premiers, V,ô01 et, pour les seconds, ô'",08. Les recherches déjà citées s Jciigr (publiées en russe), de Donoers et de D. Douer (7) sont de beaucoup plus récentes.
C'est également Joh. MCller (8) qui ouvre la liste des recherches sur les torsions, n dit u'au moyen de différents points marqués avec de l'encre sur la sclérotique il a pu recon* ittre que l'œil, dans ses mouvements, ne tourne pas autour de son axe longitudinal. Cette pinion prévalut parmi les physiologistes jusqu'à ce qu'un travail de Hueck (9) donnât l'imslsion à un grand nombre de recherches. Hueck chercha à défendre l'opinion, déjà émise ir Hdhtbr, d'après laquelle l'inclinaison de la tète vers l'épaule serait accompsgnée d'une >tatioa de l'csil, en sens opposé» autour de l'axe visuel. Il attribue cette rotation aux muscles liliquet de Voui. Il croyait s'être assuré de l'exactitude de cette opinion ; on a dit depuis qu'en Vdté il n'avait observé, sur lui-môme ainsi que sur d'autres , que les déplacements des lisseaux conjonctivaux pendant les mouvements de la tète.
La plupart des physiologistes considérèrent comme exactes les opinions émises par Hueck. ien que Tourtual (10) ait foit remarquer avec raison que la torsion n'est pas du tout ècessaire aux fonctions de la vue et bien que Ritterich et Ruete aient contredit le foit, opinion de Hueck fut cependant défendue par Tourtual, |Burow (11), Valertin (12), RAUSE (13) et VoLKMANN (lA). TouRTUAL iui-môme constata déjà, en recherchant la position e la tache aveugle, que la rotation apparente de l'œil dans la tète était au moins insuffisante ïur maintenir tout à fait invariable l'orientation des méridiens de l'œil. Ruete (15) crut âmontrer, à l'aide des images accidentelles, qu'en réalité, quand on incline la tète (sans langer la position relative de la ligne visuelle) l'œil n'exécute aucun mouvement de torsion. oifDERS (16) mit à proAt cette idée de Ruetb pour tirer la question au clair. Il Ût voir d'abord ) qui avait induit Hueck en erreur dans ses expériences ; c'est qu'il ne s'était pas sufflsament appliqué à maintenir invariable la position de l'œil dans la tète ; suivant Donders, les ilations observées par Hueck provenaient uniquement des déplacements de la ligne visuelle. 11 oavR, de plus, que pendant les mouvements purement horizontaux ou purement verticaux » yeux, les images accidentelles des objets verticaux restent parallèles, mais qu'elles se icent obliquement pour les mouvements obliques. Il n'a pas établi de loi déterminée pour valeur de cette obliquité. Tout récemment, Javal a repris cette question et démontré qu'il
produit en réalité une légère torsion dans le sens indiqué par Hueck.
(i) Zur vergleichenden Physiologie des Gesichtssinns, Leipûg, 1826, p. 25â.
(5) MiUler's Archiv, 1860, p. X\IX.
(3) Comptes rendus^ 18/13.
{h} Neue Beitrage zur Physiologie des Gesichtssinns, 1836, p. 33.
ib\ Beitrâge zur Physiologie und Pbysik des menschlichen Auges, 1842.
(6) Lehrbuch der Physiologie des Nenschen, II, 1844.
(7) Arehiv fur die Holiândischen Beitrùge zurNatur- und Heilkunde^ 1863, IH, 560.
(8) Zur vergleichenden Physiologie des Gesichtssinns, 1826, p. 254.
(9) Die Achsendrehung des Auges, 1838.
(10) Mûikr's Arehiv, 1840, pp. LV, LIX ; 1846, p. 346. (li) Beitrâge sur Physiologie des Auges, p. 8.
(12) Repertorium, 1842, p. 407. — Lehrbuch der Physiologie, II, 332.
(13) Handbuch der Anatomie, 1843, p. 550.
(14) Artikel Sehen, in Wagner* s Handwôrterfmchj p. 273.
(15) Lehrbuch der Ophthalmologie, p. 14. — Das Ophthalmotrop, 1846, p. 9.
(16) Nederlandsch Lmcet, 1846, August. — HoUSndische Beitrâge zu de» anat, und hysia/. Wiisemchnften, 1848,1,105-145; 384-396.
680 {5W} TROÏSTÉMK PARTIi:. — DKS PERCEPTIONS VISIELLES.
CependanL LisTLXii (1) avail «labli une kn précis*, el celle loi paraît s*apj>liqucr en tffet trèft-exactefnent pour la plupart i!rs yeu\ unrmaux, uiais il n'en fulnuné .iticune damonfttrïition et il ne Ta même pas publiée. Meissnkr (2) smmxi d'abortJ celle loi h une vérification expênmentftle, à l'aide de ïa mélhoric des inKiiçet doubles, et il la trouva suffisamment *a1i*faite par ses expériences. Il chercha h montrer la loi de Ustini; comme provenant de rutîljiè d'avoir Thoroplre le plus graud possible, sujet sur lequel nous reviendrons. jHI
Fit;» (3) H WuNUT ta) cheictuVciit une aulre explication de la loi des torsions ; casaultflH sans tenir aucun compte de la loi de LîSTixr,, déterminèrenl la position de leur œil, le pre* mier a l'aide de la lâche aveugle, le second à î'aide des imaj^es aecideiitclle*. Us prétendirent que le globe oculaire allecti? la torsion qui permet de donner à la ligne visuelle la positiofi désirée, en fMsant reffort musculaire minimum. Cette proposition est prohaMement eiJtlf, bien que nous ne connaissions pas encore sufïlsamment les conditions dont dépend l'effort nmseulaire, povir appuyer le calcul sur des bases cerLiines. Wrisoia également construit «ne (espèce d'opbthalmotrope, modèle d'un œil mobile autour d'un point, et où les muscles étakol remplacé» par des ressort* de laiton de longueur et de force appropriées ; sur ce modèle, la rotations du globe oculaire, pour tes dilfêrentes positions de la ligne irisuelle, répondaicot rissê aux observations de Witndt sur ses propret yeux.
Mais ai l'on considère que ta force des uiu&clcs s'accommode pendant la vie h, Teifet qm'ili doivent produire, ce principe, dût-il dire parfailerucrit vérilip par rcxpértence, ne me p.trail ce fie nd an t pas donner la cau^^c première de la loi. En vénfiant la loi d^ LtSTiNC.à roide des images accidenlelles, je ta trouvai très-exactement vériHée \\our mes propres yeux et pour ceux do quelques autres observateurs A vision normale ; la vériîic-ation par les images doubles réussit éî^alement pour mes yeux. Jccbercbai ù modifier la méthode, principalemcul «n assurant mieux la position de la tète el en évitant la fattgue des nmscles par suite de mensurations d'anples dans les positions latérales de l'œil, et je cherchai la base de la loi djuisie principe de la plus facile orientation (îi), développé plus hauL J'ai cherché, dans ce qui pf*céde, à répondre aux objections que K. Hkring rti) a élevées contre la méthode d*observ»ii«i fit l'explication dt* la loi. Les résultats de Vulknank» que j'ai indiqués plus haut, pi en grande partie de communications inédites qu*i! m'a fait parvenir.
1826. JûH. Mi'LLEn, ^ur vergleichenden Pliysiologie des Gesichtsinns, Lcipïig, p. 251.
1836. VuLKMANN, ncuc Beilrage zur Physiologie des (icsicht^inns, p. 33.
î 838. HuECK, die Achsendrehuniç des Auçes, Dorpat-
ISaO. ToiiRTDAL, in Mi*f/er\ Archir fur Âmtîùmie und Phtjnùloffie^ 1840, im Jahffsk*
richt, pp. \\l\ ; LV ; LIX, 18A2* Bimow, Bcitrâge lur Physiologie und Physik des rocnschlichen Auges, Berlin,
— Va L ENTIN , Hej>er/onum ,' 1 8 à 2 , p , 407. C. F. Krause, Handbuch der menschtichen Anatoffiie, p. 550.
18^3- SxoKALSKY, in Compt^ji rrmhis^ ÎM'À.
IHfifi, Valentiw, Lehrbuch der Physiologie des Menscheu, 11, 332.
18âG. ToiRTrAll, in Mfti/f-r's Archw fm- A tint, und Phijxmt,, IRA G, p, 346.
— BUETE, Lehrbuch der Oplhalmologic, p. 14. — Das Ûphthalmotrop, GOtttnfefi- f • F, G. Doshehs, în Nfdf'ri(itid<i*It Ln/tCft^ 18Û6. AugusL
— VoLKUAMN, Aftikel » Seheu n, in \Vtnpi(:r*!i HfmduGrlerLuch dcr l^hifmlogie,
1H17, F. C, DoNDKiis^ Beilrag^ aur Lebre von den Bewegungen des mcnschliclieii Au ïn nfj//(îmh\f:kr iieiirâge zu dtn ânnî. uud phifnid, WùspiisfhnpetK I, ^^^'^ 384-386.
(1) Rlîete, Letirbudi der Ophthalmologie. -^ Ein ncues Ophthalmolrop, 1857.
(2) Beitrage zur Phvî*iologie des Sehorgans, 1851, — Arrhiv fftr Ôphthfdmolo^tfi
(3} .yolescfwtt's Uidf^rKuckungen, 1858» X, 193, — Zeitfrhrift p'tr mfinnnf^ih Ufff^ 1854, IV, p. 801,
(à) Graefés Archw fûrOphthaîmohfjie, 1862, Vlll, Mlâ.
(5) At^hh^ fur (}ph(ftfdmrdogie, JX, 153-214.
(6) Beîtrsge lur Physiologie, Leipïig, 1864, p. 248'2a6.