‹ Optique physiologiqueChapitre 156 sur 228 · Î8. ILLUSIONS DE L'ESTIMATION OCULAIRE · texte numérisé non relu

Î8. ILLUSIONS DE L'ESTIMATION OCULAIRE

sont pas en réalité. Si Ton dessine des figures comme Ay en laissant de cdté la portion d^ et qu'on les regarde à une distance de plus en plus grande, de manière qu'elles présentent une grandeur apparente de plus en plus faible, on trouve que plus la figure est éloignée, plus il faut baisser la portion /pour qu'elle paraisse être le prolongement de a.

Si l'on allonge les lignes minces, comme dans la figure 177 A , on remarque que, près de la ligne noire épaisse, elles présentent une courbure que j'ai un peu exagérée en B; de telle sorte que tout en considérant les extrémités les plus éloignées de la ligne mince comme formant le prolongement l'une de l'autre, on est seulement amené à croire qu'elles ne se rencontrent pas, à cause des courbures qu'elles présentent près de leur intersection avec la ligne épaisse.

Ce sont là précisément les phénomènes que l'irradiation doit produire dans ce cas, et il est difficile de distinguer ce qui appartient à cette cause et ce qui résulte des phénomènes que nous avons déjà mentionnées en partie et de ceux dont nous avons encore à parler au sujet des illusions suivantes. On a déjà vu plus haut (p. AS0-A32) que l'irradiation peut également se produire pour des lignes noires sur fond blanc. Près du sommet des deux angles aigus, les cercles de diffusion des deux

Fie. 177.

LB

Fie. 178.

lignes noires se touchent et se renforcent mutuellement ; par suite, l'image rétinienne de la ligne mince présente son maximum d'obscurité

TU (M) TROISIÈME PARTIE. - IHSS PERGEPnWS YISDBLLES. | ». plus près fle la bande large et paraît déviée de ce côté. CqpeodiBlpoiir les figures de ce genre qui sont exécutées sur une plus grude éckdb» comme la figure 176 A^ TirradiatioD ne peut guère être la saille en» de l'illusion.

La figure 178 il et £ (p. 728) présente des exemples indiqBÉB psr Hering; les lignes droites et paraUties ai et crf paraîaseot dénées en dehors en il et en dedans en B.

Mais Fexemple te plus frappant est celui refurésenté parla figarei79 et publié par ZôUner. — Les bandes noires verticales de cetia figure sont

paralltf es entre elles» mm

j ij

Fjc. 179.

elles paraissent gentes et divergentes» ds manière à semMertoqoon s'écarter de la directkn verticafet suivant une direction inverse de odle dei oUiqnes qui les orapeat.

En même temps, ks moitiés des traita obOques sont déplacées respadhemoit comme les nkritidB des lignes minces de là fig. 17(L Si l'on tourne la figure de manière que les fortes lignes verticales présentent une inclinaison de W par rapport à Thorizon, la convergence apparente devient plus fnqqnnte, tandis qu'on remarque moins la déviation apparente des moitiés des petits traits, qui sont alors horizontaux et verticaux. Ainsi, en somme» la direction des lignes verticales et horizontales est mouis modifiée qoe celle des lignes qui traversent obliquement le champ visuel.

On peut considérer ces dernières illusions comme de nouveaux exemples de la règle indiquée plus haut et d'après laquelle les angles aigus, étant de petites grandeurs nettement limitées, panussont, en général, relativement trop grands lorsque nous les comparons avec des angles obtus ou droits, non divisés. Or si l'augmentation apparente d*ini angle aigu se fait de telle manière que les deux côtés paraissent s'écarter, il doit se produire les illusions des figures 176, 178 et 179. Dans ■ la figure 176, les lignes minces paraîtraient tourner autour du point où elles pénètrent dans la ligne épaisse et cesseraient, par suite, de paraître sur le prolongement l'une de l'autre. Dans la figure i78»le8daa moitié

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de chacune des deux lignes'droites paraissent déviées tout du long de telle façon que les angles aigus qu'elles forment avec lès lignes obliques semblent agrandis. La môme chose parait avoir lieu pour les lignes verticales de la figure 170.

Cependant, dans les cas des figures 178 et 179, la cause indiquée ne participe, dans les circonstances ordinaires, que pour \me faible part à l'effet produit; la plus grande part de Ytlk^ provtontf ilûvant moi, de mouvements de l'œil. En effet, les illusIoiiB en questiop disparaissent complètement, ou peu s'en faut, lorsoue je fixe un poin^ des dessins comme pour développer une image acciclenteUet et qpand on obtient une image accidentelle bien nette, ce qui est possible Qot|M(linent pour le dessin de Zôllner (fig. 170), cette image w présento plus aucune trace de l'illusion.

Dans la figure 176, le déplacement du regard n'exeroe pi d'influence bien prononcée sur le renforcement de l'illusion ; cdlOHd ^f^P^^^^^^ ^^ contraire, lorsque je parcours du regard la ligna mince ad^ ||p revanche, ia fixation fait disparaître l'illusion avec une facilité relative pour la figure 178, plus diflScilement pour la figure 179. Cependant je puis également la surmonter pour cette dernière figure, lorsque je fixe invariablement et qu'au lieu de considérer le dessin comme formé de lignes noires sur fond blanc, je m'eflbrce de me figurer qu il s'agit de lignes blanches barbelées tracées sur fond noir : ausâitôt l'illusion s'évanouit. Hais si je recommence à promener le regard sur le dessin, ^illusion reparaît aussitôt dans toute sa force.

Qp réussit également à éviter complètement ou presque complètement l'illusion que produisent ces dessins en le$ recouvrait préalablement d'un papier opaque sur lequel on appuie la pointe d'une épingle ; sans cesser de regarder fixement la pointe, on retire brusquement le piipier, On peut juger si la fixation a été bonne, d'après la netteté. de [-image accidentelle qui se forme consécutivement à l'eixpérience.

L'éclairage à l'étincelle électrique fournit le moyen le plus sûr et le plus facile de se mettre eq garde contre Tinfluence des mouvements des yeux ; en effet, l'ceil ne peut pas exécuter de mouvement sensible pendant |4 durée si faible de cette étincelle. — A cet effet, je me sers d'une boite di» bois ABCD (fig. 180, p. 72Q), noircie à l'intérieur. Deux trous (i) étaient pratiqués, à la distance des deux yeux, les uns en /, dans la paroi antérieure, et les autres en g\ dans la paroi postérieure de la boite. L'observateur regardait par les trous 6, et devant les trous ^, on fixait

(4) n fm% deux ifoiis k cliaque itfiroii parce que Tapparej! d«it wmA lorvir k dei expèriencef stéréoscopiques.

726 {568) TEOISIÉMF. PARTIE* — DES PERCEPTIONS VISUELLES. S «t les dessins î ceux-ci étaient percés d'un trou d'épingle qui pouvait être vu et fixé en F absence de F étincelle électrique, lorsque la boite était complètement obscure* La boîte est ouverte à sa base, qui repose sur

Li table BD\ loi-squ'on veut chanfçer les dessins, on soulève la boîte et Ton y passe la maîu.

La chambre où l'on se tenait était assombrie autant que cela se pouvait sans empêcher Tobservateur de voir et de manier les appareils électriques : regardant dans la botte, on n'apercevait plus que les trous d'épingle. Les fils conducteurs <lc l'électricité sont h et i\ Tinterruptîon est en k ; en / H une bande de carton^ blanche du côté qui fait face à TéliDcelle, dont elle cache la lumière à rœil observateur pour la renvoyer sur le dessin. Les étincelles étaient fournies par la spirale secondaire d'un grand appareil d'induction île Ruhmkoriï, laquelle était en communication avec les armatures d'uflc bouteille de Leyde. L'observateur produisait à la main la fermeture c rinterruption de la spirale primaire (1) .

A l'éclairage électrique, F illusion persistait en entier pour la gurel70, tandis quelle cessait complètement pour les dessins fiel figure 178 ; pour la figure 179, elle ne manquait pas toujours compléM ment , mais lorsqu'elle se présentait, elle était bien plus faible et plu douteuse qu'ordinairement » et cependant Féclairage à Fétincelle éltt-" trique était parfaitement suffisant pour reconnaître distinctement U forme des objets considérés.

Nous avons donc à expliquer deux phénomènes différents; â*abon la faible illusion qui peut se produire sans l'intervention des mou^ ments de l'œil, et, en second lieu, raccroissement de l'illusion par 8uita de ces mouvements. — Quant au premier point, on trouve» 4 mon va une explication suflisante dans la loi du contraste, d'après laquelle i différence paraît plus grande lorsqu'elle est nettement perceptible que

FiG, iSO.

(I) A dèlaul d'appareil électrii|ue a&saz fort, on peut le lêrvir du TachiUtvtcQ^tr ciio«ini| par Volkmann (i^ipzigrr Sitzungsber,^ 1850, p. 9Ô-98) et dtms lequel une trappe, qu'oa tomber, wtwe, pour un moment, Tune des ouverlurca {mr Icfquenes regarde Vi ~

toutes les d«ux ensemble.

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