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I SS. ILLUSIONS DP. L'ESTIMATION OCULAIRE. IS

dans lequel ils paraissent entraîner les bandes noires verticales avec lesquelles ils font corps. Si donc la bande nmre verticale, dont nous BOUS rapprochons, présente un mouvement ascendant, c'est là un phénomène analogue à celui .que nous verrions si, au lieu de nous en rapprocher suivant une direction perpendiculaire, nous nous en rapprodûoDS sous un angle aigu dont le sommet se dirige en bas ; rédj^roquement, pour les bandes descendantes, le moi^vement apparent est le màme que si nous nous en rapprochions sous un angle aigu dont le sommet regarde en haut. Mais conune la dhrection du mpuvement réel de notre regard est la même pour toutes les bandes, ces bandes paraiasent s'incliner par rapport à la ligne que suit le ^ regard, l'extrémité supérieure des bandes ascendantes marchant à la rencontre de ce mouvement, celle des lignes descendantes paraissant au contraire le suivre, le tout conformément à la Ggure 182, où ab désigne la direction suivie par le regard, ee^ dd^ ee, ff^ la position apparente des bandes verticales, avec unp divergence SKagérée; les flèches qui sont à côté de ces lignes indiquent la direc- Ijan qu'aflEficterait le mouvement apparent de lignes aind disposées, le regard se déplaçant dans le sens de la flèche horixontale.

Lorsqu'on ralentit peu à peu le mouvement de la pointe que suit rcBOy le mouvement apparent devient plus lent, passe plus fadlement inaperfu, mais peut être reconnu avec un peu d'attention ; je ^uve, en temps, que la divergence apparente des lignes verticales devient accoituée. Le mouvement apparent et la divergence ^>parente dfis bandes se manifestent d'une manière bien plus belle avec l'aide d'une pointe conductrice, sans doute parce que, sans ce secours, nous ne pouvons pas promoaer le regard d'une manière aussi qniforme et aussi rectiligne sur un dessin qui présente des systèmes de lignes si saillantes. Comme, du reste, TiDusion relative à la directbn des lignes crott et décroît en même temps que celle causée par leur mouvement, je ne doute pas que Faugipentation de l'illusion qui accompagne les mouvements ordinaires du regard ne reconnaisse la même cause.

Lorsqu'on promène l'épingle parallèlement aux lignes verticales, inm-seolement l'illusion n-augmente pae, mais elle s'affaiblit ou disparaît même eomplétement. Les bandes verticales se reconnaissent alors

730 (571) TROISIÈME PARTIE. — DES PERCEPTIONS VISUELLES. § Î8. comme étant des lignes directrices parallèles dans le champ de regard, à ce que leurs images rétiniennes se déplacent suivant elles-mêmes.

On peut, du reste, démontrer de même sur un corps réellement mobile l'influence exercée par le mouvement apparent des bandes verticales sur la grandeur apparente de Tangle compris entre ces bandes et la ligne sur laquelle se déplace le regard. — Plaçons horizontalement sur une feuille de papier, une règle divisée; à côté de l'arête divisée, appliquons Tune des pointes d*un compas largement ouvert et donnons à l'autre pointe un mouvement de va-et-vient au-dessus de cette arête : le mouvement ainsi produit est dirigé exactement suivant la normale i la règle. Donnons, de plus, à la règle elle-même, un mouvement de va-et-vient suivant sa propre direction ; le mouvement de la pointe de compas est loin de paraître rester perpendiculsdre à la direction de la règle : il parait fortement oblique, tel qu'il paraîtrait, en effet, dans un système de coordonnées fixé à l'instrument, tandis que, dans un système immobile, ce mouvement reste perpendiculaire au bord de la règle. La modification de l'angle est, du reste, bien plus considérable dans œ cas que dans la figure de ZoUner ; en effet, dans cette figure, le changement apparent de position ne peut jamais aller assez loin pour que les bandes déviées puissent se toucher ou même se croiser, ce qui serait trop en contradiction avec l'image de la vision indirecte.

Les exemples de Hering (fig. 178, p. 723) présentent les mêmes circonstances, mais à un degré moins remarquable. L'illusion y est augmentée par les mouvements verticaux du regard et diminuée par les mouvements transversaux.

On trouvera peut-être étonnant que je fasse dériver les mêmes illusions de deux causes aussi différentes en apparence. Mais si Ton se rappelle que, dans mon opinion, la connaissance des mensurations du champ visuel dans la vision indirecte repose sur des expériences faites préalablement à l'aide de mouvements, et que les mouvements actuels du regard sont accompagnés de nouvelles impressions analogues, on voit que les deux causes ne sont pas aussi différentes qu'elles peuvent le paraître dans l'exposition ; elles ne diffèrent que conune le souvenir et l'aspect actuel de circonstances analogues.

Ces circonstances donnent lieu, pour les directions des lignes et pour les distances, à une sorte de contraste dont l'effet est analogue à celui du contraste que nous avons étudié au paragraphe 24, au sujet des intensités lumineuses et des couleurs. Les différences entre des directions à peu près semblables paraissent augmentées ; en coupant une ligne par un ou plusieurs traits obliques, on la fait paraître s'incliner en sens inverse de ces traits. L'hypothèse de Th. Young permettait de

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ramener les phénomènes de contraste des intensités lumineuses et des XHileurs àla comparaison d'excitations diflférentes quantitativement, mais !]ualitativement égales. Si l'on se représentait les signes locaux des Sbres rétiniennes comme étant les sensations de deux qualités réponiant à deux directions quelconques de coordonnées et dont l'intensité varierait d'une manière continue dans la surface, on pourrait ramener les contrastes des directions aux mêmes particularités de la distinction des intensités de la sensation que le contraste des couleurs. Mais comme il a été donné de ramener l'influence des mouvements de l'œil à des phénomènes directement visibles, nous pouvons Msser préalablement de côté une pareille hypothèse. Du reste, en décrivant l'illusion produite par le dessin de la figure 179, Zollner a également cherché à la ramener à des mouvements de l'œil. — L'explication donnée par E. Heing me parait, au contraire, absolument inadmissible. Il croit que nous Dgeons la distance de deux points d'après la distance rectiligne de leurs mages rétiniennes. Conformément à cette hypothèse, les petites disances devraient paraître, en général, relativement plus grandes que les irandes distances non divisées, parce que, pour de petits arcs, la diffëence entre l'arc et la corde est relativement moindre que pour de ;rands arcs. Pour le même motif, de petits angles doivent paraître elativement trop grands, par comparaison^ avec des angles adjacents l'ouverture plus considérable. C'est sur le même principe que A. Kundt i cherché à fonder une théorie plus complète de ces phénomènes, et XKir l'appuyer, il a fait des mensurations (1) de la manière indiquée >lu8 haut, en cherchant, à vue d'œil, à rendre des lignes non divisées îgales à des lignes divisées. Pour une certaine longueur des lignes, l'oblervation s'accorde assez bien avec le calcul, mais, pour les lignes les noins longues, la différence est presque deux fois aussi grande qu'elle levrait l'être d'après le principe établi pour l'explication. En effet, IL Kundt trouve

AKCLE VISUEL fmm, LIS DISTANCES k COMPARER.

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