‹ Optique physiologiqueChapitre 165 sur 228 · Î8. BIBLIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

Î8. BIBLIOGRAPHIE

rezpérianee d'après laquelle on peut comparer avec certitude et exactitude les distances dont la direction est concordante, ce qui n'est pas possible pour celles dont les directions ne concordent pas. Cela n'exclut assurément pas l'utilisation de la conscience de Teffort musculaire, à laquelle Wuif dt a eu recours.

Les recherches sur l'exactitude de l'évaluation oculaire ont dû leur impulsion à la loi de E. B. Webeb (1), désignée plus tard par Pechner (2) sous le nom de loi psychophysique, et d'après laquelle les plus petites différences perceptibles sont proportionnelles aux grandeurs perçses. Outre les deux observateurs précités^ YoLKMAiiif (3), en particulier, a également exécuté avec soin un grand nombre de mensurations. F. Hegelmayer a recherché Tinfluence du temps qui s'écoule entre deux comparaisons successives de ce genre.

A. PicR a, le premier (5), remarqué l'erreur constante des comparaisons entre les distances horixontales et les distances verticales; Recklihghaosen (6) a découvert l'aberration constante du méridien vertical apparent et la courbure apparente de la ligne droite dans les parties |iériphériques du champ visuel. Les illusions d'optique provoquées par les dessins linéaires ont été observées d'abord par ZriLLifER (7) qui a été suivi dans cette voie par Hering (8), A. Kurdt (9) et Aubert (10).

Mous avons déjà donné (p. 300-30d) l'historique ancien et la bibliographie des recherches sur la tache aveugle, relatives principalement à la démonstration du fait et à l'explication physiologique de la cécité de cet endroit. Les recherches sur la nkaniére dont nous comblons la lacune dans notre représentation, commencent avec E. H. Weber (11), auquel se sont ralliés A. FiCK, P. du Bois Reymond (12) et YoLKMAifN(13); ces physiologistes ont presque exclusivement observé la localisation exacte des objets vus autour de la tache et ont déclaré que c'est psychologiquement que cette lacune se comble. WirnCH (14), d'une autre part^ rapporta des observations de localisation erronée, tandis que Furcee (15) fit remarquer la poMÎbilité et l'existence de différences individuelles sous ce rapport.

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(2) Elemente der Psychophysik, Leipzig, 1860, I, p. 211-236.

(3) BfiiicMe lUr Sdchsiachen Soc, 1858, p. 140. — Physiologische Unlersuchungen im Gebiete der OpUk, Leipsig, 1863, Heft 1, p. 117-139.

(4) VierordVs Archiv, XI, p. 844-853.

(5) De errore quodam optico asymmetria bulbi eARscto, Marburg, 1861. — Auszug m Zeitschrift fur raiionelle Medicin, 2, II, p. 83.

(6) Dans les mémoires déjà cités.

(7) Poggendorffs Annalen, CX, p. 500-523.

(8) Beitrâge sur Physiologie, Leipzig, 1861, HeftI, p. 65-80.

(9) PoggendoifTs Anualen, CXX, p. 118.

(10) Physiologie der Netzhaut, Breslau, 1865, p. 269-271.

(11) Ueber den Raumsinn und die fimpfindungskreise in der Haut und im Auge, in Verh. der SOchsischen Ges,, 1852, p. 138.

(12) Mûllers Archiv fur Anat., 1853, p. 396.

(13) Berichte der KônigL Sâchs. Ce«., 30. Aprill853, p. 40.

(14) Archiv fur Ophthalmologie^ 1863, IX. 3, p. 1-31.

(!5) Berichte der Saturforsrhenden GesPiMtaft zu Freiburg i. Br., UI, Hert 3, pp. 12, 13.

7|(!l {B9B} TROISIÈME PARTIE. — DES PERCEPTIONS VfSUELLES. § 3»-

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§ ». DES DIRECTIONS DE LA VISION. 7Ci

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§ t9. — De* dlreeiiottM 4e la vision.

Les faits que nous avons mentionnés jusqu'ici ne se rapportent qu*à la position relative des différents points lumineux dans le champ de vision. Il nous reste encore à parler de Tappréciation de leur position absolue dans ce champ. A cet égard, il nous faut distinguer deux choses. En général, la direction d'une ligne est donnée par les deux angles qu'elle forme avec les directions de deux axes ou de deux plans convenablement choisis, sans qu elle soit assujettie à passer par un point déterminé. Nous attribuons la même direction à toutes les lignes parai* lèles à une ligne ainsi définie. C'est ainsi que toutes les aiguilles aimantées, suspendues dans une même ville, possèdent la même direction du nord au sud. Il n'en est plus de même lorsque nous rapportons toutes les directions à un centre déterminé, et non plus, d'une manière générale, à un système déterminé de coordonnées, tel que celui formé dans une ville par la verticale, le méridien terrestre et la perpendiculaire à ce méridien menée dans le plan horizontal. D'après ce nouveau système, les directions doivent être représentées par des lignes droites complètement déterminées qui passent par le centre choisi et dont la direction doit, de plus, être déterminée par deux angles formés avec des axes fixes convenablement choisis. Ici la direction d'une ligne ne peut plus être définie par une autre ligne, parallèle à celle-là, et présentant la même direction : elle doit présenter une position ou une direction identique^ c'est-à-dire que, suffisamment prolongée, elle doit coïncider complètement avec la première ligne.

Tant qu'il ne s'agit que de directions pareilles^ il suffit donc de déterminer des angles qui définissent la position ; mais pour que la position ou la direction soient identiques^ il faut encore spécifier le point qui doit servir de centre. On peut dire que, dans le premier cas, on détermine la direction seulement et, dans le second, une ligne de direction déterminée.

Lorsque nous parlons des directions de la vision, nous les rapportons évidemment à un centre, qui est notre corps et sa position dans l'espace. Cependant il existe tout un ordre d'objets dont la vision est indépendante de la détermination du centre des lignes de direction. Ce sont notanmient tous les objets lointains, tels que les étoiles, les montagnes

^ù les bfttmiaifs tlréshâdgoéd. En effet, de semblables objets prë^eiv tmt ndoessairaDM^ aussi d» dimensions considérables, et toute bgtie de direction menée parallidiçfQent à une certaine direction déiemûnée par un point quelconque de notre tète ou même de notre corps, panîi^iït toujours à Yobjeti . Si Ton fait abstrscdAn idel IBtttAcM^fldlilll a m ^oesticm pm^M, la position des objets dans le champ visuel se trouve déterminée, en |énér*l, dès ipt'ùù eotinalt Itt pdrition de te Bgiie ée nfpué èl eélle ^tin t&âidien quèlà^q^ passant par le pdint As r^^mé.

La j^tion du point dé regard varie iwè la poalâoa éa leBi^ir ràppoM à la tftte, et respeeâvétnent pâû* raifort au (âorpai Mpindtst 110^ tonimes g^ïéralmnêttt à liième d'apprécier ^mieiiieiii llidfoi^ tfôtis sueeesdtèa dé la %ni dé ifégaÉd. On ft iimmé mm$iemêmm èlf/âiVè les êensÉtioitt qid nMia p^tnettelU ûepem^nÂtUêmiMmAm l^é éubit làpaéiâon^ partk» de notre eoip par Mie déraettondeB muscles, liais il fàÉt diëfingner, sous èètlè dénominaiieiw wt grwi bombK de sensations essetiti^éinMii ffifléM^ iUati wm f&Bmm

agir les mnsdei; t Là tênsim des musctèi, ^ést4b^M U fiMe tmt li^liBe M

muscles cherchent à agir; S* Le résultat de te/fort^ qui, indépendamment de sa perceptiKlité par d'autres sens, notamment la vue et le toucher, se traduit extérieurement par un raccourcissement effectif du musde et qui ;peut se manifester aussi par la sensation d'un changement de tension dans la peau qui le recouvre. Ainsi, lorsque certains muscles sont très-fatigués, je puis avoir conscience de faire le plus grand effort de volonté possible pour les tendre, tout en sachant que leur contraction ne suffit plus pour attendre k résultat désiré. D'un autre côté, avec des muscles puissants, il me suffit d*un médiocre effort de volonté pour produire une tension considérable du muscle, tout en étant empêché, par quelque cause exté* rieure, d'atteindre le résultat désiré. Tous ces cas se distinguent, dans la perception, de celui ob j'atteins réellement le résultat, et dans b théorie de la conscience musculaire, il nous faut aussi les distinguer les uns des autres.

Nous nous bornerons naturellement ici à examiner les circonstances qui se présentent pour l'œil.

D'abord nous savons, par des expériences connues, que nous cessons d'apprécier la direction de notre regard d'après la position véritable*

§ 29. ni: LA COXSCIKNCE MUSCULAIRE. {600) 7«3

notre œil, toutes les fois que cette position est modifiée par des forces autres que celles de nos muscles. Lorsqu'on presse sur la partie du globe oculaire qui est recouverte par les paupières, ou que l'on tire sur la peau qui entoure cet organe, on produit de légères modifications dans la position de rœil. La manière la plus facile de répéter cette expérience consiste à pincer un repli de la peau à l'angle externe de l'œil, puis à tourner le regard en dedans, de manière à tendre du côté externe la conjonctive qui recouvre le globe oculaire. Si Ton ouvre alors les deux yeux, on obtient des images doubles : l'image de l'œil sur lequel on agit ne coïncide pas avec celle de l'autre. Si l'on n'ouvre que l'œil qu'on tiraille, à chaque traction exercée sur le repli de la peau répond un mouvement apparent des objets dans le champ visuel. Chaque traction exercée directement en dehors sur l'œil droit communique aux objets un mouvement apparent à gauche. La direction (le la ligne visuelle se déplace vers la droite, mais nous jugeons la position des objets comme si la traction n'avait pas changé la direction (le cette ligne.

C'est par un effet correspondant que la position des images accidentelles produites dans l'œil fermé, ou projetées sur un écran uniforme et non limité, ne paraît pas varier par l'effet d'une traction extérieure. tandis qu'en réalité ces images se déplacent avec l'œil.

Par contre, pendant l'action d'une semblable traction extérieure, tes mouvements de l'œil provoqués par les muscles ne modifient nullement la position apparente des objets extérieurs, tandis que les images acri- (lentelles paraissent se déplacer sous l'influence de ces mouvements.

Lorsque, par une traction extérieure, on tourne ainsi le globe oculaire en dehors, le muscle droit interne s'allonge et le droit externe se raccourcit de la môme quantité que lorsque la rotation est produite par une action nmsculaire. Car, même à l'état de repos, les muscles sont des bandes élastiques qui se raccourcissent toujours autant que le permet la position de leurs points d'insertion.

On voit donc que nous n'apprécions la position de notre I^ne visuelle m d'après la position véritable du globe oculaire, ni d*aprts rallongement ou le raccourcissement que les muscles soUasart en réalité p^ir suite de cette position.

Notre appréciation de la position de la ligne visoeDe ne se fonde rj^ davantage sur la tension des muscles de YcàL — En effet. da:is Vc cas de paralysie subite de quelques muscles de Vcâi^ lorsque les '? ^^ ^^^~ s'efforcent d'amener l'œil dans une position quTI ne peut plu- i^irtutm** ils voient des mouvements apparents qui sont aocoBipaen«?> d< dès qu'ils ouvrent l'autre œil. Prenons pcMir exemple une paraiTsi

m («M) TnoisîÈMii: partie. — \\m perceftIons vmtfjj.es^ fw. moteur oculaire externe de ranl (iroit, ou du nerf coiTaspondant î \*w\\ ^e peut plus se porter dans rabduction. Tmt que ]e patient le tourne ea dedans, il peut encore lui imprimer des mouvements réguliers, etper* çûit exactement la position des objets dans le champ visuel iMaisdès qu'il cherche à le diriger eii dehors, c'est-à-dire à droite, Vorgaiie n'pbéit plus à la volonté, il s'an^te à moitié chemin et les objets piuraissent se déplacer à droite, bien que Vieil et les images rétiniennes qui S*y produisent ne changent pas de position.

PaoB un pareil cas de paralysie, Teffort de volonté ne produit ni mouvement de F œil, ni raccourcissement des muscles qui devraient a^r, fti augmentation de leur tension. L'acte volontaire ne se traduit par rieiï œ dehors du système nerv^eux, et cependant nous jugeons la cUrection de la ligne visuelle comme si la volonté avait exercé ses elïets norniauj j dans l'exemple cité, nous croyons que la ligne visuelle s'est déplace a droite, et comme les images rétiniejiues ne changent pas de position Rttr la rétine de l'œil paralysé, nous croyons voir les objets participer au mouvement que nous attribuons d'une manière erronée au globe oculaire.

Lorsque la paralysie n'est pas complète, de manière que rœîl pui^ encore fixer un objet situé à droite, mais au prix d'une plus grande innervation du muscle paralysé que dans l'état normal, il se produit encore une repr^'^spntatioîi fausse de In position d^ la Vigm' yUmîht^i de celle de l'objet ; c'est ce qu'on reconnaît en engageant le patient à porter vivement la main sur l'objet considéré : il commence par saisir dans le vide (1) .

D'après ces phénomènes, il est hors de doute que nous n'apprécions la direction de la ligne visuelle que par l'effort de volonté à l'aide duquel nous cherchons à changer la position de l'œil. Le déplacement de la cornée sous les paupières est assurément accompagné de certaines sensations qui pourraient nous renseigner, jusqu'à un certain point, sur la position réelle de l'œil ; de plus, les déplacements latéraux exagérés de l'œil entraînent une tension fatigante dans les muscles; mais toutes ces sensations paraissent trop faibles et trop vagues pour pouvoir être utilisées dans la perception de la direction.

Nous savons donc quelle est la direction et la force de l'unpulsion volontaire qui nous est nécessaire pour amener l'œil dans toute position voulue. Comme, dans les conditions normales ordinaires, le mouvem^t

(1) A. V. Grabfe, io Arch. fur Ophthalmologie, I, i, p. 67, Remarque. — A. Nago, Das Sehen mit zwei Augcn, 1861, p. 124-129.— Alfred Grakfe, in Arch.fftnr OphtMaimologie, XI, 2, p. 6-16.

§ 39. DE LA CONSClbiNGE MUSGLLAIRE. {60i) 765

de l'œil ne subit aucun obstacle étranger, on peut, le plus souvent, juger suffisamment Teffet d'après la force de l'impulsion volontaire ; cette appréciation est, du moins, bien plus parfaite qu'elle ne pourrait l'être pour nos extrémités et pour la plupart des autres parties mobiles iu corps. Le seul effet de l'impulsion volontaire que nous puissions percevoir sur l'œil, d'une manière directe et suffisamment nette, c'est le changement de position des objets dans le champ visuel, qui accom- [>agne le déplacement de l'œil. On peut démontrer, de plus, que nous ious servons continuellement de ces changements de Timage pour véri^ lier Teiactitude de la relation qui doit exister entre l'impulsion de la volonté et ses effets.

Ajustons dans une monture de lunettes deux prismes de verre, dont les angles réfringents soient de 16'' à IS"", ces deux angles étant tournés i gauche. Vus à travers ces prismes, les objets du champ visuel paraissent tous déplacés vers la gauche. Évitant d'abord d'amener la main dans le champ visuel, qu'on regarde attentivement un objet qui soit à portée de la main, puis, après avoir fermé les yeux, qu'on essaye de loucher l'objet avec le doigt indicateur, on passe naturellement à gauche. Mais lorsqu'on a répété ces expériences pendant quelque temps ou encore plus rapidement, lorsqu'on amène la main dans le champ ?isuel et qu'on touche pendant quelque temps les objets, sous la direction du regard, on voit qu'en recommençant l'expérience avec les yeux Termes, on ne passe plus à côté des objets, mais qu'on les atteint exactement ; il en est de même pour d'autres objets qu'on amène à la place de ceux qu'on a déjà examinés. Lorsqu'on en est arrivé à ce point, qu'on retire la main, et, après avoir regardé un objet pendant quelque temps sans l'intermédiaire des prismes, qu'on essaye de le saisir en tenant les yeux fermés : on trouve que la main passe à droite jusqu'à ce que plusieurs tentatives infructueuses aient rectifié l'appréciation de la position occupée par les yeux (1) .

Pour s'assurer que ce n'est pas le sentiment musculaire de la main, ni l'appréciation de sa position, mais bien l'appréciation de la position du r^ard qui a été faussée, il suffit, lorsqu'on s'est habitué, en présence des prismes, à atteindre les objets avec la main droite, de faire l'expérience avec la main gauche, en fermant les yeux : bien que cette main n'ait pas encore paru dans le champ visuel, elle atteint alors les objets avec exactitude et sans hésitation. Ainsi, dans un cas de ce genre, le sens du toucher détermine tout à fait exactement la position des

(1) CzcRHAK indique la même expérience, sous une forme peu différente, in Wien. Berichte, XVII, 575-577.

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