POSITION ET FORME DE L'IRIS
riearc, se dirigeât en ayant en se bifurquant dichotomiquement, et donnent leur suig aux veines, en partie par le réseau capillaire qui est placé à la partie interne de la choroïde, som; les cellules pigmentaires, et aussi loin que s*étend la rétine, en partie par les larges vaisseaux de communication des vortex. Parmi ces veines, les unes (vasa vorticosa) sortent par Téquateur de Tœil, les autres {veines cilkires postérieures) sortent vers la partie postérieure du globe en perçant la sclérotique. Mais une grande partie des troncs de ces artères se dirigent en avant dans les procès dliaires et y forment un plexus vasculaire dont les rameaux récurrents Tiennent se terminer dans les arcs antérieurs des vortex. Le réseau vasculaire de Tins dépend en partie de celui des procès ciliaires; mais il reçoit la plus grande partie de son sang par des troncs particuliers. De ces troncs, les uns traversent postérieurement la sclérotique (artères ciliaires postérieures longues) et se dirigent en avant jusqu'au muscle ciliaire en courant entre la choroïde et la sclérotique, et les autres pénètrent en avant (artères ciliaires antérieures). Ces artères forment dans Tins deux couronnes vasculaires anastomotiques. Tune (grand cercle artériel de riris) est périphérique, l'autre (petit cercle artériel de Tiris) est voisine du bord popillahre. C'est aux environs de ce second cercle que Tiris a sa plus grande épaisseor et présente une saillie à sa surface antérieure.
Sur Tœil intact, on voit l'iris à travers la cornée. Par la réfraction des rayons, i semble plus rapproché de la cornée, et par conséquent plus bombé qu'il n'est réeUement Mais si l'on place l'oeil d'un cadavre sous l'eau, dont le pouvoir réfringent est assez rapproché de celui de l'humeur aqueuse, la réfraction des rayons par la cornée est à peu près supprimée, et l'on voit l'iris dans sa position naturelle, où il paraît plan ou très-peu bombé. Pour avoir sur l'œil vivant un aspect exact de l'iris, J. Czermak (1) a indiqué un instrument qu'il nomme orthoscope. Cet instrument consiste en une petite cuve à parois de verre ; on l'applique contre la \ é^é
figure de manière que l'œil eu forme la paroi poslérieurc, et on le remplit d'eau. L'instrument représenté, fig. 4, a une paroi inférieure, fcù^ et une paroi interne (du côté du nez), gab, de métal. Toutes les deux sont convenablement découpées, de manière pj^j 4,
qu'on puisse les fixer sur la figure. La paroi antérieure aàcd et la |)aroi externe cdef sont formées de lames de verre planes. Ciermak recommande de mettre sur la figure de la mie de pain pétrie, dans laquelle on imprime le bord de Tinstrunient, afin que l'eau ne puisse pas s'en écouler. On ferme d'abord l'œil, puis on verse dans la cuve de l'eau ayant 23 à26'R., et l'on ouvre l'œil. Vue de côté, la cornée semble une vessie transparente bombée en avant, l'iris s'en écarte sous forme d'un rideau presque plan.
Dans cette méthode, on |>eut encore douter si l'image de l'iris n'a pas été un peu altérée par la réfraction qui se produit tant entre la cornée et l'eau qu'entre la
(1) Prager Vierie^iUirftScUriiX riir prakt. Ucilkimde, ibôi, Bd. XXXii, S. 154.
coruéc et l'humeur aqueuse ; et comme la connaissance de la forme et de la posH lion de Tins est très-importante pour Tétude de Taccommodation de Toeil, je Tais indiquer encore d'antres méthodes d*examen. Un moyen trës-lacile d'étudier le relief de l'iris sur l'oeil vivant est celui-ci : On place de côté et un peu en avant de rœil observé une lumière; on concentre les rayons sur un point de la cornée au moyen d'une lentille convergente, dont la distance focale soit d'envût>n deux ponces et dont le diamètre soit aussi grand que possible, de sorte qu'il se forme sur la cornée une image de la lumière. La cornée semble opaline au point forte* ment éclairé ; ce point devient alors une nouvelle source de lumière dont les rayons, sans subir de nouvelle réfraction, tombent en ligne droite sur Tins, et, s'ils tombent obliquement, y produisent des ombres portées de diflér^ites longueurs, au moyen desquelles on peut juger facilement de combien chacune des parties se trouve en saillie ou eu retrait En opérant ainsi, on trouve quelquefois l'iris des yeux myopes tellement plat, qu'il ne s'y produit aucune ombre portée. Sur des yeux normaux, au contraire, on voit près et autour de la pupille le bourrelet qui correspond au petit cercle artériel donner des ombres manifestes. Si le point éclairant se trouve à 1 millimètre environ du bord de la cornée, celte ombre portée s'étend le plus souvent jusqu'au bord périphérique de Tiris.
Pour s'assurer, sur l'œil vivant, du fait très-important que l'iris est en contact avec le cristallin, on peut employer le même procédé, avec la différence qu*on fait former le foyer de la lentille un peu de côté sur la face antérieure du cristallin. Par un éclairage aussi intense, la substance du cristallin paraît terne et blanchâtre, et l'on voit que l'iris ne projette pas d'ombre.
On arrive encore mieux à ce résultat au moyeu des images réfléchies que donne la face antérieure du cristallin. Soient (fig. ô) C^C^ un miroir sphériquc convexe, DE un écran obscur percé d'une ouverture FG et placé en avant du miroir. Plaçons l'œil de l'observateur en A et une lumière en ^; si le rayon BF^
Fie. 5.
rasant en F le bord de l'ouverture, est réfléchi en //suivant HA, l'œil ne recevra |)as de lumière réfléchie i)ar les points du miroir inlennédiaires entrc C\ et H;
§ 3. POSITION ET FORME DE L'IRIS. (16) 2i
ces points réfléchiront la face postérieure obscure de Técran : c*esl ainsi que la lamière venant du point ^de Técran se réfléchira suivant JA. Toutes les fois que le bord de Técran ne sera pas exactement appliqué sur la surface réfléchissante, Tcei! verra donc, entre F et H^ une partie obscure de la surface du miroir. On peut se convaincre de l'exactitude de cette assertion an moyen de toute surface convexe réfléchissante, un bouton métallique convexe, par exemple, pour lequel on a bit un diaphragme obscur, percé d'une ouverture circulaire. Ce n'est que lorsque le bord de l'ouverture est exactement appliqué sur la surface réfléchissante que les ûnages des objets extérieurs, formées par cette dernière, atteignent le bord du diaphragme. Mais s'il y a entre ce dernier et la surface réfléchissante un petit espace, on voit, le long du bord de l'ouveMure qui est opposé à Toeil, une ligne obscure qui vient se placer entre les images réfléchies et le bord de l'ou- Terture.
Les surfaces du cristallin réfléchissent aussi la lumière, mais en très-petite quotité. On voit ces reflets (1) lorsque l'œil est dans une chambre obscure en présence d'une seule lumière. On met cette lumière en avant de l'œil, un peu de côté, par rapport à l'axe de Tœil prolongé en avant L'observateur regarde de Tantre côté dans l'œil, de manière que sa ligne visuelle fasse avec l'axe de l'œil à pea près le même angle que la lumière incidente. Il verra alors, à côté du reflet coméen brillant que chacun connaît, deux autres images bien plus faibles. La plus grande est une image droite, assez pâle, de la flamme ; elle est due à la face antérieure du cristallin; la plus petite est une image renversée, plus nette, et torwée par la face postérieure du cristallin. Ces images sont connues des oculistes sous le nom d*image8 de Sonson. Si l'observateur, en examinant ces images, change la position de la lumière ou celle de son œil, la position des images change aussi, et Ton réussit facilement à amener la première, celle de la face antérieure du cristallin, à occuper à volonté un point quelconque du bord de la pupille. On la Toit alors constamment, même sur le bord de la pupille opposé à l'observateur, arriver jusqu'au contact de Tiris sans qu'aucune ligne obscure vienne s'interposer. Cest du moins, autant que j'ai pu voir, ce qui a constamment lieu dans les conditions normales^ sans dilatation artificielle de la pupille, et l'on peut en conclure avec certitude que le bord pupillaire de l'iris est en contact immédiat avec le cristallin.
C. Krause a mesuré, sur des yeux coupés en deux, la distance de la pupille au sommet de la cornée. Cependant la réunion du cristallin à la sclérotique, par l'intermédiaire des procès ciliaires, n'est pas tellement rigide, qu'il ne doive pas se produire des déplacements sensibles par le fait de la coupe.
On peut se convaincre sur Tœil vivant que la pupille se trouve en arrière du plan mené par le bord extrême de la cornée ; il sufiSt, pour cela, de regarder un œil de proûl, de manière que la pupille commence à disparaître derrière le
(1) Découverts par Purkinje. Voyez son traité : De examine physiologico or^ani visus •i syst. cutanei (Vraiisl., 1823).— Employés par Sanson comme moyen de diagnostic (Leçons M» les maladies des yeux, Paris, 1837). — Leur origine est plus exactement déterminée par H. NeïEB (iien/e unrl Pfeufer's /cUsrhrift, 1846, vol. V).
bord de la sclérotique. On voit alors en perspective, comme dans la figure 6, en avant de la pupille, une bande claire, image déformée de l*iris ; en avant de cette bande, an bord de la cornée, se peint une seconde bande plus obscure : c'est le bord de la sclérotique qui enclave la cornée. Si l'observateur se m^t plus en arrière encore, il voit disparaître entièrement la pupille et l'iris, et il n'aperçoit plus derrière la partie encore visible de la cornée que le bord de la sclérotique du côté opposé. Comme les rayons lumineux qui ont une fois pénétré par la cornée dans l'humeur aqueuse traversent ce liquide PiQ ^ sans déviation, il s'ensuit que l'iris est plus en arrière
qu'une ligne allant d'un bord de la cornée à l'autre. Connaissant le rayon de courbure au sommet de la cornée, on peut déterminer assez exactement, sur le vivant, la distance du plan de la pupille au sonunet de la cornée, en déterminant la position apparente de l'iris par rapport à la position apparente d'un point lumineux reflété par la cornée. L'image d'un point lumineux éloigné est située un peu en arrière du plan de la pupille, ce dont on peut se convaincre facilement en r^ardant l'oeil de différents côtés, et se souvenant de la situation perspective du point lumineux relativement aux bords de la pupille. S'il en est ainsi, soient ab la pupille, c le lieu apparent du point lumineux réfléchi, de et fc deux directions différentes, suivant lesquelles l'observateur
regarde successivement le point c. Ce point, vu de d, paraîtra être en arrière du point g, et par suite plus près do a; vu de /*, il paraîtra être en arrière du point h, et par conséquent plus près de ^; et c'est ce qui a réellement lieu. On pourrait déterminer très-simplement la position de la pupille en déterminant la distance ap- Pj^j j parente de ses bords au point c, ce
qui serait exécutable avec l'ophthalmomètre. Mais les changements pres<iue continuels de largeur de la pupille apporteraient un obstacle à cette manière de procéder.
C'est pour ce motif que je trouvai plus avantageux de procéder d'une manière un peu différente. Supposons qu'on ait mesuré sur l'œil en question les axes de l'ellipsoïde formé par la cornée, et que l'on connaisse en outre la position de la ligne visuelle relativement à ces axes. Plaçons devant l'œil une lumière dont la position, relativement à la ligne visuelle , soit connue également ; d'après les lois de la réflexion sur les miroirs courbes, le lieu apparent de l'image formée par la cornée se calcule facilenicnL Dans ce qui suit, nous prenons donc constamment comme connue la position de cette image. Cherchons mamtenant une position de la lumière, du point fixé et de l'ophthalmomètre, telle que les deux images cornéennes du point lumineux viennent coïncider à la fois avec les dt'ux l)f>rds de la pupille : dnns cello position, vu de l'ophthalmomètre, le point