APPRÉCIATION DE LA DISTANCE ABSOLUE
Inversement, si l'on vient à regarder un dessin ou une photographie, le relief se manifeste plus vivement que sans le secours de Tinstru* ment. En effet, lors de la contemplation binoculaire d'un dessin, les mouvements que les yeux exécutent nous apprennent que tout est rar un même plan, et ce renseignement vient entraver l'action des Aéments accessoires favorables à la perception du relief, tels que les ombres, etc. , tandis qu'ici, aucune perception sensuelle ne venant contrarier la représentation que nous sommes disposés à nous faire de l'objet, le relief produit est à peu près le même que pour la vision monoculaire.
Les persomies qui possèdent ropbthahnoscope binoculaire de Giraud- Teulon (voy. p. 68&) pourront facilement obtenir un iconoscope, d'un champ très-faible il est vnû, en supprimant le miroir de cet instrument.
Si tous les autres moyens d'évaluation venaient à manquer, le sentiment du degré de convergence qu'affectent nos lignes de regard pendant la contemplation binoculaire d'un objet pourrait encore nous renseigner sur la distance absolue de cet objet. Cependant, ce sentiment ne présente qu'un faible degré de certitude et, sous ce rapport, nous pouvons être exposés à des illusions assez considérables.
L'expérience suivante, indiquée par Wheatstone, peut servir à démontrer que, tant qu'aucune autre circonstance ne s'y oppose, la convergence des lignes de regard nous sert à apprécier la distance absolue des objets, et, par conséquent, leur grandeur. — Ce physicien avait fidt disposer son stéréoscope à réflexion de telle façon que, d'une part, les deux images pussent être rapprochées ou éloignées des miroirs, les planchettes qui reçoivent les images étant mobiles, à cet effet, dans des rainures ; et, d'autre part, les deux branches du stéréoscope avaient été rendues mobiles autour d'un axe fixe, situé entre les miroirs. Lorsqu'on rapproche les deux images des miroirs, les deux images rétinieimes grandissent sans modification de la convergen<ie : la grandeur apparente de follet augmente alors sans qu'il y ait variation de sa distance apparente. Si, au contraire, on ne déplace pas les images sur les branches de l'Instrument, mais on fait tourner les miroirs autour de la charnière qui les réunit, la convergence varie et la grandeur de l'image rétinienne reste invariable : alors la grandeur et la distance apparentes de l'objet diminuent lorsque la convergence augmente.
On peut observer une dûninution et un grossissement analogues des cd>jets sur toute paire de dessins stéréoscopiques que Ton fusionne, soit sans verres, soit dans un stéréoscope à lentilles ; il sufiit de rap-
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proeher ou d/éevler h» dèMOs^'H. Jfeyer (i) a indiqo^ vu affuii poiir fidre les meoffiintei^ .
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une idée de la distance* Le fil était mobile te long d*nn fiVmélaDiqiie forixcmtal, tmdn dans te jdan médian de Ji'obéemtew* :^ auquol 3 était sopendn. Wnndt chsrelia d'abord à sffftéàsr la distance absite et àlaccmiparer avec lalongueord'nne rè^difiséetraoeàla Les résollats obtenus furent, en oentimàtres.
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A chaque fois, l'évaluation était inférieiu^e à la distance réelle, fai exécuté une série d'expériences analogues par un procédé peu différent et j'ai obtenu un résultat opposé. Je tenais tout à fait contre ma figure, et dans le plan médian, une feuille de papier fort et je regardab un fil suspendu verticalement. Le papier cachait pour Toôl dnnt tout ce qui se trouvait dans le voisinage du fil, vers la gauche, et pour roâl gauche, ce qui était près de la droite du fil. Lorsque, partant du cAté droit, je rapprochais du fil un crayon, je ne le voyais qu'avec l'œil droit J'essayais alors de toucher le fil en approchant vivement le crayon : à tous les coups je passais derrière le fil. L'erreur étût faible si, pour faire l'expérience de la manière indiquée, je n'attendais que quelques instants après m' être mis en position et avoir ouvert les yeux. Si j'attendais plus longtemps sans cesser de fixer le fil. Terroir devenait de iplus en plus forte , probablement par suite de fatigue croissante des muscles droits internes.
La perception des changements de distance était bien plus eiacie
(1) Pogg. Am., LXXXV, p. 498-207.
§ 30. APPRÉCIATION DE LA DISTANÇK ABSOLUE. (65i) 825
lorsque, dans les expériences de Wundt, on faisait varier la distance du fil. Voici, en centimètres, quelles furent alors les plus petites différences perceptibles.