EXACTITUDE DE LA PERCEPTION DE PROFONDEUR
pieds exactement aux endroits voulus, sans avoir le temps de regarder chaque pierre sur laquelle on va marcher et d'en apprécier la distance. Bien qu'avec les verres je voie les pierres un peu plus nettement qu'à Tceil nu, je marche cependant bien plus sûrement sans m'en servir. Cette expérience a été pour moi une preuve frappante de l'exactitude et de la rapidité avec laquelle se produit, par suite de l'habitude, Tassociation entre les sensations et les mouvements.
Javal me fait observer que la modification du déplacement angulaire des objets pendant la marche contribue aussi pour beaucoup à la difficulté qu'éprouvent à se conduire dans la rue avec des lunettes les personnes qui n'ont pas l'habitude de corriger leur amétropie. C'est îdnsî que cet observateur me fait part de la remarque suivante. En marchant avec un pince-nez correcteur de sa légère hypermétropie, il éprouvait d'abord le même sentiment que s'il se promenait sur des échasses : les verres convexes, en augmentant la vitesse angulaire apparente des anfractuosités du sol, laissent en effet le choix de croire que Ton marche plus vite ou que l'on se trouve plus loin de terre, et c'est cette dernière illusion qui se produit. En marchant avec des lunettes convexes, l'effet produit est inverse : les verres étant plus loin des yeux, le sol est vu sans leur intermédiaire, et dès qu'on s'est habitué à juger correctement à travers les ven-es la position des objets éloignés, on se trompe sur celle des pierres du chemin, et l'on est tenté à chaque instant de lever le pied, comme pour monter sur une marche d'escalier. On finit cependant bientôt par surmonter l'illusion produite par l'usage du pince-nez, ou même celle, plus compliquée, que produisent les lunettes ; on parvient, après quelque temps, à mettre ou à ôter les verres à chaque instant sans en éprouver aucun embarras. — 11 est clair que les choses doivent se passer d'une manière analogue, maôs inverse, pour les verres concaves.
11 me semble également que la modification apparente que subissent te couleurs du paysage lorsqu'on met la tête dans une position inaccoutmnée, est en rapport avec la modification du relief qui se produit alors. — Tant que nous percevons nettement la troisième dimension des objets, les modifications que l'air interposé fait subir à leur coloration Mot les attributs naturels et ordinaires de la distance, et ne se font, par conséquent, pas remarquer en elles-mêmes. Mais dès que nous modi- 00118 l'effet du relief en renversant la tête ou l'image et que le paysage BOUS apparaît comme un tableau plan, notre attention est particulièresuent attirée par les colorations. Dans l'obsei^vation monoculaire du JMïysage, il se manifeste également une faible différ^ice entre l'effet obtenu lorsque la tête est droite ou lorsqu'on regarde par-dessous le bras ;
916 (7IS) nmSIËMË PiATIË. r- 0ES PfiRGeaPTI(»IS V^^ %H.
cette dsffibP^Eice me paraît provemr de ce que }a partie sopâriemEeée k rétine est fatiguée pour lé yart 4a sol, et la partie inférieure pour le bleu du àiAi et qiïe, pour cette raiscm, les couleurs devieuo^it uapea plus ^ves lorsqu'elles toiobeat sur d'autres parties de la rétina Kû ce n'est tiu'à la vision binoculaûreque je vois resamtir ïAm netteoiem de la mani^ indiquéejeatons que la peiqpiective aârimne répanftsv les objets éloignés. Il est encore à remarquer qu!& cet ^gard encore M. Bering assure ne trouver aucune^différence entre Tobservatimi monoculaire et l'observation binoculi|ire.
La^raison de cette exactitude particulière que {nnésente le vdief daoi rboroptèie, me pai^ résider, ainsi que l'admet ^;alement JS. Herâg, danslaloi psycbophysiquedeFechner.^— Pour les objets sitnésdansTliih roptère, les distances apparentes des divers pdnts au poiiit.de fiofki wnt les mêmes; npusrecoimaissons facilement et d'une manièieeiKte les minpdres irrégularités qui se prteentent.payr rapport & cette ^1^ J^esrt^pondent à uji^position du point (d>jectûr extérieure i
Mais lorsqu'il s'agit de reconnaître la fmme d'objets qui ne scH^ps situtedansl'boroptère, il n'y a plus seulement à tenir compte d'une # I6rmce qui peut exister entre les deux images : il fitut apprécier» de|i|», les distances qui séparent les deux, imag^ de chaque pcdnt de rdbjet D'après notre qpini<m, les points rétinims coirtisppndants soi^cw dont la position relative a été le plus souvent comparée expériineBtalement ; d'après Thypothèse anatomique, ce sont ceux qui présentent une connexion naturelle dans leur localisation. Dans les deux hypothèses, on comprend également que la comparaison des images cwrespondantes, ou à peu près correspondantes, se fasse plus facilemeirt et avec plus de certitude que celle des images disparates.
C'est pour cette raison aussi que nous avons l'habitude involoo* taire d'amener autant que possible, dans Thoroptère, les objets que nous voulons voir d'une manière exacte et commode. Si, en tenant le plus commodément possible le livre dans lequel on lit, on vient à se procurer des images doubles et peu éloignées des lignes verticales, oo les trouve parallèles ; par conséquent, la ligne horoptérique verticale est située dans le plan du papier. Les lignes horizontales du papier sortent assurément de l'horoptère pour les yeux disposés convenablement poor l'observation d'objets éloignés. C'est peut-être pour cette raison que les peuples européens ont donné une si grande prédominance aux ligne verticales dans la forme de leurs caractères d'impression et d'écriture.
Le second mode de comparaison des deux champs visuels consista tenir compte de la disposition apparente des objets dans le champ cm-
mun de la vision et à essayer de percevoir les images doubles. — J'ai déjà dit plus haut qu'en général c'est seulement au milieu des champs visuels qu'on reconnaît bien les images doubles, tandis qu'à la périphérie on rencontre de très-grossières inexactitudes. Mais la circonstance la plus importante qui nous empêche de percevoir la différence de position des deux images doubles d'un seul et même objet, c'est la représentation que nous nous faisons de l'unité de cet objet. Si, ainsi que nous avons cherché à Y établir, les mensurations du champ visuel reposent sur une estimation à vue d'œil acquise par l'habitude, la perception des images doubles se fonde également sur l'estimation ; aussi cette perception peut-elle, comme toutes les estimations oculaires, être sujette à erreurs excessivement grandes par l'effet d'influences psychiques de toute espèce, et, en particulier, par celle qui nous impose l'idée, vraie ou fausse, que les deux images appartiennent à un seul et même objet. C/est pour cette raison que la dissemblance des deux images nous échappe avec une facilité bien plus grande lorsque ces images sont relatives à un même objet réel, tant que cette différence n'est pas trop considérable et trop frappante ; c'est pour la même cause encore que la plupart des personnes n'ont jamais remarqué les doubles images, bien que la présence de ces images soit à peu près continuelle dans le champ de la vision. Il nous est difficile également de dissocier les images doubles des lignes de même couleur et de même intensité, lorsque celles-ci sont tracées de manière à représenter à peu près exactement les images d'une seule et même ligne objective. Mais ce sont les mouvements de Fœil qui donnent le principal obstacle à la perception des images doubles. Lorsque nous examinons un objet, nous fixons successivement différents points de sa surface de telle façon que les fossettes rétiniennes reçoivent constamment des images correspondantes. Ces images sont à la fois celles qu'on perçoit avec le plus de netteté et qui attirent le plus Taitention. Dès que notre attention commence à se porter sur un point de l'objet qui soit situé latéralement, et qui présente peut-être des images doubles, nos yeux se mettent presque involontairement à le fixer, ce que nous ne pouvons empêcher qu'en y apportant un effort d'attention tout particulier.
. Aussi, pour distinguer le mieux possible des images doubles, faut-il d'abord éviter les mouvements des yeux et s'assurer un point de fixalion bien déterminé. En second lieu, il est bon de donner, aux images à distinguer, des colorations ou des intensités différentes, ce qui rend difficile ou impossible leur interprétation comme images d'un même objet. En troisième lieu, on peut souvent produire toutes sortes d'autres différences entre les images, soit en les couvrant partiellement, soit
91B (ftfi TROISIÈME PABTHL ^UB PBBŒPTH»S VISOEULES. | M. en y ajootam des pcnnts de vefpèn ^SasemblaUeSt afin d'attirer falte&tioii de FobMfvatsiir sur tes diffiti^noes qa'eUes prései^eiit, ee qâ permet d^amenèr à une aaaes gfmâe dtikcMMee la ûJs&nctàm des imagée donbtes. '^
Qû a vu pt» haiaté à roecàatoii de la reeherclie des potttimadei Hgms et dee pointa oorreeponâanta, lea siéthodea à l'aide draqnaUeBca pMt éviter les dittcultôs en qneirtion , el obtenir la {dna grande enditade possible dana la cemparaiaeûdea^^alitéa apparentes qœ préseatent lés deux champs vbuels. Maia lors même qu'on empline les meilleures méthodes, Lat comparaison des grandeora correqKmdantaB te deux champs i^uéls est Uen plus impar&ite que celle des ânalogiies dans le mtade champ.
I«es expériences de Volkmam^ qui ont été déeritee ploa tifti^pl«im$ àïious donn^, à cet éjprd, des nomhnes déterminés.— Bani cëUë»^<^ été faites suivant le schéma de la figure 208 et d6etftesphgeSSS, il conjura les distances v^calea entre deneeapki dé lignrt hetisontelèsi ^tués respectiteuMit dans le fimmp idmel droit, à drdllB de là %se médiane, et ^tam le champ fisod gauche, à gaed» é»H 8g)ie méffiitne. Dïnsle diamp de virion connnunt les den coeilai peraiÉMiënt de ré|(É6^ ëtor lu li^ médiane. Jkum l'un, la ^fatsa» dès lignes étidt ft^e'^ét dé^^ilk La moyenne de trente obsenrattoos ds ce genre, où Vollcmann cherchait à rendre Tintervalle variable du second couple égal à celui du premier, donna des nombres qui s'accordaient assez bien et ne s'écartaient de la valeur réelle que de 0"",01 et de 0"'",08. Mais si Ton considère les observations une à une, on trouve que, dans la première série (horizontale mobile à droite), il avait trou?é successivement égales à 5"", 6 des distances de 6,0, puis de 6,0; de même, la seconde série présente des observations qui ont donné 6,0 ^ 5,85. Dans d'antres séries où les lignes étaient verticales, on trouve 5,55 et 4,75, puis 5,55 et 4,85, pour des distances qui furent jugées égales à 5,2.
Il serait assurément tout à fait impossible de commettre des erreon aussi considérables si les deux couples de lignes étaient juxtaposés daos le même champ visuel. La difficulté de la comparaison binoculaire me paraît provenir principalement de ce que la fixation est difficile à maintenir bien invariable, et que, pour cette raison, les deux champs visuels présentent continuellement de petites oscillations dans leur mode de coïncidence. Pour m'en assurer, j'ai dessiné, sur une feuille de papier, deux lignes parallèles à 5""", 5 d'intervalle et allant jusqu'au bord; j'ai tracé, de même, sur une seconde feuille, deux lignes faiblement convergentes, dont la distance était de 4,5 à l'un des bords du papier, ef
de 6,5 à l'autre; je pesai ensuite la première feuille sur la seconde, de telle façon que les lignes convergentes fussent encore en partie visibles, et parussent être les prolongements d^ lignes parallèles. Imitant alors les oscillations des champs visuels en donnant un mouvement de va-etvient à la feuille supérieure, je cherchai à déterminer av^c im seul œil, si les lignes convergentes présentaient, sur le bord du papier où on les voyait paraître, le même intervalle que les lignes parallèles. Dans cette expérience, les deux couples de lignes apparaissaient donc dans le même champ visuel, et l'on imitait, par les mouvements de l'un des deux, les oscillations des axes oculaires qui accompagnent la vision binoculaire. D'un autre côté, je pouvais recouvrir d'un papier blanc une partie du couple de lignes convergentes, puis, comme dans les expériences de Volkmann, en amener, h la vision binoculaire, la partie visible au contact du couple de lignes parallèles ; de sorte que, dans le champ de vision commun, les deux couples étaient contigus et paraissaient être leprolongementrundel'autre.Cetteméthodeestunpeuplusavantageuse que celle de Volkmann, chez qui une ligne de chaque couple était tracée tout entière et se fusionnait avec la ligne correspondante de l'autre; dans mes expériences, au contraire, comme dans celle décrite page 899, et faîte d'après le schéma de la figure 205, il n'y avait aucune fusion, mais seulement continuation apparente des deux lignes. Il se trouva que les différences de d/2 millimètre dans les distances des deux couples de lignes apparaissaient aussitôt, et que des différences de 1/A de millimètre n'échappaient guère. Il résulta de ces expériences que la comparaison des distances correspondantes réussissait presque aussi bien chez moi à la vision binoculaire qu'à la vision monoculaire, à condition d'imiter, dans ce dernier cas, les déplacements relatifs des deux champs visuels par un mouvement oscillatoire continuel de l'un des dessins.
Les erreurs atteignirent également des valeurs très-considérables dans les expériences où Volkmann comparait la direction d'une ligne située dans l'un des champs visuels avec celle d'une ligne située dans l'autre. Dans ce cas, les différents chiffres s'écartent souvent de la moyenne, d'un demi-degré et parfois d'un degré, en plus ou en moins. Mais il est tout à fait impossible de considérer comme formant une ligne droite deux lignes qui comprennent, dans le champ visuel monoculaire, un angle de 179**; on néglige même difficilement la déviation de deux lignes qui forment un angle de 179* 1/2. Il serait encore plus impossible de considérer comme parallèles deux lignes situées l'une à côté de l'autre dans le champ monoculaire, et qui formeraient entre elles un angle d'un degré ou d'un demi-degré. Si des aberrations de cette importance passent inaperçues dans la comparaison des deux champs
MO TROISlÊMii P4RTIB, ^ DUS PBilCEPTiONS VISUBUJB» | ».
Wttds, cda me pmratt de¥oir piovenk^e» oddflatU«ia qw |«taMieÉt les torâon» dans }es deux yeux» et que r<m peut perceveûr à f aide da images accidenletles, aiiisl que je Tai lûtrraiarquer jlbm bêigtLMn^^i
riea d'exlraordiDalre à ce que les moyennes d'un grand nombre d'eipériences puissent donner un résultat très-exact, malgré ces oscillations qui accompagnent chacune d'elles.
D* après ce qui précède, il est assoz natnrel d* admettre que si Tapprèciation de la troisième dimension des objets réels est susceptible dtiiîe exactitude bien plus grande, cela tient à ce que nous sommes ïnfiu]ment plus habitués à parcourir du regard les contours d*un objet rMi vu binoculairement, qu'à maintenir une fixation invariable, en prèseDO? d'images tlissemblables des deux rétines*
Sous ce rapport, je dois appeler Fattention sur un fait que j'ai stwîvent observé. Lorsque j*ai devant les yeux mi dessin stéréosctipiquej difficile à fusionner, je ne parviens que péniblement à faire coïncidiT l*^ lignes et les points analogues, et ils se séparent de nouveau à chaque mouvement des yeux* Mais dès que j'ai acquis une notion bien vi^e ût la forme représentée par le dessin, ce qui arrive souvent tout à coup, par suite d'une beureuse interprétation, je puis promener en lonk assurance mes yeux sur la figm*e, sans crainte de voir les deux imagi^ se séparer de nouveau. La nature de la forme de Fobjet comniaade la règle du genre de mouvement que doivent ex^^rntf^r les li^ne^ d*^ hgard pour l'examiner ; on peut même, cerne semble, se demander, avec quelque raison, si la notion visuelle de la forme d'un corps présente, en somme, une existence réelle autre que de s'offrir à nous comme une règle des mouvements des yeux. Nous devons, du moins, donner à cette question une réponse négative, si nous considérons la mensuration des champs visuels comme étant le résultat des expériences que nousavoQS faites à l'aide des mouvements des yeux.
Passons à l'étude des circonstances qui restreignent l'exactitude de la comparaison des deux champs visuels, c'est-à-dire à l'examen des casoù l'on voit coïncider des images représentées sur des points non correspoodants des deux rétines, et des cas où des images représentées sur des points correspondants paraissent occuper des positions différentes dans le champ de la vision.
La principale des causes qui peuvent provoquer la fusion des images dépeints rétiniens disparates est l'analogie qu'elles présentent avecks deux images perspectives d'un seul et même objet. Plus une semblable analogie est complète, plus il nous devient difficile d'échapper à la représentation d'un seul objet solide, et de comparer, indépendamment de
s 31. FUSION DES IMAGES DOUBLES. {729) 92i
cette idée, la disposition et la distance relatives des lignes et des points vus isolément dans le champ de la vision.
Si nous considérons, par exemple, les deux couples de lignes verticales de la figure E (pi. VII) , en fixant, respectivement avec chaque oui, la plus à droite des lignes du couple qui lui est ofiert, l'image binoculaire nous présente deux lignes dont celle de droite est située un peu plus loin que celle de gauche. Dans cette expérience, les deux images de la ligne de gauche ne peuvent pas tomber sur des portions rétiniennes correspondantes, car les deux lignes de l'image de droite sont distantes Je 3"", 5, et celles de l'autre, de 2"" ,7 seulement, c'est-à-dire de 0"",8 en moins. Cependant il me semble presque impossible de distinguer que Tune ou l'autre des deux lignes, qui paraissent situées dans un plan oblique par rapport au papier, apparaisse double. Je ne vois se produire de tendance à voir double l'une des lignes, que lorsque je fixe l'autre d'une manière attentive et soutenue. Il est peut-être quelques ^bse^vatem•s qui, même dans ces conditions, réussissent à percevoir Esicilement les doubles images, et il en est d'autres auxquels cela est absolument impossible; en efi*et, sous ce rapport, on rencontre de trèsgrandes différences individuelles.
Dans les couples de lignes H (pi. VII) , la différence des distances est plus grande (3°"", 7 et 7 millimètres; différence, 3""", 3). Une fois la fusion obtenue, je parviens à voir également cette figure représenter cleux lignes situées à une grande distance en avant l'une de l'autre ; mais les images doubles de l'une, et même parfois des deux lignes, ne disparaissent jamais d'une manière complète, parce que la distance de ces doubles images est relativement trop considérable.
Dans la figure /, les deux couples de Ugnes verticales présentent également des écartements assez différents (6""", 7 et 9"°, 2; différence 2"", 5) ; cependant la différence de leurs distances est moindre que pour les couples H, et la fusion est facilitée par les lignes supérieures et inférieures qui donnent à la figure l'aspect d'un plan rectangulaire vu m perspective. Dans cette dernière figure, la différence est précisément convenable pour me permettre d'obtenir, d'une manière facile et complète, la fusion stéréoscopique sans cesser de pouvoir distinguer cepen • dant les images doubles, pour peu que j'y porte mon attention. Si, dans ces conditions, je fixe l'une des lignes verticales, l'autre paraît double, et j'ajouterai que c'est la plus courte et la plus à droite des lignes verticales de l'image binoculaire qu'il m'est le plus facile de voir double. Tandis que je fixe la ligne de droite de l'image totale, si je viens à faire augmenter très-lentement la convergence des yeux en produisant graduellement et avec beaucoup de précaution l'effort musculaire néces-
932(799) TROISIÈME PARTIE. - DBS PERCEPTIONS VISUELLES. {M. saire, que je connais par suite d'une longue habitude, je puis ditenir des images doubles très-voisines (éloignées de !■■ à !■• 7i) ^ ^ ligne de droite ; alors la ligne de gauche doit continuer à paraître double, et je peux m'assurer, par moments, qu'il en est yéritaUemeat ainsi. Cependant il est très-difficOe de maintenir, pendant un oertain temps, une semblable position des yeux sans être soutenu par un objet de fixation déterminé, et les oscillations continuelles des lignes de regard se traduisent par les variations correspondantes de rintervafle des deux images de la ligne de droite. Sur la figure jff, je réussis phi focilement à mahitenir le regard de telle façon que le couple de ganck paraisse entièrement compris dans celui de droite, poeiticm où les quato lignes apparaissent isolément
Lors donc que l'observateur est suflisamment maître des mouvemeBk de ses yeux, il peut amener à volonté les deux images à se superpo» dans la position qu'il veut, et il peut parvenir à distinguer, en généni, les images doubles dans toute position donnée, pourvu que ces fanage ne soient pas par trop voisines.
J'ai d'ailleurs parfaitement conscience de la manière dont je dob diriger mon attention pour voir ou pour ne pas voir les images douUei Lorsque je ne veux pas les voir, je cherche à mesurer, avec le regvd, de combien la ligne de droite de la figure È^ HonJ est plus âoignfe de moi que celle de gauche ; je porte donc mon attention sur la pe^ ception du relief. Si je veux voir les images doubles, je cherche à apprécier quelle est la forme de l'image, considérée comme figure plane, quelle est, par exemple, la distance horizontale qui sépare les lignes verticales dans le plan du papier, et autres choses semblables. Cette différence dans la manière d'observer me paraît tout à fait analogue à celle qui se présente, par exemple, lorsque je cherche à apprécia b forme des faces d'un cube que je verrais devant moi dans une position oblique. Je puis, d'une part, examiner le cube pour voir si ses faces sont réellement rectangulaires et si ses arêtes sont égales, ce qui peut se faire avec un certain degré d'exactitude même lorsqu'on le regain obliquement. Je puis encore, d'autre part, essayer de dessiner le cnbe et examiner ses faces dans l'intention de distinguer la forme des parallélogrammes qu'elles découpent dans le champ visuel. Si tel est mon but, je m'applique à voir de combien les angles qui paraissent obttf 1. semblent plus grands que ceux qui paraissent aigus, de combien ïvxif des diagonales d'une face paraît plus grande que l'autre, et ainsi de suite. 11 m'est possible de passer à volonté de l'une à l'autre de ces deux manières de voir. Si les faces sont très-déformées par la perspective, au moment où je perçois distinctement que les angles des faces
§ 31. FUSION DES lUAGHiS DOUBLES. (75i) 923
sont tous égaux et droits» je ne puis cependant pas complètement m'empècher de voir que les trois angles droits groupés autour de l'un des sommets paraissent, dans l'image, mesurer ensemble quatre angles droits, et, en général, que les différents angles droits paraissent différenunent grands. Mais lorsque l'obliquité n'est pas considérable, la plus grande attention et la plus grande habitude pourront ne pas suffire pour me faire distinguer que les différents angles droits paraissent avoir des grandeurs différentes dans le champ visuel ; c'est ce qui a lieu, par exemple, lorsque mon œil se trouve dans le prolongement de l'une des arêtes, position où je n'ai devant moi qu'une seule face du cube, qui présente seulement une faible inclinaison par rapport à la ligne de r^ard. Nous sommes, en général , bien mieux exercés à apprécier exactement la forme véritable des corps que leur aspect dans le champ visuel, et c'est à cette circonstance que tient l'une des principales difficnltés du dessin d'après nature.
Les choses se passent d'une manière tout à fait analogue pour l'appréciation du relief et des images doubles dans le champ visuel. — Si je porte mon attention sur le relief, les distances différentes des points correspondants de l'image deviennent, d'après l'expérience, les signes sensuels de la forme solide de l'objet extérieur, et leur dissemblance ne s'impose à l'attention de l'observateur que lorsqu'elle est très-prononcée ; absolument comme, dès que la déformation perspective est considérable, la forme rhomboïdale apparente des surfaces du cube ne peut pas être complètement oubliée, bien que l'on perçoive en même temps la forme carrée qu'elles possèdent en réalité.
n m'est possible, cependant, de porter mon attention sur les particularités du champ de vision, et je remarque alors entre les deux images des différences qui m'avaient échappé ; mais la perception du relief peut sTimposer aussi et entraîner à laisser passer inaperçues de très-petites différences des deux aspects du corps, de même que la perception de la forme réelle du cube peut m'empêcher complètement de voir de trèspetites déformations perspectives de ses surfaces. Dans l'un comme dans Tautre cas, il s'agît de reconnaître, dans le champ de vision, l'inégaïlé de certaines dimensions que nous savons, par expérience, être l'expression sensuelle de grandeurs égales dans l'espace objectif; seulement dans l'un des cas les deux grandeurs à comparer ne sont pas situées dans le même champ visuel, tandis que, dans l'autre, elles sont situées toutes les deux dans le champ commun de la vision.
Du reste, lorsque je cherche à me procurer la notion de profondeur sur les jBgiu'es B et /, j'y réussis le mieux en laissant errer le regard ^e l'une à l'autre extrémité de cette profondeur. Mais j'y parviens
Mi (m TROISiâMB PARTIB, ^ DBS raSCVnOfW VUSURIiB. |9I« encore, d'une manière moins vive, il est vrai, en maintenaiit le tegard muuobile, et les images doubles qui muassent de tempa stt lefqps:me pnmventiqne je fixe aloi^ de manière à £ûre:co&içiâer les mSîeudes deaxfigiaes: les deux, veiticates de ïima|^ lûnocttiairedeviçmieDt dtouUes aa même mstanté : La portion adoptée est cdie qm doane, «i somme, lexnmndre écartemrat des images dmbks. ! *
On peut faciliter l'apparition àds images douUes en diq[>08uilsur les deux images à fusionner des marques diffèrentest soaveoi.mdme très: KgèteSt^et qui s^opposent à l'interprétation d'afi:ès laquelle les dem images. appartiendraient à un seul et mème.olijeti — r Ainâ, oomme Volkmann l'a fait voir, il suffit de l'ecouvrird'vn paj^r Manc la moitié d'une des lignes de la figure £, ou de ti^cer deux: lignes, horâpntitof à des hauteurs différentes, dans l'intervalle des dwxcouples verticauz, ai façon qu'il se forme des figipes aiaalogues à des B, mais dont les lignes transversales soient à des hauteurs diffëraates^ On peut encore, dans li figureP (pi. IX), fsdre l'un des coupli» délies nmr sur fo^ l'autre blanc sur fond noir^ ce< qui rend p\m diffidle la combinaison stéréoscoiûque, sans la i»ndre imposable. La figure Gt (pL VII} rqirodoit les couples de ligu!^ de k figure. £«ea. y qoutant deux poiiUs situés à la même distance de la. ligne gauche de chaque couple, ces points étant l'un en dedans et l'iuitre en dehors de la ligne de droite Si l'on fusionne les deux points en les fixant, les deux lignes situées de part et d'autre du point de fixation se séparent immédiatement; en effet, comme Tune est à droite et l'autre à gauche du point fixé, c'est une différence bien plus remarquable que lorsqu'elles sont toutes les deux du même côté du point de fixation et seulement à des distances différentes de ce point. Mais alors même qu'on fixe la ligne de gauche, le point paraît simple, tandis que la ligne de droite, qui semble passer den'ière ce point, parait assez facilement double. Nous sommes ici sous l'empire d'une perception qui nous représente la ligne de di'oite comme à la fois plus rapprochée et plus éloignée que le point, et comme nous distinguons que le point est à une distance invariable de la ligne de gauche, il faut bien admettre que les deux images de la ligne de droite sont sépai'ées. Par une sorte de contraste, le point, qui devrait paraître dans le plan du papier, paraît avancer, comme si, dans l'image de droite, il était plus rapproché de la ligne de gauche que dans l'image de gauche.
La fusion peut également se produire pour des points situés à des hauteurs un peu différentes au-dessus ou au-dessous de l'horizon rétinien : par exemple, lorsqu'on amène à se superposer les deux couples de lignes de la figure F (pL Vil), Técartement étant respectivement de
3"" et de 3"", 7 dans les couples de gauche et de droite. Ce cas trouve son analogue dans la réalité, lorsqu'on a devant les yeux deux lignes horizontales situées latéralement par rapport au plan médian. Des lignes ainsi situées n'étant pas à la même distance des deux yeux, leur intervalle parait plus grand à l'un qu'à l'autre. Mais les différences entre les dimensions verticales, qui peuvent se présenter dans l'observation d'objets réels, sont généralement faibles relativement à celles qui se présentent entre les distances horizontales. C'est pour ce motif, sans doute, que nous ne pouvons fusionner que des images dont les dimensions verticales ne présentent que de très-faibles différences. De plus, la fusion de ces lignes, et même celle de lignes dont les distances diffèrent encore bien moins, disparait assez rapidement pour faire place à la vision double de l'une des lignes, si l'on a soin de fixer d'une manière bien inébranlable.
Il faut encore insister sur ce point que ce n'est pas seulement sur les parties plus ou moins latérales de la rétine, mais aussi sur les parties même les plus centrales qu'il nous est possible de fusionner des images disparates. Lorsque je fusionne les deux croix de la figure L (pi. VIII) et que je fixe le centre de l'image binoculaire, les deux lignes verticales situées à droite de ces croix doivent paraître se réunir pour former une ligne continue. C'est ce qui a lieu, en effet, lorsque je fixe attentivement et exactement le centre de la croix ; mais cela n'arrive pas toujours lorsque je n'apporte pas une attention particulière à la fixation. En effet, tantôt c'est la verticale supérieure, tantôt la verticale inférieure qui parait alors située plus loin de la croix, et la distance qui sépare les deux verticales peut bien atteindre un millimètre au moins, sans que la verticale de la croix se dédouble sensiblement. Si j'examine d'abord le dessin naturellement, ce qui exige une position convergente, et que je fasse diverger peu à peu les yeux jusqu'à ce que les croix coïncident, c'est ordinairement la partie supérieure de la verticale, celle qui appartient à l'image du côté droit, qui paraît la plus éloignée. Les yeux conservent donc une convergence un peu trop forte. Mais je puis encore, à Volonté, donner aux lignes visuelles un écartement un peu plus grand (ce qui, pour moi, reste toujours de la convergence, puisque la distance de mes yeux est de 68"", tandis que celle des dessins est seulement de 03°",5) ; alors la moitié supérieure de la ligne verticale se rapproche un peu plus de la croix que la moitié inférieure. Dans ce cas, les oscillatiohs des verticales latérales , dont les positions sont faciles à comparer, trahissent l'existence, dans la position des yeux, d'oscillations qui ne se décèlent pas par le dédoublement de la ligne verticale de la croix que l'on paraît fixer. C'est là une circonstance dont il faut
IKM (755) TROISIÈME PAMIE. - DES PERCEPTIONS \1SUELLES. § 31*'
avdr bien Boin de tenir coo^ dans les expérieDœs sur Im images
dcniUes. Il nt tasit pas croire ({ne, dans lu fixation ordinaire et peti
' exacte d*tmpolM;télld-^8ettprif^?^f^iiî^ tmijnnrp f^nr âr^^ pnînl- r\ir-
tMiœt correspondants é^ tnOieot des réfines. C'est ainrf qiie,poar nmpart, JefhtetoiijonrsIesfignresEëtFdeteltefiKiimqae les deux lignes les {dus teirâiès S(Mt^ tcHijotirs eëispili^ enâërMiaat entre ks ^tenz antres. Ponr m'en assurer, ilneseffit de t^èeoo?iir, àpsitir d^one «ttrêmité, la moitié de l'nn des eon^les de lignes avec une fi^iOle de ps|^ blanc.
Je m*étsSs d'abord proposé Remployer vM ûgmé analogue à Lpotir Aétemdber la graniteur des portions cmreqionda&tes sur b ligne hoiiicmtale, mais je ne pas pas ^utiliser partie que, pour mol, la ^se if^cate de la croix parait toujoitfs temple, mftne IcMrsque les irarticales latérales subissent des déplacements assez conâdéraMes. Vetfêfienoe réosatosait beaaconp mieux lorscpiei ]e snpprimate égalemeot, dttis disque figure, Tune des nvoitiés delà fwiicide de la croix.
Une verticale tracée sur Fune des figures peut aussi se farionner afee deux ?ertittles qid lui correspondent à peu près dans l'autre. ^U %nfe T (pi. X) présente deux lignes 4 gtasche et trois à drdte. S r«i Ait colMider exactement les Bgnes situées te xâus i gam^ danslei deux groupes, rinu^ de la ligne située à drrtie ésm te grofupe gande Tient se plac^ entre lès deux figues de ëtf^ du groupe droit et m fasionne avec elles. On obtient alors l'impression d'une image de trois lignes dont la plus à droite est plus loin de l'observateur que la ligne située le plus à gauche, la troisième étant plus voisine de lui que les deux autres. Les trois lignes paraissent être les arêtes d'un prisme rectangulaire, et elles sont, en effet, l'expression optique d'un semblable prisme dont le prolongement de Tune des faces passerait par TomI gauche de l'observateur. Pour reconnaître où se trouve l'image de la ligne simple de la figure de gauche, on a marqué un gros point sur le milieu de cette ligne. Lorsque je fixe la ligne de gauche de l'image binoculaire, ce point se place tantôt sur l'une, tantôt sur Fatitre ligne de la paire correspondante, tantôt dans l'espace qui les sépare : on prend ainsi sur le fait les oscillations de la convei^ence.
Il m'est possible également de fusionner deux cercles de rayon on peu différent, tels que ceux de la figure R (pi. X). — Cette expérience répond au cas réel où l'observateur regarde un cercle (ou une sphère) situé en dehors de son plan médian de manière à être plus voisin d'un œil que de l'autre. On peut fusionner ainsi, d'une manière facile et assez durable, les parties verticales des deux cercles, tandis que les arcs horizontaux se dédoublent facilement, à moins que la différence des
rayons des deux cercles ne smt relativement trës-faible. On prend pour point de fixation le centre de l'image binoculaire. Je dois faire observer qu'en faisant cette expérience je me suis surpris à tourner involontairement la tête vers le cercle le plus petit, ce qui égalisait à peu près la grandeur apparente des deux cercles. La fusion se faisait naturellement alors d'une manière bien plus complète. Mais si Ton cherche à fusionner un cercle avec deux autres dont l'un est un peu plus petit et l'autre un peu plus grand que le premier, comme dans la figure S (pi. X) , la fusion a certainement lieu pour les arcs qui sont à peu près verticaux, et, le plus souvent, le cercle simple coïncide d'un côté avec celui qui est plus grand, et, de l'autre, avec celui qui est plus petit. En haut et en bas, au contraire, les cercles se séparent, et l'on voit des arcs du cercle simple passer du grand au petit. On voit donc, dans l'image binoculaire, deux cercles reliés en haut et en bas par un arc qui n'est perçu, il est vrai, que d'une manière assez vague et confuse. Le cercle intérieur paraît être en arrière du cercle extérieur vers la droite et en avant de ce cercle, vers la gauche, ce qui provient d'un effet stéréoscopique analogue à celui des verticales de la figure T (pi. X). Ici encore la fusion a lieu en tant qu'on peut trouver de l'analogie entre les dessins combinés et des objets réels ; les cercles se dissocient là où cette analogie fait défaut.
Volkmann (1) a exécuté une série de mensurations sur les valeurs limites des différences qui deviennent imperceptibles dans la vision stéréoscopique. — Il regardait, à l'aide d'un stéréoscope, deux couples de lignes noires sur fond blanc, que nous nommerons ab et cd. L'une de ces lignes, rf, étmt un cheveu tendu dans une fenêtre mobile dans une coulisse horizontale. On plaçait d'abord la fenêtre de manière à combiner a eic^ b et rf, puis on approchait ou l'on éloignait la ligne d de la voisine c, jusqu'à ce qu'on la vît se séparer de la ligne b de l'autre couple, avec laquelle elle était fusionnée jusque-là. L'angle visuel, modifié par les lentilles du stéréoscope, était le même que si les lignes avaient été observées à lôO""" de distance.
Bien que, dans ces expériences, l'observateur fût censé fixer invariablement Tune des lignes de l'image binoculaire; je crois cependant pouvoir admettre, d'après mes expériences décrites plus haut, qu'en réalité il plaçait les yeux de telle sorte que les deux lignes fusionnées auraient donné des images doubles à peu près également distantes, dans le cas où ces images auraient pu être perçues. Je pense donc que les véritables distances des images doubles à fusionner n'étaient guère
(1) Archiv fur Ophthalmohgie, U, 2, p. 32-59.
«8(7»^ TBOISIËiœ PÂR11E. -- DIS^ei|CEI>1^^ %tL
que dte mohîé oa^an pea plus dte w^iÊSé des ^Bnaomim^^mL distances comparées. -*
. J*iiidiqiie d-desscms tm xéfiRui^ résoltats de Vdlrnumii <t dflit chacun est la moyeime de 15 observatiioDS* Les visl^irs de Ift dN^aMS cif sont les plus fortes qu'il était possible éd fusionner avuc dk; to longiMTurs sont ex^mées en millimètres.
OBSnTATEUKB.
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De même.
Lignes verticales.
Lignes horizontales.
Lignes verticales.
Lignes homontales.
On voit, dans ces observations, des différences individuelles considérables entre les différents observateurs ; les nombres varient même beaucoup pour le même observateur, par l'effet de l'exercice.
En effet, les chiffres prouvent que M. Volkmann voyait plus tôt les images doubles, après avoir fait des expériences de ce genre d'une manière persévérante pendant deux mois, f.a facilité relativement plus grande avec laquelle il vit, dès l'abord, les images doubles, lorsque ces
S différaient peu, tient sans doute aussi. à ce qu'il était bien plus ï que les deux autres observateurs dans l'exécution des expéis d'optique phy^olo^que ; cependant on peut également admettre adresse de l'évaluation oculaire présente, dans ses différentes apions» des variations individuelles considérables. Les chiffres monde plus, comme on l'a déjà vu plus haut, qu'on reconnaît mieux stances verticales que les distances horizontales des lignes horiles, dans les deux champs visuels; de plus, l'appréciation de ces bres présente de moindres variations individuelles. Si l'on consi- ]u'il ne faut probablement guère prendre que la moitié des diffé- 3 indiquées, qu'il faut encore en retrancher environ un dixième de nètre pour la largeur des lignes elles-mêmes, qu'enfin la plus I distance visible, à 150"", est d'environ un vingtième de nïilliî, il reste, en réalité, peu de marge pour la fusion, dans quelquesdes expériences sur les lignes horizontales, uitres séries d'expériences de Volkmann montrent qu'en général, sure que l'angle compris entre les lignes et la verticale auge, les différences de leurs distances compatibles avecla fuâon ment, cette différence présentant son minimum pour la direction ontale.
Ikmann rechercha, de plus, quelles sont les plus grandes diffé* ;s de direction compatibles avec la fusion des deux lignes. — Les lignes formsdent les diamètres des deux disques mobiles autour de centres. On les plaçait d'abord parallèlement, et fsdsant avec la zaAe un angle que l'on notsdt. Puis on faisait tourner le disque droit >ssiveuient à droite et à gauche jusqu'à cessation de la fusion sté- :opique; la différence de direction des deux lignes, obtenue alors,
930 (757) TliOISlÈMt: iURTIE. - DES PERCKPTIONS VISIjELUIS. est indiquée dans le tableau ci-dessus sous le nom de distante m laire. Les nombres sont des moyennes de 20 (VoUunaitn) m èe (Solger) observations; la longueur des lignes est désignée par B,
Il résulte de ces expéiiences que les lignes à peu près vertkak fosionoent malgré des différences de direction plus grandes que le gnes à peu près horizontales, et que cette fusion est sanmt§e 1 èe tables variations individuelles. Les lignes courtes se fu^omieiit , facilement que les longues.
WbeatstoneJ*înventeur du stéréoscoj>e, fut amené par i ces à soutenir que, de même que des images disparatml confondre en une seule dans la projection stéréoscopîquc, de points correspondants des deux images rétiniennes peuvent lises dans deux parties différentes de l'espace, et par conséqyeoi, raître doul)les*^ — Cette assertion a donné lieu h de vive» cependant, si on ne la considère que dans son sens véritable < restriction nécessaire, on ne peut guèi*e se refuser à Ta elîet, si Ton accorde que, dans certaines conditions et dans \ sens, on peut voir simples des images disparates, il s*ensiiit i ment que, dans les mêmes conditions et dans le même sens, ont doubles des images coiTespondantes. Soient (figure 209) ACi
FlG. 209.
deux surfaces, .1 et B colorés en vert, C et £> en rouge. qu'elles appartiennent à des images stér6o90Opiques qu* elles forment, ]muv l'observateur, Tim^^ simple d'un que, de telle sorte que la ligne ab se confonde avec crf, bieo < directions de ces deux Ugnes ne se correspondent pas i Soient / et ^ les po'mts fixés sur ces deux deseiiis» et A el i < cori^spondants, situés respectivement sur les verttcakaèfefta^/^ en y. Lespoiflts A ei i peuvent se trouver sur des <