POINT DE LA VISION DIRECTE
la grandeur, etc. — Il e^ même quelqurfois possible de voir Timage à travers la sclérotique chez l'homme vivant, notamment chez les indi- \idus blonds dont les yeux bleu clair possèdent ordinairement une choroïde peu pigmentée. Un pareil sujet étant dans une chambre obacnre, on lui fait tourner l'ooil de manière à placer la eomée dans l'angle externe, ce qui amène la portion interne de la sclérotique dans la partie élargie et interne de la fente palpébrale. Si l'on tient alors, du côté externe de Taxe visuel, une bougie allumée, l'image de la flamme se fonne sur la partie interne de la rétine ; la lueur qu'on Toit à tnivers la sclérotique est souvent assez nette pour permettre de reconnaître la position renversée de Timoge, le sommet de la flamme et la place de la mèche (1) .
L'opbthalmoscope, que nous décrirons § 1&» donne la possibilité d'examiner très-exactement les images rétiniennes dans l'œil humain paadant la vie. Cet instrument permet de regarder dans Fœil par la pupille et de voir distmcteraent la rétine elle-même avec ses vaisseaux, ainsi que les images optiques qui s'y projettent. On s'assure facilement par ce moyen que les objets suflSsamment éclairés et vus distinctement par Fcwl observé donnent sur la rétine des images très-nettes et exactement délimitées.
On a vu, dans la description de la rétine, qu^au fond de l'œil se ' trouve une portion de la rétine de structure particulière, la tache jaune. Au centre de cette tache, dans ce qu'on appelle la fovea centraits, les vaisseaux qu'on voit se ramifier dans les autres parties de la rétine manquent entièrement : on n'y trouve que des éléments nerveux et même, paraît-il, exclusivement les granules nerveux et les cAnes. Cette partie étant celle qui sert dans la vision directe, est de la plus haute importance sous le rapport physiologique. Le point du champ visuel que nous examinons directement, ou que nous fixons du regard, se peint toujours sur cette partie de la rétine. L'ophthalmoscope permet de vérifier, par l'observation directe, ce fait dont l'exactitude était depuis longtemps admise à cause de la structure particufiëre de la tache jaune. En effet, dans l'examen ophthalmoscopîque, la rétine entière étant éclairée, la situation de la tache jaune se reconnaît au manque de vaisseaux. Au milieu de cette partie sans vaisseaux, répondant à la position de la fovea centralisa se trouve une partie d'un édat psffticulîer, que Coccîus (2) a le premier décrite et dont il attribue
(!) VoLCUiA!!», Ârlicle: Schen in Wagner's Uandworterbuch d. Physiologie, p. 286-289. (2) Ueber die Anwcndung des Augenspiegcls. Leipzig, 1853, p. 64.
8d IGO) PREMIÈRE PARTIE. — DIOPTRIQUE DE L (DIL. g 10.
l'éclat à un reflet de la fovea. De plus, Donders (1) a fait voir que ce reflet se place toujours à la partie de l'image optique que l'œil observé fixe dans le champ visuel, et je me suis convaincu de l'exactitude de cette indication. On peut, d'après la position de ce reflet de la favea^ dire à l'observé quel est le point qu'il fixe ; et quand on lui dit de fixer tantôt tel point, tantôt tel autre point de l'objet, on voit toujours le reflet se placer au point correspondant de l'image. Nous donnerons, au § 16, des indications sur la manière d'exécuter ces expériences..
Ce n'est qu'aux environs de l'axe oculaire que l'ims^e optique rétinienne a toute sa netteté ; plus loin, ses contours sont moins bien délimités. C'est en partie pour ce motif qu'en général nous ne voyon^ distinctement, dans le champ visuel, que le point que nous fixons. Tous les autres sont vus vaguement. Ce manque de netteté dans la vision indirecte parait, du reste, tenir aussi à une sensibilité moindre de la rétine : à une faible distance du point fixé, la netteté de la vision a diminué bien plus que la netteté objective des images rétiniennes.
L'œil nous présente un appareil optique d'un champ extrèii;ement étendu ; mais ce n'est que dans une portion très-circonscrite de ce champ que les images sont nettes. Le champ entier nous représente un dessin où la partie la plus importante seule est exécutée avec soin et où le reste est seulement esquissé, et cela d'autant plus grossièrement qu'on s'éloigne plus de l'objet principal. En revanche la mobilité de l'œil permet d'examiner successivement avec exactitude tous les points du champ visuel. Comme nous ne pouvons porter notre attention que sur un seul objet à la fois, le point vu distinctement suflit pour l'occuper entièrement toutes les fois que nous voulons l'appliquer à des détails, et, d'autre part, la grande étendue du champ visuel, malgré la confusion des détails, est très-propre à nous fournir d'un coup d'œil une idée d^ensemble de tout le tableau, et à nous permettre de remarquer aussitôt les objets qui viennent à apparaître dans les parties périphériques de ce domaine.
Le champ visuel d'un seul œil est déterminé par la largeur de la pupille et par la position de cette ouverture par rapport au bord de la cornée. Je trouve que si, dans une chambre obscure, j'examine mon œil dans un miroir, tout en déplaçant une bougie située latéralement, je perçois la présence de la lumière aussi longtemps que les rayons qui en proviennent viennent frapper le bord opposé de la pupille et pénétrer dans cette ouverture. Donc, toute la lumière qui pénètre dans
(1) Onderzœkingen ycdaan in het PhyHol. Lnhorat.fl. Vtrechtsche UoofjeschoofJiaryU