DES TROIS COliLELRS FONDAMENTALES. 3b
Le lémllal de Maxwell est, jusqu'à uo certaio i>oiDt, en contradiction avec ce le j'ai dît page 367, par suite d'expériences plus directes, à savoir que le niéige de deux couleurs spectrales est toujours un peu plus blanchâtre que la mple dont le ton s'en rapproche le plus. Il résulterait de ces expé- ( que b courbe des couleurs ne peut offrir aucune portion rectiligne, car s coolears qui se trouvent sur line même ligne droite peuvent se reproduire ir le mélange de deux d'enure elles. On peut expliquer cette contradiction eu gurquant que c'est précisément aux limites du triangle des couleurs que les Bs changent avec la plus grande rapidité relative ; que, par suite, quand même courbe ne présenterait sur les côtés qu'une convexité trop faible pour être conatée par les observations moins directes de Maxwell, malgré le voisinage de la ïïie et de Tare, il peut cependant se trouver, stur la corde, des couleurs d'un fect sensiblement autre que sur Tare.
Maxwell a, de plus, calculé d'après ses expériences l'intensité que possèdent, ans chaque couleur prismatique, les trois couleurs fondamentales qu'il a choisies, t il a construit en conséquence les courbes que j'ai indiquées schématiquement las b Ggure 119- (p. 382). Les courbes ont des sommets un peu plus pointus pe celles de la Ggure 119, et celle du rouge remonte un peu à l'extrémité vioelte, celle du Men, à l'extrémité rouge du spectre.
Userait à souhaiter qu'on recherchât, par des expériences semblables li cdles ie HttwdU s'il est réellement possible d'obtenir tout à fait exactement le jaune fectralan moyen du vert jaunâtre et du jaune d'or, le violet spectral, par le mélage du rouge extrême et de l'indigo, etc. , afin de déterminer plus exactement ONoie la forme du périmètre de la table des couleurs spectrales.
O est à remarquer que les deux observateurs de Maxwell n'étaient pas amenés à les mélanges absolument pareils de couleurs spectrales pour reproduire le blanc, ^ qu'aucun d'eux ne considérait comme complètement blanc le mélange oon^osé par l'autre. De plus, chez le second observateur (Maxwell lui-même), la oovbe des intensités présentait une concavité plus considérable aux environs de ii%iie F, que chez l'autre. Maxwell considère comme cause probable une pigmtation diiKrente de la tache jaune, puisque le pigment jaune (voy. p. i20 fc l'édition allemande) parait absorber surtout la lumière de la ligne /'. C'est pour 3e motif que les mélanges blanchâtres qui contiennent ce bleu cessent de paraître fad dans la vision indirecte, ainsi que je l'avais déjà fait remarquer (p. 305 de 'édiL alL). Gomme, chez des individus différents, les couleurs prismatiques arrircit aux parties centrales de la rétine à travers des couches de substance jaune de Sfireme intensité, leur intensité se modifie de manières différentes, et les triangles leoNileurs, obtenus par deux individus différents, présentent dans la disposition do couleurs des différences telles qu'on les obtiendrait en modiûaut les unités fiatensité, fixées arbitrairement d'ailleui^, des couleurs fondamentales. C'est ainsi fK pour les yeux de Maxwell, le rouge agit relativement avec plus d'intensité, et k bleu, avec moins d'intensité que pour les yeux de l'autre obser\'aieur.
On peut aussi, d'après Scbelske, obtenir des couleurs résultantes, au moyen ^ coul(^urs objectives, et des couleurs que produisent les courants électriques
mn UEVMÊmi I'aktuv. — i>KS s^NsAisoNs mm u.lls. gati.
ctinsUiiilij, — l-c couratii Dscfiidaiït, ajouté aux couleurs t'X 1er ietirc», leur Oiii»initr)i(|ii(? une cotorotioii d'un ^iolci bléuâlii', le courant dcsceiidaitl Icurenlnc une icrUnne qïinnlité de cette couieur. On petit iiiùine produire des in^^Uiifn?» df ajulenrs eqiiivatenb pour deux disque» cïirouïah«iueî4 dont l'un m* peiul suroiK iiioitté de la rétine parcourue |>ar tm courant ascendant, et Tautre, sur une mciiik (parcourue par un courant dehceuclaiH.
Il est d'iru grand intérêt, pour la tiiéoiûe das sensatious i d'exaiiiiiier les perceptions dos yeux qui distinguent moins de otnih <|iie les yeux normaux {f/cffroifwltipsie^ ar/trupsic). A. Seeberk i tléiuontré qu'il y a deux sortes d'acbroinalopsie. Les yeiL\ de ctuiciaM des classes confondent les mômes couleurs difTérentes^ et l'on trouve que des dilKreJices d'iulensité dans leur affection. D'un aiiO côté, les yeux de chaque classe reconnaissent la plupart desi qu'ont faites ceux de l'autre classe.
Le plus grand nonibi^e des exenqiles» surtuui en Angle u ap|)artenir à la seconde classe do Seebeck ; leur affection f pelée Daltonisme [Anéryihropsie de Gothe) , du nom du célèbre cbiniil J. Dallori qni était dans ce cas et qui, le premier, fit une étude tm | exacte de ce défaut. Comme les savants anglais réclament contn»» manière d'inimorlaliser le nom de leur céhVbiv com patriote ]>arti]il ses défauts, nous emploierons rexpression A^amrtjihropsie (I htitidheU). Les individus chez Icf^quels cet élàl e^sl rotnpT': loppé ne voient dans le spectre que deux conleni's, (| ordinairement sous les noms de bleu et de jaune* A celte dernière,! rapportent tout le roii[;e, Torangé, le jaune et le vert» Us ap gris les tons bleu-verdiitrc et nonutietit bleu tout le reste, rouge extrême est faible, ils lie le voient pas du tout ; iU ue le que lorsqu'il est intense. C'est poiir ce motif qu'ils iudiqueat rciuent connue limite du spectre une partie où U ■ naiix
encore <lislînctement un rouge faible* Parmi leconfondent le rouye (c'est-à-dire le cinnabre et l'orftn^ rtm avec le biun et le vert, dans les cas où k^s yeux nnnn général, ie rouge avec bien plus d'intensité que le brun , . . ne distinguent pas \e jnww d*or ûnjnune, ni le rose du Afrw. dant toutes les couleurs résultantes, cpiî paraissent sen normal, paraissent de même malgré Tanérythropsie, J. U* déjà, pour h* cas de DaUon, Inpinion que toutes le8 cou' linguait pouvaient êtie considérées comme composées de deux <
(1) Dait» mie lettre citée, ia G, Wit^oft, on C^lour Bliiidn« p, GO.
1 20. DYSCHROMATOPSIE. (295) 389
ondainentales au lieu de trois. Cette opinion a été confirmée récemneot par Maxwell à l'aide de sa méthode pour appliquer à la mensuraion les mélanges de couleurs obtenus par les disques rotatifs. Comme tous Tavons vu, on peut, pour l'œil normal, établir une équivalence ntre toute couleur donnée et trois couleurs convenablement choisies saodées à du blanc et du noir. Pour l'anérythropsie, il ne faut, comme eTaî constaté moi-même, que deux couleurs, telles que le jaune et le >len, outre le noir et le blanc, pour établir sur le disque l'équivalence le toute autre couleur. J'ai pris pour couleurs principales le jaune de jirome et l'outremer, dans mes expériences avec M. M..., élève do .'École polytechnique de Carlsruhe, qui était habitué aux expériences ie physique et se montrait assez sensible aux différences de couleure qui subsistaient pour son œil.
Il confondait avec un i^oiige analogue à celui de la cire à cacheter, un mélange de 35* de jaune et de 325° de noir, qui présentait à l'œil normal un vert-olive foncé.
Avec le vert correspondant à peu près à la ligne J?, il confondait un mélange de 827* de jaune et 33° de bleu, ce qui, pour l'œil normal, donne un jaune gris. — Avec le gris, IQh^ de jaune et 195'' de bleu, ce qui forme, pour l'œil normal, un gris faiblement rougeâtre.
Comme on peut, avec le rouge, le jaune, le vert et le bleu, composer tous les autres tons, il résulte de ces expériences que, pour M. H..., on pourrait les composer tous avec du jaune et du bleu.
Du reste, si l'on applique les propositions de Grassmann (p. 372), înir les mélanges des couleurs, à un œil qui confond le rouge avec le vert, il en résulte immédiatement que tous les tons que cet œil peut distinguer peuvent s'obtenir au moyen de deux couleurs, le jaune et le bleu. En efifet, si le rouge et le vert paraissent identiques, comme les mélanges de couleui's de même aspect, donnent des couleurs de même aspect, il faut, de plus, que les mélanges d une quantité déterminée de jaune, avec une même quantité quelconque d'une des couleurs composées de rouge et de vert, qui sont équivalentes entre elles pour l'œil atteint d*anérythropsie, forment des couleurs résultantes qui présentent toutes le môme aspect pour cet œil. Mais comme on peut composer avec le jaune et le bleu, pour l'œil normal, une des couleurs composées de rouge et de vert, ce mélange peut être substitué, pour lœil affecté d'anérythropsie, à toutes les couleurs composées de rouge et de ?ert. Il suit de là que, pour un œil de ce genre, on peut former avec le jaune et le bleu toutes las couleurs provenant du jaune, du fouge et du vert; on peut démontrer pareillement qu'il en est de Dïème pour tous les mélanges de bleu, rouge et vert. Comme enfin
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le rouge, le jaune, le vert et le bleu permettent de composer tous les tons perceptibles pour l'œil normal, dans Tanérythropsie, il suffit du jaune et du bleu.
Si les couleurs sont disposées dans un plan, d'après les principes de constrDction du centre de gravité, il faut que toutes les couleurs qui, sous une intensité convenable, paraissent semblables dans Tanérythropsie, soient situées sur une môme droite; en effet, toute couleur résultante se trouve sur la droite qui joint les couleurs composantes et elle présente le même tun lorsque les couleurs composantes sont de même aspect On peut démontrer, de plus, que toutes ces lignes droites sont parallèles ou se coupent toutes en un même point, et que la cooleor qui appartient à ce point d*intcrscction doit être invisible pour Tœil affecté de dyschromatopsie.
Supposons que la quantité /* de la couleur située en R (fig. 124) présente i Fœil affecté la même apparence que la quantité g de la couleur située en G. On a :
r = nr + (I — n) r,
l^ quantité ng de la couleur G eslde mômeaspect que la quantité nr de la conlcor II; ainsi, si n est une fraction véritable, la quantité r de la couleur R présente le même aspect que le mélange de la quantité (1 — n) r de la couleur H avec la
quanttté ng de la couleur G. Ce mélange se ln)nvc, 0> dans le plan des couleurs, au point S de la ligne RG, si
RS : SG — ng: {\'^n)r I),
et la quantiti* ô' de la couleur résultante ainsi obtenue est
« = ng + (1 — n) r.
L'aspect de cette quantité s de la couleur S pour Tœil en question est indépendant de la valeur de w. Si, maintenant, nous mélangeons la quantité' b de la couleur R avec la quantité ^ de la couleur 5, nous obtenons une couleur dont rasi>ect, pour l'tfil
considéré, est indépendant de la variable n. Soient T la position de cette couleur
résultante et f sa quantité, on a
Fig. 4 21.
et
£ = 6 -f « rnr 6 + Mf/ + (t — n) r
TS : BT= b: sr=b:[ng + (4— n) r].
la).
Abaissons du point R la perpendiculaire UIJ sur RG, et, du point 7', la p«'rpendicnlaire IL sur Rlf et |>osons
LU = x
BH - d
TL = y
HGr=-.a
RG ---- c
DYSCHROMATOPSIE. (297) 391
PMt» d'après la) et la figure 121,
X LH TS b
d~BB BT + TS~ b + ng + (\ —n) r y TL SB Sg— g
suite de 1) et de l*inq)ection de la figure, que
• SG = c. ^'-''^^ .
wfif + (« —n) r
y (c — g) (I — n) r — oiigf
d — X d[ng + {^'^n)r]
s Ib) et le) 00 élimine la variable n, ou obtient, entre les coordonnées reo ires du pdnt T, réquation
id(g — r) — x [erg + br (c-^a) + abg] + bd [{c-^a) r + ag]. 4d).
s c'est une équation du premier degré entre les coordonnées rectaiigur et y, les positions correspondantes 7" des couleurs résultantes qui sont sempour rœU a£fecté de dyschromatopsie se trouvent sur une ligne droite. Soit te droite, Q son point d'intersection avec liG, QH = y^ esi la valeur que \f û Ton pose j;s= 0 ; elle est
(c-po)r + flg '^ = r-g *^>-
alcnr de y est indépendante de la quantité b de la couleur correspondante conséquent toutes les lignes droites qui contiennent des couleurs de même composées de R, G et B, se coupent au même point Q; ou bien elles sont » lorsque rr=^, et que, par suite, y^ est infini, «tance du point d'intersection Q au point R est
r— jf
mélangeons la quantité q de la couleur Q avec la quantité g de la couleur manière à produire la couleur R, il faut qu'on ait
RG q , d'après If), puisque RG=c,
q ss r— jjf.
itité de la couleur résultante R esi alors r=g+q.
Mais comme, d'après riiypolhèsc, r présente à iœil en question le même aspect que g, et que la quantité ^ = r — g n*ost en général pas nulle, il suit de là que l*œil affecté de dyschrojnatopsw ne peut pas percevoir du tout la couleur Q.
Le point d'intersection des lignes droites qui contiennent les couleun» de même aspect, occupe donc, sur le plan, la place de la couleur qui n'est pas perçue par l'œi! en question.
Dans Thypothèse de Th. Young, la couleur invisible ne peut évidemment être qu une des couleurs fondamentales; car si tontes les couleurs fondamentales étaient perçues, toutes les autres couleurs, pouvant se former par le moyen des couleurs fondamentales, existeraient nécessairement. Si l'on recherche donc quelles sont les couleurs qui paraissent semblables au blanc ou au gris, on trouve précisément les tons appartenant, soit à la couleur qui manque, soit à sa complémentaire, avec mélange de différentes quantités de blanc. En effet, toutes ces couleurs qui ont le même aspect que le blanc doivent se trouver sur une même ligne droite; or, toute ligne droite qui, dans le plan des couleurs, passe par le blanc, contient dans chacune de ses deux moitiés des couleurs de même ton, mais à différents d^rés de saturation, et les couleurs d'une moitié sont complémentaires de celles de l'autre ; de plus, ainsi que nous venons de le démontrer, chacune de ces droites qui contient des couleurs de même aspect doit aussi passer par la position de la couleur fondamentale invisible, elle doit donc contenir, dans une de ses moitiés, des couleurs du même ton que
celle qui manque. Dans les expériences que j'ai faites avec M. M »
j'ai trouvé qu'un rouge dont le ton, très-rapproché du rouge extrême du spectre (38° outremer, 322" rouge cinnabre) , tirait peut-être un peu sur le pourpre, et qu'un vert-bleu complémentaire de ce rouge (59° outremer, 301° vert de Paris), présentaient l'aspect du gris pur. Maxwell a trouvé de même, un rouge formé de 6" outremer, 94* cinnabre, et un vert composé de 40° outremer, 60' vert de Paris. Comme, de plus, le rouge qui, pour les yeux normaux, présentait la même intensité que le vert, paraissait bien plus foncé au malade que le gris et le vert, il reste hors de doute que c'est le rouge et non le vert qu» ' répond à la couleur absente. On peut donc, d'après Thypothèse de Th. Young, considérer Tanérythropsie comme une paralysie des nerfs sensibles au rouge.
Si donc Tune des- couleurs fondamentales est réellement un rouge voisin du rDuge extrême du spectre, les deux autres couleurs fondamentales ne pcMivent pas être situées bien loin du vert et du violet choisis par \oung.
fO. DYSCHROMATOPSIE. .393
U s'ensuivrait cpie Tanérythropsie ne permettrait de percevoir que vert, le violet et le bleu qui en résulte. — Le rouge spectral, qui parait exciter que faiblement les fibres nerveuses du vert et bien ins encore celles du violet, devrait alors présenter l'aspect d'un vert uré^ peu lumineux^ et plus saturé que ne l'est pour nous le vert itable du spectre, qui doit déjà contenir des quantités notables d'aus couleurs. Le rouge peu lumineux, qui excite déjà' suffisamment nerfs sensibles au rouge dans l'œil normal, n'excite pas assez chez personnes les fibres sensibles au vert, et leur parait donc noir. bd Jaune spectral présentera l'aspect d'un vert interne et salure^ et QiDe il forme précisément le degré le plus intense et le plus saturé la première de leurs couleurs, on peut comprendre que les sujets *ctés d'anérythropsie se règlent sur ce ton pour dénommer cette couir, et appellent jaunes tous ces tons qui sont réellement verts pour ir œil.
Le vert^ comparé aux couleurs précédentes, doit déjà présenter un slange de l'autre couleur fondamentale; c'est donc un degré plus ense, mois aussi plus blanchâtre, de la même couleur que le rouge le jaune. D'après les observations de Seebeck, la couleur la plus lense du spectre pour ces personnes n'est pas le jaune, comme ur les yeux normaux, mais le bleu-vert ; et en effet, comme nous ivons admettre que lexcitation des fibres du vert doit être la plus rte dans le vert, le maximum de Texcitation totale doit se rapprocher I peu du bleu, puisqu'alors Texcitation des nerfs du violet augmente. )ur eux, le blanc est évidemment un mélange, en proportions définies, 5 leurs deux couleurs fondamentales, mélange qui nous parait d'un BU verdâtre ; aussi regardent-ils comme grises les couleurs du spectre li forment la transition du vert au bleu.
En avançant dans le spectre, on voit prédominer la seconde couleur Qdamentale, qu'ils appellent bleue, parce que l'indigo , quoique un u blanchâtre pour eux, leur présente, à cause de son intensité lumiuse, un type plus caractérisé de cette couleur que le violet. Ils connaissent la différence d'aspect du bleu et du violet. H..., examiné T Seebeck, sut en indiquer la séparation, mais il déclarait qu'il donrait plus volontiers au violet le nom de bleu foncé. Du reste, les ns bleus doivent leur présenter le même aspect qu'aux yeux normaux irce que, pour ceux-ci, ils ne contiennent non plus qu'une petite lantité de rouge.
Comme toutes ces couleurs du spectre doivent leur présenter des fférences déterminées, quoique peu prononcées, on comprend qu'avec ae grande attention et de rexercice, ils puissent apprendre à bien
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dénommer les couleurs très-saturées ; mais pour des couleurs plus blanchâtres, ces signes distinctifs les laissent nécessairement dans rembarras, et ils ne peuvent plus éviter la confusion.
Pour ce qui concerne l'autre espèce de dyschromatopsie , celle que Seebeck nonune la première, on n'a pas encore d'observations S!]dBS< santés pour la définir complètement. D'après Seebeck, ces sujets se distinguent de ceux de la seconde classe en ce qu'ils reconnaissent avec facilité et certitude les passages du violet au rouge, qui paraissent bleus aux précédents. Par contre, ils commettent des erreurs en cherchant à distinguer le vert, le jaune, le bleu et le rouge. Si les deux classes confondent le même ton avec le vert , les individus qui nous occupent choisissent cependant un vert plus jaune que ceux de la seconde classe. Ils ne montrent pas d'insensibilité au rouge extrême et placrat la plus grande intensité du spectre dans le jaune. Eux aussi ne distinguent dans le spectre que deux tons qu'ils appellent, probablement avec asso de raison, bleu et rouge. On peut donc présumer que leur affection consiste dans l'insensibilité des fibres nerveuses du vert, mais des recherches plus complètes sur cette question nous font encore défaut
Outre l'insensibilité totale, il peut naturellement se présenter une diminution, à tous les degrés possibles, de la sensibilité de tel ou tel nerf, ce qui produit différents degrés d'incapacité pour distinguer les couleurs. Wilson ei Tyndall ont rapporté des cas où l'affection n'était pas congénitale, mais produite subitement par suite de blessures graves de la tète ou de fatigue de la vue.
Dans Texamen des suj^ affectés de dyschromatopsie, il est clair qu*on ne peut pas arriver à grand'chose tant qu*on se borne à leur demander comment ils nomment telle ou toile couleur ; car leur état les oblige à appliquer à leurs propres sensations, auxquelles elle ne convient pas, la nomenclature qui a été éiablie pour les yeux normaux. Pour eux, non-seulement cette nomenclature contient trop de noms de tons différents, mais aussi nous distinguons, dans la série spectrale, des différences de ton où ces sujets ne perçoivent que des difléreooes de saturation ou d*intensité lumineuse. Il est plus que douteux que ce qu'ils appellent bleu et jaune réponde à notre bleu et à notre jaune. Aussi leurs r6p(Mises à nos questions sur les couleurs sont-elles lentes et embarrassées, et nous paraisscnt^elles confuses et contradictoires.
La méthode de Seebeck, qui consiste à demander aux sujets en expékîence d'assortir suivant leurs analogies des échantillons de papiers ou de laines de àltt' rentes couleurs est bien préférable, quoique encore bien insuffisante : il faudrait que le nombre des échantillons fût immense pour que les tons dont la confusion est caractéristique s*y trouvassent avec les proportions exactes de leur mélange au blanc et avec les intensités nécessaires pour présenter à l'œil examiné des éqai*