DYSCHROMATOPSIE
ilenoes parfaites. Tant qu'on n'atteint que des ressemblances, il est difGcile de aararer si h difl&rence porte sur la nuance, sur la saturation ou sur l'intensité, e ii*est donc guère que le hasard qui permet d'obtenir ainsi quelques résultats
Le disque routif de Maxwell permet, au contraire, d'obtenir rapidement et rec une grande exactitude les données nécessaires, parce qu'on peut facilement nodoire, par mélange, une série de couleurs qui paraissent parfaitement égales. n peut ainsi obtenir le point essentiel qui détermine le caractère fondamental de iffcction, et qui est de sa^ir quelles sont les deux couleurs confondues avec le ris td qu'on l'obtient par le mélange du blanc et du noir sur le disque. L'une 'ellei, qui paraît relativement bien plus foncée que pour l'ceil normal, est la cou* lor ièndamentale absente. On peut facilement voir aussi, par ce moyen, s'il reste D non une certaine sensibilité pour la couleur fondamentale en question.
Si l'on veut vérifier la théorie que nous venons d'exposer, il faut déterminer, de lus, si pour le sujet en expérience, toute couleur donnée, et en particulier chaque sakor principale du spectre, peut être obtenue par le méhinge de deux couleurs Mifenablement cbobies.
6. Wilson a notamment fait remarquer combien la dyschromatopsie peut evenir une cause d'accidents pour la navigation et les chemms de fer, où l'on lit usage de signaux coforés. II trouva, en moyenne, un cas de cette aflection sur 7,7 personnes.
Il a été constaté par un grand nombre d'observateurs que, pour les yeux affectés e dyschromatopsie, il est possible de reproduire toutes les couleurs par le métnge de deux couleurs fondamentales, mais les expériences, même postérieures à I publication de ce qui précède, n'ont pas encore amené à déterminer exactement la couleur fondamentale qui manque; en effet, les expériences avec les isques colorés, étant pratiquées à des moments différents et sur des individus ifii^rents, donnent des résultats assez variables. D'une part, ainsi que £. Rose l'a hservé indépendamment de Maxwell, la modification de l'éclairage extérieur terce une très-grande influence ainsi que la lumière réfléchie par les murs de la hambre ou par les objets colorés extérieurs. De plus, il est clair que la pigmenitioD de la tache jaune amène, chez les personnes affectées de dyschromatopsie, es dîBérences analogues à celles que Maxwell a observées chez les individus ims. Dans les expériences avec les disques, où l'on se sert de matières colorantes, !lle absorption de couleurs par le pigment jaune ne modifie pas seulement leur itensilé, mais encore leur composition; par conséquent, lorsqu'on a déterminé s deux vraies couleurs fondamentales et la position du noir dans le triangle, les lires couleurs y affectent des positions qui varient avec l'intensité de la pigmaoodeFcnL Si l'on donne à trois de ces couleurs pigmentaires, considérées comme Nidamentales, des positions constantes dans le triangle, ce sont, au contraire, les raies couleurs fondamentales et le noir qui prennent des positions différentes oor des individus différents. E. Rose a observé ces différences de position du air chez les différents sujets, même lorsqu'il les examinait en même temps et iansles mêmes conditions, et il s'est basé sur ces faits pour contester l'exactitude k la théorie de Th. Young. Cependant les prétendues contradictions me parais-
sent trouver simplement leur explication dans ce qui précède, et Ton peut appuyer cette opinion sur la remarque faite par Rose lui-même, d*après laquelle on De parvient à des équivalences constantes qu'en faisant fixer toujours le môme point du disque; chaque changement du point de fixation amenait^ chez beaucoup de ses observés, une noodification de l'équivaleuce des couleurs, ce qui témoigne de rinfluente qu'exerce la pigmentation sur la sensation colorée de différentes parties de la même rétine. — On peut également se laisser induire en erreur par des cas de dyschromatopsic incomplète, analogues à celui que M. Gladstone a décrit sur lui-même ou à celui que le docteur Hirschmann a trouvé chez un étodiant (le mon laboratoire. Dans ces cas, on laisse passer Inaperçues des quantités asm considérables de rouge qui entrent dans la composition d'une couleur, tant qu'ella ne dépassent pas une certaine limite. Si l'on ne s'aperçoit pas de cette circonstaiice et si l'on croit avoir affaire à une anérythropsie complète, les équivalences decooleurs obtenues ue peuvent évidemment pas s'actorder avec les exigences de la théorie.
Celles des observations de Rose qui ont été faites à la lumière du jour sont d'accoid avec celles de Maxwell et avec les miennes pour fixer la place du noir près du ronge écarlate, un peu vers le bleu. Mais, ce qui paraît n'être pas sans inoonvénieot, E. Rose a fait la plupart de ses expériences à la lumière artificielle du photogène, qui est relativement pauvre en bleu, et où c'est précisément la quantité de Mea qoi varie le plus avec les changements de température de la flamme produits par les variations du courant d'air. Aussi ne devons-nous pas nous étonner si, dans ces conditions, les équivalences de couleurs obtenues par les différents ohservateors concordant mal, même pour une même séance. En effet, la sensation du roage manque h ces sujets, et le bleu en particulier, surtout le bleu le plus réfrangibie, qui subit la plus forte absorption dans le pigment de la tache jaune, est contenu en proportion faible et variable dans la lumière employée : il doit donc se produire une prédominance considérable du vert dans toutes les couleurs. l>aus les sujets obsenés par Rose, les positions du noir dans le triangle des couleurs se trouvent toujours entre le bleu et le rouge : mais, à cause de la faible intensité du bieu^ le noir prend une position plus rapprochée du bleu qu'il ne ferait à la clarté du jour.
Ainsi, les observations de E. Rose sont loin d être suffisantes pour ébranler Texactilude de la théorie de Th. Young.
En ce qui concerne les moyens employés par Rose dans ses expériences sur la dyschromatupsie, il faut mentionner en premier lieu l'usage qu'il a fait de spectres d'interférences formés par des lames de verre à fines lignes parallèles et à traven: lesquelles l'observateur regardait une fente éclairée. On sait que, dans ces conditions, on voit, de iwrt et d'autre de la fente, une série de S|)ectres dont le premier seul est complètement isolé; le rouge du second recouvre déjà le violet du troisième. Les personnes iM)ur lesquelles rexlrèinité rouge du sj>ectre présente moins d'étendue soient aussi le second spectre isolé du troisième. L'intensité d'édairage de la fente exerce évidemment une grande influence; cependant ce mode d'obsenatiou paraît très-utilisable pour se former une première idée de la nature de l'oeil à examiner.
Au lieu d'employer le disque, dont la manœuvre demande toujours beaucoup
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(le lenips et de iMtieiice, E. Rose a eu recours avec beaucoup d'ii-pn>|)os aux-couleurs que présentent les laines de quartz vues dans la lumière polarisée. Im tulx: de Sun iusiruuieut, auquel il a douué le nom de chroniatonièlre {Farbeumesser), cuolieut à Ja file :
Un (irisme de Nicol .-I ,
L'n diaphragme recta ng^ulaire tt,
Un prisme biréfringent C,
l'ne lame de quartz /;^ de 5"'"' d'épaisseur^
Vn second prisme de Nicol A\
contre lequel vient s'appliquer l'œil de l'observateur. Celui-ci voit deux images contiguës du diaphragme B^ formées par le prisme biréfringent C. IxMirs couleurs, exadeuient compléinentaires à cause de la rulalion du plan de poliirisation dans la lame de qiurtz, |ieu\ent être modifiées par la nilation du prisme de >ia>l fS. La rolatîoD du prisme de Nicol .1 modifie seulement l'intensité des couleurs sans altérer leur composilion, et l'on s'en sert pour leur donner des intensités égales. Atcc one lame de quartz de l'épaisseur indiquée, un œil sain ne peut obtenir l'équivalence des deux couleurs, qui peut éCre produite s'il y a de la d;scfanNnatopôeL Les couleurs considérées comme équivalentes dans l'anérytbropsie sont le rouge et le vert-bleu ; ici encore, il existe des différences d*un sujet i l'antre : tous n^amènent pas le prisme de >'icol dans la même position. Si l'on prend une laoïe de quartz plus épaisse, ou qu on superpose plusieurs lames qui font toomer le plan de polarisation dans le même sens, et qu'on y ajouta; une lame d'épaisseur variaUe cxMnpw«e de deux prisiucs, comme a'Ue crofilovée dans k saccbarimèlre de Soleil, ou peut ésalemeot pnxluire des équivalenc/.-s de œuleurs pour Tœil uonna]. es j^jrmant uu blanc 'ùmtc le njuge, le vert et lo «iolet, et un autre avec le bien es ]*r jaune. (>-pi.'iidanl entre im'S stux et les \eu\ ^leuicot sain» du dodoir HirKhmann. i! ae pnéi»enta f'*ir'<r<v In ime difTércnc/: X'-ikque la CûsaJent présumer k» r^herc^ies le MaiHeii.
On ado res^eirwiTé, dins la santonlijt:, un nïojerj d'îifTfrcterrrjomf^Dtanêmeni les yeux nomoÀux de dyi-:h:oiiiiiOTiiie reli.îlv.iij«rjii a j violet. — Afin de produire ràj-îôeiire:-: lîiie aciioû qui n^ dure pas lonzifsmpTi^ on prend de 10 à 12 graÎLS 0" .55 a *>-'.»35 dfï <ouionai^ th >oWe- La uKidiiicaiJOD fxmaofi^ZK aprc^ Iv ki \h mîuuifrT 'ri dure q^j'-lqueheures; elle est 'èjjjàziiyàzz,^. C'::.-.l-rs g^ V'.»:jJ:- c'uue vrrih^h itv.'z\ih et d* hallucinations dt li v-r. de =-:r.e «: je i'es;r::rîenœ li'e-; %cs \k.i.\ désagrément. Avec de? cc»?rrr pl-is :'.r.A-, vi peut itjer de- c.. v:?!'.:,. Les perscHiDes s&htt'ixjs î» J «.::-::. se .a îvaiior.i.'.e vo'ieni er- ;a;:je »•:•dàtre les objets êrlalr-îr. e: ei </. -r^ .e? : -rs-r^- :ôv;-;re-t i en:- ':j::e violeite dn ^)ec''re Ci-piJ 1^ Vr:\: -ysi-nie l^ c.y--e-r- e=^•. d'.-:matîque, c«a pen §"€3 fi.'j'^ Le- e'.j-.nTiicer a- •r'. Jî li.v.e r*- 'ij^clT.; ic: l démuiAtré qu'avec i2ii€ iii'je^ï-.t I-^ie--^ ::- r.- ;•::;; :-. :»^, .: :. -.ei.r 5e- \ équivalences de ociuie-ur- jjcCi-i--:-: i:v:eii,e ^ -a -*:... c!>r. Wj, - -j^
cela n'est pas possible pour un fort éclairage. Ces équivalences de coïtleurs ne restent pas constantes pendant longtemps : l'état se modifie continuellement d'une manière assez sensible. C'étaient des mélanges jaunes et violets qui paraissaient pareils.
La papille du nerf optique, examinée à l'ophtlialmoscope, ne présenta pas de coloration jaune : il n'y avait pas de coloration jaune des milieux de l'œil, ou du moins aucune coloration sensible. D'un autre côté, les vaisseaux de la rétine étaient fort remplis. Si nous interprétons ces phénomènes d'après la théorie de Th. Young, il faut en conclure que la sensibilité des fibres nerveuses sensibles au violet n'avait pas été abolie, mais que les organes terminaux (cônes de la rétine) étaient devenus insensibles ou moins sensibles à l'action de la lumière violette. Ainsi, la lumière violette ou bleue n'affectait plus l'œil, bien que tous les objets obscurs apparussent colorés en violet, évidemment par suite de causes d'excitation internes. Ce phénomène rappelle le vert dont se recouvrent toutes les surfaces obscures lorsqu'on tient un verre rouge appliqué devant les yeux. Il n est pas facile de décider si, sous l'action de la santonine, on remarque l'excitation interne de la rétine à son degré d'intensité ordinaire, ou bien s'il se manifeste une excitation plus forte. On pent même se demander s'il ne s'agit pas simplement ici d'une excitation produite par la santonine sur les fibres sensibles au violet ; la sensibilité pour la lumière violette objective serait ainsi affaiblie par un effet d'épuisement et donnerait lieu à une dyschromatopsie iiicomplèlc, relative au violet.
La modification des couleurs objectives produites par l'action delà santonine peut être attribuée, dans son ensemble, à la suppression du violet. On ne peut pas encore décider si les variations dans les réponses, que E. Rose a observées aussi bien avec les disques chromatiques qu'avec la lumière polarisée du quartz, proviennent d'une variation dans l'état de pléthore des vaisseaux de la rétiîie, qui pourraient agir, jusqu'à un certain point, comme un milieu coloré absorbant.
On peut assurément se figurer ici, comme dans la dyschromatopsie naturelle, qu'il n'y ait pas paralysie des fibres nerveuses, mais que la foime des courbes d'intensité de la figure 119 (page 38*2), soit modifiée pour les trois espèces d'éléments sensibles à la lumière, ce qui permettrait une bien plus grande variabilité dans l'épuisement de l'œil par rapport aux couleurs objectives. On pourrait dire en faveur de cette hypothèse que E. Rose a observé à plusieurs reprises que, sous Taclion de la santonine, de la lumière rouge ou jaune avait été vue, mais prise pour de la lumière violette, ce qui s'expliquerait en admettant que les cônes des fibres sensibles au violet sont devenus plus sein-
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)]able8 à ceux des fibres du rouge, dans leur réaction sur la lumière. Cependant, ce phénomène parait s'expliquer suflisaniment par la pro- Nigation de lumière subjective violette qui se répand sur tout champ risoel, sous l'effet de la santonine.
EnGn, il faut encore noter que Tœil ne peut reconnaître les couleurs que lorsqu'elles recouvrent un champ d'une certaine étendue, et quelles lui envoient une certaine quantité de lumière. Plus le champ coloré est ïoisin des limites du champ visuel et de la rétine, plus il doit êtie étendu pour qu'on puisse encore en reconnaître la coulew. Si le champ coloré est trop petit, il paraît gris ou noir sur un fond clair, gris ou Uanc sur un fond obscur. Cependant, on peut encore reconnaître la couleur de champs infiniment petits, lorsqu'ils émettent une quantité finie de lumière, comme par exemple les étoiles fixes dont nous distinguons les couleurs. D'après les expériences d'Aubert (1), un carré bleu d'un millimètre de côté sur fond blanc paraissait noir à 10 pieds de distance; la même chose avait lieu pour un carré rouge, à 20 pieds le distance ; un carré jaune ou vert, se confondait déjà complètement ivec le fond blanc, à 12 pieds de distance. Sur fond noir, au contraire, le millimètre carré jaune ou vert'paraissait comme un point gris à une listance de 16 pieds, et le rouge, à la distance de 12 pieds; le bleu x>nservait sa couleur, tant qu'il restait visible sur ce fond.
D'après le même observateur, on cesse d'apercevoir la couleur des carrés colorés, à une distance moyenne de 200"", quand leur posiion forme avec la ligne visuelle les angles qui sont indiqués dans ce ^leau :