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U. DISQUES ROTATIFS. (541) M

oqaement ; alors toute la surface parait d'un gris moitié moins intense e le blanc Ce gris est rigoureusement le même que celui qui se Mlult dans la rotation du disque de la figure 137. Naturellement il it mettre sur le disque le même blanc et le même noir qui ont servi onner les bandes parallèles, il faut éclairer également les deux sur- «8, et regarder aussi le disque à travers le prisme biréfringent, mais manière que les deux images ne se séparent pas : cette précaution a UT efiet de soumettre la lumière du disque aux mêmes pertes que Ile des bandes, par réflexion et par absorption dans le prisme. Plateau a démontré la même loi de la manière suivante. Il plaçait i disque rotatif à secteurs blancs et noirs, et un autre disque entièreent blanc, à des distances différentes d'une lumière, jusqu'à ce qu'ils trussent également clairs. Soient n le nombre des secteurs blancs, w la rgeur de chacun en degrés; la largeur totale des secteurs est nw. Si s blanc, à la distance 1 de la source lumineuse, présente l'intensité H^ ;qae nous supposons la lumière qu'il émet, également répartie sur tout > disque, l'intensité est affaiblie dans le rapport de la surface du disque

Qtier à celle des secteurs blancs : elle est donc «-7^ H.

Si le disque rotatif, situé à une distance r de la source lumineuse, préente la même intensité qu'un disque entièrement blanc» à la distance t,(ma

nw H H

r' nw

ou

^ résultats de Plateau s'accordent d'une manière satisfaisante avec ^loi.

J'ai encore employé le procédé suivant. — Si l'on a un disque couvert 'secteurs étroits noirs et blancs, on peut obtenir une distribution senblement égale de la lumière des secteurs blancs sur tout le disque en terposant entre le disque et l'œil une lentille convexe qui empêche de le ir nettement. Si la pupille se trouve au foyer postérieur de la lentille, manière que l'image que la lentille forme du disque vienne se placer [is le plan de la pupille et présente des dimensions plus grandes que te ouverture, la lumière des secteurs clairs parait également répandue ' tout le champ visuel ; mais si l'on rapproche la lentille du disque, il distingue plus ou moins nettement les secteurs noirs et blancs tant ele disque reste en repos. Or, si l'on fait tourner le disque, l'intensité ite la même quand on fait varier la distance de la lentille au disque, A il résulte que l'œil est affecté par la lumière intermittente avec la ime intenâté que par une égale quantité de lumière continue. Bécemment, A. Fick a répété les expériences de Plateau, et il croit

libo imwtm: partie. — des sEiNSAîioNs visuelles. § Kt,

avoir trouvé des résultats un i>eu différents de la loi diaprés laquelle la sensation produite par un disque rotatif est la même que si la lumière de chaque point était uniformément distribuée sur le cercle parcouro par ce point.

Pour la lumière colorée, l'exactitude de notre loi trouve sa vérification dans les expériences de Dovc sur les phénomènes produits par la rotation des appareils de polarisation. — Si Ton interpose, entre deux prismes de Nicol, des lames de cristaux biréfringents, on sait que, dans beaucoup de cas, pour certaines positions des piîsmes, il se produit des couleurs qui sont en partie répandues uniformément sur tout le champ visuel, et qui forment, en partie, des figures colorées. On peut démontrer théoriquement, dans l'étude delà polarisation de la lumière, que à l'on fait tourner l'un des niçois d'xm angle droit, chaque point de la figure prend la couleur complémentaire de celle qu'il possédait d'abord. Or l'expérience montre que Fœil reçoit de la lumière blanche quand on iiût tourner rapidement l'un des prismes de Nicol. Si l'on interpose un verre coloré, on obtient, dans deux positions du prisme qui diffèrent entre elles de 90", des couleurs qui, réunies, doivent reproduire celle du verre de couleur, et c'est effectivement ce que* l'expérience confirme, quand on fait tourner rapidement ce prisme.

Du reste, la validité de notre loi est également confirmée pour la lumière colorée intermittente, par la concordance des résultats du mélange des couleurs sur le disque rotatif avec ceux obtenus par la réunion des lumières colorées, concordance que nous avons signalée au § 20, au sujet delà théorie du mélange des couleurs. Si l'on veut voir tout le disque recouvert égaleuient pai- la couleur résultante, on le

divise en secteui'S auxquels on donne des couleurs différentes qui doivent être bien uniformes sur toute la surface de chaque secteur. Alors la rotation fait apparaître la couleur résultante sur toute la surlace du disque, et, d'après la loi énoncée plus haut, l'intensité de cette couleur résultante est toujours la moyenne des intensités des couleurs composantes* Comme, pour un même éclairage, toutes les cou- Pjg 1 3g leurs paraissent plus sombres que le blanc,

car elles ne réfléchissent que certaines parties de la lumière blanche, la couleur résultante est toujours moins intense que le blanc et paraît grise quand elle est peu saturée.

K. ÉCLAIRAGE INTERMllTENT. {54S) /i51

Si, sur un disque, on dispose une étoile colorée qui se détache sur un nd d'une autre couleur (fig. 138), pendant la rotation rapide du disle, le centre affecte la couleur de Tétoile, le pourtour prend celle du Dd, et les parties intermédiaires du disque présentent la série continue is couleurs résultantes des deux couleurs employées. En général, on mt, sur les disques rotatifs, faire varier l'intensité ou le mélange des deurs suivant la loi qu'on veut, en choisissant convenablement les lurbes qui limitent les secteurs, procédé dont nous avons déjà fait lage (fig. 13i, p. A31), pour produire une distribution déterminée i la pénombre.

Sur les disques rotatifs, les points isolés nous ont tracé des cercles : est clair que la même continuité de sensation se produit quand un »nt éclairé se meut sur toute autre courbe fermée. — Si Ton enduit de nileor noire une corde métallique tendue, à l'exception d'un seul point, si l'on fait vibrer la corde en l'éclairant convenablement, le point is à nu apparaît sous forme d'une ligne lumineuse continue, souvent ès-ânueuse. Si le point décrit une trajectoire qui ne revient pas exacment sur elle-même, mais que, pour chaquç oscillation, le chemin tère très-peu de celui de l'oscillation précédente, l'œil aperçoit une ^ lumineuse qui se déforme et se déplace d'une manière continue. e même que, par ce procédé, on peut étudier la forme des vibrations ime corde, on a fait, en physique, un grand nombre d'autres appliidoDs utiles du même principe.

Si l'intensité lumineuse du point mobile est constante, mais que sa tesse varie sur sa trajectoire, la ligne lumineuse parait le plus bril- Dle aux points où la rapidité est la moindre. En effet, dans ces endroits, point lumineux s'arrête relativement plus longtemps ; il s'ensuit que icâon de sa lumière sur les points correspondants de la rétine dure 08 longtemps que dans les endroits où la rapidité est plus grande, est ainsi que, si l'on examine une corde vibrante, elle parait le plus lairée dans les points les plus éloignés de sa position d'équilibre et I sa vitesse s'annule pour un moment.

C'est ici le lieu de parler de certains effets particuliers de l'éclairage termittent, effets qui se produisent avec le plus de netteté pour les ioodles r^ulièrement répétées des appareils d'induction électro-malétiqaes, soit à contact tournant, soit à ressort vibrant (appareil de erf). Chaque étincelle de ces appareils dure un temps inappréciable, li paraît infiniment petit pai- rapport à la durée du mouvement matéd le plus rapide, et cependant la lumière de ces étincelles e^t assez

m (.US) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § «.

intense pour produire, dans ce temps si court, une impresâon ap(Hréciable sur la rétine. Éclairés par une seule étincelle électriqae, tous les corps en mouvement semblent immobiles. L'œil ne peut naturdlement se les représenter que tels qu'ils étaient au moment de l'éclairage : il ne sait rien de leur situation avant et après ce moment Si donc la durée de l'éclairage est assez courte pour qu'il ne puisse pas, dans cet intervalle, se produire un déplacement sensible du corps mobile, ses contours apparaissent aussi nettement dessinés que s'il était en repos absolu. Ainsi, quand une série d'étincelles électriques se succèdent à des intervalles très-courts, par cet éclairage, les corps immobiles conservent le même aspect que pour un éclairage continu, tandis que les corps mobiles paraissent multiples. En effet, les étincelles successives font voir le corps dans les positions qui correspondent aux différentes décharges , et comme toutes ces impressions durent un instant, elles existent simultanément et font voii* le corps mobile comme s'il était multiple. Plus la vitesse du corps examiné est grande, plus ses images sont éloignées les unes des autres, parce cpie le chemin parcouru pendant chaque interruption de lumière est plus considérable.

On voit de même des images multiples quand ce n'est plus l'objet mais l'œil qui se déplace. — Qu'il se trouve, dans le champ visuel, un point constamment lumineux : lorsque nous déplaçons notre œil, l'image du point lumineux se déplace sur la rétine ; pendant ce mouvement, cette iniage occupe successivement tous les points d'une ligne qui réunit sa première et sa dernière position ; tous ces points étant impressionnés, il doit se produire sur la rétine la sensation que produirait une ligne lumineuse dans un œil en repos. Ordinairement nous ne remarquons pas cette sensation, par cela même qu'elle accompagne nécessairement tout mouvement fait par l'œil en présence d'objets lummeux ; mais nous la remarquons lorsque la continuité de cette ligne est interrompue d'une manière insolite par l'intermittence de la lumière employée. Si nous prenons pour objet lumineux la partie de l'appareil d'induction où passent les étincelles, le point paraît multiple dès que l'œil se meut. Dessinons, en effet, sur la rétine, la ligne qu'y décrit l'image de l'endroit en question, certains points de cette ligne sont seuls excités par les étincelles intermittentes et nous projetons en conséquence des images de ces points dans le champ visuel.

Un corps, examiné à la lumière hitermittente, qui décrit périodiquement la même trajectoire et qui, n chaque éclair, se retrouve exactement à la même place, paraît unique et immobile. C'est ainsi que dans l'appareil d'induction le contact tournant ou le ressort vibrantf observés à la lumière de leurs propres étincelles, paraissent en repo^

§ ». MESURE DE LA DURÉE DE I/IMPRESSION. (544) tiBZ

La même chose arrive pour un objet quelconque, de forme périodiquemmi variable, quand il est éclairé par la lumière intermittente et que l'éclairage correspond toujours à la même phase de déformation, par exemple lorsqu'un filet d'eau qui tombe en gouttes est éclairé de maniëre qu'à chaque apparition de lumière, une nouvelle goutte se trouve exactement à la même place : l'observateur voit le filet décomposé en gouttes immobiles. Cet effet se produit soit que la période de l'éclairage soit exactement égale à celle de la formation des gouttes, soit qu'elle en soit multiple. Si ces deux périodes ne se correspondent pas exactement, et si la première, au lieu d'être multiple de la seconde, présente une durée un peu plus longue, il se produit un mouvement apparent et lent des gouttes, qui imite le mouvement réel, mais avec une vitesse bien moindre : alors les étincelles successives n'éclairent plus exactement les mêmes phases de la formation des gouttes, mais, i chaque fois, un état plus avancé de la modification. Si, au contraire, la pâiode de l'éclairage est un peu plus courte que celle de la formatioD des gouttes, ou qu'un multiple de cette période, on voit le phénomèoe se présenter à rebours; les gouttes paraissent se déplacer de bas ^ haut. Ces circonstances permettent de rendre visibles dans leurs périodes successives et d'analyser ces phénomènes, et d'autres du même genre, qui se succèdent trop vite pour que l'observateur puisse les reconnaître directement. Nous décrirons plus loin, avec les appareils, des phénomènes de ce genre, qii'on peut produire artificiellement.

Le moyen le plus facile de déterminer la durée de l'impression lumineuse consiste à employer des disques chromatiques auxquels on peut imprimer un mouvement de rotation variable et mesurable. — On ne peut déterminer avec certitude que la vitesse de rotation nécessaire pour donner au disque un aspect complètement uniforme, et l'on trouve qu'il faut rendre cette vitesse d'autant plus grande, que la lumière est plus intense. Les diverses couleurs semblent aussi présenter des différences. Plateau fit tourner, à la lumière ordinaire du jour, un disque qui portait douze secteurs blancs ou colorés et douze secteurs noirs, de même largeur. La durée du passage d'un secteur noir était donc la vingt-quatrième partie de la durée de rotation du disque. La durée du passage était, pour que le disque produisit un effet uniforme ;

Plateau. ëmsïann (1^

Pour le blanc. . . . 0,191 secondes. 0,25 secondes.

— lejauoe 0,199 — 0,27 —

— le rouge 0,232 — 0,24 —

— le bleu 0,295 — de 0,22 à 0,29

ll)Poy^ ilnn., XCl, 611.

!lbU (.Tiff) DEUXIÈME PARTIE. »- DES SENSATIONS VISUELLES. § 22.

On ne peut guère assigner une grande importance à la comparaison ainsi établie entre les différentes couleurs, puisqu'on n'avait pas le moyen de rendre égale leur intensité apparente, et que l'intensité exerce une très-grande influence sur la durée de l'effet persistant, comme il est facile de s'en assurer : si l'on fait tourner un disque chromatique, à quelques pieds de distance d'une lampe, avec une vitesse précisément suffisante pour produire un effet uniforme, pour peu qu'on rapproche la lampe, la surface tournante recommence à papilloter. A la lumière dii-ecte du soleil, il faut employer des vitesses de rotation encore plus considérables. Du reste, les nombres de Plateau me paraissent relativement bien grands; quant à moi, je trouve qu'à la lumière d'une très-forte lampe, pour un disque couvert de secteurs noirs et blancs d'égale largeur, le passage d'un secteur noir ne doit pas durer plus de */^^ de seconde, et qu'il ne doit pas dépasser '/to ^^ seconde pour l'éclairage si faible que donne la pleine lune, quand on veut qu'il ne reste aucun papillotage. — Du reste, Plateau a déjà remarqué que, si l'on change le rapport de largeur des secteurs blancs et noirs sans changer leur nombre, la vitesse nécessaire pour rendre l'impression uniforme reste la même. On peut s'en assurer facilement en employant un disque semblable à celui de la figure 139, où les secteurs noirs sont plus larges au centre, les blancs à la périphérie. Quand on augmente peu à peu la vitesse de rotation, le papillotage

disparaît à peu près simultanément sur toutes les parties du disque; dans les parties où les secteurs blancs sont plus lai'ges, l'impression produite esi plus forte, et diminue par conséquent plus vite dès que Texcitation cesse:

aussi la pause, c'est-à-dire la largeur des secteurs noirs, doit-eUe être inoindre qu'entre les secteurs blancs plus étroits. Il vaut donc mieux, dans les mensurations, s'occuper d'une période entière de variation, c'est-n-dire du temps c[ue mettent à passer un secteur blanc ei un secteur noir. Ainsi, dans mes expériences, ce temps a été de 7,, * seconde pour une forte lampe et de \/\ ^ de seconde pour une lumière faible. Lissajous, en observant le parcours d'un i)oint très-lumineux qui partageait les oscillations de diapasons, a trouvé y/j^ de seconde pour le temps nécessaire pour que la trajectoire parût continue, <?t l'intensité plus grande de l'éclairage dans cette expérience rendbieo compte de la longueur moindre du temps nécessaire.

Fio. \'M).

$ 22. MESURIi: DK I.A DUBÉK DE L'IMPRESSION. ^55

Ainai, pour qa'un disque tournant produise une impression tout à fait aniforme, il faut lui faire exécuter de vingt-quatre à trente révolutions par seconde. — On peut aussi atteindre ce but avec des vitesses moindres, en répétant régulièrement le dessin, sous des angles égaux. Par exemple, sur le disque de la figure 137 (p. ii8), le blanc et le noir des huit secteurs du cercle extérieur composent déjà un giis uoiforme pour six révolutions, tandis qu'il en faut douze pour les secteurs de la partie intermédiaire, et vingt-quatre pour ceux du cercle iDteme.

U est plus difficile de déterminer le temps pendant lequel TefTet oonsécuttf continue à s'affaiblir avant de disparaître complètement. Cette durée aussi dépend de l'intensité de la lumière, comme on le reconnaît par ce qui précède. L'effet consécutif du disque solaire peut itteindre une durée de quelques minutes^ Ainsi, bien que l'action fane lumière brillante présente d'abord la décroissance la plus rapide, die présente cependant, en somme, la durée la plus longue, de même qu'un corps cbiuid, dans un milieu froid,'perd d'aufint p!iis de degrés de chaleur, à t^mps égal, qu'il est phis chaud, mais demande aussi fautant 'plus longtemps pour perdre entièrement son excès de tempiratore. Plateau a fait aussi, sous ce rapport, avec ses disques chromatiques, des expériences qui donnaient le temps du passage d'un secteur noir, lorsque la couleur des secteurs clairs s'était répandue de manière* qtte le noir &i fût uniformément altéré. Il trouva :

Poar le blanc 0,35 de seconde.

— le jaune 0,35 ^

— le rouge 0,34 —

— le bleu 0,32 —

Dans les changements de couleurs que subit, sur un fond noir, rimage accidentelle d'une lumière blanche avant de disparaître, on remarque encore une durée différente de l'effet consécutif pour les diSSrentes couleurs. Mais comme ces variations se rattachent, pour beiocoup de points, aux phénomènes qui seront décrits dans le paragraphe saivant, nous renvoyons à plus loin leur étude détaillée.

E. BrQcke a fait remarquer récemment que quand des disques anabgnes à celui de la figure 187 (page 448) tournent avec une certaine 'apîdité, les anneaux intermédiaires paraissent plus clairs que les îunieaux intérieurs ou extérieurs. Ainsi, il existe une certaine rapidité 'dtemance entre le blanc et le noir, pour laquelle la somme des sensations lumineuses est plus grande, non-seulement que pour des alter-

nances moins rapides — pour lesquelles chaque couleur est perçue à son tour» indépendamment de l'autre — mais aussi que pour des altor* nances plus rapides» où le noir et le blanc se mélangent pour former un gris uniforme. Brûcke a trouvé que la sensation est la plus forte pour 17 7, impressions par seconde, et qu'il en faut à peu près deox fois autant pour voir un gris tout à fait uniforme.

En regardant un disque où les secteurs blancs étaient remplacés par des ouvertures recouvertes par une lame de verre rouge, le rouge devenait plus blanchâtre pour la vitesse de la plus forte sensation, ce qoe Brûcke croit pouvoir expliquer par un mélange de l'image accidentelle et complémentaire positive du rouge (voy. page 377 de l'édition allemande). Dans les mêmes conditions, le vert spectral devient plus jaune, le bleu spectral ne change pas.

Il s'agit évidemment ici d'une alternative compliquée entre l'état d'excitation et l'état de fatigue de la rétine. Toutes les fois que commence la sensation du blanc, l'excitation commence à augmenter, pendant un certain temps très-court, jusqu'à un maximmn, à partir duquel elle diminue progressivement, par suite de la fatigue qui augmente peu à peu. Je ferai remarquer que j'ai obtenu des images accidentelles de semblables disques papillotants noirs et blancs, avec ou sans interposition d'un verre rouge, et que l'état de fatigue définitif est exactein«it le même pour toutes les parties du disque ; dans Timage accidentelle je n'ai pas pu voir la moindre différence entre les anneaux papillotants et les autres, bien que Timage accidentelle fût assez nette pour me permettre d'y distinguer très-bien le bord du disque et le petit bouton formé par l'extrémité de l'axe.

Si nous admettons maintenant que le passage de chaque secteur noir ramène l'état de fatigue moyen, tel qu'il persiste dans Timage accidentelle, c'est chaque fois le premier moment d'apparition du blanc qui produit la sensation la plus énergique ; cette sensation estelle interrompue au moment où elle a atteint son niaxinmm, tous les secteurs de la même couronne produisent ce maximum de sensation, tandis que, pour des impressions moins nombreuses et d'une plus grande durée, le nombre de ces maximums est plus faible, et la durée plus grande des sensations, qui s'affaiblissent de plus en plus, ne peut pas en compenser le moins grand nombre. Je crois que ce serait donner une idée inexacte de Timpression faite sur mon œil par la couronne p^illotante, de dire que l'anneau tout entier présente une intensité plus grande, car il présente toujours des paities obscures; je dirais plutôt que le blanc, partout où il est visible, présente sur l'anneau papille tant une intensité et une pureté relativement plus grandes» et il m^

MESURE DE LA DURÉE DE L'IlfPRESSION. (51$) 457

le que c'est pour ce motif qu'il produit sur l'œil une impression vement plus forte : l'obscurité qui suit immédiatement la sensa- Time lumière brillante ne détruit pas cette sensation. Ton regarde le disque à travers un verre rouge, on voit apparaître [lettement sur les secteurs noirs, le vert-bleu complémentaire de nière propre de la rétine (voy. plus loin page 368) , tel qu'il perdans l'image accidentelle obtenue après avoir regardé longtemps ique. 11 est remarquable assurément que c'est sur les secteurs lotants, où le rouge présente le maximum d'intensité et de ;é, qu'on voit aussi, par contre, le vert-bleu complémentaire attirer us fortement l'attention ; de telle sorte que, notamment dans la 1 indirecte, ces couronnes paraissent franchement bleuâtres. Je encore m'écarter ici de la description de Brûcke, et dire qu'en y int mon attention, le rouge de la couronne papillotante, vu au midu vert-bleu, me paraît plus saturé et plus brillant que sur les s couronnes. C'est là un des cas où l'on voit deux couleurs difféis qui paraissent se superposer sans mélange, et je crois que le bleuattire plus vivement l'attention, quoique moins lumineux, parce diffère plus des couleurs environnantes. — Je conviens cependant U)ute cette théorie des phases colorées de la lumière chromatique înte encore un trop grand nombre de phénomènes compliqués et 16 s'expliquent pas, pour qu'on puisse admettre conune complète- ; établies les explications de faits particuliers.

s faits exposés dans ce paragraphe, il résulte que la lumière, en essionnant la rétine, laisse dans l'appareil nei*veux visuel une n primaire qui ne se transforme en sensation que dans les instants ints. La grandeur de la modification primaire produite par une ession lumineuse momentanée ne dépend que de la quantité de ère qui est tombée sur la partie considérée de la rétine ; elle est la même pour une lumière très-intense qui agit pendant un i3 très-court que pour une lumière faible qui agit pendant plus temps, à cette seule condition que la durée de Faction n'atteigne 7,0 de seconde. L'action primaire instantanée d'une lumière très- 196 ne produit donc pas une impression relativement plus faible celle d'une lumière modérée, au contraire de ce qui a lieu dans la itioD durable de lumières d'intensités différentes. n'y a pas ici de contradiction, comme on pourrait le croire, car 1 n'avons constaté le manque de proportionnalité qu'entre Tintenobjective de la lumière et la sensation à son état parfait, tandis nous ne nous occupons ici que de l'action primitive instantanée.

.'i58 {0-17} Dl-l XIÈMK l'ARTIK. DES SKNS.VTIONS VISI KU.KS. § î^

qui ne passera que plus tard à Tétat de sensation; or rien n'empècl^ d'admettre que la valeur de l'impression primaire instantanée de 1 masse nerveuse suive une autre loi que la sensation, cette actk^: secondaire. On se rendra peut-être mieux compte de ces circonstance^ en les comparant avec ce qui se passe dans l'aiguille aimantée àTtu multiplicateur galvanique, qui lest déviée par un courant intemnj/tent à interruptions suffisamment rapides. Dans ce cas aussi, la déviation ne dépend que de la quantité totale d'électricité qui traverse Je fil dans l'unité de temps, mais sans être proportionnelle à cette quantité; mais ici aussi il existe une action proportionnelle à la quantité d'électricité de chaque courant instantané : c'est la petite vitesse de déviation que chacun de ces courants imprime à l'aiguille, et qui doit ùtre compensée par l'effet de l'électricité terrestre dans l'inten'alle de deux courants successifs, si la déviation de l'aiguille doit être constante. L'aiguille paraît être en repos, et déviée d'une quantité constante quand les oscillations que les courants successifs provoquent dans sa position sont trop faibles pour être appréciables, et, de même, une himière intermittente donne une sensation continue quand les oscillations de l'intensité de cette sensation sont plus faibles que les plus petits degrés appréciables de la sensation.

Eli ce qui concerne la disposition des disques rotatifis, dont la première mention se trouve chez Miisschenbrock (l),la plus simple est celle que donnent les toupies.

— Je me sers ordinairement, pour la plupart des expériences, d'inie toupie tournée, de laiton, dont la figure 160 représente l'élévation à 1/3 de grandeur naturelle. On la met en monvemenl avec la main. On peut, de relie manière, la faire tourner facilement à tout moment sans préparatif aucun, et augmenter ou mo- Y^^,^ \r^ç^ dérer à volonté sa vitesse ; mais en

tout cas, le maximum de vitesse (|u'on peut lui imprimer avec les doigts n est (jue d'environ six tours à la seconde' et ce mouvement se œnserve pendant trois ou quatre minutes. Cette faible vitesse de rotation fait qu'on n(? peut obtenir une impression lumineuse tout à fait uniforme (pi'en divisant le disïpie en quatre ou six secteurs , sur chacun desquels on répiHe la même répartition de couleurs, de lumière et d'ombre. Si le nombre de répétitions du deSsiii est moindre, on obtient, du moins |)ar un fort éclairage, «o

1) Iniroiluetio, isj |X20.

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