‹ Optique physiologiqueChapitre 12 sur 57 · OPH TA LMO M É TRIE · texte numérisé non relu

OPH TA LMO M É TRIE

distance aA a, serait égale à bl b2 et à D, tandis que la distance ax bl = a, ft, = I (fig. 33,a).

Supposons maintenant que nous puissions faire varier le dédoublement. En l'augmentant, il arriverait un moment où «2 et bi coïncideraient (fig. 33,3), ce qui aurait lieu au moment où I = D. Si nous connaissions le degré de dédoublement employé, nous aurions ainsi mesuré I = ab, ce que nous nous proposions. Lorsque a et b se touchent, nous disons que nous avons obtenu le contact. Si Ton emploie comme objets des flammes éloignées de façon que a et b forment des points lumineux, on obtient des mesures plus exactes en donnant à l'un d'eux la forme de deux points situés sur une même verticale (fig. 33,4) ; au moment du contact, l'image de b vient se placer juste entre les deux points a.

Au lieu de faire varier le dédoublement, on peut faire varier I, ce qui revient à faire varier l'objet (déplacer l'une des flammes) jusqu'à ce qu'on ait obtenu le contact.

En général, il est utile d'employer un certain grossissement pour avoir de bonnes mesures, ce qui conduit à employer une lunette placée à quelque distance de l'œil ; les instruments à court foyer, ressemblant plus ou moins à des microscopes, ne sont pas pratiques, parce qu'il est impossible de les tenir au point, l'œil observé ne pouvant rester assez immobile.

Ainsi, nous n'aurions qu'à appliquer notre appareil de dédoublement sur notre lunette et à placer convenablement deux flammes ou deux surfaces blanches qui nous serviraient comme objets, et nous serions prêts à commencer nos mensurations.

28. Méthodes de dédoublement. — a) Une première méthode consiste à diviser le cône lumineux qui rencontre l'objectif en deux moitiés, l'une supérieure et l'autre inférieure, et à déplacer chaque moitié latéralement, l'une à droite, l'autre à gauche. On peut obtenir cet effet :

i° En plaçant devant la moitié supérieure (i) de l'objectif un prisme

Fis. 33

(1) Je suppose ici et d iS la suite que c'est le méridien horizontal qu'on mesure.

faible, l'arête à droite, et devant la moitié inférieure un autre, l'arête à gauche.

a0 Au lieu de prismes on peut employer des plaques planes et parallèles, placées obliquement niais d'une manière symétrique par rapport à l'axe de la lunette. De telles plaques placées obliquement (v. p. 10) ont pour effet de déplacer l'objet latéralement, chacune de son côté ; l'effet est donc le même que celui des prismes, et les plaques donnent de meilleures images. — C'est le système employé par v. Hêlmholtz, qui faisait varier le dédoublement en changeant l'inclinaison des plaques, et plus tard par MM. Leroy et Dubois, qui employaient un dédoublement constant en faisant varier l'objet.

3° On peut scier l'objectif en deux et déplacer la moitié supérieure un peu à gauche, la moitié inférieure un peu à droite (fig. 34). 11 est facile de voir que ce procédé doit produire un dédoublement de f l'image, puisque le centre optique de l'objectif est pour ainsi

'-r H dire divisé en deux moitiés, déplacées latéralement l'une par

\. J rapport à l'autre. Ce procédé donne de très bonnes images Fig. 14 et on perd moins de lumière, puisqu'on évite la réflexion sur les surfaces des prismes ou des plaques, mais l'instrument est très dilïicile à construire ; le déplacement des deux moitiés de l'objectif, l'une par rapport à l'autre, doit en effet être fait avec une exactitude qui s'exprime en centièmes de millimètre.

Tous ces moyens ne sont pas très pratiques, parce qu'ils exigent une mise au point très exacte de l'instrument pour trouver les méridiens de l'œil astigmate (v. ch. ix). — Si l'œil se déplace un peu pendant la mensuration, on peut trouver des directions fausses pour ces méridiens. v. Hêlmholtz remédiait à cet inconvénient en se plaçant très loin (à i ou 2 mètres) du malade, ce qui exige une chambre installée ad hoc et rend la mensuration assez difficile.

b) Une deuxième méthode consiste à diviser l'objectif en deux moitiés latérales, et à déplacer latéralement chaque moitié du cône lumineux incident. Une telle disposition peut être obtenue :

i° En plaçant devant l'objectif un biprisme à arête verticale ;

2° En plaçant devant chaque moitié de l'objectif une plaque à surfaces planes et parallèles, formant un angle avec l'axe de la lunette (fig. 35).

Ce sont les plaques de v . Hêlmholtz qu'on a placées l'une à côté de l'autre, au lieu de les placer l'une au-dessus de l'autre. ,,.

3° On peut obtenir le même effet en enlevant une bande verticale du milieu de l'objectif et en collant ensemble les parties restantes (fig. 36).

OriJTALMOMÉTRlE 4g

Les systèmes de cet ordre n'offrent aucune difficulté pour trouver les méridiens, mais ils ont un autre inconvénient : le contact dépend beaucoup de l'exactitude de la mise au point. Si, après avoir obtenu le contact, l'œil observé se déplace un peu, de façon que l'instrument ne soit plus exactement au point, le contact cesse. On peut ainsi obtenir des mesures d'astigmatisme tout à fait fausses, si l'œil observé se déplace entre les deux mensurations.

Cet inconvénient est en partie écarté dans le modèle de l'opbtalmomètre Javal et Schioelz que l'opticien Kagenaar d'Utrecht a fait construire. Il emploie une combinaison des méthodes b,i et 6,2, une combinaison de deux prismes très faibles formant un angle entre eux ; l'arête des prismes est en dedans.

c) Le mieux est pourtant d'employer des cristaux biréfringents. Coccius avait eu recours à une lame de spath ; Javal et Scliioetz ont employé un prisme de Wollaston. Ce prisme (fig. 3j) est composé de deux

prismes rectangulaires en quartz, lesquels sont collés ensemble de manière à former une seule plaque plan-parallèle très épaisse. Les * deux prismes sont taillés différemment dans le cristal ; l'un a l'arête parallèle à l'axe du cristal, ci l'autre y est perpendiculaire.

Fig. 3;. — Prisme de Wollaston. Chaque rayon qui traverse le

prisme est divisé en deux , et chacun de ces deux nouveaux rayons est dévié un peu, de façon qu'ils sont presque symétriques par rapport au rayon incident. ■ — Par tous les autres systèmes que j'ai mentionnés le cône incident est divisé en deux demi-cônes qui sont un peu déplacés l'un par rapport à l'autre ; le prisme de Wollaston produit au contraire deux cônes entiers de moitié d'intensité.

L'instrument de v. HelmJioltz doit être considéré comme un instrument de laboratoire. Des savants, comme Donders et Mauthner, l'avaient employé pour mesurer quelques malades, mais son emploi était si difficile que Mauthner s'est écrié : « L'ophtalmométrie doit être apprise comme l'ophtalmoscopie, seulement elle est bien plus difficile. » II exigeait en outre une chambre noire, et la mensuration complète d'une cornée ne demandait pas moins de 3a mesures. Ce n'est que par les travaux de Javal et Schioetz que l'ophtalmométrie est devenue une méthode clinique.

29. L'ophtalmomètre de Javal et Schioetz. — L'instrument (fig. 38) se compose d'une lunette qui porte un arc de cuivre mobile autour de l'axe de la lunette, et d'une têtière sur laquelle s'appuie la tête du malade ; lorsque la lunette est mise au point pour l'œil de l'observé, celui-ci se trouve au centre de l'arc. — Le long de l'arc glissent deux mires blanches, c'est la distance qui les sépare qui sert comme objet ;

Fig. 38. — L'ophtalmomùtre de Javal et Scliioctz.

en promenant l'une des mires sur l'arc, on fait varier la grandeur de l'objet jusqu'à ce qu'il corresponde au dédoublement du prisme, qui est constant. — La lunette possède deux objectifs achromatiques entre lesquels se trouve le prisme de Wollaston, placé de manière à dédoubler dans une direction rigoureusement parallèle au plan de l'arc. Elle est en outre munie d'un oculaire de Ramsden avec un fil de réticule. Chaque observateur doit commencer par mettre l'oculaire au point pour le réticule ; ensuite on met l'instrument au point pour l'œil observé, en le déplaçant en avant ou en arrière. On voit alors les images des deux mires dédoublées (fig. 39), et en déplaçant la mire de droite on obtient le contact. Ceci fait, on peut lire la distance en degrés de chaque mire à l'axe de la lunette sur la division de l'arc, et la somme des deux chiffres indique la réfraction cornéenne. J'ai supposé la cornée en question sphérique, autrement il faudrait commencer par rechercher les

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