Analyse des phénomènes entoptiques
a). Observation de leur parallaxe (Listing). — En fixant différents points du champ entoptique, on remarque que les phénomènes entoptiques se déplacent dans le champ. Si le corpuscule qui donne lieu à l'ombre se trouve derrière le plan pupillaire, l'ombre se meut dans la
Fig. 102, — Parallaxe des phénomènes entoptiques.
même direction que la ligne visuelle (fig. 102, a, b) ; en prenant la position b, la ligne visuelle est dirigée en haut; l'ombre est descendue près du bord intérieur du champ, mais semble montée (par la projection en dehors). Il est facile de voir qu'on a la parallaxe contraire si l'objet se trouve en avant du plan pupillaire, et qu elle est nulle si l'objet se trouve dans ce plan. Gomme le mouvement est d'autant plus grand que l'objet est plus éloigné du plan pupillaire, on peut de cette manière se faire une idée approximative de la position du corpuscule.
b). Mensuration de la distance du corpuscule a la rétine (Brewster, Donders et Doncan). — Pour mesurer cette distance, Brewster a proposé d'employer deux points lumineux. On voit alors deux cercles de diffusion qui se couvrent en partie, et chaque corpuscule produit deux ombres. On mesure la distance entre les deux ombres du même objet et le diamètre de la partie libre d'un des cercles DE (fig. io3) ; le rapport entre ces deux mesures est égal au rapport entre la distance de l'objet à la rétine et celle de la pupille à la rétine.
Soient, en effet, A et B (fig. io3) les deux points lumineux qui doivent
i4i LEÇONS D'OPTIQUE PHYSIOLOGIQUE
se trouver dans le plan focal antérieur de l'œil, d le milieu de la pupille, o l'objet, p etpt les ombres et c et r, les centres des cercles de diffusion.
Fig. io3. — Détermination de la position d'un objet entoptique. D'après Brewster.
Puisque les points se trouvent dans le plan local, de est parallèle à op et dc\ à opv donc : — ~, et la figure io,5 b montre que
ec\= DE = R + a,
si R est le rayon du cercle de diffusion. — On peut faire les mensurations en employant comme source lumineuse une feuille de papier blanc fortement éclairé. On regarde à travers deux trous sténopéiques vers cette feuille, et on marque les endroits où l'on projette les ombres, ainsi que les bords des cercles (Donders). Doncan faisait les mesures à double vue en comparant les phénomènes entoptiques avec une échelle vue de l'autre œil.
c). Examen de la réfraction de l'objet. — Jusqu'à présent, nous avons traité les phénomènes entoptiques comme des ombres et les objets qui les produisent comme des corps opaques. Le plus souvent, ce n'est pas le cas, ils sont plus ou moins transparents ; mais leur réfraction est différente de celle des parties environnantes, soit que leur surface ait une autre courbure, soit que leur indice soit différent.
Il est facile de voir (fig. i o4) que les objets plus réfringents doivent concentrer la lumière de façon que l'image entoptique devienne lumineuse et s'entoure d'un bord sombre ; c'est le cas des images des gouttelettes