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PHÉNOMÈNES E NT OP TIQUES

cornéennes. — Au contraire, si l'objet est moins réfringent que les parties environnantes, l'image est sombre, avec un bord plus lumineux. La différence est surtout marquée pour la figure étoilée du cristallin qui, chez quelques-uns, paraît sombre, chez d'autres lumineuse, indiquant ainsi que la réfraction des parties correspondantes est tantôt plus forte, tantôt plus faible que celle des parties environnantes. — Si l'on fait l'expérience en se plaçant à grande distance, en rendant l'œil fortement myope, on doit avoir les phénomènes inverses.

Fig. 104. — La goutte sur la cornée fait converger les rayons qui la traversent, de manière à voir un centre lumineux, entouré d'une ombre.

Dans l'expérience que nous venons de citer (fig. io4), le bord sombre est dû à ce qu'une partie des rayons qui devraient l'éclairer sont amenés à converger vers le milieu de l'image entoptique, par l'interposition du corpuscule. Ce bord est toujours diffus et souvent peu prononcé ; il ne doit pas être confondu avec l'anneau de diffraction qui entoure les images et longe le bord de la pupille lorsque le point lumineux est très petit. Cet anneau, qui quelquefois peut être double ou triple, est toujours très mince et très net.

81. Observation entoptique des vaisseaux de la rétine (Purkinje). — a). En promenant, dans une chambre obscure, une bougie à quelque distance de l'œil, pendant qu'on regarde droit devant soi, on voit les vaisseaux rétiniens fortement agrandis se projeter sur le fond de la chambre. Ils paraissent sombres (d'un bleu foncé), sur un fond un peu plus lumineux (orangé). — Si l'on rapproche ou éloigne la chandelle de la ligne visuelle, les vaisseaux semblent se déplacer dans la même direction ; si, au contraire, on promène la bougie autour de la ligne visuelle, les vaisseaux semblent se mouvoir dans la direction opposée à celle de la bougie. La fovea apparaît sans vaisseaux : dans mon œil, elle offre un certain aspect étoilé ; chez d'autres (Burow), elle paraît comme un disque éclairé, limité par une ombre en croissant.

L'explication de ces phénomènes a été donnée par Henri Millier. Par la réfraction il se forme en a (fig. io5) une image rétinienne de la bougie ;

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la partie ainsi éclairée de la rétine renvoie de la lumière diffuse dans toutes les directions. Le vaisseau v intercepte les rayons av , de manière à former l'ombre b sur la couche sensible de la rétine ; c'est cette ombre qu'on voit (la rétine est représentée trop épaisse sur la figure, en réalité l'ombre se trouve très près du vaisseau). Eclairé directement, le vaisseau forme aussi une ombre sur la partie sensible, située derrière lui ; mais cette ombre n'est pas aperçue habituellement, parce qu'elle se forme toujours au même endroit (et qu'ainsi la couche sensible y est habituée), ou peut-être parce que la partie de la rétine qui se trouve derrière lé vaisseau, étant toujours couverte, ne se fatigue jamais et reste par conséquent bien plus sensible, de sorte que le peu de lumière qui traverse le vaisseau, produit une impression aussi forte sur cette partie que la pleine lumière sur le reste de la rétine.

Fig. io5. — Observation entoptiquc des vaisseaux. D'après Henri Millier.

11 semble que les vaisseaux forment dans les circonstances ordinaires des scotomes négatifs, comme la tache de Mariotte, quoiqu'il soit difficile de les observer, excepté près de la papille, à cause de l'instabilité de la fixation (v. chap. xvm).

b). On concentre avec une lentille convexe la lumière d'une flamme sur la sclérotique, aussi loin que possible du bord de la cornée. En promenant un peu le foyer sur la sclérotique, on voit les vaisseaux sombres sur un fond orangé. Les vaisseaux se meuvent dans le même sens que le foyer lumineux.

L'explication est analogue à celle du cas précédent. La lumière de l'image de la flamme, formée sur la sclérotique, ti^averse cette membrane et la choroïde, et se disperse dans l'intérieur de l'œil, où elle forme des ombres vasculaires à des endroits insolites. — Henri Millier mesura la distance ab (fig. 106), séparant deux positions successives du foyer lumineux, et le déplacement a,3 de l'ombre d'un vaisseau correspondant à ce déplacement de la lumière. Avec ces données, il calcula que le vaisseau devrait se trouver de omm,i7 à om,",33 en avant de la couche sensible. Cette expérience semble prouver que c'est la couche

PHÉNOMÈNES ENTOPTIQ U ES ^5

des cônes et des bâtonnets qui est la couche sensible, car la distance des petits vaisseaux voisins de la macula à la couche des cônes est à peu près la même (omm,-a à omm,3).

c). En regardant le ciel à travers un trou sténopéique, on voit très nettement dessinés le fond granulé et les fins vaisseaux qui entourent la macula ; mais il faut tenir le trou sténopéique en mouvement perpétuel, autrement le phénomène disparaît. Si on regarde le ciel sans trou sténopéique, l'ombre du vaisseau est trop courte pour atteindre la couche sensible. Le même phénomène s'observe souvent en faisant de la microscopie : lorsqu'on éclaire le champ avec la lumière du jour, on voit les vaisseaux en mettant l'œil à l'oculaire et en lui imprimant un mouvement de va-et-vient. Les mouches du corps vitré se voient également F%- to6; — Observation

, . . - „ entoptique des vaisseaux

très bien de cette iaçon. par éclairage de la sclé-

On^voit quelquefois, en faisant cette expérience »otiq«e. ainsi que la précédente, les vaisseaux devenir lumineux ; cela tient à ce que les parties de la couche sensible sur lesquelles l'ombre tombe, dans les circonstances ordinaires, sont maintenant exposées à la lumière, qui agit bien plus fortement sur ces endroits que sur le reste.

82. Autres phénomènes entoptiques. — a). En regardant vers le ciel, on voit très souvent des points clairs qui paraissent se mouvoir vivement, pour disparaître ensuite, cédant la place à d'autres (Purkinje). Le phénomène est souvent plus prononcé si l'on regarde à travers un verre de cobalt. On explique ce phénomène parla pression qu'exerce sur la couche sensible un globule de sang qui se trouve arrêté dans un capillaire très étroit.

b) . En comprimant l'œil pendant un certain temps, on peut voir les vaisseaux rétiniens et même apercevoir les globules du sang agrandis environ 5o fois. Les vaisseaux rétiniens apparaissent bleuâtres ; mais, avant de les apercevoir, on voit ceux de la membrane choriocapillaire, rouges sur fond noir (Vie/'ordt, Laiblin). Il semble que cette expérience, que Young a déjà exécutée, ne réussisse pas à tout le monde.

c) . Une pression localisée sur une petite partie de la sclérotique donne lieu à un phosphène qui, comme toute autre impression rétinienne, est projeté dans la direction opposée. En faisant l'expérience dans l'obscurité, on remarque que le phosphène a la forme d'un disque faiblement lumineux, entouré d'un bord brillant, correspondant à l'inflexion de la

rétine. Avec ses yeux très saillants, Young arrivait à produire un phosphène correspondant à la macula : les objets extérieurs qui se trouvaient à la place du phosphène étaient encore visibles, mais présentaient des déformations très prononcées. — Si Ton exerce sur l'œil une pression assez forte et uniforme, tout le champ visuel s'obscurcit, par suite de l'anémie de la rétine.

d) . En faisant, dans une chambre obscure, des mouvements rapides avec les yeux, on observe deux cercles lumineux correspondant aux lieux d'entrée des nerfs optiques et dus à la traction exercée par ces nerfs pendant le mouvement.

e) . En faisant un effort d'accommodation dans une chambre obscure, on voit quelquefois un très grand cercle lumineux, qu'on attribue à la traction que le muscle ciliaire exerce sur les membranes intérieures de l'œil pendant l'aerommodation (phosphène d'accommodation de Czermak). Je ne réussis pas cette expérience.

/). Un courant électrique faible fait voir, au moment de la fermeture, la papille sombre sur fond bleu, si le courant est montant ; bleu blanchâtre sur fond orangé sombre, si le courant est descendant : en ouvrant le courant, on a les phénomènes inverses. Si le courant est fort, on voit toutes les couleurs du spectre mélangées.

g). En regardant vers le ciel, à travers un prisme de Nicol, on voit les houppes de Haidinger, une croix peu distincte dont l'un des bras est jaune, l'autre bleu; le phénomène tourne avec le nicol. Certaines personnes peuvent voir le phénomène, mais moins prononcé, sans nicol.

Bibliographie. — Œuvres de Young, éd. Tscherning, p. 71, 140 <-l i(>8. — Purkinje (J.-E.). Beitraege sur Kentniss des Seliens, 1819, p. 89, et neue Bcitraege, i8a5, p. u5, — Listing (J.). Bcitrag zur physiologischen Optik. Gœttingen, 1845. — Doncan (A.). De corporis vitrei structura. Utrecht, i854. — Brewster (D.). Transactions of the Royal Soc. of Edinb., XV, 3r;. — Mùller (Heinrich). Verli. der ined. physik. Gesellsc/iaft zu Wiïrzburg. IV, V. — Haidinger. Ueber das directe Erkcnnen des polarisirten Lic/its und der Lage der Polarisationsebenc. Poggcnd. Ann. 184',. — Darier (A.). De la possibilité de voir son propre cristallin Ann. d'oc. I. CXIV, p. 198, 1895.

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