‹ Optique physiologiqueChapitre 32 sur 57 · AMPLITUDE DE L ACCOMMODATION · texte numérisé non relu

AMPLITUDE DE L ACCOMMODATION

Bord temporal.

Centre.

Bord nasal.

Mme T .......... .

Tscherning (Homatropine) . .

20 Pendant l'accommodation, la surface antérieure du cristallin augmente de courbure au milieu, tandis qu'elle s'aplatit vers la périphérie.

(1) L'accommodation était affaiblie par l'influence de l'homatropine.

V ACCOMMODATION j6i

Je place l'arc de l'ophtalmophakomètre horizontalement, et j'y fixe trois lampes à incandescence, de façon qu'elles se trouvent sur la même horizontale et juste assez éloignées l'une de l'autre pour que les images formées par la cristalloïde antérieure soient visibles toutes les trois dans la pupille. Je dirige le regard de l'observé de manière à ce que les trois images soient situées près du bord supérieur. En état de repos, elles

eu h 4

Fig. 114. — Images de réflexion, sur la cristalloïde antérieure de mon œil droit, de trois lampes placées sur une ligne horizontale, a en état de repos ; è,i2è3, en différents états d'accommodation. Accommodation maxima 3 D. cocaïne.

sont rangées en ligne droite (fig. 1 i4 a) ou suivant une courbe légèrement concave vers le centre (fig. 1 1 5 A) ; pendant l'accommodation, elles forment une courbe convexe vers le milieu (fig. 1 1 4 ^3, 1 1 5 B), et dont la

courbure est d'autant plus prononcée que l'accommodation est plus forte.

Il est facile de voir que ce phénomène indique une courbure plus forte au milieu que vers la périphérie : en effet, imaginons un instant qu'on ait ajouté trois autres lampes, qui formeraient leurs images près du bord

Fig. n5. — Images de réflexion de l'œil droit de Mme T. — A, en état de repos ; B, pendant l'accommodation (d'après un dessin du professeur Koster). — a, images cornéennes ; b, images de la cristalloïde antérieure. Accommodation de (i D.

inférieur de la pupille, et considérons comme objets les distances entre deux lampes situées sur la même verticale. On aurait ainsi trois objets égaux, dont les images seraient de la même grandeur en état de repos [aa fig. 1 16), ce qui indique que la courbure est la même partout; mais, pendant l'accommodation, l'image (b fig. 11 6) du milieu est considérablement plus petite que les deux autres bl 6,, ce qui indique que la courbure est plus forte à cet endroit.

i6i LEÇONS D'OPTIQUE PHYSIOLOGIQUE

On observe un phénomène analogue sur la cornée, dans les cas de kératocône. Le kératoscope de Wecker et Masselon est formé par un carré blanc sur fond noir. En examinant un cas de kératocône avec cet

Repos Accommodation

Fig. 116.

instrument, en faisant diriger le regard de façon que le sommet du kératocône coïncide avec l'axe de l'instrument, on voit les côtés de l'image du carré affecter la forme de courbes tournant leur convexité vers le milieu (fig. 1 17).

On pourrait croire, d'après ces phénomènes, que la courbure des parties périphériques augmente pendant l'accommodation, mais moins que celle de la partie 'centrale. Il n'en est rien : les parties périphériques

Fig. 117. — -Déformation de l'image eornéenne d'un carré blanc dans un cas de kératocône.

(D'après Masselon.)

subissent un véritable aplatissement, lequel donne pourtant lieu à une augmentation de réfraction. Pour comprendre ce fait, qui pourrait paraître paradoxal, il faut se rappeler ce que j'ai dit page i3 sur la réfraction par des surfaces du second degré. En dehors de l'axe, c'est la normale et non le rayon de courbure qui, pour la réfraction (et aussi pour la réflexion), joue le rôle du rayon de la sphère, en supposant que le point lumineux (ou, dans le cas de réflexion, l'œil observateur) se trouve sur l'axe.

VA CCOMMODA TIO V

Dans la figure 118, BDE représente une courbe du second degré, AF son axe, BH le rayon de courbure au point B, BG la normale en ce point, et la courbe pointillée un cercle tracé avec BG comme rayon. Le rayon lumineux AB est réfracté suivant BF, absolument comme si Ton avait remplacé la surface parle cercle BE.

Les mensurations que nous avons faites avec loptomètre de Ypung nous permettent de calculer approximativement la forme de la surface, et le calcul expliquera en même temps ce que je viens de dire. Admettons que toute l'accommodation se fait par la surface antérieure et prenons l'expérience de Demielieri comme exemple ; il avait, au milieu, une accommodation de 7,5 D., à 2mm,5 de l'axe une accommodation de 3,7 D. Admettons 10 millimètres pour le rayon de la surface antérieure à l'état de

Figi 118. — Réfraction par une surface parabolique.

repos et 1,06 pour l'indice du cristallin par rapport à l'humeur aqueuse.

Nous exprimons la réfraction de la surface par l'inverse de la distance

focale antérieure 4r == " D - = °'° = 6 D. Pendant l'accommodation, b R o,oiom

la réfraction centrale augmentait de 7,0 D. ; la réfraction de la surface serait donc à cet endroit 1 3,5 D. D'où l'on obtient le rayon p0 par la formule = = 1 3, 5 D., laquelle donne p0 = 4,44- A a""", 5 de l'axe,

Po ' po

l'accommodation était de 3,7 D., la réfraction de la surface en état d'accommodation 6 D. -f 3,7 D. = 9,7 D., et la normale N, à cet endroit, se trouverait par la formule " ^ 1 = 9,7 = ~- , laquelle donne N = 6""", 1 .

On peut alors trouver le rayon de courbure p, à cet endroit, par la formule

p = — r , qui est valable pour toutes les surfaces du second degré. Elit' donne p = 12 millimètres. On voit que la surface s'aplatit déjà à cet endroit pendant l'accommodation, et elle s'aplatit évidemment encore davantage plus loin, vers la périphérie. Si une petite partie de l'accommodation se fait par la surface postérieure, comme il est probable, l'aplatissement de la surface antérieure vers la périphérie doit être encore plus

fort, car il est probable que la part de l'accommodation qui se fait par la surface postérieure diminue relativement bien moins vite vers la périphérie. En admettant que la part de la surface postérieure soit de i D., aussi bien au centre que près du bord de la pupille , on aurait pour la surlace antérieure p0 = 4mm,8, p = i4""n,2. La surface aurait la forme d'un hyperboloïde assez aplati (fig. 119), dont le sommet correspondrait à peu près à Taxe optique de l'œil et se trouverait un peu en dehors de la ligne visuelle. Il est curieux de remarquer que, parmi toutes les surfaces de second degré ayant p0 = 4""", 8, c'est cet hyperboloïde qui se rapproche le plus de la forme de la surface au repos. L'accommodation se fait donc par une déformation minima.

3° Vers la fin de l'accommodation, le cristallin subit un petit déplacement en bas.

En plaçant le curseur A de l' ophtalmophakomètre au-dessus de la lunette et en recommandant à l'observé de regarder vers celle-ci, on observe, quand il fait un effort d'accommodation, les phénomènes suivants (fig. 120).

I. L'image de la cristalloïde antérieure descend vivement vers l'image cornéenne et finit

Fig. 119. — Déformation des surfaces cristallinieimes pendant l'accommodation. Les courbes pleines indiquent la forme en état de repos, les courbes pointillées la forme accommodative (accommodation de 7 D.).

par se cacher derrière celle-ci. C'est ce déplacement qui a été décrit par Cramer. Vers la fin de cette phase commence la contraction pupillaire.

II. Ce mouvement fini, la petite image de la cristalloïde postérieure descend à son tour par un mouvement lent et saccadé. Son déplacement est bien plus petit que celui de la grande image ; et, tandis que celle-ci se meut suivant une droite, la petite image se déplace suivant une courbe tournant sa concavité vers le milieu. La contraction pupillaire atteint son maximum pendant cette phase.

III. Lorsque l'observé relâche son accommodation, la petite image remonte pour reprendre sa place ancienne avec un mouvement vif, comme mue par un ressort.

IV. Ce mouvement fini, la grande image remonte à son tour ; son mouvement est plutôt lent et comme hésitant.

Les phénomènes accommodatifs semblent donc s'acccomplir en deux

L'ACCOMMODA TION

temps. Le grand déplacement de l'image delà surface antérieure correspond à l'augmentation de convexité de cette surface. Quelle est la signi-

Page 1