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CHAPITRE XIV

94. — Outre la position et la force des surfaces réfringentes, pour bien comprendre le fonctionnement d'un appareil dioptrique, il est nécessaire de connaître la grandeur et la position de son diaphragme. J'ai déjà fait ressortir la différence entre la grandeur et la position de la pupille apparente et de la pupille réelle, et j'ai fait remarquer que la pupille est le plus souvent déplacée un peu du côté temporal. Sa grandeur varie chez les différentes personnes ; en général, elle diminue avec l'âge, et finit par être assez petite chez les vieillards. Le plus souvent, elle est plus grande chez les myopes que chez les hypermétropes, au moins en apparence, car les myopes ont souvent la chambre antérieure plus profonde, ce qui fait paraître la pupille plus grande. Dans les cas d'amaurose complète, la pupille est immobile et très large, excepté lorsque l'amaurose a une origine spinale, cas dans lequel la pupille est souvent fortement contractée.

La pupille se contracte et se dilate sous beaucoup d'influences différentes; ces mouvements sont très complexes et, pour la plupart, encore peu élucidés. Tout le monde est d'accord sur l'existence du sphincter, tandis que celle du dilatateur est contestée, quoique probable d'après les observations physiologiques. Les mouvements de la pupille sont sous l'influence du moteur oculaire commun et du grand sympathique. Une section du moteur oculaire commun produit une dilatation de la pupille, mais bien moins forte que celle qu'on peut produire avec de l'atropine. Les contractions qui accompagnent l'accommodation et l'incidence de la lumière cessent en même temps, ainsi que l'accommodation même. La contraction qui accompagne l'incidence de la lumière est donc produite par une action réflexe entre la rétine et le nerf optique d'un côté, et le moteur oculaire commun de l'autre. Il est pourtant à remarquer que Brown-Séquard a produit une contraction de la pupille, en

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concentrant de la lumière sur l'iris d'un œil de lapin énucléé, expérience d'après laquelle la lumière aurait aussi une influence directe sur les muscles de l'iris. Une irritation du moteur oculaire commun produit une contraction de la pupille, une irritation du grand sympathique au cou produit au contraire une forte dilatation, tandis que la section de ce nerf contracte la pupille.

95. Action des mydriatiques et des myotiques. - — L'instillation d une goutte d'une solution d'atropine au aooc produit une forte dilatation de la pupille; elle paralyse ses mouvements ainsi que l'accommodation : l'effet dure en général une huitaine de jours. Si l'on emploie une solution fortement diluée, l'effet dure moins longtemps et l'action sur l'accommodation est bien moins prononcée. Pour expliquer que la dilatation par atropine est bien plus forte que celle qu'on obtient en sectionnant le moteur oculaire commun, on a admis qu'elle agit en même temps en irritant les fibres terminales du grand sympatbique (?).

\j homatr opine au 200e dilate la pupille, mais n'agit en général pas beaucoup sur l'accommodation si la solution est pure (1). Son effet dure vingt-quatre heures.

La cocaïne au 20e dilate la pupille, mais n'agit pas sur l'accommodation ; au moins n'en ai-je pas pu constater d'effet sur mon œil (1).

Un mélange d'honiatropine et de cocaïne dilate la pupille encore plus que chacun de ces alcaloïdes séparément. Un tel mélange se recommande donc pour les recherches sur l'accommodation, d'autant plus que la pupille se dilate quelque temps avant que l'accommodation commence à diminuer. La scopolamine (au 5ooe) produit une paralysie complète de l'accommodation, avec une très forte dilatation de la pupille, qu'on peut encore augmenter en ajoutant de la cocaïne.

Avec une solution tVésérine (au 200°) on obtient une très forte contraction de la pupille, et l'accommodation atteint son maximum. J'ai obtenu avec de l'ésérine une amplitude un peu plus grande que celle que je peux produire spontanément. Il est douteux que l'ésérine agisse directement sur le sphincter ou que la contraction de la pupille soit analogue à celle qui accompagne toujours l'accommodation.

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