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CHAPITRE XXV ILLUSIONS D'OPTIQUE

139. — On désigne sous ce nom les cas où les impressions visuelles donnent lieu à un jugement faux sur la nature de l'objet. Les dessins, les peintures, et, en général, toutes les représentations d'un objet, ont pour but de produire de ces illusions ; et tous les instruments d'optique agissent d'une manière analogue. Dans ce qui précède, j'ai déjà plusieurs fois mentionné des illusions d'une nature plus spéciale ; j'en décrirai brièvement ici quelques autres, dont l'explication, dans la plupart des cas, est assez obscure.

a. Une première série d'illusions se base sur le fait qu'une ligne ou un espace semblent plus grands lorsqu'ils sont divisés que lorsqu'ils

Fi g-. i<p.

ne le sont pas. C'est ainsi que les deux parties ab et bc de la ligne (fig. iq5) ont la même longueur, mais que la partie bc parait plus longue.

Fig. 196.

parce qu'elle porte des divisions. Les deux dessins de la figure 196 sont des carrés, mais la figure a semble plus large et la figure b plus haute,

TLLUSÏO'NS D'OPTIQUE 5 19

à causé des divisions. Pour la même raison, une pièce remplie de meubles parait plus grande que lorsqu'elle est vide.

b. Des angles très petits sont jugés plus grands qu'ils ne sont en réalité. Les illusions suivantes peuvent être considérées comme les exemples de cette règle. Les lignes ab et cd de la figure 197 sont situées dans le prolongement l une de l'autre, mais cd semble déplacée vers le haut. L'illusion augmente si l'on éloigne la figure. On conçoit que si l'on juge l'angle aigu trop grand, la ligne cd doit sembler avoir subi une rotation autour du point c, la ligne ab autour du point ce qui doit produire l'illusion en question. Fig. 197.

La même erreur de jugement semble agir dans les illusions produites par les dessins de la figure 198 {Bering) et de la figure 199 (Zoellner).

Dans la figure 198, les longues lignes sont droites et parallèles, mais semblent courbes : dans la partie supérieure delà figure, elles paraissent tourner les concavités l'une vers l'autre ; dans la partie inférieure, c'est le contraire. Dans la figure de Zoellner, les longues lignes droites qui

Fig. 198.

sont parallèles semblent converger ou diverger vers le haut, suivant la direction des petites lignes obliques. On conçoit que ces illusions doivent se produire si le jugement attribue une grandeur exagérée aux angles aigus. Suivant v. Helmholtz, les mouvements du regard jouent un gnnd rôle dans la production de ces illusions ; elles paraissent bien moins prononcées si l'on maintient le regard immobile. Si l'on promène une pointe lentement de droite à gauche devant la figure de Zoellner,

tout en la fixant avec le regard, les lignes semblent se mouvoir ; celles qui paraissent incliner leur extrémité supérieure à droite semblent monter, tandis que les autres semblent descendre, et l'inclinaison paraît en même temps plus prononcée. Si l'on promène la pointe de gauche à

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se

Fi g. 199-

droite, les lignes affectent le mouvement inverse. L'expérience n'est pas très facile à exécuter, mais on peut obtenir plus facilement le même

Fiff. 200.

effet en maintenant la pointe qu'on fixe immobile et en déplaçant le dessin.

c. Les deux longues lignes droites de la figure 200 sont de même longueur, mais b parait plus petite que a.

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