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ILLUSIONS D'OPTIQUE

d. On juge souvent des cylindres trop larges. Si l'on place une grosse bouteille sur une feuille de papier et que Ton en trace la circonférence, on a souvent de la peine à se figurer, après avoir enlevé la bouteille, qu'on ne s'est pas trompé, tant le cercle paraît petit. Une autre erreur de jugement est bien connue : on présente un chapeau haute forme à quelqu'un, en le priant d'indiquer sur le mur sa hauteur à partir du sol. En général, on indique la hauteur moitié trop grande.

e. J'ai déjà mentionné le renversement du relief que l'on observe lorsqu'on change de côté les images stéréoscopiques et qui est connu sous le nom de pseudoscopie. On observe quelquefois le même phénomène dans d'autres circonstances. Si, par exemple, on fixe avec un œil la partie postérieure du bord supérieur d'un verre de lampe, on obtient assez facilement l'illusion que cette partie est en avant, et le verre semble en même temps pencher vers l'observateur. ■ — En observant avec un œil le moule d'une médaille, il peut être dilficile de dire si la figure est en creux ou en relief.

Fig. 201.

Des phénomènes analogues se présentent souvent dans le cas où un dessin peut être interprété de deux manières différentes. La figure 201 semble ainsi composée de cubes dont le côté éclairé semble tourné tantôt cà droite, tantôt à gauche. Lorsqu'une interprétation a dominé pendant un certain temps, l'autre se présente tout d'un coup. On peut provoquer le changement en se figurant vivement le relief contraire.

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f. Mentionnons enfin les illusions de mouvements des objets extérieurs, qui se présentent souvent à la suite d'un jugement faux sur les mouvements que nous exécutons nous-mêmes. Un des exemples les plus connus est celui des mouvements apparents des objets quand on voyage en chemin de fer : le voyageur ne tient pas complètement compte de son propre déplacement et attribue le mouvement aux objets extérieurs. L'illusion inverse se présente souvent lorsqu'on est arrêté le long d'un autre train ; si celui-ci se met en mouvement, on attribue souvent le mouvement au train dans lequel on se trouve. Les valseurs voient les objets extérieurs tourner autour d'eux dans le sens inverse de leur propre rotation. Le mouvement semble continuer quelque temps après l'arrêt, à cause de la persistance des mouvements saccadés des yeux (p. 278).

En général, les objets extérieurs ne paraissent pas se déplacer pendant les mouvements du regard, mais si l'on porte le regard vivement de l'une des limites du champ à l'autre, les objets extérieurs semblent se mouvoir en sens inverse.

Aubert a décrit l'illusion suivante, qui est due à une raison analogue. Dans le volet d'une chambre complètement obscure, on pratique une fente verticale, qui est alors le seul objet visible. En inclinant la tête vers l'une des épaules, la fente semble subir une rotation en sens inverse ; elle ne paraît plus verticale. On a jugé l'inclinaison de la tête plus faible qu'on ne l'a exécutée, à peu près comme les excursions qu'on fait subir aux yeux, en tenant les paupières closes, semblent toujours plus faibles qu'elles ne sont en réalité. L'expérience réussit aussi en dehors de la chambre obscure, surtout si l'on s'arrange de manière à ne pas voir d'autres lignes dont on connaisse la direction verticale.

Bibliographie. — Zoellner. Ueber eine neue Art von Pseudoscopie. Pogg. Ann. CX, p. 5oo. — Hering (E.). Beitraege zur Physiologie. Leipzig, 1861, I, p. 65. — Aubert, (H.). Physiologie der Netzhaut. Breslau, i865.

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