‹ Opuscules d'un arabisant, 1868-1905Chapitre 4 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les quatre lettres missives sont documents d'ultime date dans l'histoire de l'Espagne musulmane. Lorsqu'elles furent écrites dans les années entre 1470 et 1475, la chrétienté avait partout repris le dessus, excepté dans le royaume de Gi^enade . Les princes Nasrides n'avaient pas encore été dépossédés et chassés de leur Àlhambra ; mais, affaiblis par l'hostilité de leurs voi&ios et par l'iadiscipline de leurs sujets, ils ne pas* ftédaîent plus qu'une autorité de nom et'' de forme sur les cosas de Granada^. Aboû 'l-Hasan 'Alî, VAlboacen des chroniques andalouses 3, en était réduit à mendier des

^Mélanges orientaux. Textes et traductions publiés par les professeurs de l'École des langues orientales vivantes à Toccasion du sixième Congrès international des orientalistes réuili à Leyde (septembre 1888), Paris, 1883, p. 1-28. L'introduction a été tibrégée et le texte aral>e fp. 9-16) a été omis.

^J.THûller, Die leizlen Zeiten von Granada (Mûnchen, iWBS), p. S6.

^Gayaagos, The Uistory of the Mokammedan Dynasties in Spain (London, 1840—1^3, 2 vol. in-4), II, -p. 540. Ce même roi est appelé Ahulhazen dans la Crônica de los rreyes catôlicos don fer-

alliances, à désavouer ses généraux, à s'bumïller vant ses vassaux et ses ennemis, â remercier avec effusion les nns et les autres pour le moindre témoignage de bienveillance, à leur prometire et à leur olîrir un concours sans réserves et sans conipensalions. Les quatre lettres d'Aboù '1-Hasan ont beau afTecter un style pompeux et une forme déclamatoire. L'agonie de la puissance musulmane en Espagne se montre sons l'aisance affectée du langage. En 1474, Isabelle la Catholique et Ferdinand V montèrent sur le trûne de Casiille, après la rédaction des deux premières lettres, avant l'envoi des deux dernières ; dans les premiers jours de 1492, le royaume de Grenade succomba définitivement ' ; son dernier prince, le fils d'Aboii 'I-Hasan, Aboil 'Abd Allah Mohamniad, plus connu sous son prénom défiguré de Boabdil, après avoir poussé « un dernier soupir »-, prit le chemin de

nando y dona isabel de Hernando de Pulgar, publiée par J. Mûller d'après le manuscrit III. Y. C de l'Escurial. Voir Op. cil. p. 60, 82, 8G, etc. A la On du svi< siècle. Luis de Mârmol le noniine Abil Hascen dans son Hisloria de la rebeliùn ;; castigo de Ion momcws. Cf. Simonet, Descripcion, etc. (2' éd., Granada, 1872), p 257 et 258. Aboii 'I-Hasan 'Alî, le dix-neuvième des rois Nasrides, occupa le trône de Grenade une première fois de 86S à 887 de l'Hégire (1461-1482 de notre ère), une seconde de 888 à 890 (1-483-1485).

' Ferdinand V flt son entrée à l'AIhambra le 2 janvier 1193. Cf, G. Weil, Geschichie der islamilischeii Vceiker (Slullgarl, 1866), p.

*Boabdil a a poussé tiers de Grenade conquise ce gémissement historique, el ùllimo suspiro del Moro, qui a baptisé un rocher de la Sierra d'Elvire » Théophile Gautier, Voyage en Etpagne (Tras los montes,', p. 221 lédition de 1879). Le nom que porte encore aujourd'hui ce point de la Sierra Nevada, a été complété d'après A. Germond de Lavigne, llinéraîre général... de l'Espagne el du Portugal, 3° éd. (Paris, 1880), p. 604.

l'exil '. U moiinit à Fez en 940 de l'Hégire (1533 ( notre ère)*.

Des quatre pièces diplomatiques, Iradiiiles dans j l'ordre de leurs dates, la première est conseivée à l'AcadéiTiie de l'histoire de Madrid dans deux calques d'autant plus exacts qu'ils paraissent pris par une personne incompétente, qui ne possédait ni la science, ni la prétention d'expliquer ou île contrôler son texte. Si . mes souvenirs sont exacts, la charte elle-même appar- 1 tenait à l'archéologue D. Juan de Tro. Les originaux des trois autres documents sont entrés successivement dans

■J. Militera publié, daprès le manuscrit 1758 de l'Escurtal (Casiri 1753), fol. 83 r", une lettre d'Ibn Al-Koûliyya, datée de 896 de l'Hégire (1491 de notre ère) sur la situation faite en Afrique aux émigrés de Grenade. Voir Beilrœge ztir Gefichichte der westlichen Araber (Mimclien, 180fi~1878, 2 Hefle), I. p. 42-^4.

*A1 Makkari, Aitalecles sur f/tis/oire et la tiltèralare des Arabes d'Espagne, publiés par MM. Dozy, Dugal, Krelit et Wriglit (Leide, 1855-1861, 2 vot. in^), II, p. 814 ; cf. Gayangos, Mohammedan Dynasties, II, p. 390. L'année 1338, que, dans ce dernier passage, une faute d'irapression a subslituce à 1533, a élé reproduile dans Weil, GescMchte der islamilischen Vtelker, p. 396. La dote incontestable de 1533 suflii-ait pour déiruire l'iiypollièse de C. Brosselard, qui a cru retrouver à Tlemcen le tombeau de Boabdil. L'épilaphe qu'il a publiée, /Jocirnal Asiatique de 1876, I, p. 159-197), n'esl pas celle de Boabdil, le «dernier roi de Grenade», mais celle de son homonyme Aboû 'Abd Allah Mohammad, surnommé Az-Zagal, le frère et non le fils d'Abod 'l-Hasan 'AU. L'étude des documents, que nous publions plus loin, prouve avec évidence qu'à la ligne 10 du monument (iliid., p. 175) il faut insérer Abi Nasr ibn al-amîr. Un maîlre arabisant, le sénateur D. Francisco Fernindez y Gonzûlez, a traité celte question avec ampleur et l'a résolue définitivement dans son mémoire intitulé : Correcciôn à nna noticia de cl Diario Asiàtico de Paris, acerca de ana lapida sépulcral ballada en Tremecén y atribuida A Boabdil, nltimo reij de Granadn. Voir Boletin de la Real Academia de la Historia, tomo I, cuaderno u (mayo 1878), p. 140-150.

ta Bibliothèque de l'Académie de l'Histoitt.', où j'aii autorisé à les étudier et à les copier. La deuxième It a élé acquise la dernière ; elle a été longtempsdana! archives du comte d'Altamira,

L'Académie de l'Histoire de Madrid se pi"oposaiti traduire en espagnol ces quatres chartes destini accompagner la Cràiiica latiiia de D. Enrique lY plan ancien sera-t-il jamais exécuté'? Vers la fin de 1834, dans une séance solennelle, le directeur delà ^compagnie, en quittant le fauteuil de la présidence, parlait à ses collègues de ti-ois chartes (on ne connaksail pas encore la première), traduites par D. Francisco Antonio Gonzalez-. Dans le cas où la publication annoncée resterait à l'oi-dre du jour et devrait aboutir, l'Académie de l'histoire ne manquerait pas de provoquer un remaniement des anciennes traductions qu'elle possède, afin de les mettre au niveau des progrès que les éludes orientales ont faits en Europe et en Espagne pendant les cinquante dernières années, Un commentaire paléographique '^ historique et géographique, où aucune source d'information n'aurait élé négligée, serait le complément naturel de cette version offlcielle et définitive. C'est aux ai'abjsants de Madrid

' La ctioaique latine, qui doit constituer l'ouvrage priflcipd, est intitulée ; Alphoim Palentini hiMonographi gesta Hispattiataia ex annalibus saorum dicrum colligenlix. Elle doit avoir pour appendice une Coleccwn dlplomàtiça de la Crimica de i). Eariqae IV. A travers de nombreuses péripéties, Henri lY occupa ie trône de Caslille de 1454 ù sa mort en 1474.

^Diicarso leido à la ïieal Academia de In Hisloria eaJanlaér% de Noviembre de iS34 par su Direelor el Bxcmo Senor Don JUartm Fernàndcz de Navaritle, al terminai' el Irienio de su dineciân <Madrid, 1835, in-8). On y lit, p. 7 : «estas Ères cartas tradutâdas por nuestro corapafiero D. Francisco Antonio GonErdez.^

'L'écriture (ai-je besoin de le dire ?) esl récriture magt " d'Espagne.

Quatre lettres raisâlrefi 75

%a-il appartient d'écrire cette page de leur histoire ■dÎDoale*

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