VII. PÉLORIE A' TYPE QUATERNAIRE DU SALVIA GRANDIFLORA Ehr
Les rameaux de cette espèce, très-florifère, se terminent tantôt par un rudiment de bourgeon foliaire, tantôt par une fleur semi-avortée, plus rarement par une fleur régulière. Le 6 juillet dernier, j'ai vu deux branches ayant au sommet une fleur péloriée; fait que j'avais déjà observé, mais avec moins de soin, sur la même plante les années antérieures.
Le calice était régulier ; le tube, à 12 nervures au lieu de 14, avait le limbe à quatre parties régulières , toutes semblables, et 3-nerwiées, avec lesquelles alternaient les quatre lobes subégaux d'une corolle presque régulière. Elle portait quatre étamines alternes avec eux, semblables à celles des autres fleurs, mais égales entre elles. La tache de la lèvre inférieure de la corolle avait disparu.
Le style avait ses deux divisions à peu près égales, mais le reste du pistil n’offrait rien de particulier.
Cette pélorie de Sauge est ramenée au type quaternaire pur, par suite des modifications suivantes : 1° Une des divisions du calice (la moyenne de la lèvre supérieure ), normalement plus petite que les deux latérales dans plusieurs espèces de Sauge , disparaît; 2° en même temps les deux divisions de la lèvre supérieure de la corolle sont remplacées par une seule; je dis remplacées, car les quatre divisions étant également imparinerviées , la supérieure ne résulte pas plus que les autres de la soudure de deux.
Dans le Teucrium campanulatum L., on voit fréquemment aussi, au rapport de Mirbel, les fleurs supérieures régulières à corolle campanulée, mais pourvue de cinq lobes ou pétales parfaitement égaux entre eux. (Voyez Annales du Muséum, t. xv, p. 232. ) Et le Cleoma lusitanica L. a montré à ce botaniste une corolle infundibuliforme à six lobes avec lesquels alternaient six étamines. (Æ£lémens de physiologie végétale , re partie, p. 221.)
IL est curieux de trouver dans la famille si naturelle des Labiées trois types de pélories, et de constater que c’est dans un des genres de ce beau groupe, où le nombre des étamines est normalement réduit de moitié, que se montre, par suite de la pélorisation, le type 4 dans les trois verticelles extérieurs de la fleur. Si une fleur péloriée est une fleur ramenée au type régulier et primilif, quel est celui des types 4, 5 ou 6 qu'il faut assigner aux Labiées? Rappelons, enfin, que M. Billot a également décrit une pélorie de Linaire commune, dans laquelle la corolle était régulièrement quadrilobée. ( Annotations , p. 200.)