XI. HyPERTROPNIE DES CARPELLES D'UN DELPHINIUM
Les monstruosités des carpelles des Delphinium ont déjà puissamment contribué à dévoiler la véritable nature des placentas. Ces pistils hypertrophiés se sont montrés à M. Dareste
(14) dans le D. Ajacis L., à M. Brongniart dans le D. elatum ; et cest le D. dictyocarpum DC. qui, l'an dernier, au Jardin des plantes de Toulouse, m'a présenté des carpelles anormaux. Ils étaient à deux états distincts : les uns longuement stipités et à cavité close, mais infléchis ou contournés; les autres (appartenant à des fleurs différentes) à loge ouverte, et portant sur leurs bords épaissis de petites feuilles (ovules avortés) tout à fait semblables, aux dimensions près, aux feuilles carpellaires.
Dans certaines fleurs, l'avortement des carpelles coïncidait avec un développement exagéré des pièces des enveloppes florales dont la couleur était d’un vert violacé.
Un fait intéressant à noter dans cette anomalie, est la persistance de l’éperon des sépales à travers toutes les modifications des pièces florales.
Il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’une espèce d’un genre très-voisin des Delphinium , V Aquilegia Skinneri Hook., m'a offert une semblable hypertrophie des carpelles, que j'ai décrite dans le premier fascicule de ces observations (loc. cit. , p. 109 ); et M. Attilio Tassi vient de publier, dans le Journal d'horticulture de Milan, intitulé Z Giardini(7° année, p. 295 et suiv.) un fait analogue que lui a présenté l’Aquilegia vulgaris L. J'ajouterai que ce rapport tératologique entre les genres Delphinium et Aquilegia est d'autant plus remarquable, qu'il ne paraît pas s'étendre au genre Aconitum, qui cependant semble avoir plus d’aflinité avec le premier de ces genres que ceux-ci n'en ont entre eux. Je n'ai vu signalée nulle part l'hypertrophie des carpelles d’Aconit.