XIII. VIRESCENCE AVEC DISJONCTION DES PÉTALES ET DES CARPELLES
Ce cas de virescence a atteint presque toutes les fleurs d’un Convoloulus d'espèce indéterminée , recu sous le faux nom d’pomæa pileata. Dans les fleurs les plus grandes, les cinq sépales, entièrement libres et distincts, sont pétiolés et foliiformes : deux extérieurs à pétiole élargi, deux intérieurs à pétiole grêle, l'intermédiaire établissant le passage entre ces deux états. Avec eux alternent cinq pétales beaucoup plus petits, également libres, indupliqués et falciformes au sommet. Le pistil, longuement stipité, à ovaire fendu longitudinalement et vide, est surmonté de deux styles filiformes que termine un stigmate en tête.
Dans une autre fleur, les pétales sont connés dans leur moitié inférieure, et on y distingue cinq rudiments d’étamines vertes , alternes avec les lobes de la corolle, mais non portés sur elle.
La plupart des fleurs rentraient, quant aux trois verticilles extérieurs, dans l’un ou l’autre des deux types indiqués; mais le pistil offrait de nombreuses modifications : tantôt aplati el terminé par un seul style, tantôt cylindrique et se recourbant en forme de cône au sommet, tantôt composé de trois carpelles unis en un seul corps et slipité, tantôt à deux carpelles libres jusqu'à la base, ou subulés et se prolongeant insensiblement en style, ou complétement foliiformes, montrant un pétiole grêle et un limbe lancéolé mais en cœur à la base.
En 1853, j'ai décrit une anomalie de Convolvulus tricolor, où la roll monopétale était remplacée par cinq pétales libres (in Revue hortic., 4° sér., t. IF, p. 44), et j'ai retrouvé à Bordeaux une corolle 5-partite sur le Liseron des champs (Convoloulus arvensis), fait déjà signalé par Hopkirk dans son
……. 19e Flora anomala, et par M. de Mélicoq (in Ann. des sc. nat., 2e sér., 1. IX, p. 380).
En 1861, M. Ad. Brongniart disait avoir observé aussi dans le Polemonium cæruleum un cas de tranformation de corolle gamopétale staminifère en une corolle foliacée dialypétale, sans connexion avec les élamines, et cette anomalie avait totalement épargné le calice et le pistil (in Bull. de la Soc. botan. de France, t. VIH, p. 455-6).