LUE VUE
verticilles staminaux et carpellaires est moindre que celui des verticilles qui les précèdent, tandis que M. Schimper y voit l'introduction dans la fleur d’une nouvelle formule phyllotaxique (in Flora oder Botan. Zeit. pour 1835, p. 178).
Les soudures viennent souvent encore masquer le phénomène de balancement. « Il est commun , dit Isidore Bourdon, que deux organes ne se fondent entre eux qu'en conséquence qu'une autre partie ne s’est pas accrue.» ( Princ. de physiol., p. 426.) Et, en effet, dans le Delphinium Ajacis, les pétales sont fréquemment soudés en un seul.
Ainsi, la théorie des avortements et des soudures , si féconde aux mains de qui la manie sagement , peut devenir, en l’absence de celte condition, ou dangereuse ou perfide.
Bien plus, l'avortement des organes peut être concomitant soit de l'élargissement, soit de la multiplication des organes voisins , et quelquefois même ne donner lieu à aucun de ces phénomènes.
2° Rapports de la loi de balancement avec la loi de variété.— Dans les Acacias de la Nouvelle-Hollande, on voit en général l’avortement des folioles de la feuille composée coïncider avec une dilatation du péliole qui passe à l’état de phyllode. Mais deux autres Légumineuses , le Zebeckia nuda et l’'Indigofera juncea, ont des feuilles réduites au pétiole non dilaté. Dirat-on que, dans ces cas , la loi de balancement est en défaut? Sans doute , la plupart des feuilles sont composées de trois parties (gaine, pétiole, limbe ), ou tout au moins de deux ( pétiole et limbe ) ; mais il y aurail témérité à prétendre que l'absence d’une ou de deux d’entre elles est liée à un avortement ; car pourquoi rapporter toutes les feuilles à un même type, type admis en vertu d'une convention? La loi de variété veut, au contraire , que ces trois éléments soient employés tantôt simultanément et tantôt isolés, afin de produire ce nombre infini de formes qui témoignent à un si haut degré de la puissance du Créateur. Et voilà pourquoi , à part certains cas où la relation des deux phénomènes inverses est évidente, tout est vague et difficile en un pareil sujet ; l’erreur y coudoie sans