‹ Opuscules de botaniqueChapitre 76 sur 97 · UT · texte numérisé non relu

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ne se développe qu'au détriment de la végétation arborescente (1). Sans doute, livrées à elles-mêmes, les forêts ont été, de tout temps et en tous pays, le refuge des proscrits et des brigands. Aujourd'hui encore, les Hindous qui veulent se soustraire à la domination étrangère, se réfugient dans les jongles de l'Inde ; et c'est dans les sombres forêts de Ceylan que les aborigènes de l’île conservent leurs usages et leurs antiques superstitions. Mais un juste équilibre entre la forêt vierge impénétrable et celle qui est soumise à un aménagement rationnel, est éminemment favorable à la civilisation. Grâce à lui , quelques localités des bords du Rhin nous gratifient aujourd'hui d'un des vins les plus nobles, donnant ainsi un démenti formel à ces paroles de Tacite, que pas même une cerise, et encorè moins un raisin, ne pourraient y mürir (2).

L'auteur de l'Histoire des foréts de la Gaule à cru pouvoir encore conclure de ses recherches « que les forêts sont d’aulant plus éclaircies qu'on s'avance davantage au Sud-Est, et que « c'est précisément la direction suivant laquelle la civilisation s’est propagée. »

On ne saurait douter que l'admission de nouvelles cultures Imfuence e dans une contrée ne soit le plus habituellement pour elle un lramissionteneélément de prospérité et de civilisation. « La Nouvelle- Zélande; dit M. Karl Müller, a été civilisée par les plantes de culture de l'Europe, el notamment par la pomme de terre. » « Au fond , ayait déjà énoncé Cuvicr, nos colonies ne vivent que des dons des botanistes , et l’on s'étonne qu’elles n’aient encore érigé de monuments ni à Jussieu ni à Desclieux , qui leur procurèrent le cafier, ni à Poivre ni à Sonnerat, qui allèrent, en bravant tant de périls, leur chercher les épiceries (3) ». C'est qu’en effet il suffit parlois de la découverte ou de l'introduction d'une seule plante utile pour faire naître

(A) Histoire des forêts de la Gaule, p. 320.

(2) Voir Schleiden, La plante et sa vie, p. 300.

(3) On lit cependant davs la Bioyraphie universelle de Michaud , qu'en 1819, les habitants de l’ile Bourbon avaient délibéré d'élever à Poivre un monument, gage de leur reconnaissance.

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