ET LUE
passages de Virgile ( Buc. v, v. 17; Georg. 1v, v. 119, 134, 208 ; Æneid. xn, v. 69; Cul. v. 398); mais les nombreux commentaires dont elles ont été l’objet prouvent qu’on est encore loin d'être fixé sur les espèces qu'avait en vue le poëte. Que les roses bifères de Pestum soient le Rosa bifera de Persoon ou le R. damascena dont le R, bifera diffère peu ; que lalba Rosa de l'Énéide soit le R. moschata; enfin, que les Rosela punicea des Bucoliques représentent l’églantier (Rosa punicea Mill.), c’est ce que peuvent admettre ceux qui visent à tout prix à une détermination.
Amellus (Georg. 1v, v. 272); jolie Composée, encore cultivée dans nos jardins, et que Linné a nommée Aster Amellus.
Baccaris (Buc. 1v, v. 19 , vu, v. 27). On a cru voir tour à tour la plante de Virgile dans la Valériane celtique, la Digitale pourprée , l’'Asaret d'Europe, le Cyclamen d'Europe ou pain de pourceau ; c’est à ce dernier, dont les fleurs portent, dans les montagnes de Brescia, le nom de Baccara, que Bertoloni et M. Bubani donnent la préférence. M. du Molin s’est prononcé en faveur de la Sauge sclarée (loc. cit.
* Caltha(Buc. 51, v. 50; Cir., v. 97). Est-ce le Caltha palustris (Populage des marais), comme certains l’ont pensé ; n'est-ce pas plutôt un Souci, et de préférence le Souci officinal ou des jardins ( Calendula officinalis ) ?
Amarantus (Cul. , v. 405 ). On croit que c’est le Passevelours ( Celosia crislala ).
Chrysanthus(Cul., v. 404) désigne peut-être le Chrysanthemum coronarium.
Buphthalmus (Cul., v. 406). S'agit-il de l’Anthemis tinctoria, ou du Chrysanthemum segetum ?
Lilium, Lis ( Buc. n, v. 45, x, v. 25; Georg. 1v, v. 181; Æneid. vi, v: 109, xx, v. 68). Si, dans les quatre premières citations, Virgile a en vue le Lis blanc {Lilium can-
ES is didum), e’est peut-être du Lis de Chalcédoine (Lilium Sas cedonicum ) qu'il est question dans la dernière
€... mixta rubent ubi Lilia multa. »
Narcissus, Narcisse (Buc. 11, v. 48, v, v. 38 ; Georg. xx, v. 125, 160). L'auteur a-t-il voulu désigner sous ce nom d’autres plantes que le Narcisse des poëtes ( Narcissus poeticus), et son Narcissus sera comans serait-il le Sternbergia lutea? Cependant M. du Molin n’a pas hésité à dire de ce second Narcisse de Virgile : (Cette fleur est l’'Amaryllis jaune (loc. cit., p. 294). »
Acanthe (Buc. m1, v. 45, 1v, v. 698; Georg. 11, v. 119, iv, v. 193; Æneid. 1, v. 655, 7115). Que partout où l’Acanthe de Virgile est prise comme plante d'ornement il s’agisse de l’Acanthus mollis de Linné, c’est ce qui n’est guère plus mis en doute (4). Mais quand, au 2° livre des Géorgiques, le poëte signale les baies de l’Acanthe — « baccas semperfrondentis Acanthi, » — il a bien fallu recourir à quelque autre plante. Le Filaria, l'Hippophae ou argousier, les Acacias de Farnèse et vrai dont les têtes de fleurs peuvent bien avoir été désignées sous le nom de baies, ont été tour à tour proposés; mais le doute subsiste. Enfin, M. Bubani a cru voir le safran bâtard (Carthamus tinctorius ) dans le « Pictum croceo velamen Acantho » de l'Énéide.