VII. Arbres fruitiers
Prunier (Prunus) (Buc.n, v. d3; Georg. 11, v. 34, IV, v. 145). C'est du Prunier culuvé (Prunus domestica), et peut-être dans la dernière citation — spinos jam Pruna ferentes — du Prunelier épineux (Prunus spinosa ), vulgairement buisson noir, qu'il est question.
Cerisier ou Mérisier, Cerasus (Georg. 11, v. 19.)
Sorbus : « ...acidis imitantur vitea Sorbis (Georg. nt, v. 980), » désigne le Sorbier commun (Sorbus domestica), et peut-être le S. sauvage ou des oiseaux (S. aucuparia).
Poirier (Pyrus) « Insere... Pyros... ( Buc. 1, v. 74, iX, v. DO). » Il s’agit, soit dans ces passages, soit dans d'autres citations des Géorgiques (11, v. 71-2, 87-8, 1v, v. 145), du Poirier commun à l’état sauvage et cultivé. L'impossibilité , aujourd'hui surabondamment démontrée, de gretier l’une sur l’autre avet succès deux plantes appartenant à deux différentes familles -naturelles, ne permet pas de prendre à la lettre cette assertion :
.. Ornusque incanuit albo Flore Pyri…. (Georg. 1, 171-2.)
Malum ( Buc. 1, v. 64; Georg. u , v. 33, 70), Pomme.
Malum roscidum (Buc. vin, v. 37). Cette dernière expression est-elle, comme le veut M. Bubani, l’analogue du glaucum des botanistes modernes , et faut-il voir dans les Roscida mala les fruits du Prunelier de nos haies (Prunus spinosa), ou ceux du Poirier sauvage ?
Malum aureum : « Aurea mala decem misi... (Buc. 111, v. 11).» L'introduction de l’Oranger en Europe plusieurs siècles après Virgile ne permet pas de songer aux oranges, et la plupart des commentateurs rapportent ces fruits au Coignassier (Cydonia vulgaris).
Malum canum : (Buc. n, v. 51).
« Ipse ego cana legam tenera lanugine Mala. »
On a vu tour à tour, dans ceux-ci, le coing et Ja pêche.
Malum medicum (Georg. n, v. 126-T). Ce ne peut être le fruit du Limonier (Citrus Limon) , cet arbre n'ayant été importé en Italie que bien longtemps après Virgile; c’est le Cédrat, fruit du Citrus medica, graüfié de l’épithète feliæ.
Malum Hesperidum (Buc. vi, v. 61). Beaucoup d'opinions toutes problématiques.
Lotus , Lotos : Virgile applique ces dénominations, tantôt à un arbre, tantôt à une herbe. L’impia lotos, du Cules (v. 125-4 ) a été considéré par plusieurs commentateurs comme le Jujubier Lotus (Zizyphus Lotus), tandis que le Lotus du 2° livre des Géorgiques (v. 83-4) serait le Micocoulier de Provence (Celtis australis), D’autres ont vu encore dans le Lotus le Jujubier commun (Zizyphus saliva) et le Plaqueminier (Diospyros Lotus).
Diverses espèces de Mélilot (Melilolus officinalis, M. cærulea), le Lotier corniculé et le Cytise à feuilles sessiles, ont été proposés pour répondre au Lotosque frequentes du 9€ livre des Géorgiques (v. 394).
Vitis et Uva, Nigne ( Vitis vinifera) (Buc.w, v. 10, nt, v.…38, vis, v. 61, 1x, v. 42, x, v. 40 ; Georg. 1,,v. 2, 448, 265 , 1, v. 60, 221, 333 , 1v, v. 558).
Bumaste (Georg. 11, v. 102), autre variété de vigne portant en Ligurie le nom de Bumesla.
Nuæ, Noix (Buc. vin, v. 30 ; Georg. 1, v. 187, 11, v. 69), désigne tantôt le fruit du Noyer, tantôt tout fruit à écorce ligneuse.
Olivier, Olive : Oliva, Olivum, Olea, Oleaster , Orchas, Pausia, Radius (Buc. v, v. 16, 68 et 425 ; Georg. 1, v. 18, 1, v. 9, 58, 65, 85-6, 144, 509, 514, 420, 466, ni, v. 21 ; Æneid. vi, v. 116, xx, v. 101, xx, v. 766).
Il n’est pas douteux que tous les passages signalés n’aient rapport, les uns à }Olivier sauvage, les autres à l'Olivier cultivé ou à quelqu’une de leurs parties.
L'Orchas , le Pæœusia et le Radius, sont des variétés d'olives.