‹ Opuscules de C.X. GiraultChapitre 24 sur 29 · MEMOIRE · texte numérisé non relu

MEMOIRE

S&r les norhs et la source de la Saône; par Cl. Xav. Girault f des Académies de Dijon , Mâcon, Besançon, Lyon, etc.

Jllusieurs géographes ont parlé de la Saône; MM. Coste (i), et Antoine Aine, ingé*.

nieur (2) , ont traité de sa navigation ancienne et moderne» dans des écrits non moins utiles que sa vans et faits pour honorer la réputation de leurs auteurs; f ose entreprendre de parler aussi de cette rivière» et traiter de sa dénomination et de sa source.

S'il faut en croire un ancien opuscule au* quel est attaché le nom respectable de Plu* tarque (3) * la première dénomination de la

(1) De T ancienne Navigation des Rivières du Doubs, de la Saône et du Rhône f sous les Celtes , les Romains t les Bourguignons et les Francs, par M. Coste, bibliothécaire de Besançon 9 membre de plusieurs Academies. Besançon , Deùs, x8o5, in*8.\ Magasin En* çjrclopédique f mai i8o5.

(2) Navigation de Bourgogne, par M. Antoine Aîné, ingénieur des états de ladite province. Dijon, Frantin, 1774, in-4.*.

(3) Plutarchi Libellus de Jluviorum et montiurn nominibus. Paris , CaroU Steplian. » i556 * in-8.%

Saône auroit été Brigulus ou BpifoAoç; de ]h un auteur moderne (i) , très-estimable d'ailleurs» a prétendu que Brive du Brige étoit l'ancien nom de cette riyière : nous avons dit ailleurs (2) f d'après le sentiment de Ducange et autres sa vans glossateurs» que les syllabes Brick, Bruck , Bria , Briga 3 toutes de môme origine ^û^m&oxeat passage , pont, chemin: d'où les noms de Draaburg, Drawburg passage de la Drave, Saltz-bourg passage de la Saltza, Augusto4>riga , Julio* kriga passages de César, et autres noms dont les exemples ne sont pas rares surtout en Allemagne et en Espagne. Un autre moderne (3) non moins savant, assure que Bç*foAoc signifie eau dormante; nous lais-

. (I) Critique de. la Notice historique sur les Rau~ raques; t. 1 des Mémoires de la Société d'agriculture de la Haute Saône. Vesoul, 1806, ia-&>.

, (a) Dissertation historique et critique sur la posi* tion de V ancienne ville d* Amagetobria ; t. 4, nS Xi Mémoires de l'Académie Celtique de Paris , 1809.

^.Seconde Dissettatiqn sur le même sujet; Dijon, Frantin $ 181 ii in-8, a . ,

w Lettre sujr la position du Pagys arekrigirus 9 insérée vojume de février 1810 de l'Esprit des Journaux; Bruxelles, Jfeissembruck*

s (3) Notice sur le Port A burin] Kx des Mémoires de la SoQiét^ii'Agriculfurede la Haute Saône 9 Vesoul, |8o6,*in»8.**

sons aux hellénistes à prononcer sur cette étymologîe ; mais , , fut-elle exacte , cela ne prouverait rien autre chose, sinon que la philosophe grec a voulu désigner' cette rivière par la* nature denses eaux,' mais nom qu'elle fut dénommée Brigidus ou Bçi/oÂoc* Cette rivière, poursuit l'opuscule cité sous le nom de Plutarque» a quitté ce nom pria mitif pour consacrer à jamais un trait véri* tablement héroïque de l'amitié fraternelle»

et il le raconte ainsi t Arar étant allé chasser dans une forêt sur les bords de-cette rivière * y fit là rencontre cruelle de sou frère Celliber dévoré par les bêtes sauvages; ne pouvant supporter un si douloureux spectacle, il se frappa à mort sur le bord du fleuve , et tomba précipité dans ses eaux qui , de ce* moment, portèrent le nom du trop sensible.

Arar (i). Il est très-vrai, ainsi que l'ont dit MM*. Perreciot (a) et Coste, que dax^t.

les temps primitifs les borde de cette rivière furent couverts et ombragés d'épaisses fbrêCs£

(1) Brigulus primùrh dictum fuit : mutant verà. postea nomen ob hanc causant : Arar, venationis causa % sjrlvam ingressus , cum fratrem Celtiberum à feris dilaniatum offendisset , ob extremum dolorem f se ipsum lethaliter feriens , decidit in Jluyium Brigulum, qui % ab eà 9 Araris nomen sumpsit.

(a) Recherches historiques sur la ville de *Qrajr r par M. Creatio, Besançon, Couché, 17889 ia-8.\

repaire des bêtes fauves; il n'est pas moina avéré que les premiers babitans de ces contrées étoient très-adonnés à la chasse, occupation que leur imposoit la triple nécessité de se défendre 9 de se nourrir et de se vé^ir; sans doute aussi il étoit beau de conserver la mémoire d'uu pareil trait de l'amour fraternel , néanmoins plusieurs historiens très* denses, Quichenofc entre autres, réputent ce récit une pure fable.

En effet , il semblé dérobé à là Mythologie payenne qui , déifiant tout et jusqu'aux rivières , vouloit absolument créer à tout une origine ou une dénomination qui tinssent du merveilleux: mais d'ailleurs cet auteur, quçl qu'il. soit, méritent- il bien qu'on l'en croye, lorsqu'incontinent après nous avoir raconté l'aventure du fabuleux Arar, il signale dans la Saône un poisson dont ni Pline ni Dioscoride n'ont parlé, qui n'est mentionné dans aucune ichtyologie (i) 9 qu'aucun des pécheurs de la Saône n'ont connu, et véritablement si extraordinaire qu'il n'est pas possible d'y ajouter la moindre croyance. Telle est cette seconde fable :

« 11 naît dans cette rivière un grand pois*

(i) M. Monnier, D. M., qui a donné ricbtyologle particulière de la Saône, m'écrit n'avoir trouvé dans cette rivière aucun poisson qui puisse approcher du scolopide.

* son appelé par les geus du peuple scohpide, « lequel, au renouvellement de la lune, est «* de couleur blanche, et devient entièrement « noir à son déclin ; lorsqu'il a acquis toute « sa grosseur, il meurt percé de ses propres « arêtes (i). » *

Ce seroit déjà une chose assez étrange qu'un poisson sur lequel , jusqu'au fond de Peau, la lune exerceroit une telle influence qu'à chacune de ses phases il changeât de couleur , et même du joip au lendemain 9 lorsque la lune passe de son dernier à son premier quartier; ce Caméléon aquatique, auroit été le calendrier vivant de toutes les lunaisons : mais qu'on ajoute « que ce poisce son finit par mourir transpercé de ses proie près arêtes, et qu'on trouve dans sa tête « une petite pierre de la grosseur d'un grain « -de sel, laquelle appliquée pendant le déclin « de la lune, sur le côte gauche, guérit de 1% « fièvre quarte (2). » A cette seconde mer- Teille, l'homme le plus crédule aura les yeux

(1) Naseitur in ipso magnus piscis, ab indigent* scolopidus vocatus, qui crescente lunéf albus est* decrescente vero omninb niger evadit : et curnjn ext^mam çrevit magnitudinem , à propriis spmis confoditur* «•-,',

(2) Reperitur et in ejus capiic, lapis grumtn* salis similis , qui senescente luné{ % sinistris corporis par* tibus applicatus 9 Jebres quarlanas sanau

dessilles : en Tain l'auteur citera-t-il ponr garants les Callisthènes, les Timagènes , etc. ; font ce renfort d'autorités grecques ne le rendra pas plus croyable ; il est un poiht où le merveilleux cesse d'abuser, et dégénère en ridicule.

Plusieurs historiens (i) ont semblé croire que l'auteur du Traité des Fleuves aura voulu désigner l'alose, clupea, xAp<zraç«> fondés, sans doute, sur la similitude d'une petite pierre qu'on trouve dans la tête de ce poisson, laquelle, suivant Pline, guérit de la pierre et de la gravelle; mais l'alose ne naît pas dans la Saône: elle est, au contraire, un poisson de mer qui remonte les rivières au printemps; à la vérité le dos de l'alose est jaunâtre, son ventre argentin, sa langue noirâtre , mais ses couleurs # ne changent jamais. On en prenoit autrefois une quantité étonnante dans la Saône (2), parce que ce

(i) Mém. histt de la Répvbl. Séquanoise , par Gollù»; Dôle t x&9*\ in*foî.y p* 75, cap. 9. Hisu de Grajr, par M. Crestin, p. i5,

(2) Surtout auprès de la digue qui barre cette rivière sous les murs d'Auxonne, obstacle vers lequel le^aloses étoîent forcées de s'arrêter, parce que, disent les pêcheurs, ce poisson ne rétrograde jamais dans sa course : mais, depuis que les eaux se sont ouvert un passage à travers les prés, en tournant à l'extrémité nord-ouest de la digue d'Auxonne, on prend

poisson voyage en troupe comme les harengs, mais jamais on n'en a trouvé transperces de ses propres arêtes; jamais on n'en a va , comme dit Rondelet, danser au son du -violon (i)* Mais c'est assez nous être occupes de ces merveilleux poissons, revenons à la Saône,

Un autre auteur de l'antiquité, celui de ritinéraîre connu sous leenom d'Àntonm (2), veut que cette rivière ait porté le nom de Bicomius ; il lui fait prendre sa source en Autriche, à Pœtavione veniehs (3); il nous dit qu'en Getmanie elle prend le nom de Rhin 9 nam in Provinciâ Germanià fluvius Hhenus dicitur; qu'elle est appelée , plus bas r Bicornius; enfin , qu'avant de se réunir au Rhône , elle prend le nom d' Arar 9 sed hune quem Bicornium diximus , ante con<*

beaucoup moins d'aloses dans cette partie dé la Saône.

(1) Valmont de Bomare, Dict. iïhist. nai, 9 verb» Alose»

(2) MM. Lebœuf et Danville sont d'accord que cet Itinéraire ne fut rédigé qu'après le règne de Constantin. Eccl. Geogr, Danville, p. 186*

(3) Virgile a commis là' même erreur, lorsqu'il a dit 1 Aut Ararim Parthus bibet % aut Germanià Tigrim; les antithèses de ce vers font voir que Virgile plaçoit la Saône chez les Germains connu» le Tigre chez les Farthes ; mais ce n'éte&f paa an poète à redresser le géographe.

juncdonem Rhodani, in supernis aliudnomen accepte prceter Bicornium...... Alibi Bicor*

nias , alibi fluvius Araris appellatur : de manière qu'elle porte trois noms , ita ergo hic fluvius tribus notyinibus nuncupatur. Cet itinéraire, qui confond ici le Rhône avec le Rhin 9 plus bas, jpit cependant couler la Saône avec le Rhône jusqu'à la mer, après avoir arrosé la ville d'Arles , statim ei fluvius Rkodanus occurrit, eu simul unum fa* ciunt > in mare ingrediuntur , egressi Arélatum. Il n'est pas possible d'expliquer tant de contradictions : aucune rivière sortant de l'Autriche ne se jette ni dans le Rhin ni dans le Rhône; l'Aar, après avoir parcouru la Suisse , se joint bien en effet au Rhin , mais l'auteur ne le confond pas avec la Saône, puisqu'il suit les eaux de cette dernière jusqu'à Arles, jusqu'à la mer; les bouches du Rhin , dont deux seulement étoient connues des anciens (i) , lui firent en effet donner le surnom de Bicornius à son embouchure, mais il ne le portoit pas à sa source.

L'historien de Poligny (2) veut trouver

(1) C'étoit pour eux les extrémités du monde, et e'est en ce sens que Virgile a dit: Extremi homt* num Morini Rhenusque bicornis. JSneid. , lib. 7.

(a) Mém. hist. sur Paliçny % par M. Chevalier j Iions-le-Saunier, 1767, in-4* Q , Eclairciss* 9 p. vu

l'origine du mot Saône dans celui de Segonés donné aux Séquanois , de Segonum bonna, borne des Ségonois r oude Onna qui ea langue celtique* signifioit eau, riviàrç, et il en tire l'étymologie du nom Saône f qu'il dit avoir été quelquefois nommé Oitne,et s'ap-> puye du rapprochement des dénominations^ des villes de Auxonne, Saint- Jean-de-V Orme, Cabillone , Matiscone , arrosées par cette rivière» ,

Mais si telle eût été l'étymologie du mot Saône > cette rivière n'auroit-elle pas eu»

dans le principe f cette dénomination» puis* que les Séquanois sont les plus anciens peuples connus de ses bords ? Et comment 9 au contraire 9 auroit-elle porté le nom d'Arar lorsque les Romains arrivèrent en Séquanie ?

Pourquoi voyons-nous le nom de Saône paroître seulement et précisément £ l'époque où les Séquanois , Segories, quittèrent leurs noms pour prendre celui de Bourguignons?

Ces objections sékoient déjà une assez forte réfutation du système de M. Chevalier :

mais cet A dans le mot Saône , exception àr l'orthographe ainsi qu'à la prononciation»

cette lettre fondamentale et matrice du mot»

si je puis m'exprimer ainsi» cette lettre qu'on ne trouve point dans les mots Segones , Lingones , Burgundiones , d'ofr viendroit-

die? D 9 où dérireroït cet Ô long que le mot O/i/i* ne donne |>as ? : <".»*•■ ^'

Quelques finales en onnê dans certaines Tilles le tôrtè de cette rivière f ont ïiiduit M. ChAratië? en erreur; il n'y fût pas tombé, 6*rl eût réfléchi qu'Àuxonne ne date que du onzième siècle, et reçut son nom de la Saône, à SaÔnâ^bd Sâonam, Aùssone , suivant Fanèienne orthographe du nom dé cette ville; s'il, efct considéré cfue Saint- Jean-de- Laône (i) moins moderne prend $on nonv du Voisinage de Latine, Lathona, Laudona^ dénomination qui prend son origine dans un * ancien femple de Latone 9 olim fano cultuq. Latbnœ ( Adr. fâles.); s'il eût fait attention ^ue Châlon ne fait Cabillone qu'à l'ablatif, rfùé son nom ancien est Cabillodunum , Cabillohum, Cabillo ; de même que Màcon, Matlsco , Matacense , etc. , etc. Il n'est donc ]Jas raisonnable de dire que cette litière se sbik appelée Onne, moins encore qu'elle ait pris un nom celtique, lorsque ^depuis la conquête des Romains, la langue des vainqueurs étôit deveniie la langue publique usitée dans festlaUlés. " >

(i) Voyez f dans ma Conférence de Laâne , les rkrsdni x <te cette orthographe ; Magasin Encyclopé* dîjpëi juillet 1 t8it. * -

Rejetant donc également les dénominations erronée* de Brigulus, de Bicàrrûât et £ Orme, nous nous arrêteront à celle dobt Ont fait 1 Usage les meilleurs auteurs de l'antiquité qui ont parlé. de cette rivière ;' et qui mêfne l'ont caractérisée par la lenteur ' de soû cours et la douceur de ses eaux, dé manière à ne pouvoir pas s'y mépïêndre. ^

ÀRÀR^ue Dubitani que suos cursus agat.

r— Senec.

Flumen est Arar quod perfines AEduorum et Sequanùrum in Rhodanum influit irêcre* dibili lenitate ità ut ôeùlis in utram partent fluat judicari non possiti — C«. ♦

Fluviorum qui in septentrional* parte Lugdura inflaunt Arar est ac dubis qui invicem admiscentur. -~Ptolàm. ' " *

Rhodanus . • i » . Apud Lugdunum cum Aràrb conourrit urbent SeguclànorttmJ -* Strab.

Ara Cœsari ad confluentem Araris et Rhodani dedicata. — * Dyon. Halicarn. '

Rhodanumque morantem , precipitavi* Arar. — Lucan* (i).

(i) Si cet hémistiche est remarquable par job .harmonie incitative, il n'est pas aussi vrai; car c'est au contraire le Rhône qui» par la rapidité de .ses eaux, entraine la Saône; et Pline a eu plus de raiton de dire : Rhodanus segnemque deferens Ara* rim.

Çuos JRhodanus velox, Arjlris quos tar± Jfior ambit.

Lentus Arar 9 Rhoâanusque ferox et dives iherus. — Claudian. (i),

Lestis Arar, Rhodanusque celer, magnusque Garemnia. — Tibul.

Quorum tapit Arar , per rura , pigerrimus vndâ. — Sïï. Itah

D'après tous ces passages* il doit demeurer constant W indubitable que dans les premiers temps de la puissance des Romains dans les Gaules, la rivière dont nous nous occupons portoit le nom d'ARAR.

Cette dénomination est celtique , et peut avoir sa source dans deux étymologies, toutes deux en harmonie avec les eaux et les bords de cette rivière, toutes deux très-applicables à la qualité des contrées qu'elle arrose» et à la lenteur de son cours. Ar f en langue celtique, disent Gollut et Goropius, fol., 75»

signifie tardif : d'où nos mots tard, tarder, arrêter, retard, barrer, barrière , tous de même origine: Ar-Ar est le superlatif, très* tardif, ainâi que nous dirions cette rivière est lente , lente . . . . Ar signifie encore terre ,

(1) Oq voit, par ces deux vers du même poète, qu'on disoit indistinctement Arar et Araris au no miuatif , comme' le remarque très-bien Adrien df Valois dans sa Notice des Gaules»

dans la langue des Celtes , d 9 où Ar Are (i), labourer la terre; et comme cette rivière coule au milieu d'un bassin très fertile (2) , comme elle arrose des champs dont la culture est extrêmement facile , elle aura pu en recevoir le nom Ar are, d'où par la non prononciation, ou par la suppressiou^le TE final, on aura fait le nom Arar*

Ces deux caractères que nous reconnoissons dans les eaux de la Saône, et sur ses bords, se trouvent heureusement dépeints dans cet beaux vers du docteur Petit.

lia Saône avec lenteur caressant son rivage, Bu commerce opulent embellit l'héritage , Et d'un vallon superbe» ornement orgueilleux, Semble un fleuve dTSden» dont la source est aux cieux»

( Poème tT Onan>

Nous ne prétendons pas cependant que ces

. (1) Quoique le mot Arare soit de la langue de* .Romains» cela ne fait point .obstacle à cette origine, car l'on sait que la langue celtique a beaucoup de xnois communs avec les langues latine, allemande» etc. Le savant Deperron à'est liyi% à ces rapprochement dans son excellent ouvrage sur t antiquité de là langue des Celtes.

(a) César disoit du bord oriental de cette rivière; Tertiam partent agri Sequani qui esset optimus 10-* Hus Galli*. Df Bell, Gall., lit, io.

origines soient infaillibles; en fait d'étymologies, les plus habiles souvent s'égarent; mais im surplus on ne nous contestera pas que celles que nous proposons ne soient plus na* tu relies et plus , probables ,que celle de la mort du frère deCçltiber* que celle de la jonc* tion de cette rivière au Piiône 9 comme le disent Stabé et Gollut Perça ro Vo^ctti : les orignes les plus simples, les plus naturelles, sont toujours les plus vraisemblables, et par conséquent les plus admissibles.

Plusieurs rivières ont changé de place, dit l'historien: des fleuves (i) , mais il n'y a que la Saône en France qui ait changé de nom :

nous venons déjà d'en signaler quatre , tant fabuleux que réels, il en est un cinquième sous lequel cette rivière est actuellement connue, le sei*l qui lui ait été conservé et maintenu.

Àmmien-Marcellin la nomme Sarconnam, Grégoire de Tours. Sangonam, les Actes de Saiot-Trivier Sagonam, Gaguin Sagormant, d'autres Saconnam et Saonam, quelques-uns la confondant avec Ja Seine l'ont appelé Sequanam. Saint Julien de Baleurre (2) répute

(1) Les rivières 4ë France, par le Sieur Coulom Paris, Clqysier, ^164^, in-8.°. ,

(2) Origine des : Bourgongnovs. J?3\fm 9 Chesnem, jS8i, in-fol.

fautes de copiste les versions Sauconna, San* conna, Saconna ^ Je t C étant pris pour* le G comme dans Claude , que l*op . prononça Claude 9 et nous ^m mes de son ayîs; ces differenc^s d'orthographes peuvent en ef Cet avçiç ][eui:s sources 4B ns ^ différence des copies de» ip^nusc^itsf mais ( toujours est-i^l quq nul q& y^rie $ur r jpe changement de pom f et \qu$ tpus r^Uribi^çnt à la mçme capç f , Jç sang

1^ Saône , sous la cinquième persécution de

rçur Sévère^ FaUj 203, de J. G., firent masi» sacrés £ I^yon diyneuf imiïç /Chrétiens, san* çpmRtfr Jcp flemmes et les, en fan?: une ias- <^iptio|i ^n ^o^ique existapt dans l'église de

Sai^IjpénéeijdfijW ^» *HeptlK<BB,fafo (i)# d'ailleurs rapporté par beaucoup d'autres historiens » entre autres Grégoire (2 ) de

(1) Hlst.de typn f p* 10S. . ^ M ,

(*)&** vçnientz pçr tecutioncj talia ibidem Dimbo* lus bellapeTsijfrannufn, exerçuit, ef (anta ibi mul-, tkudo Christianorum ob confestfonem x> 49minici no**, tninis jugulât a , ut per plateas fiumina curreb/mf <de Sahguîne chrisliano ; quorum nec numerum nec nof tnina colligere potuerimus. (Greg. ïur., lib. io f n. p X)\ Cumomni ferè civitatis sûm>pbpnfcf cotenatum esse glorioso martyri* ( Uauard ).

Tours 9 et les Annalistes de l'Eglise chrétienne (i).

Mais , comme le dit Coulon 9 les critiques n'ont pas toujours des sentiment conformes à ceux qu'adopte la piété des peuples. Si donc , soupçonnant que la ferveur qui animoit les Chrétiens dans lés premiers siècles de t Eglise a p\i les induire à foire honneur à la Religion, d'un fait qui s'explique par des causes politiques, on vouloit aujourd'hui révoquer en doute le j nombre des martyrs mis à mort à Lyon seulement {2) par les ordres de Sévère; ne trouveroit-on pas sous le règne du même prince , et dans le même lieu 9 une aussi prodigieu&e 'quantité de sang versé sur les bords de la Saône (3) f à la bataille gagnée le 19 février 197, dans la plaine do Trévoux à Lyon , par l'Empereur Sévère sur

Clodius Albinos , son compétiteur à l'Em- ,

(x) Xfillia dena novemque Juerint sub duce tanto (Colonia Hist. Lu gel. ). Cum maximd multitudirte martjrrium suum perfecit (Udon M Chr. 202 )> Impcratoris jussu circumdatam mitîtibûs Lugdunensium eivilatem , àmnesque in- eâ repértos christianos gladiis obtrunpatos ( Baron, Annal. ).

(2) La persécution des Chrétiens en Afrique ne fut pas moins cruelle que celle des Gaules.

(3) Magnâ tditd Sêrage (Herodian., lib. 3.> \ u

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