DE L'ANCIENNE TILLE D AMAGËTOBRIA
Et
6Un iSàV&qUM BE SA. DB8T&TTCTIOWJ
Par M. Cl-Xav. GIRAÛLT,
LM «.f+jf'**^ 9^jMu£/t**t **r6nuïf*U+ J$4jJ. )
Jurisconsulte, ftiicwii Magistrat, ex- Maire de k ville d'An* , xonn*, < Membre nom résident des Académies celtique de ; Paris, t des Scie d ces et Belles. Le tires <W.Ety#n, B«anfon % Màcon, etc. etc. etc. .
AIV)»àiflét/iQirf«it^reme«^^^eMWnlJe,dé ^ , ^la^^e m reste plus qiw^
pcres * fts. Et est certain que si exacte et mea diligente
teOMkt **ftfrfMte^»4ien*, comprins sortes fttemfae!
.d^l^t^Boo^s^qe, plusieurs cb^o^s se Vro«Ytfi«irt.
réduits en. s&kude , <joi ont été jadis ornés de rflfesbra-
,v ' te}*/ Jupettes. l - '
0n£. êe'Bourgung,par Soin&JuHcn de Balcurre, i - ■Tpsg.'iS/'
NrJiAk vflkf éètfOaïàèa n'a pent^tre plus excité les reefa&rcites des historiens du moyen âge 9 que Paacientte Amagétobrie ; nulles aussi n'a été plu» dif ersetoent placée?; nulle enfin n'a plus désespéré
les antiquaires , pour en assigner la véritable posi~* , tion.
Raimond Marlian, dans son Index, à la suite des Commentaires de César, éd. griph., et d après lui , Charles Etienne (qui la nomme Mageturbia) y dans son Dictionnaire historique, conjedtu* rent que cette ville n'était pas éloignée du Rhin , et disent qu'elle porte aujourd'hui le nom de Taoufc. Le géographe Samson , d'après le poète Ausone, la place à Birtghen sur la Nahe; Wailly f traducteur de César, l'appelle Magstald; Gollut, dans ses Mémoires historiques de la république Séquanaise, dit seulement, aujourd'hui Miège; Chevalier , dam ses Mémoires historiques sur Poligny t la place à Gevri, au-dessus de Dôlè et près du Doubs; Normand revendique Àmagétobrie pour la ville de Dôle; Crestin pour Celle de Gray 9 etc. etc. ; enfin, Ortelius, dans ses Notes, à la suite des Commentaires de César, édition Elzevir dit Magettiftïfiàih Cëltis îgnoratur; et Cluvier dit plus formellement encore , d# Amagetobriœ situ, nullumest apudOasmmm, qui solus hujus loci memîi&t, ihdicium. Prùindh frustra sunù, sçm. perque erunt qui eam investigare laborentu
Ces réflexions décourageantes Savaient cependant pas empêché M. Dunod de se livrer, sur la position de cette ville, à de savantes dissertations qui Ton^ppesqiie coi»dui,t ^la rérité : D. Mwtia , de qui elles n ontpçs été igporées^ les rapproche, dans son Histoire des, GauJ^a, du sentiment <Je Cellarius et dç Samson , et finit par dire , */ Bin~
\ (3) ghen et Âmagetohria ont été originairement un seul eu même lieu , c'est sur quoi je n oserai pro* nçitcen /
La question reste donc encore indécise) et parcqnséquetit le champ toujours ouvert à plus amples discussions t comme elles seules peuvent conduira à la' vérité, j'oserai communiquer des observations faites sur lès lieux ,' les Commentaires de César à la main.
' Je né puiserai pas dans une autre source que les savans qui m'ont précédé dans la carrière, puisqu'il est vrai , ainsi que le die Cluvier, que César seul à parlé de cette ville ; mais je né suis pas de l'avis du géographe allemand i lorsqu'il dit ^iie Cësar n'en donne aucun indice'; c'est précisément dans ses Commentaires que je crois avoir trouvé les renseignemens nécessaires pour déterminer la pôsitionde cette antique cité, et parvenir à la fixer. ( Le squl avaiitage que j'aurai sut des concùttërts dWssi grand mérite , sera de discuter 1a positïWd^Amagétôbrie, presque $iir ses décombres. A \ r " \ ;. l * ' ~ " "'^ "' ' Pourâri^vet aux conséquences, dommeriçona jpar poser les principes. / ^
Lorsque Jules-Cé^ar entra dans la Gaule, il la trouya divisée en plusieurs peuples , parmi lesquels nous remarquerons les Êduens, les Séquanais et lesLiiy»pns.
Lés Eduens avaient reçu , dés l'an de Rome 633 1 le titre de frères du peuple romain (î) t et
(A) Bibracte, leur capitale, était appelée la $œuf de Rome : dans le même ternis, les Lirigons entrèrent aussi dans Falliance des Romains % fœderati 9 et obtinrent le titre de bourgeoisie romaine. Ces alliés des Romains acquéraient par là beaucoup de prépondérance dans les Gaules (a), aussi devinrent-ils, un objet de jalousie pour les antres peuples. ,Pour leur résistei; , les Echiens et les Ungons durent nécessairement Eure cause com r mune , et d'autant plus qu'ils étaient voisins ; aussi 'Césay f yii ne parle quô des Séquanais ex, 'dès EduenSy confie les chefs des partis* n'omet pas dé parler des alliés des Eduens , magnes que eor^um clientelœ (3). Gollut, fpl, 23» „ ja£&ure« cTapreS une fort ancienne chronique d$ Boyrgpgne, possédée par les puisses ? £t citée j)^r Qeskne^ 9 que les avantages des Héduois sur les Sècjuar
nais , furent dûs au secours de ceux qui habitaient
- ~ • ' ' i-v' V- •■ ' + - x ' *" ■' "*o-:- ' .r . autour a 6 Langres , ' Lmgpnes. ; ■ ,
bon , qui vivait dans le même siècle que César ; transararimsequani habitant; A^dfiisinimiços foui fi, de aVati qui éûs dïstînguit contçnùio. ' EPêafe aux environs (ïp^lleyi cohtenrieiix [ et sur Wcdiifiias des peuples belïigérans, qt?b'tt dfoit naturellement cacher le théâtre sanglait de$ batailles. ' ' ' : . : J . ■ ■...-'.
Dus son (HtcOùrsde chantes à César* Diviûacus ntms apprend que les Eduens et les Atecnes \ âpres s'être battu* pendant plusieurs amnées au s*jet d| la prééminence daai Les Gadlee,, oris derniers^ réunis aux &éqnan£K» lirait venir (4) les Germains; dans fehir pays , sous l'appât déà promesses et.def récompenses. Artoviste lui-même , dans son entrevue avec César , lui dit : quïl ^'aurait jamais «songé à passer le Rhin ^ ai les Gauloié nfc l'en avaient prié > et ne l'avaient appelé à leur te cours; qu'il avait epritté son pays états proches sur left grandes eep^Éauott et les récompenses dons oui'jumt Batte * et qu'il Ja'était point entré datas la Gaule, de son chef (5). *
Ces différons passages prouvent bien formellement que les guerres entre les Eduens eties Liagons y d'une |>art \ fes Avernea et les Séqtzahais* de l'atatre* duraient depuis plusieurs aniiéfes y lois-* qtie Jnlés-César entra dans les Gaulpe; que les Eduens. étaient les vaiacpenrs, puieqM leurs ri* vaux avaient recours à des forces étrangères (6).
Gr f dans cet état de choses, les Séqnauais durent voir * dans les Germains , dea défenseurs et des soutiens ; leur assigner une contrée pour s'établir | s&les baber* in Gallia ak ifkis daucâètasg non seulement leur laisser la fatuité .de pouvoir ae porter par- tout où ils jugeraient nécessaire pour la défense du pays; mais même lea placer en première ligne entre eux et les Eduens, leura ennemis, et cette ligua né pouvait <ètra que la 8a6new,
A la première affaire ( semel) arrivé* l'an *da Rome 680 , soixante quatorze ans avant Jésus- Christ, quinte années avant l'arrivée de César dans la Gaule (7) , les Séqnanais, renfojcés de quinze mille hommes , comrtiandés par Arioviste (8)', devinrent à leur tour les vainqueurs; et comme Us ne devaient cet avantage qu'au secours des Germains (9), leur thef avait lien de tout exiger des.Séquanais, par lçur reconnaissance; pouvait les forcer à tenir leurs promesses (10) ; était en mesure de tout exiger dans un pays qu'il avait défendu , et qui, sans lui, aurait encore succombé sous les Eduens ; dans un pays àa sort duquel il était devenu le maître , peur le droit de la guerre , ainsi que ce roi le dit lui-même fière* ment an consul romain (11).
Aussi voyons-nous ce vainqueur à peina reça dans la Séquanie, s'assurer de toutes les villes (12), s'emparer du tiers des terres, choisir le meilleur pays de la Séquanie,, et se poster sur les frontières de cette province (1 3).
Je m'arrête sur ces passages, pour faire remarquer que ce tiers de la Séquanie , où sont les meilleurs terres de la Gaule , que cette frontière o& s'était établi Arièviste, ne peuvent être autre que les bords dé la Saône , qui sont encore aujourd'hui le tiers de la province séquanaise et son paya le plus fertile. %
Le député de la Gaule, Divitiàctis, parlant de* vant la nation assemblée, au conquérant des Gaules , eu présence des Eduena , des Séquauais et de
(7) tous les autres peuples , aurait-il osé se permettre de qualifier le meilleur pays de la Gaule f les monts Jura et des Vosges qui bornent la Séquahie au nord et au levant ? et qu'auraient donc pu dire les peuples des bords de la Loire, de. leurs fertiles provinces, si la haute Séquanie ou haute Alsace ëtait appelée le meilleur pays des Gaules ? L'Eduen Divitiacus devait connaître la Séquanie, et savoir que les meilleures terres de cette province * sont celieà qui s'étendent du pied des monts jusqu'à la Saône ; et cette partie seule de la Séquanie peut justement rivaliser, de qualité et de fertilité, avec les meilleurs pays de la Gaule (à).
(a) Lorsque Divitiacus dit à César, qu'Arioviste occupait lertiam partent agriSequani qui esset optimus totius G&l- Uasi je conviendrai sans peine que la traduction, mot à mot , serait : La troisième partie du territoire séquanais , qui ëtait le meilleur de toute la Gaule. Mais pour être littérale t cette traduction cesserait d'être fidelle; on doit traduire César comme il demande à l'être, et s'astreindre plutôt au véritable sens qu'à la lettre qui tue, tandis que l'esprit vivifie. Lorsqu'on lit plus bas, et nuncde altéra parte tertiâ 9 Sequanos decedere jubet , il est clair alors que la Séquanie est divisée en trois portions ; la première , qui est la meilleure, occupée par Arioviste; la seconde, qu'il demande pour ses Germains, et la troisième, qu'il laisse aux Séquanais. L'épithète Optimus est là placée comme un augmentatif pour renforcer les oppressions desquelles Divitiacus porte plainte , pour exciter davantage César à les réprimer , en lui disant : Ce farouche étranger s'est emparé du tiers do notre province, de sa partie la plus fertile, la meilleure même de toute la Gaule , et nous commaude encore d'en évacuer
(8) Four arriver des bords du Rhin à ceux de 1*.
Saône, Arioviste a dû nécessairement traverser toute la Séquanie, et par conséquent devait parfaitement connaître cette contrée : ayant eu la liberté de choisir, ayant appelé près de lui d'au* très peuples de la Germanie, transductos plures, dont le nombre s'éleva jusqu'à cent vingt mille hommes , nunc esse in Gallia ad Cet XX millium numerum, pour lesquels il demandait un nouveau tien des terres, et nunc de altéra parle tertia Seqyanos decedere jubet, il devait nécessairement se réserver pour lui les meilleures : ce
l'autre tiers. Qui ne reconnaît les bords de la Saâne à ces expressions, et non les rochers et les forêts de la Rauracie ?
Nous ne pensons pas qa Arioviste ait eu lieu de craindre d'être coupé, lui que Diviliacus nous peint en possession de toutes les villes de la Séquanie, quorum oppida omnia in potestate ejus essent, et faisant souffrir aux principaux Séquanais toutes sortes de mauvais traitemens , omnes cruciatus essent perferendi; tellement que leur sort était devenu pire que celui des vaincus , pejus victaribus Sequanis qnam j4Eduis victis acçidisse. Dans cette position, assurément, Arioviste n'avait pas à craindre de voir se fermer ses communications avec la Germanie.
Qu* Arioviste ait été dans la Rauracie , lorsque César roarchait pour le combattre et se hâta de lui enlever Besançon , c'est ce dont le texte de César ne permet pas de douter. Mais il faut distinguer, avec M. Coste , le tems de sa lutte avec les Eduens. et celui de son séjour en Séquanie. Appelé par les SèquanaU pour abaisser leurs rivaux , il dut £ avancer vers la Saône pour les attaquer et les combattre ï il dut rester sur les lieux, jusqu'à ce qu'ils fussent entières wwi vaincus*
qui ne peut's 'entendre que des bords rians et fertiles de la Saône. Il était tout simple d'ailleurs qu'Arioviste s'établît et se maintînt sur la frontière qu'il venait de défendre, infinibus eorum consedisse t, et cette limite était la Saône , puisque sur les autres frontières, par exemple, sur les monts Jura ou des Vosges, Arioviste n'aurait p* défendre les Séqnanais contre les £duens qu'il avait été appelé à combattre; mais leur aurait, en ^quelque sorte, livré la wmgatioi^ et les bords de cette ri~ vière, causa perpétuelle de division entre ces deux peuples. Arioviste enfin devait se fixer sur les terres qu'il avait su défend» , ne fût-ce que pour les garantir , puisque les Séquanais avaient été im~ puissans pour y parvenir; il devait, seloa sa manière , s'y tenir campé. Tecimm non subissent.
De ces deux observations, je crois pouvoir affirmativement exclure, qu'après sa première vietoire sur les Eduens, Arioviste et les Suèvea étaient restés campés sur la rive orientais de la Saône,
Les Eduens , furieux de cette défaite , ne s'adressèrent point aux Romains pour en obtenir des secours 04); mais ils soulevèrent et armèrent, contre Arioviste, tous les peuples * toutes les cités de la Gaule; eux-mêmes et leurs alliée, eorum que clientes, se levèrent , pour ainsi dire, en masse; toute la cavalerie, toute Ja uobjeste, et jusqu'à leur sénat (i5) : pteiaq, d'erdeur , brûjaut de se venger de cette défaite * ils marchèrent contre Arioviste, et allèrent lui présenter le cou*-, bat; Arioviste le dit lui-même à César, c^ue ce
( io) n'était pas lui qui avait commencé la guerre ; qt*e tous les Gaulois réunis étaient venus fondre sur lui (16).
Mais s'il était de la politique et de l'intérêt des Eduens de ne pas laisser refroidir le zèle de \eurp troupes y de marcher à l'ennemi et de presser l'attaque (17), il était an contraire de la prudence d'Àrioviste d'éluder le combat, et de se tenir sur la défensive ; ce qu'il nous apprend lui-même , en le disant à César lors de son entrevue, quodbefium nonintulerit, sed deffenderit; aussi voyonsnous ce prince asseoir son camp entre des marais (18) f s'y fortifier de manière à ne pouvoir y être surpris , ne laisser aucun moyen de pouvoir l'aborder; et tranquille dans ses retranchemens , attendre de pied ferme les Gaulois, braver leur impétuosité et leur nombre ; lasser leur patience % leurs efforts , et les fatiguer des longueurs de la guerre (19).
Ce fut à ces mesures de politique et de prudence , plutôt qu'à des efforts de courage (no) et à une véritable valeur, qu'Arioviste dut cette seconde victoire (ai). Retranché pendant plusieurs mois dans des marais inaccessibles, il ralentit par là le zèle et l'ardeur des peuples lignés ; très-exercé dans l'art de la guerre (22) , il sentit bien que c'était faire assez, que de ne pas succomber sous une réunion de forces aussi imposante; qu'il suffisait de lui résister et dé la tenir en échec assez longtôihs, pour qu'elle se détruisît d'elle-même ; ce qui arma« '
Les Gaulois, fatigués de voir leur réunion iau* tile (a3) 9 et leurs efforts échouer contre un camp qu'ils. ne pouvaient aborder; désespérés de ne pouvoir pas même livrer la bataille (24) à Ario* vis te t tant qu'il se tiendrait dans cette position, se débandèrent (?5) , et plusieurs des peuple? qui composaient cette armée nombreuse , commencèrent à s'en séparer; c'était le moment oh Arioviste les attendait; il les chargea à dos , à l'instant même où ils se dispersaient, les poursuivit avec vigueur, et les tailla en pièces : toute 1% cavalerie gauloise, toute la noblesse du pays, et jusqu'au sénat, périrent dans cette sanglante journée (a6).
Par cette défaite, les Eduens perdirent et la prééminence des Gaules et leurs alliés, qui passé* rent aux .Séquqpais» Arioviste exigea d'eux des tributs et des otages choisis parmi les enfans des principaux habitans; les força de s'obliger par serment* non seulement de ne jamais réclamer ces otages, mais encore de ne solliciter aucuns secours du peuple romain , et môme de refuser, s'ils leurs étaient offerts , tant qu'ils resteraient sous sa domination. Telles furent les conditions flétrissantes que les Eduens furent contraints de souscrire (27).
Mais les Séquanais , vainqueurs , ne payèrent pas moins chèrement leurs triomphes (28); pour gage de leur fidélité et de sa propre sûreté , Arioviste se fit délivrer, en otages, les enfans des premières familles du pays, qu'il accabla de mauvais traitemens; et sa conduite, farouche et cruelle
. , (") envers le reste de la nation , inspira une terreur si grande, qu'on le redoutait, même absent; qu'on tremblait h son nodi seul , et qu'on n'osait proférer une seule plainte (99).
Tels lurent les causes et les effets de la batailla d'Amagetôbrie : deees passages, je tirerai plusieurs conséquences pour renforcer taa précédente conclusion.
Arioviste n'aurait pas trouvé à s'entourer de marais , s'il eut été posté dans la haute Séqnanie ; étant avéré qu'il était sur la frontière <ïe cette province et défendu par dès matais, ce roi né pouvait être que dans le plat paye de lu Séqnanie (*), et parconséquent sur les bords de la Saône.
Lorsque nous voyons ce prince employer jusqu'à des ntaràîs pour s'en Aird des retranche* mens ; lorsque, quelques années après , nous le voyons avoir dessein de s'emparer te premier de Besançon f dont le Donbs forme une presqu'île '■ ' ' ' ■ " * > f " 1 " ■
<*) Il a été «ba*r»é {u/Aritm* «'était établi dans un camp retranché entouré de hauteurs; c'est ce qu'on ne trouve nulle part dans César # seul historien a citer à ce sujet : dVillears , les marais où César dit que se tenait Arioviste» sont prérîsémetotla preuve, «ans réplique, du contraire. Et à supposer que des hauteurs aygbt . entouré les masak où Ariovisae a*aôt son canip , oe saMit faire prendre à c* prince , très-habile dans l'art des campenens ( exeràta* êissùnd in armis ) , une position très-défavorable ♦ puisqu'elle aurait été dominée de toutes parts ; et lui rendre trèsdifficile la poursuite des Gaulois , puisqu'il* aurait été obligé de franchir des montagnes av*»* d* p éturoir tomber aar fet eoaainU » les surprasufee ei les tailla* en places. :
( i3 X (3o), pouvons-nous penser que ,ce guerrier aurait négligé de mettre entre éeè ennemis et lui, une; barrière aussi puissante que la Saône.; rivière, qu'avant. César, l'armée Ûe's Suisses mit vingt jours à passer (3i) ; qu r fl n'aurait pas, opposé un*, pareille cfigue aux efforts de tant dépeuples ligués
r pour le combattre ?
m r Àr
- Conclupns donc encore. qu 7 Arïcmste pi ses Germains étaient îe rprig de la Saône, <at sur le Vord oriental de cette rivière *j et conséquemmèht' que les Eduens et leurs, alliés durent en occuper la rive occidentale , puiran^Is i ont dû venir chercher Àrioviste, qui se tenait sur la offensive: et coxnm^ les Eduens n'ont pas m$Vne osé se hasarder d'<attaquer Arioviste dans son camp v où il se tenait, inexpugnable, et qu'au contraire Ario^ste se mit à leur pour suite, lors^u'ijls se débandaient r nous concluerons , en dernière analyse y qu Âriovi&te a dû passer Iq. Saône , et que le théâtre <Tune aussi : sanglante défaite, Soit aitoir eu lieu sur 1 cette rivière* f ( # .. m !t ;>>t> [ t ,.^-r r „ m 4 .
Ramenés pur tous 1^ raisorineHien^X aJÊSrrner^ qu'Ariovjste ef ses troupes, étaient sur lps bords delaS^ôaer, il nQusxe^teà assigner le Keu précis où cç prince devait camper lejo^g decefte rivière ; et nous. allons essayer de le fixer*, d'après la méthode <jue ; nous avons déjà employée , c'est-à-dire, on posant de nouvelles Bases.
La sous -division des différons peuples de la Qaulften cap ton, ou pagi, q&stait lorsque Cé**r
( Itf)
<jui dépendant de l'ancien évécké de Ckâlons sur Saône*
Gollut, pag. 77 r rapporte que la haute colonne de bronze placée dan* la Saône, au rapport do Thevet, ne pouvait dire placée qu'au troùdèrrœ pontç* (a) f pou* servir de limites auto diocèses de Besançon et de Langres* J'ajouterais, et de Ghàlons sur SaAnef puisqu'il es* Wai\ comme le dit Gollut * que cette colonne ait dû être placée à Pontailler, elle était à la fois limite de ces trois diocèses , et qu'il était bien plus important de borner les diocèses de L^ngres et de ChjUons , qui, avant la nouvelle circonscription, se ter* gainaient près de Pontailiet , que celui de Be-
' («) Je prie de foire attention à la réflexion de Gollut, qui termine le passage : & pense 1 qu'à T endroit du troisième petto*, cetê* oélonnè. étiai&Juns*. Gelku cbntette donc Je pmtiwr^-** TMvet, qui plaçait cet** eolettàe à Gray. Qgml était don© ce tinâtièuBe?pont sat* teSafete ? si nous suivons cette rôdera depuis ta source, mws trouverons Porter Saône, capital» d a .court A de' Pbt*v oh ptusiepr* auteurs ont placé le Portus abuminui; entait* 43fay t et enfin Pontaitysr. Qift'on oheeche qmelé autres 1 pbn&'exie» talent sut la haute Saône, au terne où' écrivait Golkt, qui » éfaat natif- de Fasmev devait oousé^ueitt ilH g tit avoir <^n local une counatsseftee parfaite, et ÎW se^eontamcra qne Itonttiller était, comme il esc eaqore aujourd'hui f Ip.trpiçiètne pont suc, la Saône» Potlrqaui* to placement de cette çctaeue,* cet endroit •< de pt éfisitascu à tma autres? h ce n'était pitor qu'eUe xeçén use trijaV destitution y en servant à la fois 4a limitas à uroâs provinces» à trois die* cèses. . * '
sançon , que la Saône séparait assez de ces deux autres diocèses.
D'après ces données , il n'est pas possible de ne pas assigner, avec le géographe d'Amville ( dans ses cartes pour servir à l'intelligence de l'Histoire 'romaine), pour frontière commune aux Séquanais, aux Eduens et au Lingons , le confluent de l'O» gnon et de la Saône : il était, entre ces peuples, le véritable point de contact, puisque dans l'espace d'une lieue , nous trouvons la Marche , Vonges et Pontailler , placés chacun dans un des cantons précités , et avant le concordat , dépendre encore chacun d'un diocèse.
Nous avons vu qu'Arioviste ne crut pouvoir résister aux Eduens ligués , qu'en se maintenant constamment dans une position où ses retranchemens et des marais, castris ac paludibus , ne pouvaient le laisser aborder ; nous avons vu que les Eduens et les Lingons étaient les principaux d'en* tre les peuples ligués contre lui. Après s'être fortifié contre les efforts réunis de ces voisins redoutables , Arioviste devait choisir une position d'où, il put contenir à la ibis ces deux peuples ; garantir la Séquanié de leur invasion ; résister également à tous deux ; faire face , soit à l'un , soit à l'autre , et tomber sur l'un ou sur l'autre, suivant les occurrences. Et cet endroit était le confluent del'Ognon et de la Saône.
On s'attache plus fortement à cette opinion , lorsqu'on considère ce local , formant un triangle dent la Saône et l'Ognon sont les deux côtés, et
( i8 ) les marais de Périgny la base (a), défendu, à. la* pointe , par une colline portant encore aujourd'hui le nom d'un des peuples qu'Arioviste avait avec lui, et qui occupait entr'autre le Mons-Hkz<r rudum , Mont-Hardou ; nom beaucoup plus naturel, et qui lui convient mieux que celui de Morts- Arduus , que lui ont donné quelques écrivains : car cette colline n'est ni taillée en pic, ni escarpée, ni élevée, ni difficile, ni inculte; mais au contraire, d'une pente douce., peu élevée, trèsfertile et couverte de fruits (b).
Je me représente donc Arioviste et les Allemands postés sur les terres de la Séquanie (c) ,
(a) Ces marais, sis au levant de la presqu'île formée par la jonction des deux rivières, étaient autrefois très-considérab'es : leur étendue n'est pas encore aujourd'hui moin-
. dre de huit cents journaux ; ce qui vient d'être constaté par M. Duraude , au nom de l'Académie des sciences de Dijon, chargé d'examiner la tourbe de ces marais.
(b) Dans le Mont-Hardou , planté de vignes depuis le s 2. me siècle, et qui était auparavant couvert de bâtimena nombreux , je reconnais bien moins encore une montagne escarpée et de difficile accès , Arduus; et je conçois bien moins encore comment on aurait pu surnommer de cette épithète , un coteau garni d'habitations , qui , par ce fait seul , prouve que l'accès n'en était pas plus difficile qu'aujourd'hui.
(c) Je ne penserais pas que cela fit obctacle h ce qu'Àrio viste ait eu des troupes avancées, postées outre Saône , sur le Mont-Hardou ; je trouverais, au contraire, digne de ia pruj d^nce de ce général , d'y avoir placé un corps de troupes , comme cT avant-garde , pour découvrir de loin les ennemis;
défendus par deux rivières , appuyés sur des ma* rais impraticables, paludibus , retranchés dans cette position , d'une manière à ne pouvoir être, abordés , neque sui potes ta tem fecisset; mais , en même terris, en mesure de pouvoir se porter à volonté, et faire des incursions sur le territoire des Eduens où sur celui des Lingons , ou de tenir en haleine ces deui peuples à la fois. Je considère ce roi des Suèves , inexpugnable dans son camp f braver la réunion des peuples ligués contre lui * lasser leur patience * inutiliser leurs efforts , épier le moment de leur défection , si quosfuga Gallo> rum commoveret ; les charger aussitôt, dispersai subito adortum; les poursuivre avec vigueur, pulsos ; les tailler en pièces , fusas ac superatai esse, et en faire un épouvantable carnage, magnem cladem accepisse ; et je dis : là où était le lieu du combat, là existait Amagetobrie, quod prœliumfactum sit Amagetobrice. Cette bataille célèbre eut lieu environ soixante-douze ans. avant Jésus- Christ , plusieurs années avant l'arrivée de Jules-César dans la Gaule, Propter linguœ GaU licœ scienciam , quâ mulib jam Ariovistus loriginquâ cosuetudine utebatur ( lib. I , cap. 47 )•
Après avoir exposé les preuves tirées du combat d' Amagetobrie , pour assigner la position de cette ville au confluent de PÔgnon et de la Saône , continuons à développer les inductions puisées
ne pas s'en laisser attaquer à l'improviste, arrêter leur pre* mier choc, et se replier sur le camp retranché.
dans l'étymologie de son nom 9 dans sa situation f et dans les richesses trouvées dans ses décombres*
L'étymologie du nom de cette antique cité* la désigne pour la ville principale du canton d v A« maous , dont les deux premières syllabes lui sont communes avec le nom du pays où elle existait f Ama.. La signification du mot amaous, dérivé &h(imus, dont la prononciation ancienne était houmous, est lieu bas et marécageux; et telle était la position d'Amagetobrie : enfin , les syllabes gel, geto, mago, magus, indiquent une rivière; et la dernière, brik, bruk, bria, signifie ville : ainsi , la dénomination à'Ama - geto - bria donne, pour traduction, cette phrase : Ville sua La rivière , en Amaous.
Au lieu où florissait cette ville, venaient se croi* ser deux voies romaines ; Tune appelée voie mi* litaire d'Agrippa , allant de Lyon à Langres , passant par Châlons f Navilly , Gevry , Champvans , Renève, Osilty, Beaumont, Fontaine- Française et Langres ; l'autre , conduisant d'AUze à Besançon! passant par Norges, oàse trouvait une colonne militaire numérotée VII, Arc- sur-Tille ^ Eté vaux, Vonges, Cléry , Tervay et Besançon. La première de ces routes fut coupée , cm 1763 f par M. Antoine atné (à) / qui faisait construire la grande ronte d'Auxonne à Gray ( on y trouva des *
(a) Ingénieur des Ponts et Chaussées de Bourgogne, out< ur de la Navigation de Bourgogne , et de plusieurs outres ouvrages ; membre distingué de plusieurs académies.
médailles romaines très-bien conservées ). Les vestiges ée l'autre (\e ces routes se retrouvent à Cléry et au-dessus de Terv*y , où fiât trouvée, en 1700 1 . la belle statu© de marbra que le maréchal de Du- *as , gouverneur de la Franche-Comté, fit transporter k Paris.
• La Saône n'était pas t pour les Romains, une route moins fréquentée que celle de terre : noua voyons César s'en rendre maître pour s'assurer des subsistâmes ; le frère, de Cicéron était inspec-* teu* des magasins de grains établis à Châlqns sur, Sajône; m^is il devait nécessairement y en avoir de pareils dans la partie supérieure de la Saône ; la. pierre gravée, pi. i3, dans les Antiquités de; Dijon , par JLegouz^Gerland , trouvée daps leç environs de cette ville, en fournit la preuve. Cette* pierre représente des hommes occupés à décharger des grains d'une voiture, et porte pour légende : nauta araricus ; donc , il y avait des nautonniers et des dépôts de vivras dans cette partie de la Saône. Ceux-ci ne pouvaient être placés que dans les cités les plus marquantes, le long de cette rivière , puisque Châlons en possédait un : or f la ville la plus considérable le long de la Saône, à cette époque , on pourrait n*ê*ne dire la seule, puis* que Gray et Âuxonne n'existaient pas encore, ne pouvait être qu 1 ] Amagetokrie.
Amagetobrie était une grande ville ; César en parle comme il aurait parlé de Bibracte, de Lyon* LitgduriOy Amqgeùçbriœ , lieux assez im port ans % assez connus, pour n'avoir pas besoin d(x plue
ample désignation, tandis que si le lieu où s'est donné cette bataille n'eût été qu'un village f il aurait été désigné par unl^addiuon , telle que s adararim, mpud Sequanos , in /imbus Lingonum, etc. etc. , ou autres expressions. L'enceinte qui renferme les monumens de son existence , prouvé que c'était une très grande ville ; mais ce qui l'atteste bien mieux encore, mais dont je laisse le détail à ceux qui s'occupent de décrire les richesses trouvées dans les dernières fouilles (a) f Ce sont les pierres d'entablement , les fûts de colonnes, les corniches, les sculptures, l'énorme quantité de métal en fusion , les belles statues (£), la collection presque inépuisable de médailles, etc. ; autant d'objets qui indiquent des débris de temples, de palais, d'édifices publics , et de monumens qui ne se rencontrent que dans les gran-
(a) Voyez la Notice sur les antiquités trouvées dans la Saône ,à Pontaillier • par M. Leschevin , membre de l'Académie des sciences et arts de Dijon , insérée dans le Magasin encyclopédique , N.° 14 , pag. 228.
(b) J'ai su qu'il y a environ douze années, des ouvriers Creusant un puits à Pontailler, trouvèrent un buste d'homme* grand comme nature , d'une dorure si belle et si bien conservée « qu'ils jugèrent le buste massif : il était effectivement très*lourd. Ces manœuvres avides portèrent ce buste sur l'enclume du maréchal pour se le partager ; mais au premier coup de marteau, leurs espérances s'évanouirent. Le buste , brisé en mille pièces , ne présauta que de l'argile recouverte d'une feuille d'or 91 in in ce , qu'elle ne put se dé* tacher.
des villes , et qui n'ont jamais décoré) marne les cités d'un ordre inférieur.
Les villes ne perdent pas leurs noms aussi facilement que les hommes , dit M. Crestin (a) ; dans lès restes des villes bâties par les Gaulois ou les Romains, on trouve des traces de leur ancienneté, soit dans le local où elles ont existé 9 soit dans les histoires : ici , des morceaux d'architecture ; là , des tombeaux, des inscriptions, des médailles, des bas-reliefs, des routes, des aqueducs, etc.
Or, lorsqu'on remarque que depuis un siècle surtout, il ne se donne pas un coup de pioche dans les environs de Pon tailler, qui ne fasse jaillir des morceaux de briques antiques et de tuiles romaines , des débris d'urnes et de vases , des fragmens de colonnes , des marbres, des métaux façonnés , des statues , des trophées , des médailles comme par profusion, n'est on pas en droit de répéter, avec Saint Julien de Baleurre , parlant de x ce local : là , soûlait être une ample eu spacieuse trille, de laquelle il n est plus que la mémoire , qui en est venue de pères à fils.
Si , d'après cela , il pouvait rester encore en doute que le point de jonction de la Saône et de TOgnon (b) nefûtle véritable emplacement d'Àma-
(<z) Auteur des Recherches historique* sur Gray, et qui, dans cet ouvrage, voudrait revendiquer pour cette ville les ruines d'Anaagetobrie.
(b)> Il se peut cependant qu'Amagetobrîe se soit étendra d'un et d'autre côté de l'Ile de la Saône, sur JUiqueU» est
getobrie, je fournirais, pour çlernière preuve* l'anse d'une urne ou amphore, que M. Blondel à) y cTAuxonne , a eue §n sa possession ; mais qu'il a malheureusement négligé de copserver, sur laquelle lui et plusieurs autres personnes ont lu distinctement MÀGETOB , ce fragment n'ayant de longueur que l'espace nécessaire pour contenir ces sept lettres ; et étant brisé à l'endroit où commence la lettre M, comme à celui où finit la lettre B; fait sur lequel M. Blondèl est incapable d'en imposer , et qu'il affirmerait aussi authentiquement qu'on pourrait le désirer.
Si nous sommes parvenus à démontrer que cette antique cité exista au confluent de la Saône et de l'Ognon, nous aurons en même tems répondu à ceux qui ont tenté de donner à cette ville une toute autre position. Je ne me livrerai pas à discuter l'opinion de ceux qui ont placé cette ville sur le Rhin
bâti Pon tailler; cette lie était le quartier principal de la ville, comme celui de la Cité a Paris ; mais comme il y avait un pont pour la desserte de deux routes importante*, des maisons ont dû se construire autour de ce pont sans cesser pour cela d'être dépendantes de la ville, et d'en faire partie, comme le quartier Battant à Besançon, dont César disait : Dubis pêne totum oppidum cingit.
(à) Il possède une collection assez suivie des médailles trouvées à Pontaiiler tant dans les dernières fouilles que dans les précédentes : entr autres, l'Adnen à la barbe d'argent, cité par M. Leschevin, dans sa Notice; la statue de Mercure , détaillée pag. 17 de la même Notice; et la Sardoftyx décrite par M. Millin.
<*5) <?u sur la Nahe (a) ; mais je 'dois chercher à détruire les systèmes Intéressés de ceux qui revendiquent cette ancienne cité pour avoir existé dans la portion de la Séquanie, dont ils ont écrit spécialement l'histoire (£), notamment Dunod , qui s'est le plus approché de la vérité , l'aurait saisie , si les fouilles de Pontailler eussent été faites de son teins , et qui place Amagetobrie à Broye4es-Pesxnes, à une lieue et tiers de la rive gauche de la Saône.
Après avoir donné la définition des syllabes pria et mago , et en avoir conclu qu'Àmagetobria veut dire la ville du Pont ou du Passage sur la rivière, M. Dunod ajoute : ce doit être une ville Sua la Saône , dans un lieu de passage du duché ou comté de Bourgogne. . . . On rencontre toutes ces circonstances dans le terrein qui est entre VOgnon et la Saône, auprès du lieu où ces deux, rivières se joignent: et il convenait qu'il y eut £n cet endroit une viule. En ce sens, sans doute f je n'apprends m de plus que ce savaitf profes*
(a) M. Verneur, dans le Moniteur du 14 Vendémiaire an XII , assigne à Porentruy l'emplacement d'Amagetobrie.
(b) Je ne prétends point dire par la qu'Amagetobrie n*était pas en Séquanie ; je crois avoir , au contraire , prouvé que cette ville était dans le canton d'Amaoùs, l'un des quatre de la province séquanaise ; mais seulement que cette cité n'était ni à Broyé , ni à Gevri , ni k Dole , ni à Çray , où Tout placée MM. Dunod ? Chevalier, Normand et Crestfn,
•eur : et je ne doute pas un instant, que d'après le* bases qu'il pose , M Dunod n'eût fixé irrévocablement Amagetobrie à Pon tailler, s'il eût en connaissance des antiquités de tout genre que renfermait le sol de cette ville ; mais cet auteur sentait que des vestiges d'antiquités devaient venir appuyer ses probabilités. N'en trouvant pas alors k Pon tailler même, il s'est vu forcé de s'écarter dans les environs ; les plus rapprochés qu'il ait découverts , sont les vestiges de Broyé et Dammartin ; il ks a saisis, et l'analogie dé l'orthographe, moigte de Broyé, a achevé de décider l'opinion de cet auteur, pour placer Amagetobrie à BroyeJes- Pesmes ; et en cela , je ne suis plus de son avis.
« Ceux qui placent Amagetobrie à Broyé f dit » M. Grestin ( Recherches historiques sur Gray) % » n'ont pas fait attention que Broyé et ses envi* 39 ronsnefournissentaucunmonumentcapable de » faire penser qu'il y eût eu une ville considérable^ » La nature du sol , qui est un sable aride , sans *> pierres à plus d'une lieue à la ronde, suffit » seule pour exclure , en cette campagne , l'idée » d'une ville. » Que les villages de Broyé et de Dammartin renferment quelques débris et vestiges d'antiquité , je ne le conteste pas ; moi-même j'en ai trouvé à Mont-Mirey-Château , commune à un quart de lieue de Dammartin ; mais que sont des morceaux de tuiles romaines , des débris même de tombeaux, quelques médailles encore, si Ion veut , auprès de cette mine inépuisable d'antiquités de tout genre , que recèle le territoire de Pon*
( *7 ) tailler , qui jaillissent de son sol à chaque fois qu'il est remué, et ce depuis plus de douze années à na connaissance ? Que sont des restes isolés , informes , frustres , vis-à-vis les urnes, statues, basreliefs en cuivre et en pierre, bustes, métaux , colonnes, morceaux d'architecture et médailles par profusion (a) ? Auquel des deux endroits assignera t-on la position d'une grande ville, si ce n'est à celui dont les fouilles présentent le plus de richesses ? Soyons , au contraire , certain que si les monumens récemment découverts à Pontailler eussent été connus de M. Dunod, il ne serait point allé chercher les débris de Broyé (b) , et n'aurait pas
.' (a) M. de Draci a recueilli la collection la plus complète de ces médailles , et les mieux conservées.
\b) Je ne puis être du sentiment que les débris de Broyé, ont pu servir pour bâtir Pontailler, par la raison que Broyé» que je connais aussi parfaitement que les auteurs qui m'ont précédé, n'a jamais recelé assez de débris antiques pour avoir pu en faire part; parce qu'étant incontestable que Pontailler est bâti sur des ruines et sur des décombres, cette ville n'a pas eu besoin de recourir aux matériaux des lieux voisins pour se construire , ni d'amener des débris sur son sol qui en' était déjà encombré. Et quoiqu'on ait avancé que tant que le souvenir des dévastations exista, on dût chercher à s'éloigner des lieux ruinés , et se servir des matériaux pour réparer les lieux voisins , il n'en demeure pas moins constant que Pontailler étant bâti sur des ruines , n'a pas eu besoin de recourir à celles de Broyé, par conséquent que celles de ce village ont dû lui rester toutes ; et par le peu qu'il en a été découvert sur son territoire, on peut juger s'il a jamais pu exister à Broyé une ville de que [qu'importance.
<a8) balancé à assigner Àmagetobrie sur la Saéne, aut lieu du. passage des duché et comté de Bourgo-* gne , précisément à l'endroit où il convenait qu*â& y eût une ville*
Le mot magus signifie ville sur 1a rivière; mata a-t-on donné cette dénomination à des villes sur une rivière aussi faible que l'Ognon ! Nous voyons cette épithète désigner Rouen et Angers r villes sur la Seine et la Loire;. mais l'a t-on donnée à Dijon et à Besançon? et, de nos jours mêmea» place-t-oa parmi les villes sur les rivières , Dôle et Grenoble , quoiqu'arrosées par le Douba et Flsère ? Concluons-en donc, que le mot magus n'a jamais pu s'appliquer à Broyé.
Puisque les syllabes bria, brik, bruk, signifiant pont ou passage, sur quelle rivière doit-on placer ce pont, ou de la Saône qu'il faut nécessairement traverser pour communiquer des Eduens et des Lingons aux Séquanais , du duché au comté de Bourgogne , ou de l'Ognon qu'on peut côtoyer ! Si l'on suppose ce pçnt avoir existé à Broye-swv VOgnon , cela n'empêchera pas qu'il ne dût y en avoir un second sur la Saône , et il faudra même en admettre encore un troisième sur la même rivière de l'Ognon , qu'il faudra forcément repasser pour arriver à Besançon; ce serait donc admettre deux ponts inutilement, car Us. ne, sont pas &é* cessaires. D^autre côté, où devait être le pont dç jonction de la route d'Alise à Besançon par Arcsur- Tille et Tervay , si ce n'est à Tendroit oh cette route se croise avec celle de Châlons- sur-Saône
<*9) h Langrês? iVn'est pas dourteux, il après M. Duftod lui-même , que^e ùe dût être sur la Saône. Or , il ne devait donc pas être à Broyé sur J'Ognon , ce qui aurait fait dériver la route à plus d'une lieue au nord-est , pour lui faire faire un coude considérable , sfcns nécessité, puisque pour aller dte Pomailler à Besançon f il n'est pas besoin de traverser l'Ognon. %
La position géographique du village de Broy* n'est pas moins défavorable à l'opinion de M. Dunod : ce village est à une lieue et tiers de la Saône, enfoncé dans là Séquanie , et nous avons vu qu'Arioviste se maintenait sur la frontière , ïnfi* nibus eorum consedisset : Broyé est trop éloigné des marais pour qu'ils aient pu servir à la défense d'un camp qui aurait été établi dans ce village t et cependant Arioviste s'était retranché dans des marais , castris ac paludibus 6e continuisset. La position de Broyé ne fournissait pas aux Germains le double avantage de garder une rivière importante et de contenir en même tems deux peuples ligués; et certes, la Saône n'était pas une barrière à négliger pour s'opposer aux efforts réunis de deux peuples levés en masse ; Arioviste devait d'autant mieux calculer cet avantage , qu'il ne s'était pas seulement borné à s'en aider, mais s'était encore appuyé sur des marais, afin de ne pouvoir être tourné, nequesuipotestatemfecissel; ce prince devait défendre le passage de la Saône, et ne pouvait le faire qu'en étant campé sur sas bords.
Que si Ton objectait que l'antiée d'Ârioviste pouvait, depuis la Saône, s'étendre jusqu'à Broyé, je répondrais qu'alors Àrioviste aurait affaibli son armée en retendant sans nécessité et très-impott.tiquement, tandis qu'il avait besoin» au contraire, de réunir toutes ses forces en un seul point, pour pouvoir résister aux Eduens , qu'il les avait réel* îement concentrées , et se bornait dans cçtte se* conde guerre à la défensive, quod non bellum intulerit sed defenderit; enfin, j'ajouterais que dans un si grand espace de terrein , il n'aurait jamais pu fortifier assez son camp pour le rendre inexpugnable et ne laisser aucun moyen de l'entamer ; et qu'il n'est pas d'exemple de camps aussi vastes chez les Romains , vid. castrum Divionense.
Le camp des Germains n'était donc pasà Broyé, et je suis toujours ramené à persister dans l'opinion que Pontailler est sur l'emplacement d'Amageto» brie, et je n'accorderai même pas que cette ville a pu s'étendre de Pontailler jusqu'à Broyé; la vérité ne peut être qu'une ; on la trahirait par trop de Condescendance , quelque respectable d'ailleurs que puisse être le sentiment de ceux dont nous combattons les opinions»
Àutun, cette capitale des Gaules, la sœur de Rome, appelée par César, longe maximum op* pidum , dont l'enceinte était qualifiée par Eumène, Mœniwn Augustoduni magnitudo, le plus considérable morceau d'antiquité qu'on puisse voir, n'avait que trois mille toises de circuit; accorder
Çu'Âmagetobrie ait eu quatre mille toises de diamètre, serait concéder l'impossible , autrement ce n'aurait point été Bribracte que n'arrose aucune rivière navigable, qui aurait eu l'honneur du ca^u* galliarum, mais bien Âmagetobrie qui aurait été quatre fois plus grande et située sur la Saône.
Mais qu'une ville telle qu "Âmagetobrie (on peut juger de ce qu'elle était par les richesses trouvées dans ses décombres) (a) , ait eu dans ses alentour g, à Broyé, à Dammartiu, etc. , etc. , des maisons de campagne , cela est d'autant plus prçbable, que nous lisons que les principaux des Gaulois habitaient les champs pendant la belle saison , pour être plus à portée du plaisir de la chasse qui faisait leurs délices et leur principale occupation en tems de paix ; de là les châteaux et les forteresses qu'ils firent pour se garantir des incursions des barbares: que ces maisons de campagne ou châteaux aient appartenu à des Gaulois riches qui les aient décorés de pilastres, corniches, sculptures, etc. , etc. , cela peut avoir existé à Broyé, à Dammartin, é Mont-Mirey, villages encore aujourd'hui voisins de superbes forêts : loin de rien diminuer , en le concédant, de la force de mes raisonnemens sur
(a) Elles ont été détaillées par M. Leschevin; sa description de la Vénus Anadyomène est un morceau achevé , et qui ne laisse rien à désirer; les vers d*Auxonne, qu'il rapporte , représentent , avec autant d'élégance que de vérité « ce chef-d'œuvre du premier des peintres ( Apeiles). Cette statue , trouvée par M. Durieux, a passé dans le cabinet de jri.de Draci, qui l'a achetée laoliv.
(Si) la position d 'Amagetobrie, au contraire) les ruinée éparses dans les environs de cette ville , viendront renforcer mon opinion sur remplacement que nous lui avons assigné, de même que la position de l'ancienne Bibractese confirme à Àutun, par les antiquités découvertes et existantes dans les alentours de cette cité célèbre.
J'en reviens donc toujours à dire qu'Amageto* brie existait dans l'île de Pontailler , et nulle autre part : en cela je combats moins l'opinion de M. Dunod, que je ne la rectifie, puisque ce savant professeur avait déjà fixé la position d'Âmageto* brie sur la Saône, au lieu du pontet du passage, et n'en avait dévié que pour s'étayer de vestiges antiques , que Pontailler n'offrait pas alors en aussi grande abondance ; mais cet historien , s'il existait •aujourd'hui, revenant à sa première opinion , fixerait invariablement, avec nous, à Pontailler, la place de l'ancienne Amagetobrie.
M. Chevalier , dans ses Mémoires historiques sur Poligny , nous semble être tombé dans une contradiction bien étonnante : cet auteur estimable convient qu'il faut chercher Amagetobrie à l'un des grands passages d'une rivière , dans un endroit bas et marécageux, et à portée de la frontière des Eduens , et place cette ville à Gevry sur leDoubs, qui retient en partie, dit- il, le nom & Amagetobrie ; tandis que dans la même page , cet auteur, après avoir dit que Ptolemée place une des quatre cités séquanaises, et la première, comme plus à l'occident , à a5 degrés 3o minutes
(33) de longitude, et 45 degrés 40 minutes de latitude* c'est-à dire un demi degré plus à l'occident*, et un tiers de degré plus au midi que Besançon, ce qui paraîtrait en fixer l'emplaceinent dans les environs de Mutigney et deDammartin; après avofr rapporté qu'à PontailJer s'est conservée la tradition qu Vissé* près de là il y avait une grande cité * il finit par vouloir y placer le dittaUum , par analogie seule des mots mutigney, moustign&y, avec ceux de Dibtatiutn , Ousùation,
Il était bien plus naturel , saps doute f après être convenu dps faits principe*, c'eskà^dirç , du voisinage et 4u pa$S3ga d'une rivière frontière des Eduens, dans un endroit bas et marécageux, de placer Amagetobrie pour cette quatrième cité aér quanaise ? au lieu de diftytfjw * Jpàfiç&ç h posU tion assignée par Pfpl^ifté^, est précisément celte de Pontifier* M. Chevalier se serait épargné dea conjectures on ne peut pas moins fondées., d'abord sur le prétendu rapport des noms Mutigney avec Dittaôiumqt GevryayècArnagetobria; en second Ueu , sur h pep d$ débr£s et d'ontiqqités qm? xm+, ferme le village de Muùgney 9 que noua connais* sons aussi et qui ne méritant pas d'entrer en corn-» paraison avec celles trouvées à Pon tailler, et que i chaque jour , le hasard y fait découvrir (à). CeÉ
(a) Avant les fouilles de Tan X, on trouva , à Fontailler, la médaille d'Adrien à la barbe d'argent , dont parle M. Les* ckevin :
AElius Hadrianus , fils adoptif de Trajan et de Plotine *
auteur aurait également trouvé à PontailLer la situation indiquée par Ptolemée t un endroit bas et marécageux f le passage d'une rivière et le voisinage des Eduens , qui sont les bornes qu'il reconnaissait comme fanaux. Sans doute, le respecta*
parvint I l'empire : Tan 17 de Jésus-Christ» H pensait alors , eomtne Trajan^ qi*e Veptpirp n'était pas à lui, mais au peuple ; il fat trois fois consul.
Il est le premier des empereurs romains qui ait porté la barbe , pour cacher des porreaux qu'il avait au menton ; il ne se couvrait jamais la tête: Dans cette médaille , il est représenté la tête nue,' la barbe en argent, avec l'exergue Hadrianus sdugustus ,. consul III \ pater poputi: Trajan prenait aussi ce dernier titre.
Le premier soin d'Hadrien, en parvenant à l'empire , fut de faire la paix avec les Parthes , et il revint à Rome : à l'occasion de cette paix , on voulut lui décerner les honneurs du triomphe ; il les refusa , et lés fit accorder à l'image de Trajan ; et la considération qu'il avait pour Plotine , sa mère' •dopàve 9 lui fit réunir les images de Trajan et Pioâac.Tre.-> jan était placé au rang des. dieux; Plotine méritait pareil honneur , et l'obtint après sa mort : mais pour lui témoigner plus sa reconnaissance f Hadrien la fit jouir , de son vivant ♦' des honneurs divins ; par cette inscription du revers de cette médaille : dipis pareHtibns.
.. Les deux figures du revers sont surmontées d'une étoile , signe de la déification : elles sont celles 4b Trajan, tp de Pjo-; tine , telles que les donnent les autres médailles où se trou-, •vent leurs effigies. Trajan , dernier empereur qui se coupait 3a barbe, y conserve cette distinction; et la coiffure de Piotine est. caractérisée.
Hadrien, qui devait l'empire à Trajan et à Plotine, qui: l'avaient adopté, consacra, par <cette médaille , sa reconnais-* tance. .,
( 35 ) ble M. Chevalier eut fait ces réflexions et se fût rectifié lui-même , s'il eût eu des lieux et des noûrelies découvertes d'antiques , la même connaissance que nous en avons aujourd'hui.
Après avoir prouvé par la position du combat fameux qui rendit la Gaule tributaire d'un farouche étranger, par l'étymologie du nom et les vestiges récemment découverts, que Pontailler existe sur l'emplacement d'Amagetobrie ; après avoir réfuté les auteurs qui ont donné à cette ancienne ville une autre position , il me reste à prouver qu'elle est l'époque , désastreuse sans doute, où une telle cité disparut comme un songe des bords de la Saône.
1 S'il est vrai que la série des médailles romaines trouvées dans les ruines d'Amagetobrie, s'arrête à Constantin, nous devons en conclure que cette ville existait encore sous le règne de cet empereur : cherchons donc aux environs de cette époque et postérieurement ^ les révolutions qui ont pu influer si puissamment sur cette ville et sur cette partie des anciennes provinces de Bourgogne.
- Après la mort de Théodose , Stilicon , généra) romain, tuteur d'Honorius , voulant placer son propre filé dur le trône qu'il avait défendu , appela h son aide les peuples qu'il venait de vaincre , les Alains, les Suèves, Jes Vandales, les Gépides, etc. etc. Ces barbares se jetèrent sur la Gaule % où ils portèrent le fer et le feu , inondèrent la Sequanie , en renversèrent les principales villes > Besançon , Augsty Avenches, etc. etc. La ruina
de quarante-cinq villes , sans compter les forts en châteaux , signala leur passage. /
Les Bourguignons, invités comme les autres peuples à venir se partager les dépouillas de l'empire romain , que Stilicon leur abandonnait, passèrent le Rhin , en 4°^ , sous la conduite de Gon * dicaire* leur général, devenu leur premier roi, e% se rendirent aussitôt les maîtres des pays situés entre le Rhin et la Saône, les Vosges et le Jura. Gon«* dicaire soumit peu après les Ségusiens, les Eduens, les Lingons ; mais Aëtius l'arrêta dans ses conquêtes, et le défit dans les plaines de Châlons sur- Marne, en 4^5.
L'année suivante , Gondicaire fut contraint de marcher contre les Huns, qui pénétrèrent drçns ?es états, et les atteignit sur les bords du Rhin§ mais les Bourguignons, déjà affaiblis par les victoires d'Aëtius , furent taillés en pièces et perdis yent leur roi.
Gondioç succéda à son père % et, comme lui, fut attaqué par les Huns, ayant Attila à lctfr tété. Ce roi féroce, après avoir battu les Germains , était entré dans les Gaules , suivi de cinq dent mille combattais) il renversa les villes de Metz;, Be* sançon , Luxeuil y Langres , Auxerre ; il ruina tout ce qui se trouva sur son passage. Ce barbare, qui ne rougissait pas do se faire appeler \e fléau (le Dhu 9 ne respectait ni la majesté des temples % ni la dignité des pontifes ; les vieillards et les en- &OS égorgés , les filles et les femmes déshonorées , étaient les plaisirs dç ses ^old^t^, Les princes 4§ M
t*7> Canle se lignèrent pour le combattre; les. fiotiN guignons sur-tout , impatiens de venger sur cef barbares la mort de leur roi f aidèrent cette fois Aëtius à remporter ht victoire : Attila fut vaincu dons les plaines de la Champagne, où trois cent îftille hommes restèrent sur le champ de bataille » l'an45i*
Pourquoi, lorsque Besançon et cinquante autres villes forent renversées parles Vandales et les Ooths; lorsque Langres fut tellement ruinée par Attila , que l'évoque Apruncule fut obligé de transférer sa résidence à Dijon » la ville d'Amagetobrie aurait elle été plus épargnée ? Nous devons présumer, au contraire , qu'elle aura succombé comme tant d'autres sous la fureur des hordes de barbares qui désolèrent la France dans les premiers tems de la monarchie ; que cette cité aura été entièrement saccagée par ces Vandales, qui ont bien mérité que leur nom devint une épithète superlative de destructeur : mais comme Amagetobrie n'était ni le siège d'un évêché, ni la résidence de quelques moines, n'étant pas capitale d'une province, elle aura moins attiré l'attention des gouvernemens ; •moins heureuse t elle n'aura pu se relever de ses pertes ; les mousses et les lichens auront long tems recouvert ses décombres ; elle aura perdu jusqu'à son nom s et nunc seges ubi Tmjafuit.
C'est donc du commencement au milieu du cinquième siècle de l'ère vulgaire , qu'on doit placer l'époqutç de la destruction d'Amagetobrie; plutôt, ses décombres ne recèleraient pas des médailles
(38) , de Constantin et de ses fils; phtn tard, ik offriraient des monnaies des premiers temsrîes royaumes de France et de Bourgogne. <-
Si Amagetobriè eut survécu à rétablissement tles Bourguignons et des France dans les Gaules, ne verrions-nous pas notre Histoire de France en faire mention , lorsque Clovis vint triompher des Bourguignons , sous les murs de Dijon (a), sur la fin du même siècle ; et lorsque t sur la fin du siède suivant , Brunehaut fit réparer les chaussées qui conduisaient à Besançon f Autun 9 Lyon , et ordonna la restauration de ces villes ; lorsque, surtout en £i3 , Glotaire , campé à Jonsigny, arrêta cette même Brunehaut à Orville , et lui fit faire le tour de son camp, attachée à la queue d'un cheval fougueux; dans des événemens aussi majeurs, ar> rites à une lieue de distance d' Amagetobriè * l'histoire aurait elle omis de nommer au moins cette ville ? Un silence aussi absolu n'estai donc pas la preuve la plus complète que cette cité n'existait déjà plus, comme les médailles de Constantin fournissent la conviction de soi» existence sous le règne de cet empereur ?