XXII. Lettre de M. D. L. R. sur le troisième volume des
ordonnances des rots de France de la troisième rare, par M. Secousse. Paris, de l'iraprim. royale, I~:îv2, in-r\ Voyez cette lettre dans le Mercure tic France, avril 1735 in-12, pp. 641-688.
M. Secousse, dans ce troisième volume des ordonnances de nos rois (qui comprend celles dn roi Jean, depuis janvier 1355, jusqu'au % avril 1364), en rapporte deux où se trouve le mot rstraiiies : l'une, p. 314, a été rendue par Charles, régent du royaume, en janvier 1358; il y est dit, article V, qu'on pourra donner quelques estraines au concierge du palais, etc.; l'autre, rendue par le roi Jean, en juillet 1362, est relative a la confrérie des drapiers. L'article III. porte : La dicte confrairie doibt seoir (siéger) le premier dimanche après les estr aînés. Ce dimanche a embarrassé M. Secousse, qui, dans une note intéressante, p. 583, agite la question de savoir si les étrennes se donnaient au premier jour de l'année, qui alors était fixé à Pâques, ou si elles se donnaient au premier janvier, selon l'ancien usage des Romains. Il adopte ce dernier sentiment et décide que par le dimanche après les estraines, il faut entendre le premier dimanche de janvier.
M. I). L. R., dans le compte qu'il rend de ce troisième volume des ordonnances, par Secousse, a consacré les pp. 648-651 du Mercure à rapporter textuellement la note de M. Secousse : il n'y a pas changé un seul mot, et n'y a rien ajouté.
XXIII. Lettre écrite par M. R. D. G. (Ribaud de Ganat), en Bourbonnais, le 25 juin 1735, au sujet du jour des étrennes, dans le Mercure de France, juillet 1735, in-12, pp. 1,508-1,510.
Cette lettre confirme la décision de M. Secousse, dont nous venons de parler. M. Ribaud rapporte des passages formels d'une ancienne chronique de Louis de Bourbon, comte de Clermont, qui prouvent évidemment que les étrennes se donnaient au 1er janvier, quoique l'année commençât à Pâques.
XXIV. Extrait d'une lettre écrite d'Orléans par M. D. H. (Daniel Polluche), où l'on cherche si, lorsqu'en France l'usage s'introduisit de commencer l'année à Pâques, on continua de donner des étrennes le 1er jour de janvier, dans le Mercure de France, décembre 1735, in-12, pp. 2,846-2,848.
C'est encore la même question, qui semble avoir beaucoup occupé lés esprits dans ce temps-là. M. Polluche adopte l'opinion de MM. Secousse et Ribaud. Il fournit lui-même de nouvelles preuves puisées dans l'Inventaire des livres de Jean de France, duc de Berry, où il est dit qu'un grand livre de Valerius Maximus, etc., lui futenvoyé aux estraines, le 1er jour de janvier 1401 (1).
(1) Ne serait-ce pas plutôt 1407? Je trouve dans un extrait de l'Inventaire des Livres de ce même prince l'article suivant :
« Valerius Maximus, aux armes de Monseigneur; lequel livre Jacques « Courau lui envoya le 1er janvier 1407. »
Il est possible que le duc de Berry ait eu deux copies des œuvres de Valère Maxime, qui lui auraient été donuées en différents temps.
J'ai encore découvert une autre preuve que les étrennes se donnaient au 1er janvier, et c'est Christine de Pisan qui me la fournit, en racontant ellemême qu'elle offrit pour étrennes au duc de Bourgogne, le 1er janvier 1403, son livre de la Mutation de fortune ; écoutons-la dans son style suranné :
« Voirs est (il est vrai) que cest présent an de grâce 1403, après un mien « nouvel volume appelle De la Mutation de fortune, audict très solennel prince « monseigneur de Bourgongne, de par moy, par bonne estreine, présenté le « primier jour de janvier que nous disons le jour de l'an, lequel sa débon- « naire humilité receupt très aimablement, etc. »