PROCLAMATION
« A tus ceaux qui cest escryt verront et orront, Joan de « Baillol, par la grâce de Deu, rey de Escoce, saluz en Deu.
« Sache vostre université moi auoir fet homage au très noble « prince monseignour , mon sire Eduuard, par meisme la «. grâce, rey de Engleterre, souereyn seignour du reaume de « Escoce, au nouveau chastel sors tyne en Engleterre, leior « de sa feste seint Estesne, lendemain de Noël, le an de lincar- « nacion nostre seignour, millysme ducentysme nonan- « tyme secund, e du règne ledit monseignour le rey Eduuard « vyntysme premier ».
(1) Traduction. « Monseigneur, mon sire Edward, roi d'Angleterre, souverain seigneur du royaume d'Ecosse, moi, Jean de Baillol, roi d'Ecosse, deviens votre homme-lige de tout le royaume d'Ecosse, avec les appartenances et tout ce qui en dépend; lequel je tiens et dois de droit, et proclame pour moi et mes successeurs, rois d'Ecosse, tenir par héritage de vous et de vos successeurs, rois d'Angleterre, et foi et loyauté porterai à vous et à vos successeurs, rois d'Angleterre, sur ma vie, sur mes membres et sur mon honneur contre qui que ce soit à la vie et à la mort. »
Proclamation. « A tous ceux qui cet écrit, verront ou entendront, Jean Baillol, par la grâce de Dieu, roi d'Ecosse, salut en Dieu.
« Sachez tous que j'ai fait hommage au très noble prince Monseigneur lige, mon sire Edward par la même grâce, roi d'Angleterre, souverain seigneur du royaume d'Ecosse, au nouveau château sur Tyne en Angleterre, le jour de la fête Saint-Etienne, lendemain de Noël, l'an de l'incarnation de Notre-Seigneur 1292, et du règne de mondit seigneur le roi d'Angleterre le vingtunième.
Cette soumission n'empêcha pas Jean Baillol de chercher par la suite à s'affranchir du joug d'Edward, qui en effet l'excédait de mauvais traitements. Il se lit délier de sou serment par le pape Clémenl V. On en vint aux armes en 1296, Baillol lui vainm, poursuivi et réduit a venir se présenter, un bâton à la main, devant son vainqueur. Edward le lit conduire prisonnier à la Tour de Londres, après l'avoir obligé de résigner la couronne par acte authentique ; ensuite il brisa le grand sceau d'Ecosse; puis enleva le sceptre, la couronne et la fameuse pierre de Scone sur laquelle se taisait l'inauguration des rois d'Ecosse. Il fit porter tous ces objets à Westminster où on les voit encore aujourd'hui. On prétend même que c'est sur cette pierre, espèce de trône, que les rois d'Angleterre siègent le jour de leur couronnement.
Baillol ayant obtenu sa liberté par suite du traité de paix conclu entre Edward et Philippe le Bel en 1298, se retira, dit-on, en Normandie, dans le pays de Caux, où il finit ses jours en homme privé et de la manière la plus obscure, car on ignore la date et le lieu de sa mort. La famille des Bailleul, qui subsiste encore dans le pays, a, dit-on, la prétention de descendre de ce roi éphémère.
"Nous nous bornons à cet exemple de prestation de foi et hommage chez l'étranger.
Il nous reste à parler de la réunion successive des grands fiefs de France à la couronne.