‹ Opuscules [microforme]Chapitre 3 sur 19 · LA VESPRÉE · texte numérisé non relu

LA VESPRÉE

A l’époque reculée qué nous décrivons, le commerce des pelleteries était immense au Détroit.

Attirés par la facilité d’y parvenir, les Sauvages venaient en foule y vendre les produits de leurs chasses.

On y voyait affluer tour à tour les diverses nations des Iroquois, des Potowatamis, des Illinois, des Miamis et une foule d'autres.

M. Jacques Du Perron Bahy, était alors surintendant des Sauvages du Détroit.

On consoit facilement qu'elle devait être l'importance de ce poste à cette époque. Aussi M. Baby avait-il réalisé en peu d'années une brillante fortune.

Presque tout le terrain sur lequel s'élève aujourd’huile Détroit lui appartenait en société

18 Les Pionniers Canadiens

avec M Macomb, père du général Macomb qui commandait une partie des troupes américaines, pendant la guerre de 1812.

C’est à la suite de cette guerre que M. Baby, pour s'être déclaré en faveur du Canada, sa patrie, perdit toutes les propriétés qu'il avait acquises au Détroit,

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Au centre du fort, s'élevait, comme une charmante oasis au milieu du désert, une élégante maison entourée de jardins.

C'était la demeure du surintendant.

Aimant le luxe, il avait prodigué tous ses soins pour l’embellir.

Le jardin, exhaussé au-dessus du sol, était entouré d'une terrasse de gazon.

Au centre la maison élégamment peinte, à demi-cachée derrière un rideau de branches d’érables, de poiriers, d’acacias, qui balançaient leur feuillage chatoyant jusqu’au-dessus du toit, ressemblait À une escarboucle enchassé dans une guirlande d’émeraudes.

Les Pionniers Caradiens 19

Une nuée d'oiseaux, tantôt cachés sous la feuillée, tantôt voltigeant dans l’air, se croisant, se poursuivant, décrivant mille chemins tortueux avec une prestesse admirable, abandonnaient aux vents leurs joyeuses chansons, tandis que le petit ramoneur, 1 planant au dessus des cheminées, mêlait à leurs voix ses petits cris aigres et saccadés.

C'était le soir.

Les derniers rayons du soleil couchant coloraient de teintes roses et safranées le dôme de la forêt.

La chaleur avait été étouffante pendant tout le jour.

La brise du soir, gazouillant parmi les rosiers, les dahlias et les églantiers en fleur, rafraichissait la nature embrasée et parfumait l'air d’enivrantes senteurs.

Réunis autour d’une table dressée, en plein air, au milieu du jardin et chargée ‘de mets et

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