‹ Opuscules philosophiques, pub. avec une vie de PascalChapitre 27 sur 47 · Manuel, li. Du Vair traduit · texte numérisé non relu

Manuel, li. Du Vair traduit

« Ne dites jamais de quelque chose que ce soit, J*ay perdu cela, mais bien. Je l'ay rendu :

wion enfant est mort, je Vay rendu; on m'a osté mo terre, est-ce pas que je Vaye rendue ?

Oûy, m,ais c'est un ineschant homme qui me Va ravie : de quoy votks soudez-vous, par qui celuy qui vous Vavoit prestée vous la redemande? Toutefois

jusques à ce que Von voiis la redemande, ayez-en soing com.me de la chose d'autruy, et comme les passans ont de leur hoslellerie. » (Ib., p. 291.) Du Vair omet ici le passage : ma femme est morte, je Vai rendue, que Pascal ira garde d'oublier. Il recourait donc au grec et peut-être lisait Épictète dans le texte même. — Ajoutons que certaines éditions du Manuel ne donnent pas non plus

les mots : •i^ yuvîj Aitéftaav; i.r.i-

^ôOti, entre autres celle de Relandus (Utrecht, 1711) avec les notes de Meybaum et de Saumaise.

2. Manuel, 9. Du Vair : « Ne desirez pas que les choses vous arrivent selon que vous voudriez W«n, mais trouvez - les bonnes ainsi qu'elles adviennent, et vous serez heureux. » (Ib., p. 291.)

ENTRETIEN AVEC M. DE SAGI

vous le devez faire avec toute la naïveté qui vous sera possible; ainsi du reste. C'est votre fait de jouer bien le personnage qui vous est donné ; mais de le choisir, c'est le fait d'un autre *. Ayez tous les jours devant les yeux la mort et les maux qui semblent les plus insupportables; et jamais vous ne penserez rien de bas, et ne désirerez rien avec excès*. Il montre aussi en mille manières ce que doit faire l'homme. Il veut qu'il soit humble, qu'il cache ses bonnes résolutions, surtout dans les commencements, et qu'il les accomplisse en secret : rien ne les ruine davantage que de les produire*. Il ne se lasse point de répéter que toute l'étude et le désir de l'homme doivent être de reconnaître la volonté de Dieu et de la suivre *.

a Voilà, monsieur, dit M. Pascal à M. de Saci, les lumières de ce grand esprit qui a si bien connu le devoir de l'homme. J'ose dire qu'il mériterait d'être adoré, s'il

1. Manuel, 19. Du Vair : « Pensez que VÙU8 louez icy une comédie, où U vous faut faire le personnage qu'il plaist au niaistre : si court, courl ; si long, long. SHl veut que vous contrefaisiez le gueux, il le faut faire le plus naîfvement que vous pourrez: le boiteux, le Prince, le particulier^ enfin ce qu'il voudra : car voire fait c*est de bien jouer le personnage qui vous est donné; de le choisir, c'est le fait d'un autre. » (Ib., p. 293.) Naïve^ ment traduit bien le grec cù^uS^.

Bientôt un janséniste, Saint-Gilles, dira des Provinciales : « Tout le monde prenait grand plaisir à voir dans ces pièces d'esprit la morale des Jésuites naïvement traitée, »

c.-à-d. dépeinte au naturel

2. Manuel, 24. Du Vair : a Ayez tousiours devant les yeux la morty le bannissement et tout ce qui semble de plus fascheux, mais principalement la mort; et vous n'entreprendrez ja/mais rien bassement, ny ne désirerez rien trop ardemment. » (Ib., p. 293.)

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