‹ Opuscules philosophiques, pub. avec une vie de PascalChapitre 33 sur 47 · Texte obscur et peu correct · texte numérisé non relu

Texte obscur et peu correct

Voici, avec toutes ses atténuations et ses explications, celui de l'édition de 1736. S'il est plus long, il est aussi plus clair.... « les deux plus grands défenseurs des deux plus célèbres sectes du monde infldèlep qui sont les seules, entre celles des hommes destituas de la lU' mière de la religion, dont les opinions soient en quelqvs sorte liées et conséquentes. Car que peuvent-ils faire que de suivre Vun ou Vautre de ces deux systè^ mes ? Le premier : il y a un Dieu ; donc c'est lui qui a créé Vhomme; il Va fait pour luimême, il Va créé tel qu'il doit être pour être juste et pmir deve^

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divers raisonnements en quoi les unâ et les auires sont arrivés à quelque conronnité avec la sagesse véritable qu'ils ont essayé de coonaltro. Car, s'il est agréable d'observer dans la nature le désir qu'elle a de peindre Dieu dans tous ses ouvrages, oii l'on en voit quelque caractère, parce qu'ils en sont les images, combien est-il plus juste de considérer dans les productions des esprits les efforts qu'ils font pour imiter la vérité' même en la fuyant, et de remarquer en quoi ils y arrivent et en quoi ils s'en égarent, comme j'ai tâché de faire dans cette étude*.

« Il est vrai, monsieur, que vous venez de me faire voir admirablement le peu d'utilité que les chrétiens peuvent faire de ces locluros phiiosophiques. Je ne laisserai pas néanmoins, arec votre permission, de vous en dire en-

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core ma pensée, prêt néanmoins de renoncer à toutes les lumières qui ne viendront point de vous, en quoi j'aurai l'avantage, ou d'avoir rencontré la vérité par bonheur, ou de la recevoir de vous avec assurance*. Il me semble que la source des erreurs de ces deux sectes* est de n'avoir pas su que l'état de l'homme à présent diffère de celui de sa création -, de sorte que Tun, remarquant quelques traces de sa première grandeur, et ignorant sa corruption, a traité la nature comme saine et sans besoin de réparateur, ce qui le mène au comble de la superbe ; au lieu que l'autre, éprouvant la misère présente et ignorant la première dignité, traite la nature comnw nécessairement infirme et irréparable, ce qui le p'"écipite dans le désespoir d'arriver à un véritable bien, et de là dans une extrême lâcheté. Ainsi, ces deux états, qu'il fallait connaître ensemble pour voir toute la vérité, étant connus séparément, conduisent nécessairement à l'un de ces deux vices, d'orgueil ou de paresse, où sont infailliblement tous les hommes avant la grâce, puisque s'ils ne demeurent dans leurs désordres par lâcheté, ils

1. oc La recevoir de vous » est une correctioQ du P. Desmolets.

M. Havet met, d'après le Ms., a la recevoir de lui. » Mais de qui, lui? Au Heu que Texpression la recevoir de vous se rapporte bien à ce qui précède. Pascal assure ici son directeur de la soumission complète qu'il aura pour toutes ses paroles. A la fin du fameux billet, daté du 23 novembre 1634, il avait écrit : « Soumission totale àJ.C.

et à mon directeur ». Et M"* Périer, racontant sa mort : « M. le curé de Saint-Étienne, qui Va vu dans sa maladie^ disait à toute heure : «. C*cst un enfant ; il cH

hum>blet il est soumis comme un enfant. »

'i. L'édit. de 1736 interprète :

« ... la source des erreurs des Stoïciens d'une part et des Epicuriens de Vautre.... » (Mémoires de Fontaine, t. II, p. 69.) Texte incorrect, si l'on continue, comme il fait, par Vun

Vautre. — Mais le Ms. que suit M. Havet l'est également : après avoir dit ces deux sectes^ il continue : de sorte que Vun... et Vautre.

Si l'on tient à être correct, il faut changer ainsi : Vune..., ce qui la mène... Vautre... ce qui la précipite.

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en sortent par vanité, tant il est vrai ce que vous venez de me dire de saint Augustin, et que je trouve d'une grande étendue ; car en effet on leur rend hommage en bien des manières * .

a C'est donc de ces lumières imparfaites qu'il arrive que l'un, connaissant les devoirs de Phomme et ignorant son impuissance, se perd dans la présomption, et que Tautre, connaissant Timpuissance et non le devoir, il s'abat dans la lâcheté ; d'où il semble que* Ton formerait en les alliant une morale parfaite. Mais, au lieu de cette paix, il ne resterait ' de leurs assemblages qu'une guerre et qu'une destruction générale : car l'un établissant la certitude, et l'autre le doute; l'un la grandeur de rhomme et l'autre sa faiblesse, ils ruinent la vérité aussi bien que la fausseté l'un de l'autre. De sorte qu'ils ne peuvent subsister seuls à cause de leur défaut, ni s'unir à cause de leurs oppositions, et qu'ainsi ils se brisent et s'anéantissent pour faire place à la vérité de l'Évangile. C'est elle qui accorde les contrariétés par un art tout divin, et, unissant tout" ce qui est de vrai et chassant* tout ce qu'il y a de faux, elle en fait une sa-

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