‹ Opuscules philosophiques, pub. avec une vie de PascalChapitre 41 sur 47 · Pascal insiste : «iCettx qui · texte numérisé non relu

Pascal insiste : «iCettx qui

ne peuvent rien prétendre aux démonstrations géométriques, »I1 avait dit plus haut : <c Toutes ces vérités ne se peuvent démontrer ; et cependant ce sont les fondem,ents et les principes de la géométrie. » (P. 99.) Et encore : « Il n'y a point de géomètre qui ne croie l'espace divisible à Vin fini.

On ne peut non plus l'être san^ ce principe qu'être homm>6 san.^ âme, » (P. lOî.)

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connaître eux-mêmes, en se regardant placés entre une infinité et un néant d'étendue, entre une infinité et un néant de nombre, entre une infinité et un néant de mouvement, entre une infinité et un néant de temps. Sur quoi on peut apprendre k s'estimer son juste prix, et former des réflexions qui valent mieux que tout le reste de la géométrie même*.

J'ai cru être obligé de faire cette longue considération en faveur de ceux qui, ne comprenant pas d'abord cette double infinité, sont capables d'en être persuadés. Et quoiqu'il y en ait plusieurs qui aient assez de lumière pour s'en passer, il peut néanmoins arriver . que ce discours qui sera nécessaire aux uns, ne sera pas entièrement inutile aux autres.

1. Pascal ne fait qu'indiquer ici 1 considérations scientifiques. Cf. e côté religieux et moral de ces I Art. I, 1, des Pensées.

(DE L'ART DE PERSUADER

L'art de persuader a un rapport nécessaire à lajgiar nière dont les hommes consentent à ce qu*on leur proposé, et aux conditions des choses qu'on veut faire croire*. '^

Personne n'ignore qu'il y a deux entrées par où les opinions sont reçues dans Tâme, qui sont ses deux principales puissances : l'entendement et la volonté. La plus naturelle est celle de Tentendement, car on ne devrait jamais consentir qu'aux vérités démontrées ; mais la plus ordinaire, quoique contre la nature, est celle de la volonté ; car tout ce qu'il y a d'hommes sont presque toujours emportés à croire non pas par la preuve, mais par l'agrément. Cette voie est basse, indigne, et étrangère : aussi tout le monde la désavoue. Chacun fait profession de ne croire et môme de n'aimer que ce qu'il sait le mériter ••

1. Les O(mdit\on%^ Pascal dira plus loin oc les qualitéê des choses qoe nous devons persuader ». Il distingue ici Thomme, ou le sujet à qui le discours s*adresse, et la chose, ou ce qui est Vobjet de ce discours. « Véloquence, dit-il ailleurs, consiste dans une correspondance qu'on tâche d'établir entre Vesprit et le cœur de ceux à qui Von parle d'un côté^ et de Vautre les pensées et les expres-

sions dont on se sert; ce qui suppose qu'on aura bien étudié le cœur de l'homme pour en savoir tous les ressorts et pour trouver ensuite les justes proportions du discours qu'on veiit y assortir, »

(Art. XXIV, 87, des Pensées.)

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