‹ Opuscules philosophiques, pub. avec une vie de PascalChapitre 8 sur 47 · LE « TRIANGLE ARITHMÉTIQUE » ET SES APPLICATIONS · texte numérisé non relu

LE « TRIANGLE ARITHMÉTIQUE » ET SES APPLICATIONS

En janvier 1646, un accident arriva à Etienne Pascal : il tomba sur la glace et se démit la cuisse. Deux gentilshommes du pays, MM. de la Bouteillerie et Deslandes, vinrent le soigner et restèrent trois mois à la maison. C'étaient deux frères qui avaient étudié la médecine et Texerçaieut par charité pour le soulagement des pauvres et des malades. Us étaient nourris de la doctrine de Jansénius, de Saint-Cyran et d'Arnauld. Ceux-ci enseignaient dans leurs ouvrages, avec une morale très austère, la nécessité de la gr&ce divine pour faire son salut; comme elle n'est donnée qu'à un petit nombre, chacun doit vivre dans la crainte et le tremblement, et cependant tout faire pour la mériter, ne pas s'en tenir aux pratiques de la dévotion commune, mais aller jusqu'à un entier sacrifice, à un renoncement absolu de soi. Pascal fut le premier entraîné par les pieuses exhortations de ces hommes de bien. Son esprit curieux entrevit là des matières nouvelles ; il lut avidement les livres qui en traitaient, et apporta aussitôt dans les discussions théologiques la même humeur bouillante qu'il montrait en toutes choses. Aussi, non content de garder pour soi ce feu nouveau, il voulut enflammer chacun autour de lui.

«c Tout raisonne, tout prêche, tout persuade en cette maison », écrivait Balzac en parlant de la famille Arnauld ; de même Pascal convertit d'abord son père, qui, a n'ayant pas honte de se rendre aux enseignements de son fils, embrassa pour lors une manière de vie plus exacte d. Il convertit sa jeune sœur, Jacqueline, dont le caractère n'était pas moins passionné que le sien : dès ce moment, sans doute, elle songea à se consacrer à Dieu, mais n'en dit rien encore. Sa sœur aînée étant mariée déjà, résolut au moins, ainsi que M. Périer, d'élever leurs enfants dans la plus sévère piété. Elle-même, jeune encore et belle, avec beaucoup d'esprit, renonça pour toujours aux distractions mondaines.

Le zèle de Pascal, après avoir ainsi transformé tous les siens, éclata ensuite au dehors. En février 1647, un capucin, le sieur

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