COUPLETS BACHIQUES
BovoNs outre mesure, Aux enfans d'Epicure , Buvons à tous les fous :
Messieurs les raisonnables Allez à tous les diables, Ou trinquez avec nous.
( 3ii )
Bien mieux que la physique , Notre système explique La foudre et ses carreaux :
Quand vous croyez qu'il tonne , C'est que Racchus entonne Du vin dans ses caveaux.
Noé , ce joyeux père , Qui montrait son derrière Quand il avait bien bu j Valait , sur ma parole , Cent fois mieux que le drôle Qui rit de l'avoir vu.
Vous avez lu , peut-être , Que la Grèce vit naître Le docte Anacréon :
Moquons-nous de l'histoire , Il vaut beaucoup mieux croire Qu'il était bourguignon.
Pour triompher des belles , Pour dompter les cruelles , Avalez du vin vieux :
Dans l'amoureux mystère , Nous ferions de l'eau claire.
Sans ce présent des dieux.
(3iO Hippocraie radote, Et sa faculté sotte , En parlant du mousseux :
Narguons leur botanique.
C'est une politique , Pour boire tout entre eux.
Chantant ribon-ribaine , Le bon-bomme Silène, Un grand broc à la main ; Buvait comme une éponge , Et valait sans mensonge.
Le plus franc bernardin.
Mais du ciel empyrée , La cohorte sacrée Sourit à mes accords :
Je vois loin de ce monde, Les dieux en table ronde Partager mes transports.
l'Ejsfanï sans conséquence.
Un soir l'Amour errant sans guide, Lorgna Chloé d'un air timide ; Chloé caressa cet enfant , Et voulut bien , par complaisance , Lui laisser prendre en badinant Quelques baisers sans conséquence.
L'Orphelin suivit la bergère , Et Chloé lui servit de mère j Il regardait ceci , cela , Sans alarmer son innocence ; Sur ses genoux, par-ci , par-là , Il voltigeait sans conséquence.
On lui pardonnait ses malices , On aimait ses petits caprices ; C'était sans cesse nouveau tour, Et Chloé, par inadvertance, Se laissait voler chaque jour Quelque bijou sans conséquence.
Mais on dit qu'un soir au bocage.
Avec lui jouant à l'ombrage , Et lui disputant une fleur.
L'espiègle , d'un coup de sa lance , Lui fit une blessure au cœur, Qui ne fut pas sans conséquence.