‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 104 sur 116 · BETZY A SA TOILETTE · texte numérisé non relu

BETZY A SA TOILETTE

Or ça, miroir , mon tout-aimable , Il faut que je brille aujourd'hui :

Je veux être l'incomparable -, Donne tes conseils à Beizy.

Certain bal , ce soir nous rassemble , On n'y va pas pour faire peur :

Je ne sais pourquoi ma main tremble 5 Pourquoi je sens battre mon cœur.

Comineut ferons-nous pour lui plaira ?

Il n'aime point l'air apprêté ; Ce n'est pas si petite aliairc , Qu'une belle simpiiwttî.

Allons , parlez , fidèle tjace :

Wai-je rien là de superliu ?

Ne t»onvez-vous pas de la grâce , A cette robe , à ce fichu ?

Que dites-vous de ma coiiîure ?

Ce rang de perles sied-il bien ?

Ceci va-t-il à ma figure ?

Vovons, ne manque-t-il plus rien?

Donnons un air de négligence

A cette boucle de cheveux :

Tombe-t-elle avec élégance ?

Pas mal, je crois: oui, tout au mieux.

Ce teint sans fard a son mérite ; Quoiqu'un peu pâle, j'en conviens.

Je ne rougirai que trop vite, Si ses yeux rencontrent les miens.

( 3^4 ; CHAl^^SON BACHIQUE.

JMes amis, le vrai sage Est celui qui boit bien -, La joie est son partage, Il ne désire rien :

Dans la machine ronde Seul il voit tout en beau -, Il n'a dans ce bas monde D'autre ennemi , que l'eau.

Franchise et bonhomie

Sont les enfans du vin \

Des peines de la vie

Il délivre soudain :

Par son divin prestige

Il sait nous rendre heureux \

La vérité m'afflige ,

En dessillant mes yeux.

A la meilleure tète Préférons un bon cœur :

Qu'est-il de plus honnête Que l'ame d'un buveur?

Jamais la noire envie N'y versa son poison 5 Mensonge et perfidie Sont fruits de la raison.

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