‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 105 sur 116 · C EST AUTRE CHOSE · texte numérisé non relu

C EST AUTRE CHOSE

Air : Que le sultan Saladin.

Dans le siècle où nous vivons, Ah ! que d'utiles leçons !

On n'y parle que maximes Philantropiques, sublimes ; On n'y voit que magistrat.

Soldat, Prélat , Offrir leur vie à l'Etat : .

Mais si de leur bourse on dispose, C'est autre chose.

Philinte est officieux , C'est un homme merveilleux , Pour vous rendre des services-, Vous faire des sacrifices.

Offrant à chacun son bien , Moyen , Soutien , Quand on n'a besoin de rien :

Mais sur lui si l'on se repose , C'est autre chose.

( 326 ) Pamphilc en société Est charmant , plein de gaîté 5 Il sait toute la chronique, A persifler est unique 5 Ses traits sont toujoure saillans, Piquans, Plaisans, Pleins de sel et d'agrémens ; Mais si c'est de lui que l'on glose , C'est autre chose.

Aux bergères du hameau , Le sensible pastoureau , De son vif et pur hommage, Présente sans fin le gage ; Et chaque jour il leur fait Couplet, Bouquet , De violette et d'oeillet :

Mais quand il a cueilli la rose , C'est autre chose.

Quand pour un futur époux , Un penchant tendre et jaloux Fait soupirer une belle ; C'est la colombe fidèle , Qui vous offre avec sou cœur,

Douceur,

Candeur, Accorte et gentille humeur :

Mais sitôt qu'hymen en dispose, C'est autre chose.

Pour tous ses adorateurs Bélinde n'a que rigueurs, Au public donnant sans cesse, De la rigide sagesse L'exemple très-peu commua ;

C'est un

OEil brun.

Qui désespère un chacun :

Mais dans une chambre bien close , C'est autre chose.

LES RESSEMBLAISCES.

J E vis hier avant l'aurore Une beauté qui gagnait le bosquet ,

En suivant un chemin secret :

Elle semblait rose qui vient d'éclore.

Etait-ce Eglé ? Je n'en sais rien ^ Mais c'est quelqu'un qui lui ressemble bien.

Un jeune homme était avec elle , Vif, empressé , tendre et respectueux -,

Doux espoir brillait dans ses yeux :

Il paraissait discret et plein de zèle.

Elait-ce Paul ? Je n'en sais rien ^ Mais c'est quelqu'un qui lui ressemble bien.

Ils marchaient tous deux sur les traces D'un noble enfant qui conduisait leurs pas 5

Portant flanibleau , rempli d'appas^ Et qu'un eût plis pour le frère des grâces.

Etait-ce Amour ? Je n'en sais rien ; Mais c'est quelqu'un qui lui ressemble bien.

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