H ) LES RUINES
SONNET
Tels suiit donc les débris de l'antique cbàleau Qui dominait au loin ! ces murs chargés de lierre, Ces restes d'écussons , ces marbres , ce tombeau , Sont des oiseaux de nuit devenus le repaire.
Ce séjour délaissé fut, dit-on , le berceau
D'un illustre guerrier, d'un des grands de la terre ;
Peut-être, le vengeur, peut-être, le fléau
Des vassaux d'alentour rangés sous sa bannière.
Le temps a du héros dissous les ossemens 5
Sa cendre est aujourd'hui rendue aux élémens ;
Son corps robuste , aux vers , a servi de pâture.
Eh quoi ! telle est la fin de tant d'ambition ! A ce terme aboutit toute illustration ! La mort et l'abandon de toute la nature I
LA RELIGIOIS^
SONNET
Dans l'ordre naturel de la création , L'homme est par sa raison au faite du système : Mais aux dogmes sacrés de la religion , Il doit de s'élever au-dessus de lui-même.
Des êtres corporels quittant la région.
Son âme reconnaît une essence suprême ^ Et sentant qu'elle en est une émanation. Son immortalité ne peut être un problème.
L'espoir en un Dieu juste est d'un peuple moral Le trésor le plus pur, le lien social, La consolation et le frein salutaire.
Mais l'hypocrite en fait un tissu de noirceurs,
Le superstitieux , l'objet de ses terreurs ,
Le fanatique, un monstre inique et sanguinaire.
LES COMPElNSATIOlNfS.
SONNET
Cette inégalité, ce défaut de balance, Que le hasard a mis dans le sort des humains , N'otTre aux yeux éblouis qu'une fausse apparence , Qui jamais ne forma la règle des deslins.
Le pouvoir, les talens, les titres, l'opulence. Ne sont du vrai bonheur que gages peu certains : La paix avec soi-même est le bien qui compense Cet éclat qui souvent masque tant de chagrins.
Le pauvre vit content du peu de nourriture Qu'au prix de sa sueur lui fournit la nature, Et ne se berce point d'un chimérique espoir.
Le riche est tourmenté par ses propres caprices : Il n'a jamais assez pour ses besoins factices ; Et sans cesse il poursuit ce qu'il ne peut avoir.