I. HIVER
Le père des Saisons vient d'achever son cours ^ Lentement il poursuit sa marche réguUère : Dans son cercle annuel ce grand astre des jours, Recommence déjà sa nouvelle carrière.
Une épaisse vapeur absorbe ses rayons : Son absence engourdit les principes de vie : L'opacité des airs et l'aspect des glaçons, Inspirent le silence et la mélancolie.
Le froid à fait tarir la source des ruisseaux-, Les oiseaux sous les toits cherchent un lieu propice Dans leur étable obscure il retient les bestiaux; Les hommes ont besoin d'une chaleur factice.
Le frimas àpr'e et sombre, image de la mort. Couvre au loin nos guérets de sa lugubre teinte : Leur force productive a perdu son ressort ; De la fureur des vents je vois partout l'empreinte.
La sève végétale a suspendu son cours ; Les arbres désolés ont perdu leurs feuillages : Mille asiles charmans, retraites des amours, N'offrent plus à nos yeux que des antres sauvages.
O père des Saisons 1 ramène le zéphir.
Pour nous, faibles mortels, admirons la nature :
Par la privation apprenons à jouir,-
Son sommeil la rendra plus féconde et plus pure.